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Marché de changes-Chronique d'une dévaluation annoncée du dinar
01/07/2014 | 1
min
Marché de changes-Chronique d'une dévaluation annoncée du dinar
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La chute du régime de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali a entraîné une dépréciation rapide du dinar tunisien. La précipitation des événements politiques dans la Tunisie d’après 14 janvier 2011, a eu l’effet domino et l’ascension du mouvement islamiste au pouvoir n’était pas pour arranger les choses. Ce n’est guère faute de couleur politique mais de compétences en matière de gouvernance. Logique oblige ! Car comment cela pourrait-il être donné à des gouvernants de tenir à bon escient les rênes d’un pays « post-révolutionnaire » quand ils auraient passé des décennies derrières les barreaux ? Allez comprendre ! Seulement voilà, certains sont d’avis que les gouvernants ainsi que leur « style » de gouvernance n’y sont pour rien dans la dépréciation de la monnaie nationale, sinon un brin. Soit ! Mais les faits sont là, indéniables. Chronique d’une dévaluation annoncée du dinar.

Depuis l’avènement du 14 janvier 2011, et lors de chaque exercice de comparaison d’indicateurs, c’est l’année 2010 qui est prise en compte comme référence. Pour conter l’histoire de la dépréciation de la monnaie nationale, nous prendrons donc en considération l’année 2010 comme année de référence.



Dans le tableau ci-dessus, nous avons établi un comparatif sur la période s’étalant de 2010 à 2014 de la valeur du dinar par rapport aux deux principales monnaies d’échange, à savoir : l’euro et le dollar américain. Selon les rapports périodiques de la Banque Centrale de Tunisie, sur la période allant de décembre 2010 jusqu’à 30 avril 2011, le cours du dinar a enregistré, sur le marché interbancaire, une régression de l’ordre de 3,8% en comparaison à l’euro. A contrario, le dinar s’est apprécié face au dollar américain de 6,9%.



Sur le plan des cours moyens des quatre premiers mois de l’année 2011, et en établissant une comparaison à la même période de l’année 2010, le taux de change de la monnaie nationale s’est déprécié à hauteur de 2,8% par rapport à l’euro et de 1,9% vis-à-vis du dollar américain. Sur le marché interbancaire, et en comparaison à fin décembre 2012, le cours du dinar a enregistré une chute remarquable de l’ordre de 8,1% vis-à-vis de l’euro et de 5,9% par rapport au dollar américain.

Dans son rapport périodique, la Banque Centrale précise qu’elle a accentué ses interventions sur le marché des changes et ce, à compter du mois de mai 2013, dans le but de compresser les pressions sur la liquidité du marché interbancaire.



Chedly Ayari, gouverneur de la BCT a indiqué, dans une déclaration à la presse courant mai 2013, que le glissement qu’a connu le dinar tunisien est justifié par une hausse de la demande de devises par plusieurs grandes entreprises à l’instar de la Steg ou Tunisiana (aujourd'hui Ooredoo) mais encore par des transferts des bénéfices vers l’étranger assortis par une évolution limitée de l’activité des principaux secteurs exportateurs. Cette forte demande d’achat de devises a, selon les dires de M. Ayari, soutenu un déséquilibre entre l’offre et la demande. Il a souligné, en outre, que le trend baissier de la monnaie nationale n’est pas tout récent et existe déjà depuis une décennie. Le gouverneur a précisé, dans ce contexte, qu’à court terme et en l’absence de recettes d’exportation significatives et de décaissement de crédits, la BCT a injecté, vers le 10 mai courant, des devises sur le marché afin de le stabiliser. Quant au moyen et long terme, Chedly Ayari propose la mise en place d’un système de change flexible et qui incite à l’exportation et ce, dans le but de migrer vers la valeur réelle du dinar tunisien, ainsi que d’améliorer sa compétitivité sur le plan structurel.

Le prédécesseur de Chedly Ayari, Mustapha Kamel Nabli a jugé, pour sa part, que la dépréciation du dinar est due à l’aggravation du déficit commercial, le recul des recettes des exportations ainsi que la régression des activités économiques. En raison des mouvements de protestation que les unités du bassin minier ont observés, l’activité du transport ferroviaire de phosphate, des voyageurs et des marchandises a accusé une baisse notable, d’après Mustapha Kamel Nabli. Ce dernier rejoint Chedly Ayari dans le raisonnement quand aux changements que le marché du change a connus.

C’est en 2012, que le dinar tunisien a atteint son plus bas niveau face à l’euro. Un record tristement historique depuis la naissance de la monnaie européenne. Tous s’accordent à dire que la situation politique et sécuritaire instable joue un rôle prépondérant dans la descente aux enfers du dinar. Et ce n’est pas faux ! De fait, la monnaie nationale devra-t-elle attendre l’après élections pour espérer un semblant de relance sur le marché des changes ?

Nadya B’CHIR
01/07/2014 | 1
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