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Rupture révolutionnaire et points de rupture

Rupture révolutionnaire et points de rupture

 

Par Hédi Ben Abbes

 

La science politique nous apprend que la rupture révolutionnaire tend à substituer un ordre ancien par un ordre nouveau, soit selon une typographie violente faisant table rase du passé, ou selon une autre qui s’inscrit dans une continuité historiographique tout en introduisant une transformation profonde des institutions, de la société et de ses valeurs. La rupture peut alors viser la restauration d’anciennes valeurs conservatrices, ou un glorieux passé d’un côté, de l’autre, la transformation profonde des institutions, de la société et ses valeurs en vue de valoriser la souveraineté de l’Homme (droits et devoirs) par la prise en main de sa destinée.

 

Rupture radicale et violente ou rupture dans la continuité, l’historiographie révolutionnaire nous fournit des exemples et des contre-exemples selon le modèle hobbesien ou lockien. Il en ressort un point commun qui met en évidence la rupture avec l’ordre établi. Il est donc important de faire la distinction entre une révolution d’un côté et une révolte ou un coup d’Etat de l’autre. A l’image de la révolution française qui a vu la fuite de Louis XVI à Varennes, nous avons vécu en Tunisie aussi, la fuite du « roi » Ben Ali comme une opportunité qui a imposé aux Tunisiens, presque involontairement, l’idée d’introduire une rupture non violente visant à bâtir quelque chose de nouveau. D’ailleurs, c’est dans un autre royaume que Ben Ali s’était réfugié pour ne pas rompre avec l’ordre ancien !

 

Presque naturellement, l’idée de la nouvelle « République » s’est imposée comme une évidence inscrivant ainsi la rupture dans un espace de potentialités révolutionnaires où des expérimentations socio-politiques peuvent être menées. Nouvelle constitution, élargissement des espaces de liberté, nouvel ordre social, tel le récent projet de « Bochra Belhaj Hmida » et les tensions sociales que cela suscite. Ceci illustre bien la confrontation entre une rupture comme un retour à un ordre ancien et conservateur (modèle Ennahdha) ou un divorce définitif avec cet ordre. Les aspérités du réel établissent la nécessité d’intermédiation pour éviter la rupture dans la rupture et déboucher sur une contre-révolution, ou pire encore sur une guerre civile. C’est bien ce point de rupture qui peut menacer le processus révolutionnaire et lui donner une inflexion dangereuse dans un contexte de radicalisation terroriste semblable à celui qu’a connu la France en 1793 considérée comme une rupture négative.

 

On vient d’identifier le premier point de rupture qui illustre ce qui les ingénieurs en génie civil appellent dans le calcul des masses, « la limite admissible » au-delà de laquelle l’édifice s’effondre. Donc il s’agit d’un enjeu politique majeur en relation avec le processus révolutionnaire qu’il faudrait envisager comme producteur de tension et de possibilités de rupture négative.

La rupture négative en politique ne peut profiter qu’à deux catégories de population : ceux pour qui le modèle démocratique républicain est en contradiction avec leur projet idéologique. Ils sont tentés dans ce cas, par la perspective d’une rupture débouchant sur un chaos, lequel chaos peut les faire émerger comme une solution radicale « salutaire » du moment qu’elle est d’inspiration divine. Le référentiel religieux n’étant pas négociable, il répondra à l’aspiration égalitaire consubstantielle au phénomène révolutionnaire. Il apporte aussi la « sécurité » à travers la soumission collective à un ordre divin sous le régime duquel, l’unique ambition de l’Homme serait dans l’abdication totale de sa souveraineté. (Pour schématiser c’est le modèle révolutionnaire iranien).

 

En deuxième lieu, ces mêmes conservateurs ont la possibilité tactique d’utiliser les mécanismes de la démocratie pour éviter les tensions et mieux gérer les aspérités sociales comme résultante de la continuité historique. Cette tactique consiste à conquérir l’opinion jusqu’au point d’inflexion majoritaire et opérer la rupture à travers la restauration d’un ordre encore plus ancien, en se reconnectant avec l’histoire de la conquête glorieuse de l’Islam du IXe et Xe siècle. La restauration d’un âge d’or disparu était aussi la motivation de Saint Augustin, lui aussi plaidait pour une rupture qui visait à restaurer un ordre divin qui devait inévitablement advenir.

 

Dans un contexte international où les Musulmans se considèrent, à tort ou à raison, exploités et déconsidérés, une telle rupture donne l’illusion à la « civilisation vaincue » depuis 8 siècles maintenant -selon l’expression d’Amine Maalouf- de pouvoir prendre sa revanche sur la « civilisation victorieuse » et arrogante. Une telle rupture est de plus en plus attractive pour une jeunesse à qui les nouveaux acteurs politiques dits républicains, n’ont pas su leur proposer une rupture positive qui les projette dans l’avenir et met un terme à la nostalgie des modèles autoritaires et/ou radicaux.

 

La rupture visant la restauration d’un ordre ancien passe ici par le truchement des mécanismes démocratiques considérés comme moyens d’aplanir les aspérités sociales et donc la résistance au projet idéologique. (Pour schématiser c’est la stratégie de rupture dans laquelle s’inscrit Ennahdha). Les conservateurs ont alors, intérêt à ce que l’Etat se délite et perde son caractère régalien pour faire émerger le modèle religieux comme modèle structurant de la vie politique, économique et sociale. L’échelle de radicalisation étant très variée selon les groupes religieux, une telle rupture engendre inévitablement des tensions qui appellent à d’autres ruptures de plus en plus radicales par l’instauration d’une compétition en direction de l’absolu divin. Un tel phénomène est déjà observable en Syrie, en Somalie, en Afghanistan et en Irak où le délitement de l’Etat central incite les groupes fondamentalistes à s’affronter entre eux sur la base de rupture dans la rupture visant l’utopie de « l’absolue pureté ».

 

L’autre catégorie à qui profite le chaos est celle des « affairistes mafieux » dont la prolifération est inversement proportionnelle à l’autorité de l’Etat : moins d’Etat, plus de mafia. Cette catégorie a progressé de manière phénoménale en Tunisie et a envahi tous les secteurs d’activité. Elle progresse en même temps que sa corollaire la corruption qui est le mécanisme qui sous-tend le nouveau système de fonctionnement. Le système des valeurs républicain est alors remplacé par un système de valeur inversé. L’adhésion à ces valeurs inversées devient alors le seul moyen de survie, voire de « réussite » et de réalisation de soi. De ce point de vue il y a une continuité avec l’ordre ancien (modèle Ben Ali) qui portait en lui une contradiction entre un ordre autoritaire utilisant les institutions de l’Etat pour contrôler et orienter cet inversement des valeurs d’un côté, et de l’autre la mise en place d’un système de corruption affairiste qui dès que l’autorité de l’Etat est ébranlée, gagne immédiatement du terrain et s’installe comme une véritable alternative. L’économie parallèle et la corruption qui lui sont consubstantielles ont aujourd’hui atteint un niveau tel en Tunisie qu’on peut affirmer que le point de rupture est déjà atteint et le basculement dans le chaos peut à tout moment se produire.

 

Ce basculement se situe au point de jonction entre les deux modèles de rupture à savoir : la rupture religieuse ou idéologiquement motivée et la rupture mafieuse. Les deux visent l’autorité de l’Etat et son éventuel effondrement. (Le cas libyen) On a pu entrevoir les signes avant-coureurs de ce danger, dans le sud tunisien. L’irruption de la violence à Ben Guerden le 7 mars 2016 quand la ville fut tenue plusieurs heures par les terroristes, illustre parfaitement l’hypothèse de la rupture visant la restauration d’un ordre ancien à travers la radicalisation terroriste. Pour protéger leurs intérêts, les barons de la mafia peuvent ne pas hésiter à pactiser avec les terroristes dès lors qu’il y a un socle culturel commun cimenté par l’appartenance à la même communauté religieuse. Le récent exemple de la possible implication de la société française Lafarge dans des affaires avec Daech en Syrie -malgré l’absence de lien culturel et idéologique- illustre bien l’idée que rien ne résiste à la convergence d’intérêts mercantiles.

 

La Tunisie vit, aujourd’hui, une période cruciale dans son processus de rupture révolutionnaire. Les dangers qui guettent cette rupture paradigmatique sont multiples et peuvent être résumés dans les différents points de rupture déjà atteint. Point de rupture institutionnel : illustré par le statu quo actuel et le blocage de l’appareil de l’Etat. Le délitement de l’Etat se traduit par le remplacement de l’intérêt général par les intérêts corporatistes et personnels, par la perte de l’autorité du politique, censée être la traduction de la volonté du peuple, au profit des lobbies, par le non-respect de la hiérarchie, par la perte de confiance dans l’administration et dans la justice.

 

Point de rupture socio-culturel : l’absence d’un projet de société clairement défini, a ouvert en grand la porte aux thèses les plus rétrogrades. Le plus grave c’est d’entrevoir déjà les prémices d’une opposition de deux Tunisie sur la base de deux conceptions de société, une d’inspiration religieuse (halal) et une autre d’inspiration occidentale et laïque (haram). Feu Bourguiba avait tout fait pour éviter un tel schisme social. Hélas, nous manquons aujourd’hui de politiciens de cette envergure. Le régionalisme, le clanisme, les oppositions des classes, les « Beldi vs non Beldi selon une typographie sociale qui prévalait dans la Grande Bretagne du 18e siècle, avant la révolution industrielle !) ont resurgi. Le télescopage social (tadafaa) appelé de tous ses vœux par M. Ghannouchi se profile à l’horizon et personne ne peut en prédire les conséquences.

 

Point de rupture économique : les faits sont têtus disait Lénine et en voici quelques-uns. Les finances publiques en déshérence avancée, caisses sociales en faillite technique, endettement extérieur record, balance commerciale déficitaire, réserves en devises au plus bas (70 jours tout au plus), chômage record (17%), inflation à presque 8%, corruption endémique, et pour couronner le tout, le transfert de l’économie de la main de l’Etat à celle de la mafia (l’informel se situe à 65% selon les estimations les plus optimistes) ce qui a appauvri l’Etat et entrainé sa non solvabilité comme ultime étape avant son effondrement.

 

Cet effondrement annoncé très maladroitement par le président de la république le lendemain de l’attaque terroriste au musée du Bardo ne sera pas dû à la radicalisation terroriste -celle-ci étant momentanément écartée- comme il le préconisait mais à sa méconnaissance ainsi que celle de ses acolytes islamistes et de tous les acteurs majeurs sur la scène politique et syndicale, des véritables enjeux de la rupture révolutionnaire et des dangers qu’elle comporte. Aujourd’hui, on ne sait pas sur quoi va déboucher cette rupture révolutionnaire. Tous les points de rupture sont désormais atteints, la limite admissible est à son paroxysme, la Tunisie est à présent extrêmement vulnérable. Elle peut à tout moment basculer de l’autre côté de la ligne Maginot ! Ceux qui comptent sur l’Union européenne, sur les Etats-Unis ou sur Sidi Mehrez pour sauver la situation doivent se rendre à l’évidence et assumer leur responsabilité historique. Les élus, l’exécutif, les syndicats et les partis politiques sont tous responsables du chaos qui guette la Tunisie. A ce jour, toutes ces catégories nous ont donné l’affligeante preuve de leur ignorance des enjeux majeurs de la Tunisie, empêtrés qu’ils sont dans des querelles personnelles mesquines à la hauteur de la petitesse de leurs esprits et de leur incompétence individuelle et collective.

 

Le pays ne produit plus de la valeur, ni dans l’économie, ni dans l’art, ni dans le sport et encore moins dans la politique, circuler il n’y a rien à voir !

Reste à savoir si la jeunesse de ce pays et les patriotes désintéressés, sont-ils prêts, à assumer leur responsabilité et à s’engager sur la voie de la rupture avec l’ordre ancien en vue de l’instauration d’un ordre nouveau ? Vont-ils envisager la rupture révolutionnaire comme action de l’Homme libre et responsable et non comme une obéissance à un ordre cosmologique ? Vont-ils œuvrer à être acteurs de notre destinée collective et de notre histoire et envisager la rupture comme un mieux-être culturel, politique, économique et social ?

 

Devant l’urgence de la situation et de sa gravité, il est impératif que ces forces silencieuses s’organisent entres-elles et s’engagent dans la bataille politique tant qu’il est encore possible, pour sauver ce qui peut l’être encore. Il faudrait proposer une offre politique nouvelle basée sur le sens de la responsabilité, la reddition des comptes et le professionnalisme, dans le cadre d’un contrat programme.

 

Pour que la rupture puisse être envisagée en tenant compte de nos erreurs passées, il faudrait inverser la défectueuse formule actuelle et commencer par la mise en place d’une vision, d’un programme, de plans d’action et en dernier lieu, trouver un personnel politique digne de ce nom, capable de porter un projet de société et une alternative à la rupture négative. Il faudrait alors investir le champ politique, actuellement occupé par les médiocres et les arrivistes, dire la vérité au peuple tunisien et le mettre lui-aussi devant ses responsabilités, envisager les solutions politiques, économiques, sociales et sécuritaires qui s’imposent et avoir le courage d’affronter les difficultés et d’être prêt à en payer le prix politique si nécessaire.  Je l’appelle de tous mes vœux : « fa imma hayaton wa imma fanaa » !   

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Commentaires (13)

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Ali Noureddine
| 11-07-2018 15:43
Article fort éclairant, mais établir des parallèles avec la révolution française ne me semble pas pertinent. La RF est passée de ce que l'on appelé la révolution des avocats (ou des légistes) à la Terreur du comité de Salut Public. En quatre mois mois (mai-septembre 1789) l'essentiel avait été accompli: trois siècles d'Ancien régime avaient été anéantis. (pouvoir royal, fiscalité, diversité administrative, poids de l'église, féodalité, etc. )Rien de comparable avec ce que nous avons connu. Les manifestations quotidiennes auraient pu se transformer en révolution mais elles n'ont été qu'une série de sursauts populaires qui se sont achevés par un coup d'Etat. Et comme l'a fort justement souligné kameleon78, Ben Ali n'a pas pris la fuite, il a été floué et embarqué dans l'avion.
1793 représente l'année noire de la Révolution française. Danton disait "la révolution dévore ses propres enfants". Des milliers de Français ont été guillotinés. La dictature de Robespierre de de Saint-Just n'avait rien à voir avec la défense des acquis de la Révolution; elle était l'expression des dérives du pouvoir personnel . Nous n'en sommes pas là en Tunisie, mais ce que je constate c'est que depuis janvier 2011 la situation n'arrête pas de se détériorer et ça va empirer. Qu'avons-nous obtenu ? les libertés certes, mais à quel prix ? Qu'en restera-t-il le jour où les islamistes s'installeront durablement au pouvoir ? c'est une simple question de temps

TATA
| 10-07-2018 18:32
un texte très intéressant mais trop long!

Sensei
| 10-07-2018 17:27
Ce n est surtout pas une lutte entre autproclames modernistes laics et obscurantistes islamistes ,comme veulent bien nous faire croire les oligarchies de la dictature, Mais plutot une lutte de classe entre les 20% de la population qui confisquent 80% des richesses du pays et qui se gargarisent de modernite alors que leur modernite pervertie a n a fait qu installer une dictature durant plus de 60 ans, et les 80 % de la population qui refusent cet etat des choses ,lesquelles pour survivre s adonnent au secteur informel, democratisent la corruption que monopolisaient jadis les" elites" bureaucratiques et affairistes ,ou au radicalisme et au terrorisme.Occulter cette lutte de classe en esssayant de la masquer par un antagonisme artificiel entre modernistes et islamistes c est retarder les autoreformes que doivent faire les oligarchies de la dictature en matiere d equite economique, sociale , regionale et politique , de partage equitable de richesses entre les regions et les citoyens, en une vraie egalite des chances etc etc etc .Le probleme n est surtout pas l obscucurantisme du peuple et leur presume islamisme , c est le refus de la petite minorite qui monopolise les richesses du pays ,a vouloir se reformer, a se resigner a vivre et au sein cette fois ci d une modernite democratique.. Vouloir perpetuer l hegemonie economique et politique de Papa sur le pays en proclamant pour obtenir le soutien d un Occident desormais difficile a se rallier , en une division manicheene et artificielle entre pseudos modernistes et pseudos islamistes ,c est continuer a se masturber, ce qui menera inevitablement le pays vers un previsible inconnu.

kameleon78
| 10-07-2018 17:13
Un article intéressant à lire sans préjugés sur l'auteur. Je retiendrai votre référence avec la révolution française, comme la fuite de Louis 16 à Varennes, pas tout à fait juste puisque Ben Ali n'a pas fui mais on l'a contraint à fuir. L'année 1793, une "rupture négative" de la Révolution française, le pouvoir absolu de Robespierre et ses sbires qui a détourné la révolution à des fins personnelles, il y installa la "Terreur" comme gouvernance et tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui ou un simple soupçon de contre-révolutionnaire vous emmenaient à la Guillotine. Nous n'y sommes pas, je ne le crois pas mais le danger nous guette, un écroulement économique, une faillite de l'état et nous voilà plongés dans "l'inconnu". Mais comme la nature n'aime pas le vide, après Robespierre, Napoléon Bonaparte prit les rênes du pouvoir et il y installa une "dictature éclairée", foisonnement des sciences, création du Code Civil, création des Grandes Ecoles (Mines, Polytechnique), modernisation de l'Administration Française. Donc en Tunisie il est possible qu'on sombre dans l'inconnu mais on renaîtra avec un homme "providentiel"qui sortira le pays du marasme économique, social, sanitaire etc....

Ma vision est claire, cela va faire plaisir à nos amis @Léon, @Abir, @John Wayne, @G&G etc..., je pense qu'il y aura un homme providentiel, je ne sais pas qui, mais qui prendra les rênes du pays et nous sortira de ce merdier créé par une révolution de pacotille (ce n'est pas une révolution mais un coup d'état déguisé), c'est pour cela que les références historiques ne sont pas justes avec les vraies révolutions comme la Révolution Française ou la Révolution Russe qui furent un vrai changement d'ordre établi, la confrontation d'une caste infime possédant toutes les richesses du pays et une énorme masse démunie. Ce fut un changement radical de société alors que chez nous c'est juste un changement de pouvoir, le peuple a au contraire dans sa plus grande majorité souffert de ce changement avec une classe moyenne délabrée. Autre aspect de ce délabrement, la faillite de l'état, le vrai socle qu'a bâti le Grand Bourguiba, il a mis les choses dans l'ordre, une base solide l'état puis on construit au-dessus, voilà la grande différence avec la gouvernance actuelle avec un absence totale d'autorité de l'état qui n'existe plus, d'où la propagation de l'économie informelle, du terrorisme, de l'anarchie à tous les niveaux. Une pénurie des médicaments, des longues coupures d'eau et d'électricité on ne connaissait pas ça sous Bourguiba et Ben Ali, c'est la paupérisation de l'état, vous rajoutez à cela des "amateurs" en politiques sans aucune compétence, leur seule légitimité c'est leur appartenance à un gouvernement d'union nationale comme ce "fameux" Imed Hammami le champion de l'incompétence gouvernementale, il n'est là que par ce qu' il est une "caution" du Gourou.

Mon souhait c'est qu'on change le type de gouvernance : supprimer le système parlementaire à la proportionnelle, installer le régime présidentiel, instaurer le scrutin majoritaire à deux tours pour les législatives, rétablir l'autorité de l'état, voilà ce qu'il faudrait faire pour les prochaines années sinon ce sera le chaos, mais nous y sommes déjà.

Citoyen_H
| 10-07-2018 15:21
Parfaite synthèse.
Bien joué.

Tunisino
| 10-07-2018 15:07
-Le pays ne produit plus de la valeur, ni dans l'économie, ni dans l'art, ni dans le sport et encore moins dans la politique, circuler il n'y a rien à voir!-

C'est le vide, cela rappelle les derniers mois de ZABA mais aussi les derniers mois de HB. Sommes-nous dans les derniers mois de BCE-RG-Ugtt? L'histoire est pour être étudiée et exploitée!

Daly
| 10-07-2018 10:50
Bravo pour le diagnostic .Pour le reste a bon entendeur

A4
| 09-07-2018 21:48
LA VACHE
Ecrit par A4 - Tunis, le 08 Septembre 2016

La pauvre vache est à terre
Sortez vite vos longs couteaux
Sans retenue et sans prière
Servez-vous quelques bons morceaux

Elle est là, raide, sans défense
Son doux museau est dans la boue
Préparez vos chants et danses
Amusez-vous comme de vrais fous

Sortez-nous vos vieilles gamelles
Aiguisez vos canines et dents
L'occasion est des plus belles
Attaquez poitrine et puis flancs

Découpez, n'ayez pas honte
Oubliez ses yeux larmoyants
Charcutez sans tenir compte
De son long râle gémissant

C'est aujourd'hui qu'il faut le faire
Demain ça sera sûr trop tard
Profitez de cette nouvelle ère
Empiffrez-vous de gras et lard

Charcutez, peuple d'affamés
Gavez-vous, c'est de la vachette
Qu'elle soit crue ou même cramée
Ne laissez-en aucune miette

Enfoncez encore vos hachettes
Faites jaillir et couler son sang
N'ayez pitié de la "pauv' bête"
Le temps n'est pas aux sentiments

Taillez encore, la chair est fraîche
Ce n'est pas elle la vache qui rit
Le temps n'est pas du tout aux prêches
Le temps est à la barbarie !

Citoyen_H
| 09-07-2018 19:46
"On vous a vu à l'oeuvre et c'était LAMENTABLEMENT MEDIOCRE".

Tout simplement.

Soubhane rabi, hors pouvoir, ce sont des virtuoses du populisme et de la démagogie.

Et quand ils sont au pouvoir, ils font tout le contraire.
C'est le comportement typique des affamés congénitaux qui veulent devenir rois et dont la "faim" justifie les moyens.
Salutations.



Ali Baba au Rhum
| 09-07-2018 19:41
Un article brillant ! dommage que la majorité des lecteurs ne le lise pas. Pour dire les choses plus simplement nous vivons une époque qui rappelle celle qu'a traversée l'Italie dans les années 70 durant les années de plomb, avec les brigades rouges, la mafia, gladio, et les groupuscules néo fascistes; à l'ombre de l'OTAN.

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