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Qu’est-ce que le Fonds de fonds Anava ?

Temps de lecture : 4 min
Qu’est-ce que le Fonds de fonds Anava ?

Le 22 mars 2021, le Fonds de fonds Anava a été officiellement lancé. Premier en son genre en Tunisie et en Afrique, ce fonds servira à appuyer les gestionnaires de fonds qui investiront à leur tour dans des startups. Un nouveau mécanisme de financement qui vient consolider un écosystème de startups naissant et indispensable à une économie aux abois dans une Tunisie déchirée par une inflation galopante et des conflits politiques incessants.  

 

« Cette copropriété d’investisseurs – qui va investir dans d’autres fonds d’investissement – est composée, pour le moment, de souscripteurs qui sont la Caisse des dépôts et consignations (CDC) en collaboration avec la Banque mondiale, la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KFW) et l’Union européenne. D’autres suivront », a indiqué à BN Check la directrice d'Investissement chez Smart Capital en charge du Fonds de Fonds Anava, Meriem Zine.

 

« Ce Fonds sera géré par la société de gestion Smart Capital agréée par le CMF. Il est régi par un règlement intérieur, un comité stratégique qui représente les bailleurs de fonds et un comité d’investissement composé de personnalités complètement indépendantes », a-t-elle ajouté soulignant que la décision d’investir ou pas dans une équipe de gestion revient uniquement au comité d’investissement.

 

Interpellée sur une éventuelle représentation du Fonds Anava dans les comités d’investissement des gestionnaires de fonds, elle a noté qu’une fois le fonds octroyé à l’équipe de gestion, Anava n’intervient plus dans les décisions d’investissement. « Nous exigeons, cependant, un reporting trimestriel et nous siégeons dans des comités consultatifs », a fait savoir Mme Zine. 

 

Anava dispose, actuellement, de 40 millions d’euros réunis lors du premier closing. Il devrait, selon Mme Zine, atteindre les 75 millions d’euros d’ici à la fin du deuxième trimestre de 2021 avec l’appui de la KFW et de l’Union européenne. Notant que l’objectif est de réunir 200 millions d’euros, elle a avancé que le Fonds avait reçu d’autres promesses de financement. 

Ce budget sera alloué à des investissements dans 16 fonds d’investissement au minimum qui devraient financer, à leur tour, au moins 350 startups. 

« Ce fonds de fonds est à dimension régionale. Cela implique d’investir dans des gestionnaires de fonds qui financeront des startups dont la maison mère ou les filiales sont dans la région ou à l’étranger mais à condition que 50% des effectifs soient en Tunisie. L’idée étant de soutenir les startups dans leur processus d’internationalisation », a-t-elle avancé notant que souvent les startups abandonnent le pays pour ouvrir ailleurs à cause des blocages financiers.  

« Le fait que les fonds soient en devise aiderait beaucoup les startups dans le déploiement à l’étranger, ce qui leur permettrait par la suite de réaliser des levées de fonds à l’international », a-t-elle ajouté.  

 

Les gestionnaires de fonds qui peuvent bénéficier de ce programme sont sélectionnés par un comité interne au Fonds Anava dont la mission est de définir si les soumissionnaires sont éligibles et répondent aux critères définis. La décision se fait, en effet, après un minutieux travail de due diligence (vérification de la situation d'une entreprise menée par un investisseur avant de conclure une transaction, ndlr), car le Fonds reste ouvert même aux équipes jeunes sans grande référence mais dont la compétence est avérée. La compétence demeure, en l’occurrence, la seule garantie pour le Fonds.  

Anava a prévu d’investir dans des fonds seed (société en phase création, ndlr), early stage (société encore fragile en phase de deuxième levée de fonds, ndlr) et late stage (société mature qui a atteint son troisième, voire quatrième, tour de table et généralement en phase d’internationalisation, ndlr). 

 

Les critères de sélection varient, d’ailleurs, en fonction de la situation du fonds, s’il est en amorçage, pré-amorcage…  Selon Mme Zine, les règles d’investissements exigent que la taille minimale d’un fonds seed soit au moins de cinq millions d’euros, celle d’un fonds en early stage soit au moins dix millions d’euros et celle d’un fonds en late stage soit de cinquante millions d’euros au minimum. 

« Anava n’investit pas plus de 75% dans les fonds seed, 50% dans les fonds early et 20% dans les fonds late. Les tickets maximaux que nous fournissons sont de 7,5 millions d’euros, 10 millions d’euros et 15 millions d’euros, respectivement », a-t-elle souligné. 

 

La directrice d'Investissement chez Smart Capital en charge du Fonds de Fonds Anava a ajouté, également, que – parmi les critères de sélection – les équipes de gestion devraient être actionnaires à 50 % au moins dans la société de gestion et avoir un partenaire stratégique étranger. 

« Nous encourageons les nouvelles équipes ainsi que les équipes existantes qui veulent impliquer un partenaire étrangerCela dit, l’ancrage en Tunisie demeure un critère important. D’ailleurs, il faut que la société de gestion soit basée en Tunisie ou au moins avoir un bureau en Tunisie pour les sociétés de gestion late stage qui sont à l’étranger », a précisé Mme Zine. 

 

Nadya Jennene 

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