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Lassaâd Yaâcoubi : L’échec de l’année scolaire équivaut à 500 millions de dinars de pertes

Temps de lecture : 4 min
Lassaâd Yaâcoubi : L’échec de l’année scolaire équivaut à 500 millions de dinars de pertes

Les écoles, collèges et lycées tunisiens rouvrent leurs portes mardi 15 septembre 2020 pour accueillir les élèves, alors que les mesures de prévention pour limiter la propagation de la pandémie Covid-19 dans le milieu scolaire n’ont pas été déployées. C’est ce qu’a annoncé, le secrétaire général de la Fédération de l’enseignement secondaire, Lassaâd Yacoubi. 

Le ministère de l’Education a affirmé que tout était prêt, mais, malheureusement, la rentrée scolaire s’est déroulée dans des conditions similaires aux années précédentes; sans mesures dans 90% des écoles”, a-t-il déclaré, dans une intervention sur les ondes de la radio nationale, assurant que certains directeurs d’écoles ont mis en place quelques mesures par leur propre initiative en puisant dans les restes des équipements utilisés pour assurer la protection des élèves et du personnel enseignant pendant les épreuves d’examens nationaux. 

Jusqu’à maintenant, les établissements n’ont pas été désinfectés et les masques n’ont pas été distribués”, a-t-il précisé notant que le nombre de masques que le ministère de l’Education s’est engagé à fournir était ridicule en comparaison avec le nombre des élèves dans les écoles. 

Selon Lassaâd Yacoubi, 50 000 masques uniquement vont être distribués par le ministère de l'Éducation, ce qui représente près de 2% uniquement du nombre des élèves inscrits. 

Le gouvernement doit être conscient que le coût d’une contamination au Covid-19 dépasse de loin le coût des masques”, a-t-il avancé. 

Le secrétaire général de la Fédération de l’enseignement secondaire a, également, déploré l’insouciance des parents et des citoyens de façon générale. 

Certes les parents ont le droit d’accompagner leurs enfants, notamment ceux inscrits en première année primaire, mais il faut se rendre à l’évidence. Les attroupements représentent une menace tant pour les parents que pour les élèves et la continuité des cours. Une contamination dans école signifie sa fermeture, ce qui représente un coût considérable. L'interruption des cours peut conduire à l’échec de l’année scolaire”, a-t-il soutenu. 

Signalant l’absence d’un parcours sanitaire convenable dans les écoles, Lassaâd Yacoubi a appelé les municipalités et les ministères de tutelle, notamment celui de l’environnement, à assumer leur responsabilité. 

Le secrétaire général de la Fédération de l’enseignement secondaire est, également, revenu sur la précarité hygiénique et l’absence d’eau potable dans plusieurs établissements scolaires. Il a déploré les mesures annoncées par le ministère de l’Education notant que les citernes d’eau qui vont être acheminées vers ces établissements sont inappropriés car utilisées par le ministère de l’Agriculture pour l’irrigation. 

Il a rappelé, dans ce sens, les nombreux cas d'hépatite A - une maladie liée à des conditions d'hygiène précaires qui se transmet par voie oro-fécale par des aliments ou de l'eau contaminés par des excréments humains - qui ont été signalés dans le milieu scolaire.  

Interpellé sur les 32 millions de dinars que le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, souhaite allouer pour la réhabilitation de 400 écoles, Lassaâd Yacoubi a estimé ce montant “une insulte à l’intelligence des citoyens”. 

Le montant est insignifiant en comparaison avec nos besoins. Le ministère de l’Education a dépensé dix millions de dinars pour assurer la réussite des examens du baccalauréat dans 500 établissements scolaires uniquement. Rien que pour ériger des clôtures, il nous faut le double de ce montant”, a-t-il indiqué. 

L’échec de l’année scolaire aura un coût considérable : les 93% du budget du ministère de l’Education, soit 500 millions de dinars, tombent à l’eau”, a-t-il précisé. 

Pointant du doigt les politiques de l’Etat en matière d’Education, Lassaad Yacoubi a affirmé qu’il avait de la peine pour le ministre de l’Education. 

En l’absence d’une volonté solide pour réformer et restructurer le système éducatif, et son soutien gouvernemental et parlementaire, le ministre ne fera que tourner en rond et vendre de l’illusion aux Tunisiens”, a-t-il affirmé.

N.J. 

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Commentaires (5)

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Rationnel
| 15-09-2020 17:09
La majorité des enfants tunisiens ne savent pas lire un texte adapte a leur age. Le système d'éducation est en panne avec ou sans COVID, on peut fermer les écoles ou offrir des cours a distance, et attendre les vaccins d'ici le début de 2021.
Les enfants ne courent pas un grand danger d'attraper le COVID.
"Déjà avant la pandémie de la Covid-19, de nombreux signaux pointaient vers une crise de l'éducation en Tunisie. La baisse continue des résultats d'apprentissage (la Tunisie occupait la 65ème position sur 70 pays dans l'enquête PISA[4] en 2015) en est le symptôme le plus évident. Aujourd'hui, on estime que deux tiers des enfants âgés de 10 ans en Tunisie ne peuvent pas lire et comprendre un texte adapté à leur âge. "

Moustache
| 15-09-2020 14:26
Je crois qu'il n'y a qu'en Tunisie ou les syndicalistes font autant de grabuge et se mêle de ce qui ne les regarde pas, ni en attribution de mission ni en connaissance"
Partout dans le monde il y a des lois, les syndicalistes respectent les lois et L'?tat, en Tunisie c'est l'inverse, aucune loi, aucune force pour lui dire de fermer sa gueule, des parents a bout de souffle face à ses caprices de pucelle décervelée.

Dommage qu'il ne donne pas ce que ses dizaines de gréves ont coûtés à l'?tat et aux parents.
Faut dire aussi que nos médias y sont pour beaucoup, quand un chien aboie et que la caravane s'arrête, il continue forcément à aboyer.

Monia
| 15-09-2020 13:27
il ne vous reste plus qu'à faire une multipllcation par le nombre d'années scolaires perdues dont votre entière responsabilité en est la cause...

Bul.2r
| 15-09-2020 11:18
Lui et son syndicat portent la responsabilité de l'échec de toutes ces dernière années scolaires ( grèves , augmentations , primes ...)

puisqu'il sait compter on lui laisse le loisir d'évaluer les pertes en dinars nous on se contente de constater les pertes en temps et en savoir .

observator
| 15-09-2020 11:16
Tout le travail qui a été fait sous ce ministre est parti en fumée. Les lobbys de la corruption reviennent en force. Et 18/18 et ses milliards on en parle plus.
Depuis des directeurs de santé limogés sous Mekki pour faute et soupçons de corruption sont réintégrés.
Les lobbys privées profitent de l'expansion de la pandémie pour sucer l'?tat avec des contrats juteux.
On ne parle plus des milliards collectés pour le covid. Où sont ils partis.
Surtout on sent l'absence du ministère de la santé. On sent qu'il n y a plus de chef à la tête de ce département.
Mekki manque beaucoup aujourd'hui.
Depuis son départ le bateau santé ne cesse de chavirer. On sent qu'il n y a plus de commandant. Quand le chat s'absente les souris font la danse du ventre.
Rappelez vous tunisiens, Mekki etait là présent sur tous les front. On sentait que ce ministère était bien tenu. La première phase covid nous a coûté un minimum.
Il savait doser sa communication pour captiver l'attention des tunisiens et les inciter à adhérer à la politique de son ministère pour endiguer le covid.
En plus Mekki avait une vision et un plan après Corona pour reformer le système de santé tunisien. Il était la menace pour les lobbys et les syndicalistes mafieux
Mais les forces du mal étaient là le guettaient.

Rappelez vous juste quelques heures avant son limogeage, Kaies Saied recevait Taboubi et Fakhfakh . Il avait reçu Majoul aussi
Il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre le deal :
Taboubi et les lobbys mafieux apporteraient leur appui à Kaies Kaies Saied
En contre partie ils reclamaient la tête de Mekki, Maarouf et tous ceux qui menaçaient les intérêts de tous ces profiteurs et corrompus qui profitaient du secteur public. Ces ministres étaient entrain de monter des dossiers de corruption contre les mafieux syndicalistes et les profiteurs.
Parce que jamais Fakhfakh n'aurait jamais limogé ces ministres sans l'aval de Kais Saied ( wali naamatou).
Qui a perdu dans cette histoire ?
Le peuple tunisien . Corona est entrain de prendre une forme exponentielle, les ministères de la santé et des transports sont redevenus des affaires juteuses et les corrompus reviennent en force.
Et en terme de santé le coût va être énorme pour les tunisiens.
Donc voilà la santé des tunisiens et l'intérêt général est le dernier souci de ces dirigeants dont certains sont toujours dans leur nuage pour poursuivre un mirage.
Ce qu'à gagné Kais Saied de cette alliance ?
Le soutien des médias du système corrompu.
Un exemple : dans les sondages made in Zargouni, il caracole toujours en-tête loin devant pour encore gonfler son égo.
Imaginez qu'un type comme Mekki ne figure plus dans les sondages alors qu'il y a seulement deux mois il talonnait Kais Sayed.
Le système corrompu utilise le président de la république pour casser l'expérience démocratique et réduire le pouvoir des forces vives qui menacent leurs privilèges.
Lui croyant bien faire et que cette alliance va l'aider à capturer son mirage.

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