
La BCT Gate, un nouveau scandale qui a éclaté ces derniers jours. Ce scandale qui touche la plus haute institution qui gère la politique monétaire du pays, concerne un réseau de blanchiment d’argent. Une affaire qui intervient quelques jours à la suite de l’inscription de la Tunisie sur la liste noire de l’UE des pays tiers susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. Retour sur une nouvelle polémique.
La Tunisie est à nouveau blacklistée. Après avoir passé de la liste noire des paradis fiscaux de l’UE, elle est passée sur une nouvelle liste grise. Un grand soulagement s’était ressenti sur la scène nationale. Or, quelques jours plus tard, la Tunisie se retrouve sur une nouvelle liste noire !
Cette fois-ci, c’est sur la liste noire de l’UE des pays tiers susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme que la Tunisie se retrouve inscrite. Un véritable séisme a secoué la scène nationale. La première mesure annoncée par le chef du gouvernement fût la proposition de limogeage du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari. Considéré, comme l’un des principaux responsables, mais loin d’être l’unique, de cette classification, le gouverneur de la BCT a été mis à l’écart.
Cependant, il ne s’agit pas de la seule motivation. C’est dire que la nouvelle qui tombe quelques jours plus tard, justifierait pour certains cette décision prise à l’encontre de M. Ayari. Le démantèlement d’un réseau de blanchiment d’argent au sein de la BCT, a été révélé. C’est le porte-parole du tribunal de première instance et du pôle judiciaire financier, Sofiène Selliti qui annonce aux médias que le juge d’instruction avait décidé d’émettre un mandat de dépôt contre 2 cadres de la Banque centrale de Tunisie, parmi 5 suspects dont 3 ont été laissés en état de liberté. Un 6ème individu est par ailleurs en état de fuite.
Le porte-parole du pôle judiciaire financier nous a indiqué que ces individus sont soupçonnés d’être impliqués dans un nombre de crimes relatifs notamment au blanchiment d’argent, à la corruption et au détournement de fonds publics.
« Le pôle judiciaire financier, en coordination avec la brigade centrale avait mené des enquêtes, sous la tutelle du ministère public, qui ont conduit à l’arrestation de 5 employés de la Banque centrale, depuis de mardi 6 février 2018. Une enquête judiciaire a été ouverte afin d’investiguer sur des soupçons de blanchiment d’argent, de détournement par un fonctionnaire public de fonds publics et de corruption », a-t-il précisé.
Faut-il encore rappeler que cette affaire remonte déjà à quelques années. Des trafiquants effectuaient un changement de billets de 5, 10 et 20 euros contre des billets de 200 et 500 euros, nous indique une source autorisée. Les montants des transactions s’élèvaient à des millions d’euros. Toujours est-il aucune de ces transactions n’est enregistrée, bien qu’elles ont toutes passées par la banque centrale.
Ainsi, les suspects sont accusés de violation des règlementations de change, de procuration d’un avantage injustifiée, et de suspicion de corruption.
Après plus de 48 heures de silence absolu, la Banque Centrale a réagi à travers un communiqué publié, aujourd’hui même, informant qu’ayant eu connaissance courant du mois de janvier 2018, de certaines opérations illégales initiées par deux de ses agents, elle a saisi immédiatement les autorités judiciaires compétentes de l’affaire en lui communiquant tous les éléments à sa disposition pour leur permettre d’engager les procédures légales appropriées.
La Banque Centrale de Tunisie tient à préciser que la saisine des autorités judiciaires de cette affaire a été effectuée par sa propre initiative et de manière spontanée, forte de son engagement continu en tant qu’établissement national et de l’engagement de l’ensemble de ses cadres pour la défense de l’intérêt général et le respect de la loi et pour se conformer à toutes les obligations permettant la lutte contre toutes formes de crimes.
A travers cette réponse, la BCT tente de de désengager de toute responsabilité dans cette affaire, d’autant plus que plusieurs voix se sont élevées pour condamner l’institution, et à sa tête, le gouverneur, Chedly Ayari qui devra être remplacer dans les jours qui viennent par Marouen Abassi.
Son éviction à la suite de l’inscription de la Tunisie sur la liste noire de l’UE n’ayant pas plu à plusieurs acteurs de la scène nationale, à l’instar de Imed Daïmi d’Al Harak ou Issam Chebbi d’Al Joumhouri, ce nouveau scandale devrait, de par la gravité des faits, les pousser à revoir leur prise de position.
En tout état de cause, la BCT Gate constitue un véritable scandale en Tunisie, notamment, dans la conjoncture actuelle. L'interpellation de cinq cadres de la plus haute institution monétaire dans le pays dans le cadre d’une suspicion de blanchiment d’argent met à nu la totale défaillance du système d'information de la BCT.
Sarra HLAOUI
Commentaires (13)
CommenterTrès efficace!
Consultant Financier International
Des regrets !!!
Hélas
Un pays,où tout peut être blanchi,
Ils ont trahi la nation
UN SCANDALE CHASSE L'AUTRE ...!
Qui sont ces gens
Tous doivent être jugés en PUBLIQUE
5 interpellations et un est en fuite !

