Success Story - Sadri Skander : Du rêve à la réalité !

Businessnews.com.tn | publié le 20/03/2017 19:59

 

Présentateur des émissions Auto + et Karhabtek Labess sur El Hiwar Ettounsi, rédacteur en chef du magazine Tunisie Automobile, membre de la direction de Info- course aux 24h du Mans et bientôt animateur d’une rubrique auto sur IFM, Sadri Skander ne chôme pas. Le jeune trentenaire est un workaholic parti de rien et qui n’avait pas un seul contact dans le secteur automobile à son retour de France. Il nous a accordé un entretien durant lequel il est revenu sur son parcours atypique, sa passion de l’automobile et les lacunes qu’il a dû surmonter pour en arriver là où il en est.

 

 

C’est un bourreau de travail ! Quand il parle d’automobile, ses yeux pétillent et on ne peut plus l’arrêter. Sa passion est dévorante et la fulgurance de son ascension, exceptionnelle. Il faut dire qu’il l’a bien mérité et que son succès, il ne le doit qu’à sa persévérance.

   

Sadri Skander, ma passion, mon seul art

Il a à peine 10 ans lorsque son père, au cours d’une ballade à Paris, le met nez à nez avec un modèle des années 1970-1980 de la Lamborghini Countach. Un choc émotionnel dont il reparle comme si ça s’était passé hier. La vue de ce requin qui sommeille, comme il a décrit le supercar, a été le déclic. Pour ne pas l’oublier et l’enregistrer dans sa mémoire, il la dessine pour l’emmener partout avec lui. Une passion est née, elle ne le lâchera plus même s’il tente de se diriger dans le monde financier de la comptabilité et de l’audit, un monde qu’il quittera en prenant ses jambes à son cou.

Né à Tunis, Sadri Skander a vécu à Paris de l’âge de 1 an à 11 ans. A 12 ans, il revient à Tunis où ses parents l’inscrivent au lycée français de la Marsa, Gustave Flaubert. Il ne parle quasiment pas l’arabe, à peine quelques mots avec un accent français très prononcé. Son bac en poche, il s’inscrit à la Faculté d’Economie et de Gestion de l’Université Paul Cézanne à Aix en Provence. Il y passera 5 ans en spécialité CCA (Contrôle, Comptabilité, Audit). Son ambition est alors de devenir commissaire aux comptes. Ses diplômes en poche, il passe deux stages de formation : un à Paris au cabinet d'audit et de conseil KPMG et un à Tunis, au cabinet d’expert-comptable Guellaty. Après ces passages, il est sûr d’une chose : il est hors de question qu’il fasse ce métier cloitré entre 4 murs ! Son âme créative et une bonne dose de chance le ramène à sa passion : l’automobile !

Il se met à feuilleter le Guide Lamy des étudiants et trouve chaussure à son pied. Ce sera l’Institut Supérieur du Commerce Automobile du Mans (ISCAM), une école de commerce française spécialisée dans l’automobile. Tous les cours se rapportent à sa passion : marketing automobile, comptabilité, histoire, anglais… La ville du Mans est en plus renommée pour sa prestigieuse course internationale qui dure 24 heures : les 24h du Mans.  En 2008, il finit sa formation et intègre le département Marketing d’Opel à General Motors France pour un stage de 6 mois. Après embauche il y passera au final un année de plus. Il excelle et est le seul stagiaire à être embauché pour un contrat d’un an. Pourtant, il lui manque quelque chose : son pays. Il décide de rentrer au bercail en 2009.

 

Le retour en terre natale  

En 2009, Sadri Skander retourne en Tunisie. Il y monte sa propre société de ventes et reprises de véhicules d’occasion Auto Pro. Une société similaire à un dépôt-vente comme il en existe en Europe ou aux Etats-Unis. Le domaine est vierge et il réalise que pour les Tunisiens vendre leurs voitures relève du parcours du combattant. Les guacharas, intermédiaires spéculateurs illégaux, sévissent en toute impunité, il le sait et veut donner de la valeur ajoutée aux Tunisiens grâce à tout ce qu’il a appris à l’étranger. Il décide de recruter un gérant pour se consacrer à la Télévision automobile.

 

Les débuts timides à la Télévision Tunisienne

L’idée de créer une émission automobile Tunisienne le taraude. Seulement en 2009, le paysage audiovisuel tunisien n’est rythmé que par 2 chaines de télévision qui sont sous la mainmise du clan en place. Pour les dirigeants de l’ancien régime, il est alors hors de question de valoriser certains modèles automobiles au détriment d’autres. En 2011, la révolution éclate et de nouvelles chaines de télévision voient le jour. Sadri Skander décide de saisir sa chance et se lance dans l’aventure.

Un simple dossier à la main, il décide d’aller toquer aux portes. L’idée de faire appel à ses relations ne lui ressemble pas il veut se faire un nom tout seul, par ses propres moyens. Il se dirige vers la chaine privée Tounesna TV. Il se présente et expose son projet d’émission d’actualité automobile sur l’exemple de l’émission Turbo diffusée sur M6. Il fait aussi le tour des concessions automobiles en demandant à rencontrer les dirigeants et les responsables marketing. Tounesna TV, Jaguar puis Citroën sont séduits par le personnage et sa témérité. Bingo ! L’idée est lancée et Sadri Skander reconnaissant pour cette confiance qu’on lui accorde. Demeure une problématique, le jeune homme est de nature réservée et il ne maitrise pas assez la langue arabe, il est donc inconcevable que ce soit lui qui anime l’émission. Les dirigeants de la chaîne et lui commencent les castings : des acteurs connus, des présentateurs expérimentés, de belles têtes mais la passion de l’automobile ne les anime pas. Il faut se rendre à l’évidence, il est le plus apte à pouvoir le faire.

« J’ai répété et répété dans ma chambre pendant de longues heures jusqu’à apprendre par cœur mes interventions ! C’était l’enfer pour moi car je ne me sentais pas prêt ! », déclare le jeune homme. Puis à force de travail acharné et de perfectionnisme, l’aisance et la spontanéité sont venues au rendez-vous. A l’antenne, son travail paie et ses premiers partenaires Jaguar et Citroën sont satisfaits. L’émission est lancée mais la chaîne ne décolle pas, même après plusieurs mois de diffusion …

 

Les consécrations télévisuelles et quelques coups dans le dos

Entre temps, Sadri Skander découvre que la société Autos Pro : Auto Pro qu’il a monté fait l’objet de malversations de la part du gérant en place. Il décide de stopper son activité nette sans se laisser démonter. Son idée est précise et son projet clair. Il s’agira d’établir une centrale de vente de véhicules d’occasion de 3000m² située entre la banlieue sud et la banlieue nord. La plus grande centrale de vente de véhicules d’occasion en Tunisie qui verra le jour en avril 2017.

Après un an passé sur Tounesna TV, Sadri Skander prend la décision de quitter la chaîne. La chaîne privée Nessma TV, alors première en terme d’audience, le contacte. Après mûres réflexions et des négociations, il commence la nouvelle expérience. Parallèlement et pour être plus efficace, il décide de monter sa propre boite de production Vocania Production et Vocania Edition pour le magazine Tunisie Automobile qui verra le jour en 2015. Avec Nessma TV, l’audimat est au rendez-vous durant une année mais la direction de la chaine et Sadri Skander ne tombent pas d’accord sur l’avenir de l’émission. C’est là qu’intervient El Hiwar Ettounsi qui l’approche et lui propose une case en Acces Prime Time pour une nouvelle émission automobile, naitra ainsi Auto +. La chaîne est en plein boom, et Sadri Skander se sent dans son élément « c’était le format qu’il me fallait » explique-t-il. Après les multiples soubresauts, il cherche la stabilité professionnelle et El Hiwar Ettounsi la lui procure. Auto + en est aujourd’hui à sa troisième saison et les taux d’audience sont plutôt prometteurs : un pic d'audimat de 40% pour l’émission qui passe en Access Prime Time tous les dimanches à 20h30. Les Tunisiens, comme les Algériens, composent cette part d’audience et les messages envoyés à l’animateur ne tarissent pas d’éloges.

 

Les défis de la langue et l’invitation au voyage de Sadri Skander

Les lacunes en arabe qu’il a rencontré sont devenues un défi à ses yeux. Il explique que par respect pour ses téléspectateurs, il fallait qu’il s’améliore et minimise le français. Aujourd’hui il est rodé. Par ailleurs l’émission, qui est filmée en Tunisie et à l’étranger, lui a permis de découvrir les régions intérieures « du nord au sud et de l’est à l’ouest ». Les drones qui survolent le ciel tunisien durant l’émission sont également une agréable invitation au voyage à laquelle les étrangers sont sensibles.

Le magazine bimestriel de qualité premium Tunisie automobile, dont Sadri Skander est rédacteur en chef, est également un bon moyen de promouvoir le tourisme en Tunisie. Il est la version papier de ses test drive et est distribué entre autre au sein de la compagnie nationale Tunisair. Sadri est également sensible à l’environnement et l’écologie. Durant ces tournages, il avoue que le pays a de sérieux problèmes à ce niveau  : « Il y a des détritus, du plastique et des poubelles presque partout » avance-t-il. Pour filmer l’émission, l’équipe de tournage se rend parfois sur les lieux 24heures à l’avance pour tout nettoyer de fond en comble. Malheureusement dès le lendemain, il y de nouveau des déchets accumulés par des pique-niqueurs peu responsables…

 

La collaboration avec Shell

C’est grâce à la collaboration avec Shell que la première émission de Tuning 100% tunisienne Karhabtek Labess présentée par Sadri Skander a vu le jour. Cette capsule de 15 minutes est diffusée tous les samedi soirs dans l’émission Labess présentée par Naoufel Ouertani sur El Hiwar Ettounsi. Cette émission a également contribué à booster sa notoriété en joignant un coté social à l'automobile, le principe étant de restaurer des voitures en mauvais états mécanique et appartenaant à des conducteurs ne pouvant plus prendre en charge les réparations.  « Depuis KarhabtekLabess c'est la folie, tout le monde veut modifier sa voiture, l'émission est incontestablement un des buzz de l'année, avec des prix notamment pour Shell à Barcelone et aux Pro d'Or ici... C'est différent d'Auto+ ou certaines personnes viennent me remercier car ils disent avoir acheté leurs voitures sur mes conseils » explique-t-il ravi.

 

Sadri Skander, l’homme

Il se décrit comme un perfectionniste très exigeant avec la ponctualité mais il est aussi un bout en train et un orateur hors pair. Son travail, il veut qu’il soit nickel, c’est pour cela qu’il a du mal à déléguer et qu’il fait le montage de ses essais lui-même,  le reste de son équipe travaille sur les autres rubriques de l'émission. Humble mais conscient de ses performances, il ne cesse de marteler qu’il n’est pas une star ! A ce sujet, il a précisé : « Quand on me voit à la télévision ou qu’on regarde mon profil Facebook, on s’imagine que je ne fais que prendre du bon temps, mais on ne voit pas le labeur éprouvant qui se cache derrière ! En 48h, il arrive que mon équipe et moi prenions six fois l’avion et que nous conduisions les véhicules pendant plus de 18h. En arrivant à l’hôtel , il est déjà très tard et nous repartons à l’aube le lendemain pour faire les tests drive, filmer nos interventions, enregistrer etc. C’est cela la face cachée de l’Iceberg ! Je voudrais aussi rendre hommage à mon caméraman, Zied Ben Khalifa pour son endurance et professionnalisme». Pour ce qui est de sa vie privée, son travail a pris le dessus et il privilégie aujourd’hui le professionnel sur le personnel.

 

 

En plus de présenter deux émissions Auto + et Karhabtek Labess, Sadri Skander est également le seul tunisien à travailler pour les 24h du Mans. Une véritable consécration à laquelle s’ajoute la rédaction de son magazine Tunisie Automobile et la rubrique auto qui sera diffusée début avril 2017 sur IFM dans la matinale de Jaâfar Guesmi. « Je m’implique à fond car je représente mon pays » un véritable leitmotiv pour ce surdoué de l’auto.                      

 

Success Story - Sadri Skander : Du rêve à la réalité !

publié le 20/03/2017 19:59

 

Présentateur des émissions Auto + et Karhabtek Labess sur El Hiwar Ettounsi, rédacteur en chef du magazine Tunisie Automobile, membre de la direction de Info- course aux 24h du Mans et bientôt animateur d’une rubrique auto sur IFM, Sadri Skander ne chôme pas. Le jeune trentenaire est un workaholic parti de rien et qui n’avait pas un seul contact dans le secteur automobile à son retour de France. Il nous a accordé un entretien durant lequel il est revenu sur son parcours atypique, sa passion de l’automobile et les lacunes qu’il a dû surmonter pour en arriver là où il en est.

 

 

C’est un bourreau de travail ! Quand il parle d’automobile, ses yeux pétillent et on ne peut plus l’arrêter. Sa passion est dévorante et la fulgurance de son ascension, exceptionnelle. Il faut dire qu’il l’a bien mérité et que son succès, il ne le doit qu’à sa persévérance.

   

Sadri Skander, ma passion, mon seul art

Il a à peine 10 ans lorsque son père, au cours d’une ballade à Paris, le met nez à nez avec un modèle des années 1970-1980 de la Lamborghini Countach. Un choc émotionnel dont il reparle comme si ça s’était passé hier. La vue de ce requin qui sommeille, comme il a décrit le supercar, a été le déclic. Pour ne pas l’oublier et l’enregistrer dans sa mémoire, il la dessine pour l’emmener partout avec lui. Une passion est née, elle ne le lâchera plus même s’il tente de se diriger dans le monde financier de la comptabilité et de l’audit, un monde qu’il quittera en prenant ses jambes à son cou.

Né à Tunis, Sadri Skander a vécu à Paris de l’âge de 1 an à 11 ans. A 12 ans, il revient à Tunis où ses parents l’inscrivent au lycée français de la Marsa, Gustave Flaubert. Il ne parle quasiment pas l’arabe, à peine quelques mots avec un accent français très prononcé. Son bac en poche, il s’inscrit à la Faculté d’Economie et de Gestion de l’Université Paul Cézanne à Aix en Provence. Il y passera 5 ans en spécialité CCA (Contrôle, Comptabilité, Audit). Son ambition est alors de devenir commissaire aux comptes. Ses diplômes en poche, il passe deux stages de formation : un à Paris au cabinet d'audit et de conseil KPMG et un à Tunis, au cabinet d’expert-comptable Guellaty. Après ces passages, il est sûr d’une chose : il est hors de question qu’il fasse ce métier cloitré entre 4 murs ! Son âme créative et une bonne dose de chance le ramène à sa passion : l’automobile !

Il se met à feuilleter le Guide Lamy des étudiants et trouve chaussure à son pied. Ce sera l’Institut Supérieur du Commerce Automobile du Mans (ISCAM), une école de commerce française spécialisée dans l’automobile. Tous les cours se rapportent à sa passion : marketing automobile, comptabilité, histoire, anglais… La ville du Mans est en plus renommée pour sa prestigieuse course internationale qui dure 24 heures : les 24h du Mans.  En 2008, il finit sa formation et intègre le département Marketing d’Opel à General Motors France pour un stage de 6 mois. Après embauche il y passera au final un année de plus. Il excelle et est le seul stagiaire à être embauché pour un contrat d’un an. Pourtant, il lui manque quelque chose : son pays. Il décide de rentrer au bercail en 2009.

 

Le retour en terre natale  

En 2009, Sadri Skander retourne en Tunisie. Il y monte sa propre société de ventes et reprises de véhicules d’occasion Auto Pro. Une société similaire à un dépôt-vente comme il en existe en Europe ou aux Etats-Unis. Le domaine est vierge et il réalise que pour les Tunisiens vendre leurs voitures relève du parcours du combattant. Les guacharas, intermédiaires spéculateurs illégaux, sévissent en toute impunité, il le sait et veut donner de la valeur ajoutée aux Tunisiens grâce à tout ce qu’il a appris à l’étranger. Il décide de recruter un gérant pour se consacrer à la Télévision automobile.

 

Les débuts timides à la Télévision Tunisienne

L’idée de créer une émission automobile Tunisienne le taraude. Seulement en 2009, le paysage audiovisuel tunisien n’est rythmé que par 2 chaines de télévision qui sont sous la mainmise du clan en place. Pour les dirigeants de l’ancien régime, il est alors hors de question de valoriser certains modèles automobiles au détriment d’autres. En 2011, la révolution éclate et de nouvelles chaines de télévision voient le jour. Sadri Skander décide de saisir sa chance et se lance dans l’aventure.

Un simple dossier à la main, il décide d’aller toquer aux portes. L’idée de faire appel à ses relations ne lui ressemble pas il veut se faire un nom tout seul, par ses propres moyens. Il se dirige vers la chaine privée Tounesna TV. Il se présente et expose son projet d’émission d’actualité automobile sur l’exemple de l’émission Turbo diffusée sur M6. Il fait aussi le tour des concessions automobiles en demandant à rencontrer les dirigeants et les responsables marketing. Tounesna TV, Jaguar puis Citroën sont séduits par le personnage et sa témérité. Bingo ! L’idée est lancée et Sadri Skander reconnaissant pour cette confiance qu’on lui accorde. Demeure une problématique, le jeune homme est de nature réservée et il ne maitrise pas assez la langue arabe, il est donc inconcevable que ce soit lui qui anime l’émission. Les dirigeants de la chaîne et lui commencent les castings : des acteurs connus, des présentateurs expérimentés, de belles têtes mais la passion de l’automobile ne les anime pas. Il faut se rendre à l’évidence, il est le plus apte à pouvoir le faire.

« J’ai répété et répété dans ma chambre pendant de longues heures jusqu’à apprendre par cœur mes interventions ! C’était l’enfer pour moi car je ne me sentais pas prêt ! », déclare le jeune homme. Puis à force de travail acharné et de perfectionnisme, l’aisance et la spontanéité sont venues au rendez-vous. A l’antenne, son travail paie et ses premiers partenaires Jaguar et Citroën sont satisfaits. L’émission est lancée mais la chaîne ne décolle pas, même après plusieurs mois de diffusion …

 

Les consécrations télévisuelles et quelques coups dans le dos

Entre temps, Sadri Skander découvre que la société Autos Pro : Auto Pro qu’il a monté fait l’objet de malversations de la part du gérant en place. Il décide de stopper son activité nette sans se laisser démonter. Son idée est précise et son projet clair. Il s’agira d’établir une centrale de vente de véhicules d’occasion de 3000m² située entre la banlieue sud et la banlieue nord. La plus grande centrale de vente de véhicules d’occasion en Tunisie qui verra le jour en avril 2017.

Après un an passé sur Tounesna TV, Sadri Skander prend la décision de quitter la chaîne. La chaîne privée Nessma TV, alors première en terme d’audience, le contacte. Après mûres réflexions et des négociations, il commence la nouvelle expérience. Parallèlement et pour être plus efficace, il décide de monter sa propre boite de production Vocania Production et Vocania Edition pour le magazine Tunisie Automobile qui verra le jour en 2015. Avec Nessma TV, l’audimat est au rendez-vous durant une année mais la direction de la chaine et Sadri Skander ne tombent pas d’accord sur l’avenir de l’émission. C’est là qu’intervient El Hiwar Ettounsi qui l’approche et lui propose une case en Acces Prime Time pour une nouvelle émission automobile, naitra ainsi Auto +. La chaîne est en plein boom, et Sadri Skander se sent dans son élément « c’était le format qu’il me fallait » explique-t-il. Après les multiples soubresauts, il cherche la stabilité professionnelle et El Hiwar Ettounsi la lui procure. Auto + en est aujourd’hui à sa troisième saison et les taux d’audience sont plutôt prometteurs : un pic d'audimat de 40% pour l’émission qui passe en Access Prime Time tous les dimanches à 20h30. Les Tunisiens, comme les Algériens, composent cette part d’audience et les messages envoyés à l’animateur ne tarissent pas d’éloges.

 

Les défis de la langue et l’invitation au voyage de Sadri Skander

Les lacunes en arabe qu’il a rencontré sont devenues un défi à ses yeux. Il explique que par respect pour ses téléspectateurs, il fallait qu’il s’améliore et minimise le français. Aujourd’hui il est rodé. Par ailleurs l’émission, qui est filmée en Tunisie et à l’étranger, lui a permis de découvrir les régions intérieures « du nord au sud et de l’est à l’ouest ». Les drones qui survolent le ciel tunisien durant l’émission sont également une agréable invitation au voyage à laquelle les étrangers sont sensibles.

Le magazine bimestriel de qualité premium Tunisie automobile, dont Sadri Skander est rédacteur en chef, est également un bon moyen de promouvoir le tourisme en Tunisie. Il est la version papier de ses test drive et est distribué entre autre au sein de la compagnie nationale Tunisair. Sadri est également sensible à l’environnement et l’écologie. Durant ces tournages, il avoue que le pays a de sérieux problèmes à ce niveau  : « Il y a des détritus, du plastique et des poubelles presque partout » avance-t-il. Pour filmer l’émission, l’équipe de tournage se rend parfois sur les lieux 24heures à l’avance pour tout nettoyer de fond en comble. Malheureusement dès le lendemain, il y de nouveau des déchets accumulés par des pique-niqueurs peu responsables…

 

La collaboration avec Shell

C’est grâce à la collaboration avec Shell que la première émission de Tuning 100% tunisienne Karhabtek Labess présentée par Sadri Skander a vu le jour. Cette capsule de 15 minutes est diffusée tous les samedi soirs dans l’émission Labess présentée par Naoufel Ouertani sur El Hiwar Ettounsi. Cette émission a également contribué à booster sa notoriété en joignant un coté social à l'automobile, le principe étant de restaurer des voitures en mauvais états mécanique et appartenaant à des conducteurs ne pouvant plus prendre en charge les réparations.  « Depuis KarhabtekLabess c'est la folie, tout le monde veut modifier sa voiture, l'émission est incontestablement un des buzz de l'année, avec des prix notamment pour Shell à Barcelone et aux Pro d'Or ici... C'est différent d'Auto+ ou certaines personnes viennent me remercier car ils disent avoir acheté leurs voitures sur mes conseils » explique-t-il ravi.

 

Sadri Skander, l’homme

Il se décrit comme un perfectionniste très exigeant avec la ponctualité mais il est aussi un bout en train et un orateur hors pair. Son travail, il veut qu’il soit nickel, c’est pour cela qu’il a du mal à déléguer et qu’il fait le montage de ses essais lui-même,  le reste de son équipe travaille sur les autres rubriques de l'émission. Humble mais conscient de ses performances, il ne cesse de marteler qu’il n’est pas une star ! A ce sujet, il a précisé : « Quand on me voit à la télévision ou qu’on regarde mon profil Facebook, on s’imagine que je ne fais que prendre du bon temps, mais on ne voit pas le labeur éprouvant qui se cache derrière ! En 48h, il arrive que mon équipe et moi prenions six fois l’avion et que nous conduisions les véhicules pendant plus de 18h. En arrivant à l’hôtel , il est déjà très tard et nous repartons à l’aube le lendemain pour faire les tests drive, filmer nos interventions, enregistrer etc. C’est cela la face cachée de l’Iceberg ! Je voudrais aussi rendre hommage à mon caméraman, Zied Ben Khalifa pour son endurance et professionnalisme». Pour ce qui est de sa vie privée, son travail a pris le dessus et il privilégie aujourd’hui le professionnel sur le personnel.

 

 

En plus de présenter deux émissions Auto + et Karhabtek Labess, Sadri Skander est également le seul tunisien à travailler pour les 24h du Mans. Une véritable consécration à laquelle s’ajoute la rédaction de son magazine Tunisie Automobile et la rubrique auto qui sera diffusée début avril 2017 sur IFM dans la matinale de Jaâfar Guesmi. « Je m’implique à fond car je représente mon pays » un véritable leitmotiv pour ce surdoué de l’auto.                      

 

Khawla Hamed
Commentaires (6) Commenter
Nice
Wissem
| 21-03-2017 22:05
Très belle initiative. Comme quoi avec de la passion, une idée et de la persévérance on peut accomplir des belles choses. Bonne continuation Mr Skander !
quoi ? quoi ??
404
| 21-03-2017 15:57
haaaa, un presentateur TV c'est ça le succes story ????

eux ils osnt bill gates, face book nous des presentateurs TV haaaaaaa
Bonne continuation.
Herr
| 21-03-2017 13:23
Et pleins de succès à venir inchallah.

@el manchou| 20-03-2017 17:57 : c'est pas faux ce que vous dites mais de là à comparer l'émission à LoftStory...
En plus, sur les chaines tunisiennes il y a déjà bien pire que Koh Lanta !
un tunisien comme on les aime
leonidas
| 21-03-2017 09:13
Contrairement à beaucoup de fils à papas, enfants gâtés des anciens responsables de ben ali à qui on a ouvert toutes portes et offert les marchés publics lucratifs pour commencer sans grande gloire mais avec beaucoup de fric gagné, cet animateur, bien instruit et formé aux méthodes de gestions les plus modernes se montre un entrepreneur hors pair. c'est un modèle en son genre. il n'aurait pas réussi sans la disparition de l'ancienne mafia médiatique et politique ologarche. Quand on offre un climat sain, sans clivage, sans clientélisme ni favoritisme, le tunisien peut briller, il ira très loin. ses essais drive aux USA et ses prises aériennes m'ont ébahi. On sent les perfectionniste. Ils sont dignes des meilleures émissions auto; Bonne continuation. lui en tous les cas n'a pas besoin de la loi sur la reconciliation pour investir et faire quelque chose pour cette jeunesse. Il y a des centaines comme lui qui ont préféré resté à l'étranger à cause des salopards qui gouvernaient à l'époque;
Un garçon sympa
Sadok Lejri
| 20-03-2017 23:07
Le souvenir de cet ancien camarade de classe est remonté à la surface. Je me souviens très bien de ce garçon réservé qui était aussi "cool" et respectueux. Ses qualités le rendaient sympathiques auprès des profs et collègues du lycée. Et c'est avec satisfaction que l'on voit Sadri réussir aujourd'hui une belle carrière professionnelle et dignement apprécié du grand public. Bonne continuation.
Du pain et des jeux !
el manchou
| 20-03-2017 17:57
A quoi bon montrer des voitures qui valent 50000 smigs Tunisiens ?

On ferait mieux d'éduquer ce peuple en important des émissions comme Apostrophe au lieu de l'abrutir avec du bling-bling.

Je sens que la prochaine success-story va être un type qui va monter un LoftStroy, un Koh-Lanta ou une autre débilité mentale.
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