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Tunisie - La suppression des subventions alimentaires augmenterait la pauvreté de 5,3 points selon l'INS
14/03/2013 | 1
min
Tunisie - La suppression des subventions alimentaires augmenterait la pauvreté de 5,3 points selon l'INS
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L’efficience du système des subventions en Tunisie a été au centre d’une étude réalisée par l’Institut national de la statistique (INS), le Centre de recherche et des études sociales (CRES) et la Banque africaine de développement (BAD).

Un point de presse s’est tenu, ce jeudi 14 mars 2013, par Jaleleddine Ben Rejeb, directeur général de l'Institut national des statistiques, pour présenter les résultats les plus importants de cette étude.
Il en ressort que le caractère universel des subventions alimentaires (le fait que la compensation est indépendante du niveau de revenu) nuit à l’efficience de cet outil en tant que mécanisme de lutte contre la pauvreté. En effet, même si les ménages pauvres représentent près de 15,5% de la population tunisienne, ils ne perçoivent que 12% de l’enveloppe totale des subventions.
Ainsi, l’enquête montre que sur 888 millions de dinars (MD) de subvention qui vont aux ménages (sur un total de 1.160 MD), la classe pauvre perçoit 64,8 dinars par personne par an des subventions alimentaires alors que la classe moyenne reçoit 87,3 dinars par personne par an et la classe riche perçoit 86,9 dinars par personne par an de ces subventions.
Au niveau régional, le Sud-ouest bénéficie de 97,7 dinars par personne par an de ces subventions alimentaires, suivie du Nord-ouest (88,5), du Sud-ouest (88,1), Nord-est (86,5), Centre-est (83,4), Centre-ouest (79,2) et le Grand-Tunis (77,7).

Autre fait important à noter, 22,8% du total des subventions alimentaires (soit 262 MD) ne bénéficient pas du tout aux ménages mais plutôt aux entreprises (restaurants, hôtels, cafés, …) et à la contrebande notamment vers d’autre pays comme la Libye.
En outre, une simulation de la suppression de la subvention universelle a été réalisée, lors de cette étude, il en ressort, qu’à court terme et moyen terme, les effets de cette suppression seraient catastrophiques. En effet, les résultats démontrent que le taux de pauvreté passerait de 15,5% actuellement à 19,1% (+3,6 points), soit 400.000 personnes en plus et la pauvreté extrême évoluera de 4,6% à 6,3% (+1,7 points).
L’enquête note le rôle indéniable des subventions alimentaires comme filet de protection sociale pour la population pauvre. Elle préconise que le système idéal requiert l’identification d’un ensemble de biens qui ne sont consommés que par les pauvres comme le gros pain, la semoule ou l’huile végétale.

Imen Nouira
14/03/2013 | 1
min
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