Quand la réalité dépasse la fiction : Le restaurant « le dictateur » à Ennasr, sommé de changer de nom !

Businessnews.com.tn | publié le 13/04/2017 15:46

 

Il parait qu’en Tunisie, tout est mis en œuvre pour aider les jeunes entrepreneurs à lancer leurs projets, à créer de l’emploi et à faire émerger le pays de cette crise économique profonde. Il parait. Car dans les faits, certaines pratiques laissent perplexes quant à la sincérité des discours.

 

A 33 ans, Seifeddine Ben Hamouda vient de lancer son projet, fruit d’une année de procédures et qui lui aura englouti toutes ses économies en plus des prêts bancaires. Ce diplômé en management et marketing, qui a choisi de revenir au pays en 2007, était loin de s’imaginer que la tâche allait être si compliquée.

 

Le jeune entrepreneur a choisi le secteur de la restauration et ouvert son restaurant « Le dictateur » il y a près de trois semaines. Jusque là rien à signaler si ce n’est que quelques jours après l’inauguration de son local il a commencé à être harcelé par les autorités. Motif de ce bal incessant entre le poste de police, le service des autorisations et le restaurant de Seifeddine : « il faut changer le nom de l’établissement, le dictateur c’est un nom interdit »…, oui peut être s’exclame le restaurateur, « mais en vertu de quelle loi ? » Aucune, en effet.

 

 

 

Après de longs pourparlers, où le jeune entrepreneur n’a eu cesse d’expliquer qu’il s’agit là d’un concept, que tout a été fait pour ne heurter la sensibilité de personne et que le dictateur dans son restaurant est parodié et ridiculisé, rien à faire ! Le 13 avril 2017, on amène la smala et on menace de retirer l’enseigne du restaurant avec pour raison « absence d’une autorisation d’accrocher une enseigne lumineuse ».

 

Donc dans les documents officiels, aucune mention de ce nom qui dérange tant. Seifeddine nous a expliqué que par de nombreuses fois on a tenté de l’intimider, qu’il a même eu droit à la visite d’un haut responsable de l’Etat dont il a choisi de taire l’identité. Un responsable à qui il a, encore une fois, expliqué son concept, le fait que tout ceci n’est que le fruit d’une approche marketing et que ce n’est que de la communication, pour son restaurant qui n’a pas pignon sur la grande rue de la cité d’Ennasr mais qui se trouve dans une ruelle parallèle et qui doit donc trouver le moyen de se faire connaitre, pourquoi pas à travers un nom insolite. D’ailleurs, « Le dictateur » est un restaurant dont le décor ne laisse aucun doute sur l’esprit caricatural pensé dans le concept. Des caricatures de nombreux dictateurs mais aussi de Charlie Chaplin, ornent d’ailleurs ses murs comme une dernière explication, cette fois bien visible, face à la dictature de la bêtise.

 

« Sur tous les papiers officiels, notre patente, nos autorisations le nom « le dictateur » est écrit, en arabe et en français alors pourquoi poserait-il problème maintenant ? » nous a confié le propriétaire du restaurant, documents à l’appui.

« J’ai même proposé de changer le logo, si on estime qu’il peut prêter à équivoque. J’ai demandé à régulariser la question de l’autorisation pour l’enseigne et on m’a carrément dit que je ne l’aurais jamais si je garde ce nom là ! » a-t-il ajouté.

 

 

Seifeddine Ben Hamouda emploie au sein de son restaurant une équipe exclusivement composée de jeunes diplômés des écoles d’hôtellerie tunisiennes. Nous avons pu le constater, tous sont motivés et s’attellent à la tâche avec rigueur et soin.

 

Pour ne pas avoir voulu céder aux pressions, « car aucun papier légal ne les justifiait », on lui cherchera la petite bête en invoquant le fait que « l’établissement n’a pas le titre d’établissement commercial » pour justifier la fermeture. « Pourtant ce local avait le caractère commercial lorsqu’on la repris. Tous nos documents le confirment », rétorque Seifeddine.

 

« Je n’ai jamais voulu trop parler de ça autour de moi, je voulais suivre toutes les procédures en vigueur pour régler ce problème. Je vais d’ailleurs déposer mon dossier pour obtenir l’autorisation d’accrocher mon enseigne, même si on me dit que je ne l’aurais pas, j’ai même cherché à trouver un compromis, mais rien n’y fait. Le jour où on me présentera un document officiel stipulant qu’on m’interdit d’user du terme « dictateur » pour nommer mon restaurant et qu’on m’arrachera mon enseigne pour ce motif, ce jour là je changerai le nom de mon restaurant ». Jusque là, toutes ses tentatives pour arracher un semblant d’explication logique et surtout appuyée par des documents officiels sont restées vaines. La seule réponse qu’on lui fournit est la suivante : « C’est comme ça ! ».

En 2017 en Tunisie, alors que l’investissement est au cœur de toutes les priorités, alors que le pays tout entier s’est mobilisé pour attirer des investisseurs du monde entier, alors que des jeunes, malgré le fait que rien n’est fait pour, continuent de croire en leur pays, nous en sommes encore à leur mettre des bâtons dans les roues.

 

Myriam Ben Zineb

 

Quand la réalité dépasse la fiction : Le restaurant « le dictateur » à Ennasr, sommé de changer de nom !

publié le 13/04/2017 15:46

 

Il parait qu’en Tunisie, tout est mis en œuvre pour aider les jeunes entrepreneurs à lancer leurs projets, à créer de l’emploi et à faire émerger le pays de cette crise économique profonde. Il parait. Car dans les faits, certaines pratiques laissent perplexes quant à la sincérité des discours.

 

A 33 ans, Seifeddine Ben Hamouda vient de lancer son projet, fruit d’une année de procédures et qui lui aura englouti toutes ses économies en plus des prêts bancaires. Ce diplômé en management et marketing, qui a choisi de revenir au pays en 2007, était loin de s’imaginer que la tâche allait être si compliquée.

 

Le jeune entrepreneur a choisi le secteur de la restauration et ouvert son restaurant « Le dictateur » il y a près de trois semaines. Jusque là rien à signaler si ce n’est que quelques jours après l’inauguration de son local il a commencé à être harcelé par les autorités. Motif de ce bal incessant entre le poste de police, le service des autorisations et le restaurant de Seifeddine : « il faut changer le nom de l’établissement, le dictateur c’est un nom interdit »…, oui peut être s’exclame le restaurateur, « mais en vertu de quelle loi ? » Aucune, en effet.

 

 

 

Après de longs pourparlers, où le jeune entrepreneur n’a eu cesse d’expliquer qu’il s’agit là d’un concept, que tout a été fait pour ne heurter la sensibilité de personne et que le dictateur dans son restaurant est parodié et ridiculisé, rien à faire ! Le 13 avril 2017, on amène la smala et on menace de retirer l’enseigne du restaurant avec pour raison « absence d’une autorisation d’accrocher une enseigne lumineuse ».

 

Donc dans les documents officiels, aucune mention de ce nom qui dérange tant. Seifeddine nous a expliqué que par de nombreuses fois on a tenté de l’intimider, qu’il a même eu droit à la visite d’un haut responsable de l’Etat dont il a choisi de taire l’identité. Un responsable à qui il a, encore une fois, expliqué son concept, le fait que tout ceci n’est que le fruit d’une approche marketing et que ce n’est que de la communication, pour son restaurant qui n’a pas pignon sur la grande rue de la cité d’Ennasr mais qui se trouve dans une ruelle parallèle et qui doit donc trouver le moyen de se faire connaitre, pourquoi pas à travers un nom insolite. D’ailleurs, « Le dictateur » est un restaurant dont le décor ne laisse aucun doute sur l’esprit caricatural pensé dans le concept. Des caricatures de nombreux dictateurs mais aussi de Charlie Chaplin, ornent d’ailleurs ses murs comme une dernière explication, cette fois bien visible, face à la dictature de la bêtise.

 

« Sur tous les papiers officiels, notre patente, nos autorisations le nom « le dictateur » est écrit, en arabe et en français alors pourquoi poserait-il problème maintenant ? » nous a confié le propriétaire du restaurant, documents à l’appui.

« J’ai même proposé de changer le logo, si on estime qu’il peut prêter à équivoque. J’ai demandé à régulariser la question de l’autorisation pour l’enseigne et on m’a carrément dit que je ne l’aurais jamais si je garde ce nom là ! » a-t-il ajouté.

 

 

Seifeddine Ben Hamouda emploie au sein de son restaurant une équipe exclusivement composée de jeunes diplômés des écoles d’hôtellerie tunisiennes. Nous avons pu le constater, tous sont motivés et s’attellent à la tâche avec rigueur et soin.

 

Pour ne pas avoir voulu céder aux pressions, « car aucun papier légal ne les justifiait », on lui cherchera la petite bête en invoquant le fait que « l’établissement n’a pas le titre d’établissement commercial » pour justifier la fermeture. « Pourtant ce local avait le caractère commercial lorsqu’on la repris. Tous nos documents le confirment », rétorque Seifeddine.

 

« Je n’ai jamais voulu trop parler de ça autour de moi, je voulais suivre toutes les procédures en vigueur pour régler ce problème. Je vais d’ailleurs déposer mon dossier pour obtenir l’autorisation d’accrocher mon enseigne, même si on me dit que je ne l’aurais pas, j’ai même cherché à trouver un compromis, mais rien n’y fait. Le jour où on me présentera un document officiel stipulant qu’on m’interdit d’user du terme « dictateur » pour nommer mon restaurant et qu’on m’arrachera mon enseigne pour ce motif, ce jour là je changerai le nom de mon restaurant ». Jusque là, toutes ses tentatives pour arracher un semblant d’explication logique et surtout appuyée par des documents officiels sont restées vaines. La seule réponse qu’on lui fournit est la suivante : « C’est comme ça ! ».

En 2017 en Tunisie, alors que l’investissement est au cœur de toutes les priorités, alors que le pays tout entier s’est mobilisé pour attirer des investisseurs du monde entier, alors que des jeunes, malgré le fait que rien n’est fait pour, continuent de croire en leur pays, nous en sommes encore à leur mettre des bâtons dans les roues.

 

Myriam Ben Zineb

 

Commentaires (55) Commenter
Du même avis que Jurisite
Tadhamen
| 14-04-2017 20:36
Il y a fort à parier que c'est le fait d'un gratte-papier quelconque qui a l'esprit aussi envasé qu'une palourde et qui profite de son peu de pouvoir pour rouler des mécaniques. Ce n'est, hélas, pas les exemplaires de ce genre d'individus qui manquent dans le paysage.
Cela dit c'est peut-être un mal pour un bien, car je trouve la déco affreuse.
Pas très envie d'aller manger en une si sinistre compagnie et je ne dois pas être le seul et unique que ça rebute de prime abord, ce qui n'est pas très bon pour un resto.
Un concept qui m'échappe un peu donc...
Les connards
censuré
| 14-04-2017 17:22
C'est simple, il suffit de le renommer en "les guignols", "Les enfoirés", ou "les abrutis" et personne ne s'apercevera de rien. Sinon a moindre mesure "L'oligarche", ca leur passera sous le nez (et sous leur barbe pour certains)
Il y en a d'autre
Letranger
| 14-04-2017 16:56
J'ai vu dans le temps, (il existe peut-être encore) un magasin de dépannage informatique à l'enseigne : NORDINE-ATEUR.
J'avais trouvé ça génial.
LES JEUNES DORMENT...ILS LAISSENT DES INCULTES DECIDER LEUR VIE...
PRENEZ VOTRE POUVOIR POUR DECIDER VOTRE VIE.....
| 14-04-2017 15:29
ou vous reveillez et remplissez le paysage politique par des gens qui refeletent vos idees, et la facon dont vous voulez mener votre abenir......ou bien CREUSEZ VOS TOMBES des le jeune age....deux mondes vivent de facon PARALELLE....ET CELUI QUI GERE AUJOURDHUI, NE CONVIENT pas AUX JEUNES...
il faut laisser la liberté a la créativité
hafamamah
| 14-04-2017 15:17
le cuisinier n'est pas dictateur, les serveurs et le gérant aussi, alors il est ou le mal , pourquoi s'attaqué a une enseigne
et un caché pas comme les autres , ridicule
Phobie
Dictature
| 14-04-2017 14:58
Ya pas photo! On reconnait là ceux qui on la phobie de la dictature...
Professeur des universités
Chedly souga
| 14-04-2017 14:55
La différence entre une démocratie et une dictature, c'est qu'en démocratie tu votes avant d'obéir aux ordres, dans une dictature, tu perds pas ton temps à voter.
Charles BukowskiContes de la folie ordinaire (1967) de Charles Bukowski
A Seyf ben Hamouda
Je doute
| 14-04-2017 14:26
Et si tu changes l'enseigne: le dimocrate
tout en mettant les photos des califats béni ya3reb omayates et othmaniens pacha !
Les Guignols ne peuvent plus toucher,et les clients ne s'arrêtent pas de rigoler..Repas comique !






Moi,
versus
| 14-04-2017 13:39
J'aurai plutôt pensé à non autorisation pour occupation illégale de la voir publique (terrasse sur le trottoir, balise d'interdiction de stationner). En occident, il n'aura rien voulu apprendre.
Je trouve l'idée de la photo
Pourquoi?
| 14-04-2017 13:14
dans l'article est géniale. On vous sert votre dîner/déjeuner dans une assiette à l'envers! Le restaurant est inédit non seulement pour son nom mais aussi pour sa façon inédites de servir les menus dans des assiettes à l'envers! Je ne conseille pas de commander une soupe au restaurant "le dictateur" :))))

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