Nos régions crient au secours

Businessnews.com.tn | publié le 24/02/2017 18:57

 

Par Ahlem Hachicha Chaker*

 

Sfax a fait l'actualité cette semaine. Le mouvement citoyen réclamant la fermeture de l'unité de la SIAPE a mobilisé les Sfaxiens et retenu l'attention des médias locaux et nationaux.

 

Dans la foulée de cette demande, qui préoccupe la région depuis plus de vingt ans, les Sfaxiens ont également formulé des demandes de développement, d'investissement public et d'infrastructures. La fermeture de la SIAPE est donc devenue le symbole de toutes les autres demandes.

 

Ce mouvement a également trouvé son écho dans d'autres régions de la Tunisie. En effet, chaque ville, chaque gouvernorat, chaque région en Tunisie a des dossiers à résoudre, des demandes de développement en souffrance. Chacun a son problème SIAPE.

Du pont mobile de Bizerte, à l'hôpital de Jendouba, au port de Enfidha, à la zone franche de Ben Guerdene, la liste est longue et a des allures de travaux d'Hercule.

 

Sur place, dans les villes et les régions en question, les responsables des pouvoirs publics semblent frappés de stupeur. Ils sont paralysés par l'habitude de constater les problèmes, incapables d'avoir la volonté d'envisager de les résoudre, ni même de commencer à le faire.

 

Les frustrations locales s'accumulent et finissent par remonter au pouvoir central, à Tunis, au gouvernement, à la Kasbah. C'est normal dirait-on, puisque la Kasbah a effectivement le pouvoir de décision et d'arbitrage. Sauf qu'on en soit à avoir besoin de l'intervention du Chef du Gouvernement sur des dossiers d'ordre régional et même local, cela relève de la mauvaise gouvernance. Cela est symptomatique de la peur de décision, du refus de responsabilité, de l'infantilisme de tous les échelons de la chaîne de décision administrative.

Ils se renvoient tous la balle et finissent par piéger les citoyens et le Chef du Gouvernement dans un face à face aussi stérile qu'injustifié.

 

Nous n'avons pas besoin de l'intervention de Youssef Chahed. Nous avons besoin d'institutions qui jouent leur rôle de manière responsable. Et nous devons pouvoir leur demander des comptes lorsqu'elles ne le font pas.

 

*Activiste politique

Nos régions crient au secours

publié le 24/02/2017 18:57

 

Par Ahlem Hachicha Chaker*

 

Sfax a fait l'actualité cette semaine. Le mouvement citoyen réclamant la fermeture de l'unité de la SIAPE a mobilisé les Sfaxiens et retenu l'attention des médias locaux et nationaux.

 

Dans la foulée de cette demande, qui préoccupe la région depuis plus de vingt ans, les Sfaxiens ont également formulé des demandes de développement, d'investissement public et d'infrastructures. La fermeture de la SIAPE est donc devenue le symbole de toutes les autres demandes.

 

Ce mouvement a également trouvé son écho dans d'autres régions de la Tunisie. En effet, chaque ville, chaque gouvernorat, chaque région en Tunisie a des dossiers à résoudre, des demandes de développement en souffrance. Chacun a son problème SIAPE.

Du pont mobile de Bizerte, à l'hôpital de Jendouba, au port de Enfidha, à la zone franche de Ben Guerdene, la liste est longue et a des allures de travaux d'Hercule.

 

Sur place, dans les villes et les régions en question, les responsables des pouvoirs publics semblent frappés de stupeur. Ils sont paralysés par l'habitude de constater les problèmes, incapables d'avoir la volonté d'envisager de les résoudre, ni même de commencer à le faire.

 

Les frustrations locales s'accumulent et finissent par remonter au pouvoir central, à Tunis, au gouvernement, à la Kasbah. C'est normal dirait-on, puisque la Kasbah a effectivement le pouvoir de décision et d'arbitrage. Sauf qu'on en soit à avoir besoin de l'intervention du Chef du Gouvernement sur des dossiers d'ordre régional et même local, cela relève de la mauvaise gouvernance. Cela est symptomatique de la peur de décision, du refus de responsabilité, de l'infantilisme de tous les échelons de la chaîne de décision administrative.

Ils se renvoient tous la balle et finissent par piéger les citoyens et le Chef du Gouvernement dans un face à face aussi stérile qu'injustifié.

 

Nous n'avons pas besoin de l'intervention de Youssef Chahed. Nous avons besoin d'institutions qui jouent leur rôle de manière responsable. Et nous devons pouvoir leur demander des comptes lorsqu'elles ne le font pas.

 

*Activiste politique

Ahlem Hachicha Chaker
Commentaires (15) Commenter
A Atlas69
observator
| 02-03-2017 13:28
C'est peut être un raisonnement de comptoir mais il tient la route plus-que le votre.
Bon je ne vais pas détaillé mais entre le Kef et Tunis c est seulement 170 km par la route. Donc une autoroute et une ligne de chemin de fer c'est bon pour atteindre le port de tunis en 1h 30.
Le colonisateur a plus investi dans les régions de l'intérieur plus riches mines agricultures climat, eau....qu' à Sousse . Monastir était une petite bourgade de marchands à dos d'âne.
Sousse a la plage, c'est vrai, un port mais pas d'eau .
Ce sont Bourguiba et ceux qui étaient autour de lui ( issus de sason entourage de sa région qui ont défiguré notre pays car ils avaient volé l'argent public dont une partie a été placée à l'etranger l'autre investie dans leur régions .0
Ils ont mis la main sur tous les centres de décision ( wa 3athou fibiled fasaden )
Aujourd'hui on voit l'etat du pays.
Nous sommes devenus des mendiants.
80% des jeunes quitterait le pays si la possibilité leur est donnée.
Je m'arrête là .
@observator
Atlas69
| 27-02-2017 20:47
Votre raisonnement de comptoir oublie surtout de stipuler l'investissement privé qui a surtout été initié depuis l'etranger et ceci depuis des lustres.

Le sahel a surtout été avantagé par sa situation géographique qui lui a apporté tourisme et aussi un carrefour d'échange grace à ses infrastructures portuaires. De cette dynamique sont nées des richesses qui ont pu etre réinvestis.

Les expatriés Tunisiens issues des regions cotieres de Bizerte jusqu'à Djerba ont aussi été facteurs de cette dynamique de la constrution en investissant sur leur terre d'origine et non pas à Tunis comme le font les gens de l'interieurs comme vous dites.

Et tout cela à bien sur profité aux entrepreneurs locaux.

Arretez donc vos fantasmes de croire que Bourguiba a avantagé un coté ou un autre, cet avantage est juste la conséquence du changement de l'économie de la seconde moitié du 20ieme siècle et elle a profité au cotier.

De plus les colons français a part le phosphate on surtout exploité l agriculture dans les terres interieurs alors que ceux qui habitaient la cote et surtout le sahel profité du savoir faire qu'est l industrie textile et manufacturiere pour Sfax.

les disparités economiques existent dans tous les pays et elles vont et viennes selon les circonstances.


Arretez la parano des mechants saheliens qui tiennent tout.

Comme on dit au sahel "5adame ala zr3ke ou 7ote male7 fi 3anek"



Workaround!
Dr. Jamel Tazarki
| 25-02-2017 20:28
Il faut comprendre et accepter que l'on puisse avoir en Tunisie une expansion économique sans diminution du chômage. Oui la croissance n'est pas toujours suffisante pour réduire suffisamment le taux de chômage.

En Tunisie, il faut garantir d'abord une croissance économique même sans diminution du chômage et cette croissance économique va nous permettre en un 2ème temps de radier/supprimer le chômage.

Ainsi, je propose pour la Tunisie une reprise sans emploi. Je vais encore plus loin, le fait qu'une personne ne travaille pas ne signifie pas que la personne est sans emploi. En effet, La population active est la somme de l'emploi et du chômage! Et ainsi je préfère parler du taux de participation qui est celui du pourcentage de la population faisant partie de la population active que du taux de chômage. On va voir dans la suite que la population active devrait financer les besoins vitaux des chômeurs de longue durée par une très forte productivité.

Il existe une relation négative entre croissance de l'économie et le taux de chômage. Exemple (d'après des études empiriques de Arthur M. Okun, économiste américain): lorsque la croissance augmente (baisse) de 1%, le taux de chômage recule (augmente) de 0,3 point. De même toute hausse du PIB n'implique pas nécessairement une baisse du chômage. Et même en période de reprise, les créations d'emplois ne se réalisent pas simultanément, il faut d'abord s'assurer que les perspectives économiques sont vraiment favorables. ==> Il ne faudrait pas se concentrer excessivement sur la résolution du problème du chômage de longue durée, si on pouvait le contourner et réaliser d'abord une croissance économique.


Je reviens au titre de mon commentaire "workaround", les Allemands avaient au temps de l'ex chancelier Gerhard Schröder un taux de chômage autour de 10%. Mr. Schröder a eu cette idée géniale de l'agenda 2010, il s'agissait d'un programme de réformes en particulier sociales: ==> garantir à chaque chômeur de longue durée de dormir au chaud, de manger à sa faim et de se faire soigner. Pour cela la personne concernée 1) devrait d'abord utiliser/épuiser ses propres épargnes afin de s'autofinancer, 2) exiger l'aide de ses plus proches, 3) et en dernière option, l'état garantie une aide minimale afin de satisfaire les besoins vitaux de la personne en chômage de longue durée. Ce que j'appelle en fin de compte un workaround: on ne résout pas tout de suite le problème réel du chômage de longue durée, mais on le contourne afin de ne pas bloquer le fonctionnement de la totalité du système socio-économique, en attendant des jours meilleurs et une forte croissance économique'

On Tunisie, on parle déjà d'un agenda 2020, c'est vraiment extraordinaire! Oui, une réforme sociale est indispensable en Tunisie, c'est de savoir comment nous pourrions aider aujourd'hui nos chômeurs de longue durée à se fournir les objets, les produits et le minimum de consommation dont ils ont besoin. Oui, Il faut donner la possibilité à nos chômeurs de longue durée de se dégager de l'emprise de la faim et de la misère et de pouvoir vivre (Je sais ce que c'est d'avoir faim). Et pour financer tout cela, il faudra que la productivité du travail de la population active augmente suffisamment afin de garantir/financer les besoins vitaux (le minimum) à ceux qui n'ont plus de travail depuis des années ==> Il faut que l'on travaille en particulier intelligemment afin d'augmenter notre productivité (seulement avec l'assiduité, on ne risque pas de résoudre nos problèmes socio-économiques)'

Jamel Tazarki

Un peu plus haut, un peu plus loin par Ginette Reno
https://www.youtube.com/watch?v=owtiI5_lXm4
Remerciement
Kechaou Mohamed Fathi
| 25-02-2017 19:09
Bravo Ahlem tu as honoré SFAX Merci beaucoup
Sfax est malade des sfaxiens
DHEJ
| 25-02-2017 16:56
Il suffit de voir ce que leur culture à pondu ce qui est appelé "Sfax al jadida"


Les français qui ont construit et la SIAPE et la ville ont fait beaucoup mieux.


Les sfaxiens incapables de KAIZENISER la SIAPE demande sa fermeture

Des cervelles fermées!


Non à la fermeture de la SIAPE.
Bravo
1919
| 25-02-2017 15:14
Excellent, magnifique et très captivant, mais la loi du plus fort reste malgré tout en Tunisie la plus reconnue. Merci pour ton activisme, on a besoin de gens avec cette clairvoyance au pouvoir, au pouvoir SUPRÊME.
Les meilleurs de l'administration pour l'intérieurr
Forza
| 25-02-2017 13:56
Sfax est un pôle économique et d'éducation et malgré ça souffre de l'inefficience de l'administration locale. Le problème est encore plus important à Sidi Bouzid, ELkef, Gasserine, Tataouine ou Guibilli pour citer quelques régions souffrantes de l'intérieur. Il faut que les meilleurs cadres de l'administration centrale soient mutés pour être basés à l'intérieur. Ils peuvent aider à donner l'impulsion nécessaire pour les projets à l'intérieur, qui manque de décideurs.
@slalom
observator
| 25-02-2017 12:38
J'espère que vous avez compris, maintenant, le paradoxe dont vous parlez dans votre commentaire, régions les plus riches potentiellement et les plus pauvres.
En 1956, un Ali Baba, nommé Bourguiba, s'est emparé du pays et a institué un groupe de voleurs, issus de la Cote, autour de lui qui continuent à gérer le pays.
D'où ce paradoxe.
Il faut un pouvoir réprésentatif
observator
| 25-02-2017 11:39
de tous les tunisiens et de toutes les régions.
Il faut mettre les vraies compétences à la tète des centres de décision du pays.
Il faut décentraliser la prise de décision et la gestion du pays.
il faut donner plus de pouvoir aux régions avec pouvoir de décider et de gérer. Donc il faut exiger l'accélération des élections régionales avec des pouvoirs étendus. A la tète de ces régions, des citoyens compétents issus de ces mêmes régions élus par les habitants.
Il faut revoir la gestion du système du crédit à l'économie.
C'est une question centrale à laquelle il faut trouver une solution à fin que ce système de financement couvre toutes les régions du pays.
A ce jour, une minorité issue de la Cote a la main mise sur la gestion des crédits bancaire à l'économie. Il est simple de le vérifier en analysant les crédits déjà accordés ces dernières années pour se rendre compte de l'étendue des dégâts on va découvrir aisément que c'est la Cote se taille comme d'habitude la part du lion.
Dans le nord Ouest par exemple ( idem pour les régions intérieures) aucune entreprise de bâtiment ou d'infrastructure régionale d'envergure n'existe, pourtant nous manquons cruellement, pourquoi ?
Parce que le système régionaliste initié par Bourguiba toujours en vigueur, bloque justement tout développement de ce type d'entreprises dans nos régions pour favoriser ses membres.
Alors quand il y a des projets d'infrastructures dans nos régions ils sont confiés à des entreprises du sahel ( la cote je veux dire) qui bâclent souvent le travail et l'argent correspondant quitte le circuit régional pour aller alimenter la cote.
Nos régions restent pauvres.
Quand on est originaire des régions intérieures, les chances pour un créateur d'(entreprise d'envergure sont quasi nulles pour obtenir le financement bancaire. Car il faut le financement bancaire si non une entreprise de grande taille ne peut pas exister.
C'est pourquoi nos régions en plus d'être spoliées, sont encore en retard par rapport à la cote.
Parce que ceux qui dirigent cette économie de la misère du pays qui a été bâtie pour servir avant tout les intérêts d'une minorité régionaliste corrompue, bloquent tout développement de nos régions.
Donc la grande réforme est déjà d'installer un exécutif compétant représentatif de toutes régions qui a réellement cette volonté de faire quelque chose.
Qui est là pour servir l'intérêt général de tous les tunisiens d'ou qu'ils viennent.
Il faut que le système du crédit à l'économie soit confié à une direction collégiale qui le gère d'une manière équitable envers tous les tunisiens et toutes les régions tout en respectant les règles économiques.
Dans la région du Kef par exemple ( et ailleurs) beaucoup de projets d'envergure sont bloqués faute de financement ( crédit bancaire) parce que le Kef n'est pas Sousse par exemple.

Donc le problème centrale c'est un problème d'hommes à la tète des centres de décision, c'est là qu'il faut intervenir d'urgence si on veut construire une vraie stratégie globale dans l'intérêt du pays et de tous les tunisiens avant de servir une minorité corrompue oisive et médiocre.
C'est l'affaire de tous les citoyens d'exiger de tels changement faute de quoi nous continuerons à nous enfoncer et tout le monde s'en sortira perdant à la fin.
Car c'est l 'interetr de tous les tuènisiens et de toutes régions d'imposer une telle réforme.
Si nous voulons construire un avenir meilleur pour tous nos enfants si nous voulons une économie moderne pour toutes nos régions, il faut imposer ces réformes.
Errata
Dr. Jamel Tazarki
| 25-02-2017 10:33
Il faut comprendre que l'économie allemande fonctionne souvent dans le "Dysfonctionnement"

Le reste du commentaire d'abord ce soir!
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