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Alexandre Arrobio : de notre point de vue, les relations avec la Tunisie sont bonnes
14/11/2023 | 11:48
3 min
Alexandre Arrobio : de notre point de vue, les relations avec la Tunisie sont bonnes

 

Le représentant de la Banque Mondiale en Tunisie, Alexandre Arrobio, est revenu, mardi 14 novembre 2023, sur la situation économique en Tunisie. Au micro de Wassim Ben Larbi dans l'émission Expresso sur Express Fm, il a estimé que l’économie tunisienne s’est montrée résiliente.

« On a une économie résiliente, on n’a pas encore atteint les niveaux pré-covid (en ce qui concerne la croissance, ndlr). Mais compte tenu du contexte, l’économie tient », a-t-il affirmé.

Et d’ajouter : « Le niveau de dette est élevé, il y a des défis et des difficultés à obtenir des financements extérieurs. En même temps, nous ne sommes pas dans une situation aussi catastrophique qu’on avait pu l’entendre parfois, compte tenu du fait qu’on a eu deux chocs importants, le Covid-19 et la guerre en Ukraine, et leurs impacts sur les importations énergétiques et ou de produits alimentaires », en rappelant que la part importante du déficit commercial est due aux produits énergétiques et qu’une hausse de prix à des effets importants.

 

Le responsable a, en outre, révélé que l’économie tunisienne dépend de l’agriculture et d’une manière générale de tous les effets climatiques que connaît le pays.

« Depuis 2016, on est en situation de sécheresse plus ou moins forte, à l’exception de 2019. C’est un phénomène qui semble devenir de plus en plus structurel. C’est quelque chose qu’il faut prendre en compte et sur lequel le gouvernement tunisien travaille actuellement », a-t-il indiqué.

Et de poursuivre : « Les importations, notamment de blé, ont augmenté à cause de la sécheresse. En parallèle, il y a eu des pénuries de produits basiques qui se combinent aussi avec un mécanisme complexe de contrôle des prix et de certains monopoles sur les achats. Tout ça mélangé rend la situation difficile et le gouvernement travaille à assurer un approvisionnement en produits agricoles et céréaliers qui soit soutenable. Il y a un certain nombre de mesures qui ont été prises et il y a eu des ajustements de prix ».

 

 

M. Arrobio a également précisé que la Banque mondiale a eu une réunion récemment pour voir comment elle pourrait aider, avec d’autres partenaires, le pays et le gouvernement dans cette situation.

Il a rappelé que l’année dernière une aide a été allouée à la Tunisie et que la Banque mondiale y a contribué avec un financement de 130 millions de dollars. La Banque européenne d'investissement (BEI), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique y ont contribué aussi. Il y avait, au total, un programme d’environ 400 millions de dollars d’aide l’année dernière.

 

En réponse aux interrogations de l’animateur sur la relation entre l’institution financière et la Tunisie, Alexandre Arrobio a assuré : « De notre point de vue, les relations sont bonnes ».

« Notre mission s’est d’aider et d’être au service des pays membres pour à la fois fournir des financements ainsi que fournir assistance technique et conseils, sur demande de leur gouvernement », a-t-il expliqué.

 

S’agissant du changement climatique, le directeur Pays de la Banque Mondiale en Tunisie a soutenu que le coût de l’inaction peut être très élevé.

« Dans un pays comme la Tunisie, les estimations seraient, si on ne fait rien, ce qui n’est pas le cas, de l’ordre de 4% du PIB d’ici 2023 en consolidé », a-t-il indiqué, en notant dans ce cadre que les thématiques à traiter concernent notamment l’eau, l’érosion notamment marine, l’effet carbone, l’énergie et les inondations. Et de préciser à titre d’exemple qu’on estime qu’il y aurait 1,5 milliard de dollars de pertes sur les terres affectées par l’érosion marine.

 

I.N.

14/11/2023 | 11:48
3 min
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Commentaires
Agatacriztiz
Qui paie ses dettes, s'enrichit...
a posté le 14-11-2023 à 12:47
Je ne vois pas le jour où, s'étant sortis de nos difficultés par nous mêmes, nous enverrons balader ce vautour du FMI à la solde de la finance internationale et surtout du trésor américain.
N'oublions jamais, entre autres désastres économiques, que la crise inflationniste majeure que traverse l'Argentine et les difficultés grandissantes de l'économie egyptienne sont dues en grande partie aux "étranglements financiers" du FMI.
Alors le "problème" de ne pas pouvoir nous mettre la "main dessus" et nous étrangler à petit feu, il est plutôt du côté de Arrobio, pas du nôtre.
Ne dit-on pas "qui paie ses dettes, s'enrichit"? , alors honorons les remboursements des prêts déjà contractés et "enrichissons" nous entre-temps par notre travail et nos capacités.