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Chroniques
Retour vers le futur
Par Synda Tajine
19/10/2021 | 20:00
4 min
Retour vers le futur

 

Dans la pop culture, « Retour vers le futur » - classique des années 80 que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre – raconte les paradoxes du voyage dans le temps, des boucles de causalité et, in fine, la frustration de ne pas être toujours capable de modifier le cours du futur, même en agissant profondément sur le passé et en modifiant le cours des événements.

 

Depuis quelques jours, un phénomène curieux, mais certes parfaitement compréhensible, est né sur la toile. Les internautes se sont mis à actualiser d’anciennes publications datant des années folles de la Troïka.

Là où on pouvait voir des personnalités qui ont soit complètement disparu aujourd’hui de la scène politique, comme l’ancien chef du gouvernement Hammadi Jebali, soit qui gagneraient vraiment à disparaitre pour leur bien et le nôtre, et là j’appelle à la barre l’ancien chef de l’Etat Moncef Marzouki.

Dans ces publications dépoussiérées, on voit les rencontres de Moncef Marzouki avec des dirigeants salafistes, invités au palais de Carthage bien avant qu’ils ne soient devenus personæ non gratæ. On y voit, côte à côte, des figures politiques que rien n’aurait dû réunir. On y voit aussi les projets annoncés mais jamais concrétisés et les promesses farfelues qu’on n’a jamais eu l’intention de réaliser.

Ceci nous rappelle les discours contradictoires, alambiqués et diviseurs de Marzouki alors qu’il était censé être le président de tous les Tunisiens. C'est aussi un rappel du plébiscite d’Ennahdha à Kaïs Saïed, dans le but d’ajouter le nom du nouveau locataire de Carthage à la longue liste des victimes du charognard islamiste.

 

Une claque des internautes à un ancien chef de l’Etat qui se permet aujourd’hui de donner des leçons et de dénigrer alors que, lui, n’a su prendre que de mauvaises décisions lorsqu’il avait le pouvoir de faire changer les choses. Une claque aussi à ce parti, autrefois tout puissant, qui s’est effrité à force de vouloir engloutir tout le monde sur son passage.

Pareil que pour Moncef Marzouki, Ennahdha gagnerait aujourd’hui à se retirer de la scène politique nationale avec le peu (pas) de dignité que l’exercice du pouvoir lui a laissé. Tous deux ont causé du mal à un pays qu’ils avaient le devoir de servir et sont responsables aujourd’hui, à côté de ceux qui ont collaboré avec eux, de la situation chaotique que nous continuons à vivre aujourd’hui encore. Une relation de cause à effet de laquelle ils ne sortiraient pas indemnes.


Les Tunisiens ne sont en effet pas dupes et l’histoire ne pardonne pas. Ils se rappellent ces années où ils ont été désabusés, trompés par des politiques dont certains ont été portés au pouvoir par leurs propres voix. Tout cela dans le but de clamer qu'ils refusent que cela se répète.

Le fait est que nous n’avons pas encore retenu les leçons du passé et continuons à répéter les mêmes erreurs avec la conviction (stupide) qu’elles apporteront des conséquences différentes et que l’avenir sera différent. Pendant des années, au lieu de s’atteler à trouver des solutions concrètes, ils n’ont cherché que des justificatifs, des explications, des dédouanements et des mensonges.

 

Kaïs Saïed qui ambitionne de créer un tournant dans l’histoire du pays ignore, lui aussi, qu’il reproduit certaines erreurs que le passé aurait dû enterrer. Cet outsider de la scène politique qui vomit les pratiques révolues de ses prédécesseurs n’hésite cependant pas à leur en emprunter les pires.

Ignorerait-il que continuer à persécuter ses adversaires et à les tyranniser en ferait invraisemblablement des victimes ? Mettre derrière les barreaux un animateur de télévision aux propos violents devient une menace pour la liberté d’expression. Emprisonner d’anciens députés les rendrait sympathiques aux yeux de l’opinion publique. Placer dans sa ligne de mire toute une partie de la classe politique ferait d’elle une victime. Et la foule a de l’affection pour les victimes qui lui font penser qu’elle n'est pas la seule à subir des injustices et à être martyrisée par le pouvoir.

Ceci, Ben Ali l’a appris à ses dépens en nourrissant, pendant des années, le monstre Ennahdha à coup de victimisation et en lui offrant la sympathie populaire dont il a joui ces dernières années.

Kaïs Saïed ne devra pas tomber dans un piège aussi grossier. Le futur ne pardonne pas, les générations à venir non plus…

Par Synda Tajine
19/10/2021 | 20:00
4 min
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Commentaires
pit
apocalypse now
a posté le 20-10-2021 à 09:39
Une chose est certaine, Ben Ali n'a ABSOLUMENT PAS ETE EVINCE parce-qu'il mettait en taule (à juste titre) la racaille islamiste qui nous pourri la vie depuis 10 ans avec leurs cupides alliés . Nous connaîtrons peut-être un jour quel (s) pays a (ont) fomenté(s) ces soi-disant révolutions dites du "printemps arabe" qui ne nous ont apportées que ruine et désolation !
Zend
Une Constance
a posté le 20-10-2021 à 07:45
Madame.
Depuis 2011 les hommes politiques ont défilé.. et KS défilera aussi. La seule constance est l'armée Tunisienne. Elle etait republicaine en 2011 quand elle a refusé de tirer sur le peuple. Elle n'est plus republicaine quand elle contrôle les accès de la plus emblématique bâtisse de la République " Le parlement :
Vous avez raisons... nous tous , on semble ne pas apprendre de nos erreurs. En 2019bLe système electoral a donné au peuple le choix entre KS et un mafieu qui contrôle une Chaîne de télévision. Ouaou. Quel choix.

Mais a t'on réellement diagnostiqué nos erreurs. La révolution de 2011 a été vite étouffé par une contre révolution comme pour cacher notre honte.
Finalement, il ne faut pas s'étonner que le congrès Américain a décidé d'évaluer le rôle de l'armée dans la situation actuelle ..
DHEJ
Piloter un avion c'est difficile... très difficile
a posté le 19-10-2021 à 21:31
Présider un pays c'est très très difficile et délicat!

Kaies SAIED aime les mitraillettes!
DIEHK
Je suis pour la kalachnikov.................
a posté le à 11:09
OUI OUI OUI,
Je suis pour la Kalach halal et NON islamisée ! ! !
C comme ça mon cher DHEJ