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Chroniques
De fils en dégage
Par Karim Guellaty
22/06/2019 | 13:23
5 min
De fils en dégage

 

Il y a quelques semaines, nous vous alertions ici sur la situation explosive dans le détroit d’Ormuz où passe le tiers de la production mondiale de pétrole. Ce sont cette semaine deux navires, l’un japonais, l’autre norvégien qui ont été attaqués par des tirs non revendiqués. Pas de victimes, ni de dégâts. Peut-on en déduire qu’il s’agit d’une attaque ratée ? Pas pour Trump en tout cas qui a du coup saisi une nouvelle occasion de durcir son discours sur l’Iran qu’il accuse d’être l’auteur des tirs. Pas non plus pour l’Iran qui nie bien évidemment être l’auteur des tirs, et rappelle une nouvelle fois qu’elle est victime de la folie de Trump.

 

Ormuz encore et cette fois c’est un drone américain que les iraniens abattent. Ni une ni deux, les américains déploient un scénario de riposte digne d’un film hollywoodien. Tellement digne d’un film hollywoodien que la riposte restera, fort heureusement, au stade de scénario. Mais Trump qui nous raconte sur la chaîne NBC et par le menu détail comment il a stoppé la guerre dix minutes avant qu’elle ne soit enclenchée en sort à la fois grandi, humaniste et fort.

 

La situation pourrait faire sourire, si elle ne menaçait pas l’équilibre précaire de la sous-région, précarité due notamment à un Irak qui a du mal à se remettre du KO dans lequel il a été mis. D’une Syrie en mal de démocratie et d’un Islam tellement trituré par le monde entier qu’il ne ressemble plus beaucoup à l’Islam. Que les Gilets jaunes français se rassurent pour leurs 33ème semaine de mobilisation, le prix de l’essence n’en sera pas impacté. #quiditvrai

 

Pendant ce temps-là, la Russie n’est pas restée les bras croisés. L’Union européenne a déclaré, citons, « une activité de désinformation continue et soutenue de la part de sources russes visant à limiter la participation électorale et à influencer les préférences des électeurs » lors des élections européennes. Les fake-news deviennent la pierre angulaire des nouvelles guerres du 21ème siècle. Le caillou dans la chaussure des journalistes, le grain de sable dans la machine électorale démocratique. #laveriteestailleurs

 

On ne peut parler de Trump, puis de fake-news sans embrayer sur le populisme. Et comme votre serviteur s’est engagé à ne pas commenter la vie politique en Tunisie, nous irons donc au Brésil. Et il ne s’agit pas là-bas d’un candidat à une élection présidentielle, mais du Président lui-même qui ne s’est offusqué de la décision de la cour suprême criminalisant l’homophobie. Et qui en profite pour y forcer la nomination d’un juge évangélique. Ceci après avoir réduit de 30% le budget de l’enseignement. Et le tout dans un contexte de mobilisation internationale pour soutenir les minorités au Brésil dont Amnesty International a dit le 21 mai 2019 qu’elles étaient clairement menacées. #laveriteestdanslurne

 

On ne peut parler de populisme sans parler d’élections. On vote ce samedi en Mauritanie, pour élire le nouveau Président. Le sortant n’est autre que Mohamed Ould Abdelaziz arrivé par un coup d’état en 2008, confirmé président par un scrutin aux urnes bourrées en 2009, puis un autre scrutin tout aussi trafiqué en 2014. Et fait suffisamment rare pour être relevé, empêché de se représenter par une constitution qui limite les mandats à deux, il n’a pas modifié la constitution. Les instituts de recherche politique un peu partout dans le monde justifient ce respect des institutions par, asseyez-vous, l’effet « révolution tunisienne « qui fait que les éventuels despotes en herbe qui ambitionneraient de tordre le cou à la démocratie en modifiant la constitution y réfléchiraient à deux fois, par crainte du dégagisme inventé par le peuple tunisien ». Ce dernier a donc préféré envoyer son Dauphin comme candidat, son ancien ministre de la Défense, candidat auquel il a apporté son soutien. Et maintenir en détention depuis cinq un blogueur activiste condamné pourtant qu’à deux ans de prison pour blasphème, sous prétexte que ses jours seraient menacés s’il venait à être libéré. La route est encore longue, mais souhaitons liberté, démocratie et justice à nos frères mauritaniens. #lesvoiesdelaliberté

 

On ne peut parler de dégagisme sans parler du candidat au poste de Premier ministre britannique, Boris Johnson. Si vous vous étiez relevés après le précèdent paragraphe, rasseyez-vous, c’est cocasse.

Appelée par un voisin à cause d’une violente dispute, la police s’est présentée au domicile de sa compagne dans la nuit du jeudi au vendredi. Le voisin gêné, pour étayer son propos a enregistré la dispute et les hurlements qu’on entendait jusque dans la rue d’après les témoins. C’est ainsi qu’on peut affirmer avec certitude que Boris Jonhson est accusé par sa nouvelle compagne, d’avoir « taché le canapé avec son verre de vin rouge » (sic), de « se comporter comme un enfant gâté » (re-sic). Laquelle finit sa tirade sur le droit des canapés à ne pas être tachés par un majestueux et énorme « Dégage » (re-re sic). Lui, en fin politicien, et parce qu’il sait que tout se joue sur le web, ne souhaitait pas partir sans pouvoir probablement vouloir faire un statut Facebook ou un tweet, puisqu’il lui a répondu, « non je ne pars pas, et rends moi, mon p… ( f… dans le texte) d’ordinateur portable ».  Pour ceux qui ne connaissent pas Boris Johnson, outre le fait d’être à la présidence du parti des conservateurs et donc candidat au 10 Downing street, est ancien maire de  Londres, ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, et le leader des Pro-brexit, même s’il n’est manifestement pas question qu’il quitte le domicile de sa compagne. Enfin, précisons qu’il continue à tacher les canapés avec du vin rouge, alors qu’il est déjà deux fois divorcé, et qu’il s’achemine très certainement vers sa troisième rupture. #lalcoolestunfleau

 

On ne peut pas finir cette semaine sans se souhaiter un bon week-end. Alors bon week-end à tous. Vous pouvez vous déconnecter.

 

Par Karim Guellaty
22/06/2019 | 13:23
5 min
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Commentaires (3)

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Nizar LAHYANI
| 27-06-2019 10:22
Bonjour Si Karim,
pour le deuxième fois je pense je vous prie de bien vouloir supprimer la cigarette de votre photo. Cela peut bien se faire par photoshop. Je sais bien que c'est un choix personnel justifié par l'image sartrienne de l'intellectuel enfumé, submergé, portant à lui seul la pierre de Sisyphe, mais c'est dépassé dans l'espace et dans le temps, ça n'apporte rien, et ça coûte cher à la CNAM.
Encore merci.

NB / c'est l'avis d'un fumeur, mais probablement pas autant que vous.

J.trad
| 23-06-2019 15:36
Je ne comprends pas par quels droits les flottes des USA occupent les zones marines ,sans que personne ne rouspëte ,ne proteste,sans que personne ne dénonce ,la pollution qui résulte de ces engins qui ont pris racines dans les eaux peupléés de poissons de tout genre ,ces progrès populations sont entoxiquees par les déchets chimiques ,rien que les eaux polluéés par les champoigs ,que rejettent les douches des marins ,la marine américaine sédentaire dans les eaux territoriales et internationales ,doivent deguerpir
,Partir ,stopper les dégâts de pollution depuis plus d'un siëcle la tragédie n'a que trop duré ,il faut un Stop .

Zohra
| 22-06-2019 14:59
https://youtu.be/RD-H2ihCOp8