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Jihad Azour : le FMI encourage le gouvernement à entamer des réformes avant même qu'il y ait un programme
05/05/2022 | 23:36
2 min
Jihad Azour : le FMI encourage le gouvernement à entamer des réformes avant même qu'il y ait un programme


Le directeur Afrique du Nord et Moyen-Orient du Fonds monétaire international (FMI), Jihad Azour, est revenu, mercredi 4 mai 2022 dans une interview accordée au journal français Le Point, sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord qui ont sollicité le soutien du bailleur de fonds. Interpellé sur les discussions avec la Tunisie, il a affirmé que le FMI a « encouragé le gouvernement à élargir les cercles des consultations et à entamer un certain nombre de réformes avant même qu'il y ait un programme ».

 

« Le Fonds monétaire international a été le partenaire de la Tunisie pendant une longue période. Il a aidé la Tunisie durant des moments très difficiles, y compris quand le pays a été frappé par les attentats du musée du Bardo en 2015, avec un ajustement des différents programmes. Et durant la période Covid, nous avons fourni très rapidement une aide financière au pays. Actuellement, nous suivons de près le développement de la situation. Le gouvernement actuel a préparé un programme de réformes qui a bénéficié d'un grand travail de préparation et d'une consultation. C'est un pas dans la bonne direction. Nos équipes ont été sur place pour discuter avec les autorités. Lors des réunions de printemps, on a poursuivi nos discussions. Nous avons encouragé le gouvernement à élargir les cercles des consultations et à entamer un certain nombre de réformes avant même qu'il y ait un programme avec le FMI. Nous continuons notre dialogue avec les autorités, nous poursuivons les travaux préparatifs pour la négociation d'un éventuel programme de soutien au plan de réforme du gouvernement actuel », a-t-il affirmé. 

 

Le FMI a, rappelons-le, recommandé un ensemble de réformes dont la restructuration des entreprises publiques et la révision du système de compensation. Revenant sur ce point, il a estimé « important de mettre en place une politique de soutien beaucoup plus ciblée et intelligente que la subvention classique, qui profite généralement à ceux qui n'en ont pas besoin ». « Toutes les études montrent en effet que les mesures dites classiques profitent avant tout aux classes sociales qui consomment le plus. Il est donc important qu'il y ait un filet social plus efficace en termes de ciblage et qui ne plombe pas pour autant les finances publiques. Et s'il est nécessaire de préserver les subventions pour un certain nombre de produits, cela doit être fait de façon transitoire et en combinant d'autres moyens, comme l'utilisation de la fiscalité », a-t-il expliqué. 

 

Selon le directeur Afrique du Nord et Moyen-Orient du FMI, « la région dépense beaucoup d'argent sur les subventions. Au-delà des produits de base, il existe également des aides gouvernementales sur l'essence et l'électricité. Ainsi, le choc de la crise, s'il peut se traduire par une hausse des prix, provoquera surtout une détérioration des finances publiques de ces pays ». « La Tunisie, si elle n'importe pas beaucoup de blé en provenance d'Ukraine et de Russie, est beaucoup plus affectée par le ralentissement de l'activité en Europe », a-t-il relevé. 

 

N.J. 

05/05/2022 | 23:36
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