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Migration : la Tunisie réagit au communiqué de l’ONU et exprime son étonnement
06/04/2023 | 21:09
3 min
Migration : la Tunisie réagit au communiqué de l’ONU et exprime son étonnement

 

Le ministère des Affaires étrangères a réagi, jeudi 6 avril 2023, au communiqué du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale des Nations Unies (CERD), qui a exhorté, le 4 avril 2023, la Tunisie à mettre fin aux discours de haine à caractère raciste à l’encontre des migrants subsahariens.

Le département a exprimé son étonnement et a souligné qu’aucun discours raciste ou d’incitation à la haine n’a émané d’aucune institution officielle tunisienne, soulignant la volonté de la Tunisie de traiter le dossier migratoire comme l'exigent les conventions internationales et le droit international humanitaire, dans le respect du droit tunisien.

« La Tunisie a été pionnière en matière de législation afin de préserver la dignité des immigrés en promulguant en 2018 une loi conforme aux normes internationales visant à éliminer toutes les formes et manifestations de discrimination raciale, et toute agression physique ou morale contre tout étranger, quel que soit son statut juridique », a-t-il poursuivi.

 

Le ministère des Affaires étrangères a affirmé que depuis « la crise provoquée sur le racisme », de nombreuses mesures ont été mises en place pour faciliter le séjour des africains en Tunisie et lutter contre toute forme de traite des êtres humains ou d'exploitation des migrants irréguliers.

Il a enfin appelé les instances internationales à faire preuve d’objectivité dans leurs déclarations concernant la situation des immigrés en Tunisie et à appréhender le dossier de la migration selon une approche plus globale.

Par le biais de son communiqué, le Comité onusien a, rappelons-le, appelé les autorités tunisiennes à condamner publiquement les discours de haine raciste des politiciens et des personnalités publiques ou toute autre personne à l’endroit de la communauté subsaharienne.

Le CERD a également appelé la Tunisie à lutter contre toutes les formes de discrimination raciale et de violence raciste à l'encontre des Africains noirs, en particulier des ressortissants d'Afrique subsaharienne et les citoyens tunisiens noirs.

Le Comité s'est déclaré « alarmé par les propos tenus par le chef de l'Etat tunisien fin février, alléguant que l’exode de migrants clandestins en provenance de l’Afrique subsaharienne qui s’inscrit dans le cadre d’un plan criminel visant à modifier la composition du paysage démographique de la Tunisie et étaient à l'origine de violences, de crimes et de pratiques inacceptables ».

L’organisation internationale a estimé que de tels propos « sont contraires à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale ».

Le CERD a exprimé sa profonde préoccupation face à la recrudescence des discours de haine raciale ou xénophobe en Tunisie à l’encontre des migrants subsahariens, sur les réseaux sociaux et certains médias. 

Le même communiqué a rapporté que le discours de haine avait déclenché des actes de violence contre cette communauté dont certains membres avaient été expulsés de leur domicile et de leur travail, tandis que des centaines de migrants de pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali, la Guinée et le Sénégal avaient décidé de retrouver leur pays. 

S’agissant des informations faisant état de nombreuses arrestations arbitraires des migrants irréguliers, dont des femmes, des enfants ou encore des étudiants, menées par les forces de l'ordre dans le cadre de la campagne intitulée ‘’Renforcement du tissu sécuritaire et réduction du phénomène de séjour irrégulier en Tunisie’’, le CERD s’est dit préoccupé.

Dans le même contexte, l’ONU met en garde contre les actes d’intimidation à l’égard des militants et défenseurs des droits de l’Homme prenant fait et cause pour les migrants subsahariens, selon la même source. 

Pour conclure, le Comité a appelé les autorités tunisiennes à cesser immédiatement les arrestations et les détentions collectives des migrants concernés et de libérer, sans délai, ceux détenus arbitrairement, en particulier les femmes et les enfants et de permettre à ceux qui le veulent de demander l'asile. 

 

M.B.Z

 

 

06/04/2023 | 21:09
3 min
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Commentaires
Mozart
Le déni du ministère des Affaires étrangères ne peut effacer le discours complotiste et aux relents négrophobes de Kaïs Saied
a posté le 07-04-2023 à 09:40
Le chef de l'Etat a bel et bien dénoncé des hordes de migrants subsahariens venus selon un plan ourdi selon lui depuis le début du siècle modifier la structure démographique de la Tunisie.

Populiste, complotiste et aux relents négrophobes, ce discours public de Kaïs Saied a fait le tour du monde, ternissant l'image de la Tunisie à l'étranger.

Après la prise de position tardive de l'ONU, qui condamne notamment de tels propos, les dénégations de notre ministère des Affaires étrangères n'y changeront rien, c'est indélébile.
Agatacriztiz
Y'en a marre de se faire insulter pour un oui ou pour un non
a posté le 07-04-2023 à 08:34
Vous savez quoi ? Laissez tous les candidats subsahariens à l'émigration clandestine passer par le pays et se rendre par n'importe quel moyen en Europe du sud via Lampedusa, dégagez vous de ce problème et de cette responsabilité d'aller les repêcher en haute mer et laissez les européens se démerder.
Citoyen_H
INUTILE DE NOUS PRECISER
a posté le 07-04-2023 à 02:03
sur le fait, que ceux qui furent taclés et mis sur la touche, un certain mois de juillet, n'y sont pour rien
Ca pue "l'occasion fit le larron".


Citoyen_H
INUTILE DE NOUS PRECISER
a posté le 06-04-2023 à 23:19
sur le fait, que ceux qui furent taclés et mis sur la touche, un certain mois de juillet, n'y sont pour rien
Ca pue "l'occasion fit le larron".


taieb
Pas raciste? On ment et persiste!
a posté le 06-04-2023 à 22:29
"aucun discours raciste ou d'incitation à la haine n'a émané d'aucune institution officielle tunisienne". Sauf lors d'une réunion au gouvernorat de Tunis, il n'y a pas longtemps, ou un honorable con représentant l'état tunisien a prononcé clairement et ouvertement des propos xénophobes à l'encontre d'un représentant légal d'un investisseur étranger en Tunisie avec la bénédiction du syndicat.
Eh oui! L'?tat (délabré) et ses représentants ce permettent d'insulter des étrangers qui font de leur mieux pour supporter nos bêtises et incivilités.
C'était vraiment la honte et pas la premiere fois.