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Covid-19, le relâchement risque de coûter cher !

Temps de lecture : 5 min
Covid-19, le relâchement risque de coûter cher !

 

La Tunisie vit au seuil d'une deuxième vague de la pandémie du Covid-19, trois nouvelles chaines de contaminations locales ont, en effet, été enregistrées ces derniers jours à Sousse, Kairouan et à l'aéroport de Tunis-Carthage. Pendant plus de quarante jours le pays vivait dans un état de stabilité relative, dans la mesure où aucune infection locale n’a été diagnostiquée. Les Tunisiens, considérant très vite que la menace était passée et que la Tunisie a vaincu le Coronavirus, ont tout aussi rapidement abandonné les mesures préventives et repris le cours de leur vie avec la nonchalance coutumière…  

 

Le monde entier assiste à une deuxième vague de Covid-19 et la Tunisie n’a pas été épargnée. Après avoir ouvert ses frontières le 27 juin dernier, de nombreux cas importés d’infection au nouveau Coronavirus ont été enregistrés, ce qui semble avoir inexorablement contribué au retour des cas locaux malgré toutes les procédures et protocoles sanitaires prévus.

La directrice de l'Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes Nissaf Ben Alaya, a confirmé que la situation épidémiologique en Tunisie est caractérisée par l'enregistrement des cas importés et le retour des cas locaux associés à des chaînes identifiées, et a souligné la nécessité de porter des masques de protection pour éviter de propager le virus et de le contracter.

Elle a expliqué que la première chaîne d'infection se situait dans le gouvernorat de Sousse et qu'elle avait été très vite contenue, ajoutant que des mesures de précaution strictes ont été mises en place. La deuxième chaîne d'infection se situe à l'aéroport de Tunis Carthage où une enquête sur terrain a été menée en plus d'une stérilisation complète de l'aéroport. Près de 720 employés ont été testés et 3000 analyses sont prévues cette semaine. Il a également été suggéré de réduire l'activité des cafés dans lesquels les gens se rencontrent avec la nécessité de porter des masques de protection à l'intérieur de l'aéroport de Tunis-Carthage, pour les voyageurs et les employés.

La troisième chaîne d'infection se situe dans la région de Kairouan, où deux cas locaux ont été enregistrés, et en enquêtant sur ceux qui étaient en contact avec ces deux personnes, d'autres cas ont été détectés, portant le nombre total de personnes infectées par le Coronavirus à huit cas. Nissaf Ben Alaya a indiqué que les cas d'infection avaient eu pour origine un cas importé, soulignant qu’un protocole sera mis en place dans toute la ville de Kairouan, en plus de réaliser un inventaire des lieux où les cas confirmés se sont rendus pour décontaminer les lieux. 78 tests ont été réalisés ce lundi et des cafés, ayant été le lieu de contaminations, ont été fermés.

Le début de cette deuxième vague dans de nombreux pays est dû au non-respect des mesures préventives, selon Mme Ben Alaya, qui a rappelé que le nouveau Coronavirus est dangereux, indiquant que si les mesures de prévention sanitaire ne sont pas appliquées, cela contribuera fatalement à l’exacerbation des infections locales.

Le membre du comité scientifique de lutte contre le Covid-19, Habib Ghedira, a confirmé, pour sa part, que l'enregistrement de cas locaux est la preuve de la possibilité d'une deuxième vague épidémique dans le pays, d'autant plus si le nombre dépasse le nombre de cas importés.

Il a ajouté que le retour aux mesures préventives initiales est devenu aujourd'hui nécessaire et très important. De nombreux Tunisiens ont considéré que l'ouverture des frontières le 27 juin était la principale origine de l’émergence de nouveaux cas locaux, ce à quoi M. Ghedira a répondu que la Tunisie avait ouvert ses frontières à l’instar de nombreux pays dans le monde, malgré tous les risques attendus.

Habib Ghedira a confirmé que la situation est sous contrôle à l'aéroport de Tunis-Carthage ainsi qu’à Kairouan et à Sousse. Sur la possibilité de retourner au confinement total pour briser les chaînes de transmission en Tunisie, il a déclaré que le confinement lors de la première vague avait eu des répercussions négatives sur le pays, soulignant que le retour à la fermeture des frontières était une décision très improbable. Il a toutefois insisté sur la nécessité de se conformer aux mesures préventives « qui restent la seule solution ».

« Il faut contenir le virus, et ce n’est que par la distanciation et le respect des gestes barrières que nous y parviendrons » a poursuivi M. Ghedira.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs souligné, pas plus tard qu’aujourd’hui, qu’il n’y aurait peut-être jamais de « solution magique » contre le Covid-19. « Il n’y a pour le moment pas de solution magique et il n’y en aura peut-être jamais », a affirmé le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse.

L'alerte de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) inclut la Tunisie, où le nombre de personnes infectées par cette épidémie est passé à 1565 cas confirmés, dont 1225 cas de guérison, 51 décès et 289 cas qui sont toujours porteurs du virus.  Elle comprend également tous les pays du monde qui connaissent une augmentation significative des taux d'infection et qui déplorent une recrudescence du nombre de décès à l’instar de l’Iran qui a enregistré aujourd’hui 17.405 decès, après avoir enregistré 215 décès au cours des dernières 24 heures.

Plus de la moitié des cas de Covid-19 sont concentrés, selon les statistiques officielles, aux États-Unis, en Amérique latine et aux Caraïbes. Les États-Unis sont le pays le plus touché au monde avec plus de 4 millions de cas et plus de 154 mille décès, suivi par le Brésil avec plus de deux millions de cas et 94 mille décès et l'Inde qui a enregistré plus d’ un million de cas et plus de 37 mille décès.  Le nombre total de décès dans le monde est de 687.941.

La menace du Covid-19 est bien réelle et, contrairement aux gestes barrières, le virus est toujours là. Le port du masque, le lavage des mains, la distanciation physique sont à l’heure actuelle l’unique moyen de lutter contre la propagation du virus. Toutes les institutions et structures publiques et privées doivent se conformer aux protocoles mis en place mais le relâchement semble aussi les toucher. Dans de nombreux centres commerciaux, administrations, le respect des mesures n’a pas duré longtemps. Le hic avec le Covid-19 c’est qu’en se mettant en danger, on met en danger les autres. Se protéger, respecter les consignes et les appliquer à la lettre est désormais un geste citoyen car ne pas le faire c’est imposer une lourde facture à tout le pays…

 

Myriam Ben Zineb

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Commentaires (2)

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bouglagem
| 04-08-2020 13:19
Il faut obliger les citoyens a porter le masque
les acces des espaces publics seront autorises
aux porteurs de masques seulement
Le gouvernement doit mettre en vente des masques
à des prix raisonnables et fissa fissa
Les speculateurs sont en plein stockage des masques
ne les laisser pas vendre le simple masque à 1d200
et le lavable a 1d850 agissez sur le marche
pendant qu'il est encore temps

retraité
| 04-08-2020 12:04
le relâchement vient des deux parties les autorités depuis l'ouverture des frontières le 27 juin les tunisiens résidents et les touristes des pays classés verts rentrent et circulent librement dans le pays pire encore les tunisiens des pays classés orange seront en auto confinement qui n'a jamais été scrupuleusement respecté lors de la première vague février /mars qui a eu des conséquences désastreuses sur la population locale et la situation économique et sociale du pays elles auraient du mettre tous les arrivants en quarantaine à leurs frais sinon ils restent dans les pays de résidence surtout que ces pays européens classés verts le nombre des nouveaux cas contaminés a décapelé depuis mi juillet les autorités de ces pays prennent les mesures qui s'imposent mais nos autorités n'ont rien fait elles chantent tous les jours que le virus est vaincu et pour la population locale un relâchement complet pas de port de masque pas de distanciation sociale pas d'application des de sécurités sanitaires comportements usuels dans les cafés à la plage et dans les fêtes au vu et au su des autorités sans réagir sauf Madame Ben Alya attire l'attention des citoyens sur le risque du retour du virus et exhorte les citoyens de respecter les mesures de sécurité sanitaire sans effet je suis le seul qui porte le masque et respecte la distanciation sociale dans la mosquée du quartier ou je fais ma prière .il vient un jour ou les responsables politiques doivent répondre à leur gestion du covid -19 avant et après l'ouverture des frontières

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