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Badreddine Gammoudi tire à boulets rouges sur le gouvernement et le PLF 2024
05/12/2023 | 10:47
7 min
Badreddine Gammoudi tire à boulets rouges sur le gouvernement et le PLF 2024

Le député du bloc « La ligne nationale souveraine » et dirigeant du Mouvement EchaâbBadreddine Gammoudi, a considéré que le projet de loi de finances 2024 (PLF 2024) ne répondait pas aux attentes du peuple tunisien et se contentait de reprendre la même philosophie de celui qui l’a précédé.

Invité le 5 décembre 2023 à « La Matinale » de Wissal Kassrawi Gharbi sur Shems Fm, Badreddine Gammoudi a affirmé que le PLF 2024 n’était pas axé sur l’investissement et le développement. La mobilisation des ressources est principalement fondée sur les revenus fiscaux et le texte ne consacre pas une justice fiscale. « Nous avions espéré un élargissement de l’assiette fiscale, plus d’équité et une intégration du secteur informel qui représente plus de 60% du PIB de la Tunisie », a-t-il ajouté.

Badreddine Gammoudi a assuré avoir adressé, durant des plénières de l’Assemblée des représentants du peuple, des remarques à cinq ou six reprises à la ministre des Finances, Sihem Nemsia à ce sujet. Il a considéré que le gouvernement d’Ahmed Hachani n’écoutait pas et cherchait des solutions faciles. Il a évoqué l’absence d’explications au sujet de la mobilisation de dix milliards de dinars sous forme de prêts étrangers.

« Le président de la République (Kaïs Saïed) est responsable de la chose puisqu’il a nommé ce gouvernement… Le gouvernement actuel n’est pas différent de celui de Najla Bouden qui œuvrait contre le processus du 25-Juillet et la volonté du peuple… Malheureusement, nous sommes toujours sur la même voie en raison de mauvais choix… Les ministres ne peuvent pas être à la hauteur des défis socio-économiques… J’appelle le président à revoir la composition et le programme du gouvernement… Les ministères fonctionnent de façon isolée et en l’absence d’une vision commune… Même au sein du même ministère, chaque direction générale agit de façon isolée… Prenons l’exemple du ministère de l’Agriculture, une direction générale adopte une vision pour l’année 2023 tandis qu’une autre adopte une vision pour l’année 2050… Il n’y a pas de synergie entre les ministères… Ils se contentent de gérer le quotidien », a-t-il poursuivi.

Badreddine Gammoudi a appelé le président de la République, Kaïs Saïed, à procéder à un remaniement ministériel et à revoir son programme. Le chef de l’État est responsable de l’échec du gouvernement. Le député a considéré que le discours prononcé par le chef du gouvernement, Ahmed Hachani, à l’ARP ne reflétait pas une vision ou un programme du gouvernement. M. Gammoudi a demandé l’entame d’un dialogue social et économique afin de mettre fin à la situation actuelle pouvant conduire à une crise sociale majeure durant les prochains mois. Il a déploré l’absence de successeurs à certains ministres limogés. Il a cité l’exemple du ministère de l’Industrie, des mines et de l’Énergie.




« Je partage l’avis de mon camarade, Youssef Tarchoun, au sujet de la ministre de la Justice (Leila Jaffel) Il y a un léger progrès dans l’ouverture des enquêtes… Il y a un échec cuisant au niveau du ministère du Commerce… Ce ministère est pleinement responsable de la gestion des circuits de distribution et de la disponibilité des marchandises… De même pour le ministère des Finances qui n’a pas fait preuve d’ingéniosité au niveau de la mobilisation de fonds… Malheureusement, le ministère de l’Agriculture a échoué… Nous sommes face à une crise alimentaire. On aurait pu faire mieux et garantir notre sécurité alimentaire grâce à nos experts et à nos propres moyens », a-t-il critiqué.

Par contre, Badreddine Gammoudi a considéré qu’on ne pouvait pas évaluer la prestation du ministre de l’Éducation, Mohamed Ali Boughdiri en raison du manque flagrant de moyens financiers. Le ministre des Affaires sociales, Malek Zahi fait face aux mêmes obstacles. Le député a, par la suite, évoqué un échec au niveau du ministère des Affaires culturelles. Il a considéré que le rendement de la ministre, Hayat Guettat, n’était pas convaincant et a rappelé qu’elle avait échoué à faire passer un projet de loi à deux reprises. Ceci traduit, d’après lui, l’insatisfaction de l’ARP.

Badreddine Gammoudi a accusé la Maison de Tunisie à Paris de normalisation et de sionisme. Il a affirmé que des activités allant dans ce sens ont été tenues au sein de cet établissement. Il a, également, évoqué des accusations de corruption. Il a appelé le président de la République, Kaïs Saïed, à agir rapidement. Il a, par la suite, considéré que le ministère du Domaine de l’État, le ministère des Finances, la commission chargée des biens confisqués étaient tous responsables de la mauvaise gestion de ce dossier. Il s’est interrogé sur les ventes à des prix dérisoires et a considéré qu’il s’agissait de cas de corruption. Il a conclu que des pots-de-vin ont été versés à certaines personnes. Il a appelé à revoir les actes de ventes et à procéder à une évaluation des biens. Une enquête portant sur le patrimoine des cadres de l’administration permettra, selon lui, de démanteler ces réseaux de corruption.

Le député a, aussi, évoqué une affaire de corruption liée au ministère de l’Agriculture. Il a indiqué qu’un cadre du ministère a procédé à des négociations avec une ONG au niveau de la réalisation d’un projet. Il a, par la suite, occupé le poste de responsable du même projet. Il s’agit, selon lui, d’un conflit d’intérêts. Badreddine Gammoudi a, aussi, évoqué des soupçons de corruption au niveau des cartes électroniques. Il a évoqué des pertes de plus de quinze millions de dinars. Il a évoqué une complicité au niveau de l’Office national des postes. Il a indiqué qu’une affaire judiciaire était en cours, mais que le ministre de tutelle n’a pas pris de mesure à ce sujet afin de mettre fin au crime qui continue de se produire.

Pour ce qui est du parlement, Badreddine Gammoudi a rappelé que les députés représentaient l'intégralité du peuple tunisien. Les élus sont dans l'obligation d'exercer leur rôle de contrôle et qu'il était tout à fait normal de s'emporter lors des interventions. Réagissant aux déclarations du ministre des Affaires étrangères, Nabil Ammar, le député a assuré que les députés ne s'adonnaient pas à des shows. Il a tenu à assurer que l'ARP ne servait pas d'élément de décor. Il a critiqué l'attitude de certains ministres et a expliqué qu'un nombre limité des membres du gouvernement était coopératif.


S.G

05/12/2023 | 10:47
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