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Tunisie - Des centaines de personnes au Bardo contre Wajdi Ghenim et les dérives extrémistes
18/02/2012 | 1
min
Tunisie - Des centaines de personnes au Bardo contre Wajdi Ghenim et les dérives extrémistes
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Plusieurs centaines de personnes se sont réunies, aujourd’hui samedi 18 février 2012 entre 12h et 14h pour protester contre la visite en Tunisie du prédicateur radical, Wajdi Ghenim, et contre les messages de haine et de violence auxquels appellent les extrémistes étrangers ou nationaux, qui incitent à la sédition dans le pays.

Le mouvement Kolna Tounes, le réseau Doustourna et l’association Initiative citoyenne ont lancé un appel commun à venir manifester en ce samedi ensoleillé, pendant qu’une délégation est entrée au sein de l’Assemblée pour s’entretenir avec le président de l’Assemblée constituante. Dans une lettre adressée à Mustapha Ben Jaâfar, les associations issues de la société civile demandent à ce que la Constituante, seul pouvoir légitime élu par le peuple, prenne ses responsabilités et s’exprime quant aux dérives graves qui ont été constatées en Tunisie.

Les raisons de la manifestation sont multiples et chacun des participants aura ses raisons particulières. D’aucuns appellent à ce que la Constitution garantisse la neutralité de l’Etat quant à la chose religieuse, revendiquant un « Etat civil », d’autres s’indignent contre les appels à la sédition, à la violence et à la haine proférés par les prédicateurs étrangers en visite en Tunisie, et d’autres encore contre l’arrestation des journalistes d’Attounissia, pour une photo. Des sympathisants d’Ennahdha sont également présents, discutant cordialement avec les protestataires. L’atmosphère est apaisée et, malgré les différences de point de vue, tous s’accordent sur un point : il faut apprendre à vivre ensemble, accepter les différences et condamner les dépassements. Concernant les journalistes emprisonnés, notamment, plusieurs sympathisants islamistes condamnent la photo, qui, selon eux, n’aurait pas dû être publiée, mais ils déplorent également le fait de mettre des personnes en prison pour ce type de publication.

Sofiène, un jeune d’Ennahdha nous confie : « Si j’ai bien compris il y a les décrets 115 et 116 en rapport avec la presse qui ne sont pas appliqués et la justice a préféré appliquer le code pénal, je ne connais pas les détails mais dans tous les cas, la sanction me semble exagérée vu les faits ». Concernant la venue de Wajdi Ghenim : « Le problème est que lorsque vous manifestez contre des savants religieux, quels qu’ils soient, les gens pensent que vous êtes contre l’Islam, je comprends maintenant qu’ils ont tort mais c’est l’impression qu’ont mes amis quand ils entendent parler de vos manifestations ». À propos des salafistes, enfin, il nous dit en connaitre beaucoup, qui sont ses amis et qui sont inoffensifs. « Si seulement, ils comprenaient vraiment ce qu’était le salafisme, ce serait bien, mais c’est un effet de mode, ils portent des barbes et des baskets Air Max, parce que les Asics, on ne voit pas très bien le logo ! Beaucoup sont des voyous reconvertis, mais ils ne sont pas violents ». Il ajoute, amusé : « Il ne faut pas croire, il faut beaucoup d’entretien pour garder sa barbe propre, surtout lorsqu’ils mangent, ils ont un instrument spécial pour enlever les miettes ! ».



Iyed Dahamani, élu du PDP, fait une petite apparition : «Je suis là pour écouter les revendications des manifestants, pour pouvoir les relayer au sein de la Constituante», affirme-t-il à Business News. Interrogé sur les raisons pour lesquelles l’initiative vient de la société civile et non des élus de l’Assemblée, Iyed Dahmani nous répond : «Au contraire, nous avons demandé à plusieurs reprises à ce que des séances extraordinaires de l’Assemblée soient tenues pour discuter des problèmes que connaît le pays, que ce soit la misère dans les régions défavorisées touchées par le froid que les appels à la haine et à la violence, ou encore la liberté de la presse. On nous a répondu qu’il fallait du temps pour organiser ce type de session, en fonction de l’emploi du temps des membres du gouvernement. C’est bien sûr à Mustapha Ben Jaâfar de décider de ce genre de session, il se veut coopératif, même si je ne sais pas s’il y a une volonté réelle de traiter de ces problèmes ». Pour l’élu du PDP enfin, ce type de dérives sert à dévier le débat des vrais problèmes socio-économiques en Tunisie, pour lesquels le gouvernement actuel fait montre d’une réelle incompétence et les actions concrètes font défaut.

En ce début d’après-midi, le soleil est à son zénith et la chaleur se fait ressentir. Salem Ben Romdhane se protège des rayons de soleil avec le quotidien le Maghreb. Il nous montre la Une du journal dans laquelle est inscrite une information selon laquelle le Tribunal administratif a statué contre le port du niqab dans les universités.
«Il y a beaucoup de gens qui croient que ce type de manifestation ne sert à rien, mais regardez, si les universitaires et les étudiants n’avaient pas tenu bon dans les universités, les personnes portant le niqab se seraient multipliées. Maintenant c’est interdit par la loi, il faut tenir bon et ne pas se laisser intimider, ni se lasser par les attaques répétées des franges extrémistes qui veulent transformer notre pays en une dictature basée sur la religion. Nous avons le devoir de ne rien laisser passer et de nous battre pour une Constitution qui garantisse nos libertés».

Monia Ben Hamadi
18/02/2012 | 1
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