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Chroniques
Béji Caïd Essebsi n’est qu’un homme après tout…
25/09/2018 | 16:59
3 min

Par Synda Tajine

 

L’interview de Béji Caïd Essebsi a été décevante à bien des égards. Mais cela fait des mois que ses sorties télévisées le sont toutes. Annoncée depuis des jours, l’apparition télévisée du chef de l’Etat se devait d’apporter des annonces compte tenu de la fragilité de la situation actuelle. L’opinion publique attendait du « président de tous les Tunisiens » qu’il désamorce la crise politique, sans tomber dans le piège de la politique politicienne, qu’il prononce un discours rassembleur et des mesures qui mettront fin à la crise. Il a fait tout le contraire.

 

C’est un président irrité face aux questions de la journaliste, sautant du coq à l’âne et évitant de dire les choses comme elles sont. Tout en déclarant à demi-mots que son fils, son protégé, était de la mauvaise graine, il a jeté son chef de gouvernement en pâture à ceux dont il affirme se dissocier aujourd’hui. Ennahdha, qui d’autre ? Le parti de Rached Ghannouchi, au cœur du consensus, caduque aujourd’hui, mais qui deviendra le seul soutien de Youssef Chahed face à une horde de vautours. Dans le clivage qui existe entre les deux partis ennemis puis amis et de nouveau ennemis, Youssef Chahed, son fils spirituel, a été trainé de force. Il existe quand même mieux comme situation pour un chef de gouvernement qu’il a lui-même choisi et dont il dit être satisfait aujourd’hui et vouloir la réussite.

 

Béji Caïd Essebsi n’a pas arrêté de dire « Je suis responsable », mais en réalité, il refuse de l’être. Confus,  hésitant et essayant de faire passer des messages à demi-mots, Béji Caïd Essebsi voulait dire les choses et leur contraire afin de ne pas s’embourber dans des considérations trop difficiles à assumer par la suite. « Sortir par la grande porte », voilà qui est moins sûr. Béjà Caïd Essebsi sortira sans doute par la petite porte, après que 1,7 millions de Tunisiens ont voté pour lui. Certains par dépit, d’autres par manque d’alternative, mais beaucoup d’autres par espoir. L’espérance d’un lendemain meilleur, d’une Tunisie meilleure et d’un président meilleur. Tout cela n’a pas été le cas et ne le sera sans doute pas si BCE décide de briguer un second mandat. Chose à laquelle il semble se résigner à renoncer, petit à petit.

 

Mais ce que je retiendrai de cette interview, qui constitue un non-événement en somme (mais ça nous en sommes habitués) ce sont ses derniers mots à Myriam Belkadhi. La journaliste a essayé de tenir le cap face à un président dissipé et irrité par son insistance à vouloir obtenir des réponses concrètes. A la fin, pour la remercier, le président de la République lui dit : « je suis venu aujourd’hui pour vous encourager, vous personnellement, car vous êtes une femme ».

Est-ce qu’on en est encore là aujourd’hui ? Le président de la République qui disait, quelques instants avant, que la Tunisie va bien car la femme tunisienne est moderne et a sa place dans la société. Le président de la République qui avait taxé, en 2014, la présidente du parlement de l’époque Mehrezia Laâbidi de n’être « qu’une femme après tout ». 4 ans après, les discours ne changent pas et la déception est toujours la même. Finalement, Béji Caïd Essebsi n’est, lui-aussi, qu’un homme après tout et il est temps pour lui d’en prendre réellement conscience…

 

 

 

25/09/2018 | 16:59
3 min
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Commentaires (13)

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EL OUAFI
| 29-09-2018 14:54
Ils sont persque tous atteints de ce syndrome de la parole non tenue ces voltes-face ces trahisons une fois les portes du palais sont ouvertes l'humilité le sens du devoir et les promesses électorales sont jetés aux oubliettes tous ce qui a été promis n'était qu'un leurre un prétexte pour servir leurs intérêts personnels non monsieur BCE n'a pas dérogé à la règle ils sont identiques ou la quasi-totalité dans le monde arabe pareil ils se desalterent du même abrevoire et que ça déplaise ou pas aux protestataires j'y suis je reste !
Notre BCE un vieux routier de la politique connaissant toutes les serails de l'état et sachant que l'occasion ne se renouvellera plus et tant qu'à faire les miens d'abord se disait-il et on le comprendrait vu grand nombre pratiquait le même refrain !
Nous citoyens désarmés,médusés nous n'attedions que les échéances électorales pour crier notre colère et nos désarrois et notre impuissace face ces monstres qui nous gouvernent ! (Manai)

Dr. Jamel Tazarki
| 27-09-2018 06:17
@BN: j'ai fait beaucoup de fautes d'inattention et de ponctuation dans mon commentaire ci-dessous, je vous prie de me permettre de le réécrire, Merci.


Introduction: ni les faits seuls, ni les valeurs seules pourraient résoudre nos problèmes socio-économiques, La Tunisie a besoin plutôt des faits et des valeurs ensembles. Et la conciliation n'est pas vraiment facile.

En Allemagne, l'empirisme a introduit la rigueur, le souci de la précision et des outils précieux en science politique. On y utilise beaucoup de statistiques, et de mathématiques pour enregistrer et évaluer les faits!

Par contre en Tunisie, la majorité de nos politiciens ne comprend rien à l'empirisme , en particulier BCE et RG!

Exemple: il est vérifiable par des études empiriques que BCE et RG n'ont aucune chance de dépasser les 10% des voix aux prochaines élections présidentielles de 2019, Et pourtant, tous les deux voudraient se porter candidats! Et ainsi, je me demande comment ces deux personnes, RG et BCE, pourraient prendre des décisions raisonnables (qui se basent sur les faits empiriques) pour tout un peuple, s'ils sont incapables de prendre des décisions intelligentes et raisonnables pour eux-mêmes?

De même faut-il soutenir aveuglement son fils car les valeurs l'exigent ou prendre plutôt les faits en considération? Je parle en particulier du fait que la majorité du peuple ne veut pas du fils!


Pour RG et BCE , il n'y a que les valeurs qui comptent et non pas les faits. Exemples: importer du mouton bien que nous n'avons pas les moyens...

"Nous n'avons pas les moyens afin d'importer du mouton" est un fait que l'on ne doit pas ignorer, mais qui se contredit avec certaines de nos valeurs! Que faut-il choisir les faits ou les valeurs?

En Tunisie, ce sont les valeurs qui gouvernent en exclusivité notre société et notre vie de famille.

Oui, RG et BCE ont choisi les valeurs comme matière première afin de gérer les affaires de notre pays!

J'insiste, il n'est pas possible d'interroger l'intelligibilité de nos problèmes socio-économiques sans avoir, au préalable, une connaissance des faits qui constituent ces problèmes. On ne peut pas conceptualiser notre réel sans une connaissance de celui-ci. Et c'est cela qu'il faut faire comprendre à BCE et RG.


Oui, BCE et RG ont besoin de conseillers mathématiciens et non pas seulement d'avocats autour d'eux!

Je résume: La Tunisie a besoin plutôt des faits et des valeurs ensembles. Et la conciliation entre les deux n'est pas vraiment facile.

Microbio
| 26-09-2018 16:25
Comme on dit en allémand:

Vous n'apprendrez jamais ce que vous ne pouvez pas apprendre dans le jeune âge!


Inutile de nourrir un lièvre avec du miel!

Natiotunis
| 26-09-2018 08:35
Synda Tajine '?'

farhat M.
| 26-09-2018 03:52
c est pas pour défendre BCS. Mais soyons clairs je pense que vous parlez d un président avant la révolution. car le président de la république tunisienne après la révolution n à pas le droit même de convoquer un ministre... encore pire même changer son premier ministre que lui même à proposé... vous rêvez Mm....

Trançonneuse
| 26-09-2018 03:03
En tant que mesure du degré de désorganisation et d'imprédictibilité, l'entropie a trouvé en Tunisie un terrain fertile pour atteindre un niveau jamais égalé ailleurs. Tout est désordre à commencer par le peuple lui-même qui n'a ni valeurs ni repères. Ceci ne peut que déteindre sur la politique surtout si celle-ci se drape d'une pseudo démocratie voulue floue et asservie dès la rédaction d'une constitution... que tout le monde nous envie (rires dans la salle).
Le Président est effectivement un homme qui est sur le départ et qui commence à être obnubilé par sa trace dans l'histoire tunisienne contemporaine. Il a trop côtoyé Bourguiba dans des conditions de soumission (et qui pouvait faire autrement à l'époque) pour développer une personnalité propre à lui. Aussi, il s'évertue à vouloir surfer sur des acquis de l'époque post-coloniale qui sont rentrés dans les m'?urs et qui n'apaisent plus un peuple qui vire vers une anarchie mâtinée de bigoterie apportée dans les valises moyen-orientales d'une secte qui se dit parti politique et qui implosera aussitôt son gourou allongé entre six planches dans une guerre de succession menée par des candidats honnis par une large frange des Tunisiens.
C'est aussi un père meurtri d'avoir à ce point raté son rejeton. L'auteur de « Habib Bourguiba le bon grain et l'ivraie » sait maintenant que l'ivraie est une mauvaise herbe qui a poussé plutôt chez lui s'est muée en un fils gâté, oisif et mythomane. Que voulez-vous ? On a toujours tendance à surprotéger le canard boiteux parmi sa marmaille. C'est humain mais irresponsable sur le plan politique.
Sa sortie télévisée ne pouvait être que ratée : elle a juste confirmé qu'un mandat de cinq ans pour quelqu'un qui a dépassé les quatre-vingt-dix ans est beaucoup trop long.

SADDI
| 26-09-2018 01:04
Dommage , toute la horde des intellectuels s'attaquent à BCE
Combien sont ils payés pour cette sale besogne
Le peuple vit dans la miséré mais il sait très bien que c'est la responsabilité du gouvernement , qui ne veut pas allez aux origines du problème , et dévoiler qui a appauvri l'état
La majorité silencieuse des modernistes n'oublient pas que BCE , et c'est grâce à lui qu'on s'est débarrassée de la troika
BCE reste toujours la seule personne que les islamistes respectent et tiennent compte , mais jusqu'à quand avec cette horde d'imbéciles ou plutôt de vendus

mansour
| 25-09-2018 22:09
les citoyens perçoivent mieux la réalité du pays que nos dirigeants Si Béji et Youssef Chahed+la classe politique s'enferment dans des enjeux politiciens pour le pouvoir en s'alliant et pactisant avec l'islamiste frere musulmans Rached Ghannouchi+ d'Ennahdha la force du mal qui habite et change nos dirigeants en de simples politiciens au service de leur ambition

Dr. Jamel Tazarki
| 25-09-2018 20:32
Introduction: ni les faits seuls, ni les valeurs seules pourraient résoudre nos problèmes socio-économiques, La Tunisie a besoin plutôt des faits et des valeurs ensembles. Et la conciliation n'est pas vraiment facile.

En Allemagne, l'empirisme a introduit la rigueur, le souci de la précision et des outils précieux en science politique. On y utilise beaucoup de statistiques, et de mathématiques pour enregistrer et évaluer les faits!

Par contre en Tunisie, la majorité de nos politiciens ne comprend rien à l'empirisme , en particulier BCE et RG!

Exemple: il est vérifiable par des études empiriques que BCE et RG n'ont aucune chance de dépasser les 10% des voies aux prochaines élections présidentielles de 2019, Et pourtant, tous les deux voudraient se porter candidats! Et ainsi, je me demande comment ces deux personnes RG et BCE pourraient prendre des décisions raisonnables (qui se basent sur les faits empiriques) pour tout un peuple, s'ils sont incapables de prendre des décisions intelligentes et raisonnables pour eux mêmes!

De même faut-il soutenir aveuglement son fils car les valeurs l'exigent ou prendre plutôt les faits en considération, le fait que la majorité du peuple ne veut pas du fils!


Pour RG et BCE , il n'y a que les valeurs qui comptent et non pas les faits. Exemples: importer du mouton bien que nous n'avons pas les moyens...

Dire que "nous n'avons pas les moyens afin d'importer du mouton" est un fait que l'on ne doit pas ignorer et qui se contredit avec certaines de nos valeurs! Que faut-il choisir les faits ou les valeurs?

En Tunisie, ce sont les valeurs qui gouvernent en exclusivité notre société et notre vie de famille.

Oui, RG et BCE ont choisi les valeurs comme matière première afin de gérer les affaires de notre pays!

J'insiste, il n'est pas possible d'interroger l'intelligibilité de nos problèmes socio-économiques sans avoir, au préalable, une connaissance des faits qui constituent ces problèmes. On ne peut pas conceptualiser notre réel sans une connaissance de celui-ci. Et c'est cela qu'il faut faire comprendre à BCE et RG.


Oui, BCE et RG ont besoin de conseillers mathématiciens et non pas seulement d'avocats autour d'eux!

Je résume: La Tunisie a besoin plutôt des faits et des valeurs ensembles. Et la conciliation entre les deux n'est pas vraiment facile.

Aby
| 25-09-2018 20:23
Il fut un temps, bajbou était " mahboub". Qu'en est-il aujourd'hui, après sa prestation du lundi soir ? NADA. HORS SUJET. Gardez au moins un semblant de dignité et sachez lever l'ancre avant que le bateau ne coule.