On s'en sortira !

Businessnews.com.tn | publié le 30/03/2016 12:08

Par Hassen Zargouni

 

On me pose souvent la question "Vers où on va ?" comme si j'étais légitime pour entrevoir un avenir quelconque à la situation de notre pays. Je vais juste esquisser un début de réflexion à enrichir ensemble.

 

Tel que c'est parti, on aura des politiques publiques lentes et besogneuses, avec des résultats attendus qu'à moyen voire long terme, des réformes éventuelles, molles, et qui donneront l'impression que les choses ne changent pas avec la vitesse requise, le pays est et sera administré d'une manière parcimonieuse, un projet d'au moins vingt ans pour rétablir un Etat, une administration, une économie, une société qui fonctionnent. On connaîtra de temps en temps des soubresauts tels que "winou il pétrole" ou des révoltes telles que vécues en janvier 2016 à Kasserine tant les gouvernements successifs n'apportent pas de réponses claires à des impatiences légitimes.

 

Entre-temps, les différentes composantes de la société tunisienne n'attendront pas. Elles sont déjà dans l'action. Les élites techniques commencent à s'organiser en think-tank, très nombreux, compensant l'incapacité de l'Etat à produire des idées dans des domaines pourtant régaliens (économie, diplomatie, sécurité, ...). Les artistes et gens de la culture sont actuellement prolifiques et n'attendent plus rien de l'Etat, le paysage culturel actuel tunisien n'a jamais été aussi riche (pièces de théâtre, films tunisiens nouveaux, livres publiés, une vague de jeunes musiciens passant de l'underground au mainstream...), convaincus que la révolution est d'abord culturelle.

 

Les chefs d'entreprises tardent à faire leur mue mais c'est en cours et en totale déconnexion avec l'Etat et son gouvernement, ils n'attendent plus ni le code des investissements ni les incitations aux investissements, ils investissent dès que c'est rentable. Une nouvelle vague de jeunes entrepreneurs est née avec l'appui de la démocratisation de l'accès aux technologies et les multiples possibilités qu'elles offrent. Les sports individuels sont en plein boom en termes de résultats de Ons Jabeur à Habiba Ghribi à Sarra Besbès en passant par Malek Jaziri et Faïçal Jaballah notre champion d'Afrique de la catégorie des plus de 100 kg en judo en attendant l'assainissement générationnel des sports collectifs. D'autres secteurs d'activités sont en plein essor et où la société civile est très active telles que l'économie sociale et solidaire, les mouvements citoyens, ... le tout totalement agissant en dehors de la sphère officielle de l'Etat. Est-ce une bonne chose ? Oui, peut-être. Ce qui est certain, c'est que nous vivons une réelle révolution, lente mais sûre, avec moins d'Etat et plus d'initiatives civiles et citoyennes. C'est ainsi que la Tunisie a pris sa trajectoire après cinq ans post 14 janvier 2011. Le risque sécuritaire est certain mais le sursaut patriotique vécu à Ben Guerdène augure d'une résilience citoyenne et démocratique forte au phénomène terroriste.

 

Oui, je suis optimiste dans l'action. On s'en sortira, la taille du pays, la femme tunisienne, la vigueur de la classe moyenne éduquée, les facteurs de résilience sont de fait inscrits dans l'ADN du Tunisien d'aujourd'hui. Manque de leadership me dites-vous ? Plus besoin à ce stade ! On se prend en main. On s'en sortira.

 

Walakom sadid ennadhar.

 

On s'en sortira !

publié le 30/03/2016 12:08

Par Hassen Zargouni

 

On me pose souvent la question "Vers où on va ?" comme si j'étais légitime pour entrevoir un avenir quelconque à la situation de notre pays. Je vais juste esquisser un début de réflexion à enrichir ensemble.

 

Tel que c'est parti, on aura des politiques publiques lentes et besogneuses, avec des résultats attendus qu'à moyen voire long terme, des réformes éventuelles, molles, et qui donneront l'impression que les choses ne changent pas avec la vitesse requise, le pays est et sera administré d'une manière parcimonieuse, un projet d'au moins vingt ans pour rétablir un Etat, une administration, une économie, une société qui fonctionnent. On connaîtra de temps en temps des soubresauts tels que "winou il pétrole" ou des révoltes telles que vécues en janvier 2016 à Kasserine tant les gouvernements successifs n'apportent pas de réponses claires à des impatiences légitimes.

 

Entre-temps, les différentes composantes de la société tunisienne n'attendront pas. Elles sont déjà dans l'action. Les élites techniques commencent à s'organiser en think-tank, très nombreux, compensant l'incapacité de l'Etat à produire des idées dans des domaines pourtant régaliens (économie, diplomatie, sécurité, ...). Les artistes et gens de la culture sont actuellement prolifiques et n'attendent plus rien de l'Etat, le paysage culturel actuel tunisien n'a jamais été aussi riche (pièces de théâtre, films tunisiens nouveaux, livres publiés, une vague de jeunes musiciens passant de l'underground au mainstream...), convaincus que la révolution est d'abord culturelle.

 

Les chefs d'entreprises tardent à faire leur mue mais c'est en cours et en totale déconnexion avec l'Etat et son gouvernement, ils n'attendent plus ni le code des investissements ni les incitations aux investissements, ils investissent dès que c'est rentable. Une nouvelle vague de jeunes entrepreneurs est née avec l'appui de la démocratisation de l'accès aux technologies et les multiples possibilités qu'elles offrent. Les sports individuels sont en plein boom en termes de résultats de Ons Jabeur à Habiba Ghribi à Sarra Besbès en passant par Malek Jaziri et Faïçal Jaballah notre champion d'Afrique de la catégorie des plus de 100 kg en judo en attendant l'assainissement générationnel des sports collectifs. D'autres secteurs d'activités sont en plein essor et où la société civile est très active telles que l'économie sociale et solidaire, les mouvements citoyens, ... le tout totalement agissant en dehors de la sphère officielle de l'Etat. Est-ce une bonne chose ? Oui, peut-être. Ce qui est certain, c'est que nous vivons une réelle révolution, lente mais sûre, avec moins d'Etat et plus d'initiatives civiles et citoyennes. C'est ainsi que la Tunisie a pris sa trajectoire après cinq ans post 14 janvier 2011. Le risque sécuritaire est certain mais le sursaut patriotique vécu à Ben Guerdène augure d'une résilience citoyenne et démocratique forte au phénomène terroriste.

 

Oui, je suis optimiste dans l'action. On s'en sortira, la taille du pays, la femme tunisienne, la vigueur de la classe moyenne éduquée, les facteurs de résilience sont de fait inscrits dans l'ADN du Tunisien d'aujourd'hui. Manque de leadership me dites-vous ? Plus besoin à ce stade ! On se prend en main. On s'en sortira.

 

Walakom sadid ennadhar.

 

Hassen Zargouni