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Tunisie – Pour que la transition soit fluide
08/03/2011 |
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Tunisie – Pour que la transition soit fluide
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La procédure à suivre pour la transition démocratique en Tunisie est déjà mise en place. Le président par intérim, Foued Mbazaâ, a donné la recette. Un gouvernement est en cours d’installation pour la reprise socioéconomique. Une assemblée constituante comme choix politique. Les modes d’élection vont être établies par des politiques et finalisés par des experts.

Ainsi, la recette annoncée pour la Tunisie démocratique est claire. Un gouvernement de techniciens fera de son mieux pour aider à la reprise de l’activité économique et de la marche courante des rouages de l’Etat. Ce ne sera pas chose facile dans la mesure où il doit, d’abord, lutter contre le chômage et relancer l’emploi. Ensuite, il est dans l’obligation de lancer des prémices de plus d’équilibre entre les régions. Enfin, il est appelé à remettre sur pieds le secteur touristique, l’un des leviers de l’économie. Sans parler, bien sûr, des activités courantes comme la santé, l’enseignement, le transport, ou encore les marchés publics et la maîtrise de l’inflation.

La principale activité de ce gouvernement reste, toutefois, le rétablissement de la sécurité, pierre angulaire de la stabilité de l’Etat et de son autorité. « Sans sécurité, rien ne saurait se construire », affirment aussi bien les simples citoyens que les gouvernants.
Chose importante : aucun membre de ce gouvernement ne saurait postuler à un poste d’élu. C’est ce qui justifie la démission des ministres politiques : Ahmed Brahim, Premier secrétaire d’Ettajdid et ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Néjib Chebbi, chef historique du PDP et ex-ministre du Développement régional et local ainsi que Faouzia Charfi, militante de la gauche démocratique et ex-secrétaire d’Etat de l’enseignement supérieur. Ils veulent garder intactes leurs chances d’être élus.

Pour ce qui est des choix politiques, c’est finalement vers une assemblée constituante que s’oriente la Tunisie pour asseoir sa deuxième république. Les élections se dérouleront le 24 juillet prochain, soit la veille de la fête de la république. La commission pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique veillera à l’élaboration d’une nouvelle loi électorale en vertu de laquelle se déroule le processus électoral. Mais, comment se présente une assemblée constituante et qu’est-ce qui la différencie d’une assemblée normale ?
La décision d’élire une assemblée nationale constituante répond pleinement, selon le professeur Kaïs Saïed, aux aspirations du peuple tunisien. Car, « il convient de rompre définitivement avec l'ancienne légalité devenue désormais caduque, du fait qu'elle ne représente pas la volonté du peuple. Donc, les élections du 24 juillet prochain vont mettre en place une assemblée nationale constituante qui veille à élaborer une nouvelle Constitution, émanation de la volonté du peuple, avant de procéder à l'organisation des élections présidentielle et législatives ».

Le président de la République par intérim n’a-t-il pas, par ailleurs, souligné dans son dernier discours que « dans le but d'élire l'assemblée nationale constituante démocratiquement et conformément aux principes de la révolution, un système électoral spécial sera mis en place à cet effet ».
Même son de cloche chez le professeur Sadok Belaid qui a insisté sur « la nécessité de transcender les difficultés juridiques liées à l'organisation des élections relatives à la mise en place d'une assemblée nationale constituante, compte tenu du fait qu'il s'agit d'une course contre la montre pour remettre le pays sur la bonne voie et ne pas le laisser sombrer dans une situation dont il pourra s'en passer ».

Quant au Professeur Rafaâ Ben Achour, il a expliqué que l’appel à l’élection d’une assemblée nationale constituante « marque une coupure avec la lettre et l'esprit de l'article 57 de la Constitution et sauvera la Tunisie des tractations oiseuses. Elle permet au pays de transiter de la phase de la légalité constitutionnelle vers la légalité révolutionnaire qui suppose l'implication du peuple dans la définition des contours de son propre destin ».
La commission pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, annoncée par le président Mebazaâ se penchera, d’abord, sur l'élaboration d'un projet de texte légal concernant sa propre création. Mais elle examinera surtout les moyens de bien réussir sa mission de préparation des élections de l’assemblée nationale constituante.

Cette commission sera constituée de personnalités politiques et nationales, de représentants des différents partis politiques, d'instances, d'organisations, d'associations et de composantes de la société civile dans la capitale et dans les régions et qui ont contribué à la révolution et l'ont soutenue. Ses débats sont appelés à être efficaces pour réussir rapidement à dépasser les différends et à mettre sur pieds des mécanismes électoraux à même de permettre à la Tunisie d’avoir sa constituante dont la mission se limite à doter le pays d’une nouvelle constitution pouvant transmettre au monde l'image authentique de la révolution tunisienne et lui octroyer la place élevée qui lui revient dans la civilisation humaine.

Crédit photo : TAP
08/03/2011 |
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