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Elyes Fakhfakh, s’il veut devenir un véritable homme d’Etat, c’est maintenant !

Temps de lecture : 4 min
Elyes Fakhfakh, s’il veut devenir un véritable homme d’Etat, c’est maintenant !

 Les caisses sont vides, les entreprises sont proches de la faillite et l’Etat leur demande encore de trouver de quoi payer des impôts tout de suite, là et maintenant.

Portant la double casquette de chef d’entreprise et de chroniqueur, je me dois de dire à Elyes Fakhfakh et Nizar Yaïche, respectivement chef du gouvernement et ministre des Finances que nous n’avons pas de quoi payer les salaires de cette fin du mois de mars. Le confinement et la violence de la police ont fait que mes équipes n’ont pas pu assurer le recouvrement nécessaire pour collecter quelques sous. Quand bien même ils auraient pu, ils n’auront pas trouvé leurs vis-à-vis dans les différentes entreprises pour leur demander quoi que ce soit. Eux aussi, les vis-à-vis commerciaux, sont confinés chez eux et la seule chose qu’ils ont pu nous dire, c’est : « annulez la commande ! ».

Dans notre PME, comme dans la majorité des autres PME tunisiennes composant 80% du tissu économique tunisien formel, les caisses sont vides et on en est déjà dans les bas de laine. Des bas de laine obtenus grâce à notre banque (la Biat, publicité gratuite de gratitude) qui continue à faire rougir encore et encore notre compte, pensant à l’intérêt qu’il y a de sauvegarder notre existence. Côté intérêts, la Biat, tout comme les autres banques, en connaissent un rayon que nos gouvernants ont intérêt à connaitre. Car le premier perdant de la faillite d’une PME n’est pas son promoteur, mais l’Etat !  L’Etat gagne beaucoup plus que les patrons de ces entreprises, il est celui qui partage tout le temps vos gains, mais jamais vos pertes. Avec la dernière mesure (absence de mesure plutôt) de nous imposer de payer de suite impôts et CNSS, il est comme ce cow-boy qui tire la dernière balle sur sa victime, alors que c’était cette victime qui le faisait vivre !

 

Le souci avec l’Etat est qu’il n’impose que le secteur formel, le secteur légal, les contribuables, les honnêtes gens qui paient religieusement le fisc et travaillent sept mois pour eux et cinq mois pour l’Etat.

Il se trouve que la moitié du tissu économique tunisien (le réel, celui du terrain) est composé du secteur informel. Depuis longtemps, très longtemps, on nous promet de modifier la fiscalité afin d’intégrer ce secteur informel, mais il ne s’est jamais rien passé. Depuis qu’Elyes Fakhfakh était aux Finances. Ce dernier a fait sa traversée du désert, a reculé, a sauté et a atterri à la Kasbah, tandis que le secteur informel est encore là où il était.

Parmi les promesses électorales données par plusieurs partis composant l’actuel gouvernement (Attayar notamment), figure la proposition de changer l’argent, voire même la monnaie tunisienne.

Voilà une idée qu’on pourrait exécuter de suite et d’une manière soudaine, afin de faire rentrer dans le secteur bancaire toutes les liquidités qui circulent dans le circuit informel.

On est en plein confinement et le gouvernement appelle bien à utiliser les moyens de paiement virtuels et d’éviter le cash. Voilà donc le moment d’obliger tout le monde à ramener son sac rempli de billets et le déposer devant un guichet bancaire ou la Poste, sous prétexte de changement de l’ensemble des billets bancaires en circulation, voire même du dinar tunisien.

 

Que se passera-t-il ? Les contrebandiers n’auront d’autre choix que de se soumettre. Pas moyen pour eux de bloquer routes et autoroutes, elles sont vides. Pas moyen pour eux d’acheter des manifestants et des casseurs, ces derniers se terrent chez eux de peur du coronavirus et de la peine de prison de six mois qui attend les contrevenants.

Une fois l’argent déposé dans le secteur bancaire, il ne peut plus sortir sans attirer l’attention des « autorités fiscales » et sans leur poser quelques questions inspirées des nouvelles lois sur le blanchiment d’argent et les origines des fonds.

Entre temps, le système bancaire va bénéficier de grosses quantités de cash qui réduiront, mécaniquement, les taux d’intérêt. Avec du cash dans les banques et des taux d’intérêt réduits, nos entreprises (y compris la mienne) pourront obtenir des crédits pour redécoller, faire face aux pertes et manque à gagner de cette crise, investir et créer de l’emploi, et payer enfin l’impôt et la CNSS avec des montants bien plus importants que les actuels.

 

Il est une règle prouvée depuis la nuit des temps, c’est en temps de crise que l’on investit. L’Etat qui a été et qui sera toujours le plus grand gagnant avec des entreprises prospères se doit d’investir dans un projet, longtemps resté dans les tiroirs, à cause de contrebandiers qui financent, au vu et au su de tous, de soi-disant hommes d’Etat.

Maintenant qu’il s’apprête à gouverner par ordonnance, en faisant actionner l’article 70 de la Constitution, Elyes Fakhfakh a une occasion historique de tout chambouler, d’en finir définitivement avec le commerce informel et d’ouvrir une nouvelle page dans l’Economie tunisienne, après des décennies d’évasion fiscale.

Il est une autre règle, prouvée historiquement, c’est en début de mandat que les gouvernants doivent opérer les changements majeurs. Des changements impopulaires, certes, mais qui se font avec succès, sauvent les pays et créent les véritables hommes d’Etat.

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Commentaires (14)

Commenter

houda
| 25-03-2020 14:51
qu ils nous rembouse point c est tout si non nous les........oui j ai dit ce que vous avez compris y compris le gourou et sa troupe ils ne peuvent plus quitter le pays voila l une des solutions avec la quelle on doit commencer

DHEJ
| 25-03-2020 13:53
Jai rencontré ce FAKH² a Sfax lors des élections et j'ai longuement discuté avec lui le problème du commerce//.

Je lui ai soufflé la meilleure solution

Qui ne repose pas à changer l'argent mais

Hélas à réviser le barème fiscal !


Sais-tu que tu es client du commerce//?

ABBOU nous dit que la Tunisie compte 650 mille fonctionnaires qui sont aussi clients du commerce//.

Bacchus
| 25-03-2020 12:40
Vous pensez que Double Fakh va obtenir les 131 voix nécessaires pour obtenir les prérogatives qu'accorde l'article 70 de la Constitution ? Moi, je suis sceptique. La Nahda et le PDL ne sont pas nés de la dernière pluie pour signer un chèque en blanc. Qalb et Karama suivront les consignes de Nahda. Et il y aurait beaucoup d'absents lors du vote. Double Fakh s'est comporté en profane en sollicitant les prérogatives de l'article 70; en tunisien on appelle ça « zour behèyèmes » en français intelligences de baudets. Donc ça serait (à99%) son premier revers.

OUA
| 25-03-2020 12:39
M. Elyes Fakhfakh la Baguette magique est là : changer l'argent, voire même la monnaie tunisienne et immédiatement!

nazou de la chameliere
| 25-03-2020 12:03
Vous ne pouvez pas demander aux gens de rester confiner ,et en meme temps leur demander de s'agglutiner devant et dans les banques pour changer leur cash !
Par contre le gouvernement peut et doit obliger les banques a une grande élasticité pour les dépassements de découvert !

Taciturne
| 25-03-2020 11:59
Pas d'attroupement, pas de file d'attente, tout l'argent sera logé dans le compte du bénéficiaire. Il faudrait généraliser et rendre obligatoire et gratuitement l'usage de la carte électronique. Sous d'autres cieux, il n'y a plus de monnaie fiduciaire. Le moindre achat sera payé par carte. L'état gagnerait en échange en offrant gratuitement ces cartes. Une traçabilité de toutes les transactions serait donc possible. C'est la meilleure façon d'éradiquer ce fléau d'économie informelle et de protéger les entreprises transparentes fiscalement. Pour que tous les lobbys adhèrent à ce dispositif, il faudrait qu'il soit accompagné d'une amnistie fiscale, un prélèvement d'impôt par exemple de 15% pour blanchir les 85% restants.

DHEJ
| 25-03-2020 11:56
Pour dire que la guerre contre Covid-19 est déjà perdue !

FAKHFAKH mécanicien saura-t-il GOUVERNER une INSTITUTION qu'il ignore ?

G&G
| 25-03-2020 11:26
Je ne pense pas que Fakhfakh est aussi malin et rusé pour pouvoir contourner les mines posées par les islamistes. Déjouer les pièges politiques est un art non encore maîtrisé par notre stagiaire. Que dire alors de pouvoir faire glisser des peaux de banane sous les babouches du Cheikh.
Fakhfak n'est ni épaulé par des ministres rusés du genre de Abderrahim Zouari ni entouré par des conseillers rodés du genre de Salem Mekki ou Med Ali Ganzoui.
Non Monsieur Bahloul, nous devons prendre notre mal en patience car nous sommes condamnés à vivre et pour longtemps avec deux virus: le Covid 19 et le RG
G&G
RCDiste et fier

Med
| 25-03-2020 10:53
Et pour changer les billets de banque, vous allez faire une grande foule devant les agances, et ensuite vous allez crier "Au feu! Ils ne respectent pas la distance d' 1mètre" ...
Superbe idée, vous allez avoir des queues devant les banques avec des milliards de Cash "sous le manteau" ... et personne ne va s'en apercevoir car avec le confinement c'est tous les jours les queues devant les banques ..rien que les banques et les boulangeries... quelle ingénieuse idée

safsaf123
| 25-03-2020 10:49
Ce que l'?tat doit prendre comme mesures urgentes : 1) la suspension des travaux de l'Assemblée nationale et procéder par ordonnance et décrets. 2) geler la circulation de tous le parc automobile de l'?tat sauf celui dédié aux services de la santé, sécurité et défense : économie réalisé 1 million de dinar par jour. 3) geler toute octroi de devises pour les importations sauf pour les services essentiel : nourriture, médicaments. 4) l'UGTT doit faire preuve de patriotisme en acceptant une réduction des salaires de 5 pourcent pour ceux gagnants moins de 1000dt par mois, 10 pourcent pour ceux gagnants entre 1000 et 2000 et 15 pourcent pour les salaires supérieur à 2000dt. Une exception serait faite pour le personnel médical, les forces de police et les militaires. Pour ceux gagnants plus de 20000dt par mois un prélèvement de 50 pourcent serait fait.

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