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Mouvement du 18 octobre 2005, dix ans après, les grévistes témoignent

Mouvement du 18 octobre 2005, dix ans après, les grévistes témoignent

Le 18 octobre 2005 était une date marquante pour la Tunisie. Ce jour-là, huit personnalités nationales de la scène politique et associative ont entamé une grève de la faim qui a duré 32 jours. Largement médiatisée par la presse internationale, la grève a mis en rogne l’ancien président Ben Ali. Ce fut l’une des rares fois où le régime autoritaire de l’époque perdait le contrôle de la situation et se trouvait dans l’embarras face aux organisations étrangères de défense des libertés et des droits de l’Homme.

 

Ayachi Hammami, Samir Dilou, Ahmed Néjib Chebbi, Abderraouf Ayadi et Lotfi Hajji, cinq des huit grévistes de la faim du 18 octobre, nous ont livré leur témoignage sur cet épisode de l’histoire contemporaine de la Tunisie. On notera que nous n'avons pas pu joindre les autres grévistes. Témoignages.

 

 

Ahmed Néjib Chebbi :

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Il y avait un rendez-vous international très important en Tunisie. C’était le sommet mondial sur la société de l’information. Les démocrates savaient à l’avance qu’au cours de cet événement, les projecteurs seraient orientés vers la Tunisie. L’occasion était donc propice pour faire progresser la cause des libertés.

 

Au cours de l’année 2004, juste avant les élections, nous avions vécu un verrouillage total et systématique. Le régime s’employait à étouffer toute velléité d’indépendance ou de liberté d’expression. Face à cette situation, j’ai pris l’initiative de réunir chez moi plus d’une vingtaine de cadres démocrates de toutes tendances confondues pour poser la question suivante : "le système est en train de tout verrouiller. Que peut-on faire ensemble pour le faire reculer ?" On a passé une journée chez moi. Nous avons déjeuné ensemble et nous n’avons abouti à rien.

 

Au cours de cette réunion, Khemaïes Chammari avait proposé d’organiser une grève de la faim. L’idée était considérée comme saugrenue et a été repoussée par l’ensemble des participants y compris moi-même. Mais une fois la réunion dispersée, je me suis dit que rien n'en est ressorti. Que faut-il faire ? C’est là où j’ai reconsidéré l’idée de la grève de la faim et fini par admettre que cette action de résistance passive était le moins qu’on pouvait faire.

 

J’ai donc pris deux initiatives. J’ai voulu que tout le monde soit uni dans cette guerre. Tous contre un. Pour cela, je suis allé voir Hamma Hammami et j’ai envoyé Mohamed Goumani voir Samir Dilou. Mon choix était clair. Il fallait unir tout le spectre de l’opposition tunisienne autour des revendications démocratiques de base, c’est-à-dire : la liberté d’expression, la liberté d’association et l’amnistie générale. J’ai expliqué à Hamma Hammami que la seule action de mobilisation générale qui nous restait c’était la grève de la faim. Il était d’accord. Puis, je l’ai informé que j’ai envoyé quelqu’un en parler à Samir Dilou. Au tout début, Hamma a accusé une petite réticence dans la mesure où il y aurait islamistes et non-islamistes. Je lui ai rappelé un événement important. C’était le sit-in des avocats qui avait duré 52 jours et qui avait réuni, en même temps, Radhia Nasraoui et Noureddine Bhiri. Donc, il y a un antécédent et qui était positif.

 

Dilou, de son côté, a apprécié l’idée. Nous sommes alors devenus trois à approuver ce projet. Nous nous sommes, par la suite, adressés à deux autres personnes, à savoir Lotfi Hajji et Ayachi Hammami. Eux également ont immédiatement accepté l’idée. Après, on s’est mis à contacter les autres personnalités. Nous avons eu deux autres opposants qui étaient partants : Mokhtar Yahyaoui et Abderraouf Ayadi. Au bout du compte, on était arrivés à sept.

 

Nous nous sommes entendus pour faire la grève de la faim chez Ayachi Hammami, dans son cabinet d’avocat, et nous avons prêté serment moralement, en mettant nos mains les unes sur les autres, qu’on ne romprait la grève qu’unis. C’est-à-dire, si on nous arrêtait ou on nous dispersait, nous poursuivrions la grève en prison jusqu’à ce qu’ils nous réunissent. Plus tard, quelqu’un est venu s’introduire dans le groupe, un huitième, c’était Mohamed Nouri.

 

Le lendemain matin, nous avons tenu une conférence de presse au cabinet de Me Ayachi. La police a été surprise. Ils ont tout de suite encerclé le local, empêchant toute personne d’y accéder ou d’en sortir à part les journalistes qui étaient déjà là et ce fut le début de la grève. Le soir même, une petite manifestation courageuse menée par des étudiants était venue nous soutenir. Elle a été rapidement dispersée, mais l’écho des manifestants nous arrivait au bureau et nous réconfortait.

 

Le surlendemain, au matin, nous avons reçu la visite d’une personnalité inattendue, c’était l’ambassadeur de Grande-Bretagne. La police a dû le laisser passer. Nous en avons profité. Nous avons passé des coups de fil à deux amis pour leur dire qu’il y avait une brèche et qu’il fallait s’y introduire. Et c’est comme ça que le blocus a été cassé et que les démocrates ont pu entrer dans le local. A la suite de cette visite, d’autres diplomates ont fait aussi le déplacement pour s’enquérir de la situation. Le nombre de visites était au-delà de toute attente. Nous recevions jusqu’à plus de trois cents visites par jour. Cela commençait à 6 ou 7h du matin et ca se terminait à une ou 2h du matin. Si j’avais besoin d’une chose pendant la grève ce ne serait pas de manger, mais de dormir ! Tout ce que la Tunisie comptait comme société active était venu par délégations entières exprimer le soutien à cette grève qui s’est révélée très mobilisatrice dans la mesure où elle était unitaire et arborait trois revendications basiques qui faisaient l’unanimité.

 

Le sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) s’est ouvert alors que nous étions en grève de la faim. Notre action a pris une ampleur agréablement surprenante. Nous avons réussi à détourner les feux de la rampe. Tous les regards étaient braqués sur nous. C’était un coup de massue politique pour Ben Ali qui était allé jusqu’à censurer le président de la Suisse au cours de son discours en lui coupant l’antenne.

 

La grève s’est arrêtée après 32 jours quand nous avons estimé qu’elle avait donné tout ce qu’elle pouvait donner en termes de mobilisation. Nous avons trouvé une sortie honorable lorsqu’une délégation internationale présidée par le prix Nobel de la Paix, Shirin Ebadi, est venue nous demander d’arrêter la grève, promettant de s’engager à prendre en charge la défense des droits élémentaires du citoyen tunisien.

 

 

Samir Dilou :

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C’est difficile même après le recul et toutes les années qui se sont écoulées de juger si nous avions agi comme il le fallait. Je pense que nous avons toujours la tentation de dire qu’on n’aurait pas dû faire ceci ou faire cela. Mais les choses étaient ce qu’elles étaient. Globalement, je dirais qu’on avait pris les bonnes décisions aux bons moments. D’abord, faut-il préciser que nous étions plus des résistants que des militants et que nous étions en manque de moyens. La preuve est que la Tunisie était connue, à l’époque, pour les grèves de la faim. Le champ des libertés était très limité, voire inexistant. Cela a fait que nous étions acculés aux solutions extrêmes.

 

Le choix du mois d’octobre 2005 pour faire la grève de la faim n’était pas arbitraire. Le timing était bien choisi. Je rappelle que ça a coïncidé avec le SMSI. Pour le régime c’était un événement de très grande importance. Mener une action politique, à ce moment précis, contre le régime, c’était comme défier quelqu'un le jour de sa fête de mariage. Le SMSI était pour Ben Ali comme un mariage à célébrer. Il faut également rappeler qu’il a convié toute la planète pour enjoliver son image et faire croire que c’est un démocrate. Notre but c’était de gâcher cette fête, mais aussi de prouver au monde entier que derrière la jolie carte postale de la Tunisie et la bonne organisation des événements se cachait un régime de répression.

 

Le régime nous a traité de tous les noms, de vendus aux ambassades et de traitres. Mais, nous étions déterminés à exercer le maximum de pression possible sur Ben Ali pour l’obliger à accepter ce qu’on appelait à l’époque le smic des libertés.

 

J’ai participé à la grève sous la casquette d’activiste de la société civile, mais tout le monde savait que j’en avais une autre, celle d’Ennahdha. Je représentais donc le parti Ennahdha, sans être son représentant officiel. J’étais dans un groupe renfermant plusieurs laïcs, pourtant je n’ai pas eu de soucis à me faire accepter. C’est parce que j’étais à mi-chemin entre les deux (sourire). C’est peut-être aussi mon statut de militant des droits de l’Homme qui m’avait facilité les choses.

 

Pour conclure, je tiens à souligner que cette expérience était très bénéfique pour le pays, notamment plus tard, après l’avènement de la révolution. Nous avons formulé des textes qui, par la suite, nous ont été de grande utilité. Ainsi, au moment de la rédaction de la Constitution, nous n’avons pas commencé à zéro, mais nous avons bâti sur ces textes que nous avions écrit ensemble au 18-Octobre.

 

Lotfi Hajji :

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Chaque action politique s’inscrit dans une histoire singulière. Si les mêmes circonstances se reproduisent de nouveau, je retenterai, sans hésiter, la même expérience. Ce qu’il faudrait relever c’est que le 18 octobre était un mouvement premier du genre dans l’histoire de la Tunisie. C’est la première fois que des politiques d’idéologies opposées se rassemblent pour une seule et même cause. Le 18 octobre a pu rapprocher et réunir, à la fois, des islamistes et des militants de gauche, mais aussi des indépendants.

 

Ayachi Hammami, feu Mokhtar Yahyaoui et moi étions classés parmi les indépendants. Dans ce collectif, je représentais le secteur de la presse. Il fallait bien qu’un journaliste soit dans le groupe, sinon ce serait même inconcevable de défendre la liberté d’expression sans qu’il n’y ait au moins un seul homme de média parmi le groupe. A l’époque, j’étais le président du syndicat des journalistes tunisiens. Un syndicat que j’ai cofondé avec d’autres confrères en 2004.

 

Nous avons porté trois revendications principales, à savoir : la liberté d’organisation politique et associative, la liberté d’expression et l’amnistie générale. Nous avons choisi le slogan : « La faim et non la soumission ». Cette phrase a résonné à Paris. Nos camarades, installés là-bas, l’ont entonnée. Une grande affiche avec notre photo et nos noms dessus a été aussi collée dans les stations de métro en France.

 

 

La grève de la faim a duré 32 jours. Mais notre action s’est poursuivie après la grève. Ainsi, nous avons créé le collectif du 18-Octobre et lancé un forum de dialogue. Nous avons débattu de sujets sensibles et délicats tels que l’égalité des sexes et la relation entre l’Etat et la religion. Les débats étaient passionnés, riches et constructifs. Nous sommes même parvenus à ébranler certains dogmes aussi bien chez les islamistes que chez les laïcs. Il est aussi à souligner que chacun y mettait du sien. Les islamistes, par exemple, ont approuvé, pour la première fois, le code du statut personnel. Mieux encore, ils l’ont même considéré comme un acquis à préserver.

 

Pendant la grève, nous avons reçu des visites du monde entier dont celle de Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, sans compter les visites de soutien des syndicalistes, des activistes politiques et des blogueurs tunisiens qui venaient nous voir chaque jour, par dizaines, pour nous témoigner leur solidarité. Nous avons également profité de la tenue, en Tunisie, du sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) pour attirer l’attention des médias étrangers, gagner en sympathie et briser le mur du silence. Le régime de Ben Ali était mis à nu par notre action.

 

Maintenant, après dix années du 18 octobre 2005, j’aurais souhaité que l’élite politique ait capitalisé, après la révolution, sur ce que nous avions bâti dans notre collectif. Cela aurait fait gagner au pays un temps précieux.

 

 

Abderraouf Ayadi

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Cette grève de la faim était une lutte menée essentiellement par des avocats. Six sur les huit grévistes étaient des hommes du barreau. Ces mêmes avocats ont joué, plus tard, un rôle fondamental au cours de la révolution. Ils étaient continuellement en confrontation avec le régime de Ben Ali que ce soit pour des revendications sectorielles ou pour des questions d’intérêt général. Le local de la grève était aussi un cabinet d’avocat ce qui marque une fois de plus l’engagement de ce corps de métier dans le combat pour les droits et les libertés des Tunisiens.

 

Maintenant, pour juger de son efficacité, j’estime que notre action a atteint son but. Elle a suscité un élan de sympathie aussi bien en Tunisie qu’ailleurs. Nous avons également réussi à attirer les médias étrangers vers nous et reçu la visite de beaucoup de diplomates. Brièvement, la grève a pris une ampleur considérable. Il faut dire aussi que le fait qu’elle avait coïncidé avec le SMSI a beaucoup aidé à médiatiser notre cause.

 

Un autre élément qui me semble important, c’est qu’il y avait parmi nous Mokhtar Yahyaoui. C’était le juge qui a dénoncé en 2001 l’état lamentable de la justice tunisienne. D’ailleurs, on l’appelait le juge rebelle. Sa présence a donné davantage de crédibilité à notre action. On sait très bien qu’il ne peut y avoir d’Etat de droit sans qu’il y ait une justice fonctionnelle et impartiale.

 

Je souhaiterais également relever que la grève a pu rompre avec ce que je qualifierais d’« apartheid » politique contre les islamistes qui, à l’époque, étaient considérés comme un courant à part et ne pouvant intégrer le combat démocratique. Toutefois, Ahmed Néjib Chebbi avait des réserves sur la participation de Mohamed Nouri. Il [M. Chebbi] a dit sur un ton résigné : Bon, maintenant qu’il [M. Nouri] est venu avec son matelas, on ne peut que l’accepter parmi nous.

 

Aujourd’hui, après tant d’années écoulées, beaucoup de souvenirs me reviennent à l’esprit : les visites de soutien, l’esprit de famille entre des militants d’idéologies opposées, le jour où j’étais transporté à la clinique à cause d’un jaunissement des yeux, mais aussi les moments où je bouquinais avec mon camarde du 18 octobre, Mohamed Nouri.

 

 

Ayachi Hammami

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Il faut considérer le 18-Octobre dans son contexte historique. En 2005, le régime étouffait toute voix qui le contredisait. Cette année-là, la Tunisie se préparait à accueillir le sommet mondial sur la société de l’information. Dans la société civile, nous étions gênés à l’idée que Ben Ali passe aux yeux du monde entier pour quelqu’un qui défend les libertés y compris celle d’internet alors que ce n’est nullement vrai.

 

Déterminés à agir, nous nous sommes réunis le 8 ou le 9 septembre 2005 chez Néjib Chebbi, soit environ deux mois avant le SMSI. Le moral n’était pas au top. Nous étions envahis par un sentiment d’incapacité. On n’avait pas une assise populaire assez large. Bref, nous avons opté pour la solution de la grève de la faim.

 

Il nous fallait bien trouver un local. Il fallait aussi que ce local soit à proximité du centre-ville et qu’il soit spacieux pour accueillir tous les grévistes. Comme j’avais un cabinet de 4 pièces, sis à la rue Mokhtar Attia, avec une terrasse où l’on pouvait se réunir, nous avons donc décidé de faire la grève dans mon lieu de travail. J’ai aménagé le cabinet de sorte qu’il soit adapté à nos besoins. J’ai installé une douche, placé une télé au bureau pour suivre les infos, apporté des couvertures, quelques meubles, etc.

 

Pour l’anecdote, nous avons dupé la police en leur faisant croire que nous étions présents dans un endroit alors qu’on était dans un autre. En effet, nous avons laissé courir une rumeur selon laquelle on allait tenir une conférence de presse le 18 octobre à 11h du matin au siège du journal Al Mawkif. Le 17 octobre au soir nous étions tous déjà réunis dans mon cabinet où nous avons passé la nuit. Le lendemain, à 9h, la police a encerclé le local d’Al Mawkif pour nous empêcher d’y accéder pensant que la conférence allait se tenir là-bas. La conférence a été organisée vers 9h30 dans mon cabinet et la police a mordu à l’hameçon. Et là je salue Radhia Nasraoui. C’est elle qui avait informé les agences de presse internationales du lieu de la conférence. En 2007, mon cabinet a été incendié. Je soupçonne les autorités de Ben Ali de ce crime.

 

 

Témoignages recueillis par Elyes Zammit

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Commentaires (47)

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Mohamed
| 20-10-2015 22:37
Merci de m'avoir consacré beaucoup de temps. Honnêtement je ne pensais pas vous convaincre, mais il est bon que vous preniez connaissance d'autres points de vue. De même pour moi.
Salutations.

Forza
| 20-10-2015 18:38
les institutions de la république, parlement, gouvernement, présidence. Wa Qalbi j'en ai marre du culte de personnalité.
Puisque vous aimez le Maroc, voilà une chanson pour vous de Najet Atabou

https://www.youtube.com/watch?v=IhJXVar67w0

Kairouan
| 20-10-2015 16:20

Cher Monsieur,

En commencant cet echange qvec vous, j'avais exprime un presssentiment, a savoir que ca n'allait probabalement pas aboutir a grand chose.
Votre position n'a pas change d'un iota, et la mienne - aussi factuelle et argumentee pour mettre a nu le modus operandi, immorale et non-ethique d'un parti comme Nidaa - ma position vous semble s'accrocher a des "details", et vous la jugez fausse, voire machiavelique, car construite, selon vous, sur une manipulation et un fantasme (qui en verite est un fait, mais que vous ne voulez pas accepter en tant que tel! C'est la, du moins, votre liberte de vous leurrer vous meme)

Je ne vais pas essayer de vous redire que les faits que j'ai relayes sont vrais.
Je ne vais vous dire que tromper l'eclorat et s'allier apres coup avec Ennahdha est une sale manoeuvre politique, une tromperie de Nidaa. Vous semblez d'ailleurs justifier:
- ET cette tromperie, acceptable, selon un esprit "pragmatique", voire UTILITARISTE que vous defendez,
- Et cette alliance Nidaa-Ennahdha, qui selon vous, etait envisageable par BCE (d'un cote!), tout en culpabilisant les modernistes de l'avoir fabriquee de toutes pieces (de l'autre!); une alliance que, bien entendu, vous ne condamnez pas, car elle s'est averee juste (d'un cote!), tout faisant croire que vous refusez toute forme de theorcratie (de l'autre!)

Je ne vais pas non plus vous rappeler le proverbe: "Choisir C'est Renoncer"; et Nidaa malgre tout qu'il peut affirmer tantot par BOULIMIE politique, tantot par communication ciblee, Nidda ne peut choisir et l'Islam Politique avec tous ses desseins Khilafistes et les statuts de theologie politique du parti Ennahdha, et le Republicanisme en meme temps. Il ne peut choisir la quantite avec Ennahdha (majorite parlemantaire) et la reforme de tout ce qu'ils ont detruit/denature en l'espace de trois ans, en leur offrant les couloirs du pouvoir pour encore 5 ans, et plus, s'il le faut, comme des listes communes pour les municipales (car Nidaa a perdu, par ses tromperies, en polpularite). Le Slogan du Vote Utile, n'est finalement pas autre chose que "Le beurre, L'argent du Beurre, La cremiere, la Ferme, et tous les vaches! OR, ceci ne marche pas en politique, sauf dans les regimes TOTALITARISTES. A ce que je sache on est, DESORMAIS, en democratie

Effectivement, cela ne sert a rien, dans cete echange avec vous, d'argumenter ou de re-demonterer les choses par A+B... Et cette maniere d'echanger les points de vue, je ne vous le cache pas, s'apparente grandement aux difficultes que j'ai eu en maintes discussions avec, ... qui? LES ISLAMISTES NAHDHAOUIS et CPRISTES! Que les choses soient claires, Monsieur, et que le cartes soient couragement posees sur la table!

Pour finir, car je suis quelqu'un qui, justement ou injustement, refuse de desesperer des autres, permettez-moi juste "d'attirer votre attention" - car il y a bien besoin, et ma note N. 3 a deja pointe ce deficit chez vous de bien lire ce qu'ecrivent les autres - je voudrais attirer votre attention sur une petite chose, qui montre la aussi comment vous comprenez mal ce que je dis. En effet, vous repondez ceci:

"...Mais il fallait également voter utile dans les législatives car le pouvoir est à l'ARP maintenant. Je vous y invite car vous avez un côté sincère." (Dixit @Mohamed)

a ce que j'ai ecrit, a savoir:

"je fais partie des electeurs ... de ceux qui ont vote utile pour Nidaa, aux parlementaires COMME au deuxieme tour des presidentielles." (dixit @kairouan)

Vous semblez la aussi ne voir, ou ne vouloir voir, que la moitie de ce qui existe; de la verite!

Par ailleurs, un Grand Merci pour m'avoir pensee sincere, je n'en pensais pas moins de vous. Mais si l'ethique politique et ses principes directeurs vous semblent un detail, il est clair que nous n'avons pas tout a fait les memes valeurs. Aussi cet echange, qui voulait surtout attirer votre attention sur la gravite des tromperies et des coups politiques fait derrieres les coulisses, n'avait peut etre pas lieu d'etre avec vous.

Dernier conseil, donc, cherchez quand meme, et en toute honnetete intellectuelle - car le Musulman Sincere se doit de faire vaincre la verite, toute la verite et rien que la verite, et non pas etre un UTILITARISTE ou les fins justifient toujours les moyens, et ou les fausses excuses expliquent linnacceptabe - chercher sincerement les causes, desquels vous semblez vous plaindre, en toute ouverture et droiture.
Et pour commencer, Monsieur, braquez votre attention sur L'incomparablement plus impactant, plus consequent et plus large sorte de Parti Unique de la Tunisie democratique, le Mouvement de D'Alliance Nidaa Ennahdha. En effet les Nidaistes, ainsi que les Nahdaouis savent ce qu'ils font! Et ne vous, ni ne nous, inventez plus de faux problemes du cote de la gauche, sur laquelle j'ai assez dit dans mes commentaires precedents.

Avec mes respects, et mes souhaits pour une sincere continuation.

Mohamed
| 20-10-2015 13:02
En votant, j'aurais aimé à choisir entre droite, centre et gauche au lieu de choisir entre avenir et passé.
Mais on ne refait pas le monde: il faut composer avec l'existant et obtenir un résultat positif.
La Tunisie connaît la situation la plus grave depuis l'instauration du protectorat français. Pendant ce temps, certains, comme au FP, privilégient les détails au lieu de former l'union sacrée.
Vous avez eu le réflexe patriotique de voter utilement. Voter à contre-coeur pour éviter une catastrophe certaine. C'est un acte de patriotisme.
Mais il fallait également voter utile dans les législatives car le pouvoir est à l'ARP maintenant. Je vous y invite car vous avez un côté sincère.
BCE n'a pas menti. L'existence d'un accord préalable relève du fantasme et du machiavélisme. Pressentant les résultats, il avait répété à l'envi que la possibilité de co-existence avec Nahdha est réelle.
La suite lui a donné raison. Pour gouverner, le FP devait s'associer au bloc moderniste, sa place naturelle. En se désistant, il a poussé volontairement Nida dans les bras de Nahdha. Espérant par là pouvoir grignoter des voix à Nida. Calcul étriqué partisan non patriotique.
L'argent dans une campagne électorale est essentiel. A la condition qu'il soit national et propre. Voyez les sommes faramineuses de campagnes électorales américaines.
Etablir en Tunisie un système républicain démocratique basé sur les libertés est un désir plus que noble et ardent.
30 à 40% de la population cependant, manipulés et pas encore mûrs pour les libertés, rejettent ce système, préférant la théocratie. Ce sont des faits on ne va pas se mentir.
Donc morceler les 60% restants revient à placer volontairement en 1ère place les théocrates dans ce régime parlementaire à vote proportionnel.
Refuser de faire l'union des Républicains par stratégie signifie offrir ce pays aux théocrates.
Voilà le jeu dangereux auquel s'adonne le FP.

Kairouan
| 19-10-2015 19:55

1. C'est oui de ces conjonctures: (a) La gauche et le centre-gauche affaiblis - Takattol (et ses capitaux!) avait prefere epauler Ennahdha et sa succursale le CPR islamiste, pour ne pas se trouver en dehors des cercles de decision, et (b) le potential de colere publique contre la Troika, que Nidaa a ete d'abord fonde avec de gros moyens (encore de l'argent politique), pour ensuite surfer sur la vague du bon sens de la concentration des votes, transformee en la campagne oppotuniste du vote utile qui ne pouvait profiter qu'a Nidaa, au depens des autres 'petits' partis - qui avec ca ne l'avaient meme pas combattu, car le leitmotiv etait de contrer l'ideologie et la gouvernance nefastes des Islamistes Nahdhaouis et CPRistes.

2. Marzouqui qui a quand meme reussi a raffler a peu pres 45 pourcent des votes grace a Ennhadha, et a ses dirigeants. La aussi l'abstention massive (60 pourcent de l'ectorat tunisien) a fait le reste.

3. Par exemple, pourquoi assumez -vous que mes propos voulaient dire que 'Hammami aurait fini par integrer le gouvernement' de Nidaa malgre la non tenue de ses promesses electorales et son adoption d'un agenda economique pro elite et bougeoisie industrielle (sic)? Ai-je parle de ca? L'avais affirme dans mon commentaire? l'avais-je pretendu? Non Monsieur, tout ce que je voulais vous inviter a faire, c'est de repenser les causes de l'eclatement du Front du Salut, la differences des projets economiques pour le pays, la non tenue des promesses electorales, le CINEMA Nidaiste face aux reticences du FP - et ce en considerant les discours contraires, les alliances deja scellees, les mensonges, les manoeuvres passes et presentes des dirigeants au sein de Nidaa (leur Modus Operandi), avant de faire porter le chapeau, precipitamment, aux 'petits' partis de gauche. Je vous invitais a considerer les causes avant d'interpreter les effets. Bref, a mettre les premieres choses, en premier.

Kairouan
| 19-10-2015 19:49

C'est un FAIT HISTORIQUE que BCE et GHANOUCHI avaient scelle l'issue des elections de 2014 avant leur tenue et la publication de leurs resultats! ALLIANCE AU, ET NON ALTERNANCE DU, POUVOIR! ET Il est grand temps de voir les choses comme ells sont - Meme si Nidaa avait dit et repete [et menti] a de nombreuse reprise qu'aucune alliance avec les Islamistes n'etait possible!
Cet accord de partage du pouvoir, a ete garde secret vis a vis des electeurs jusqu'au lendemain des parlementaires. Mais je ne dirais pas autant pour les cercles politiques et partisans, qui eux en savent toujours, et savaient, beaucoup plus. Avec ca, les non-abstentionnistes, de tout bord, opposant l'Islam politique et son projet nefaste (sur le plan theorique et experimental - Troika 2011-2014), ont ete glisser un bulletin BCE au deuxieme tour. Ils savaient que l'electorat Nahdhaoui vote Marzouqui, et 'il fallait lui BARRER LA ROUTE' (dixit FP).[2]

Alors, Monsieur, vous pensez qu'avec toutes ces manoeuvres Nidaaistes; avec la non transparence, les queues de poisson, l'opportunisme politico-financiers, tous ces manquements a l'ethique politique qui se sont amplement exprimes au sein de Nidaa et tout le long de sa campagne bien ficelee, avec tout ca vous croyez que les quelques figures politiques de gauche et centre gauche (et j'insiste ici, ni Feu Takattol, ni l'opportuniste Islamiste CPR ne doivent etre categorises ainsi - car on a bien vu leur positions politiques!) , dont l'existence, meme symbolique, est importante pour la vie politique en Tunisie, vous pensez Monsieur qu'ils fallait qu'ils se donnent la mort avant l'heure, fusionnent, font des courbettes, et fondent volontairement au sein de Nidaa?
Eh bien, je n'ai pas besoin de vous le faire constater, ils ont bien fondu - sauf le FP, et c'est peut etre pour ca que la mentalite politique totalitariste des Tunisiens, consciemment ou inconsciemment [3], s'acharne contre lui, qui par des declarations nidaistes, qui par rumeurs Nahdhaouies, qui par des contre verites populaires et populistes, a caractere religieux, ou a caractere economiste. Les autres ont fondu, oui par opposition, non pas a Ben Ali, mais aux restes, O combien nefastes, de l'ecole dictatoriale BEN ALIENNE ou celle, pathetiquement clanique des dix dernieres annees du regne de Bourguiba!

Kairouan
| 19-10-2015 19:47

Cher Monsieur,

Il est clair que nos regards se font a partir de deux angles differents. Mais fondamentalement nous aspirons au meme modele de societe: un societe ouverte mais assumant toute son histoire; democratique avec possibiltes reelles d'alternance du pouvoir; moderne, constiutionnaliste avec un regime republicain, laique dans son administration; et avec une definition (politique et legale) claire des cercles du public et du prive; assurant une separation saine entre la religion (ou toute autre ideologie) et l'Etat; avec promotion des nos specificites culturelles, mais aussi un esprit de reforme de nos plus handicapantes pratiques et traditions... Mais avec ca l'histoire ne retiendra que ce que notre volonte 'fait'- ou ne fait pas - aujourd'hui.
Laissez moi aussi vous assurer que je fais partie des electeurs de -- Hamma Hammami , oui -- MAIS AUSSI de ceux qui ont vote utile pour Nidaa, aux parlementaires comme au deuxieme tour des presidentielles.
Comme vous, je considerais que c'etait ce qu'il y avait de plus 'intelligent' (je dirais plutot 'efficace') a faire, pour CONTRER (c'est important que ce mot soit ecrit en gros) le bloc et l'ideologie Islamiste - une ideologie nefaste et pour l'Islam et ses enseignements humanistes, et pour le developpement de la vie politique dans notre pays .
Comme vous; comme beaucoups d'autres electeurs; et comme aussi des sympatisants de partis de gauche et centre gauche, je pouvais facilement imaginer ce que pouvait etre la situation sans une 'concentration des votes', et - conjoncturellement, sans contribuer plus tard a la campagne du Vote Utile. [1]
En tant que non membre de Nidaa, j'avais personnellemnt incite, entre autres sur ce meme forum, plein d'electeurs a faire de meme, leurs disant, qu'en cette situation politique du pays , il faut savoir mesurer son potentiel et avaler son ego pour elire une majorite CONTRE (en gros svp) Ennahdha! Je n'ai aussi eu de cesse d'attirer l'attention sur les dangers de l'abstention (le bloc social majoritaire de l'electorat Tunisien). Des dangers que tout le monde semble et continue a ignorer.

Je peux encore aller plus loin avec vous: J'avais meme appele, a ce que le FP rejoigne une alliance gouvernementale avec Nidaa, CONTRE Ennahdha. MAIS, avec le recul du temps [et vous nous invitez, n'est-ce pas, a considerer l'evolution des evenement politiques dans le temps] je suis bien contente qu'ils ne l'ait pas fait!
Car, Monsieur, l'esprit d'alliance de BCE et de la majorite au sein du 'phenomeme partisan' Nidaa Tounis, s'etait REVELE, par preuve, oriente ailleurs! Et ce que ce soit au niveau du parlement, au niveau du gouvernement, au niveau des administrations, ou au niveau des instituions economiques (entreprises ou autres), acquises plus ou moin recement.
L'esprit d'alliance de Nidaa, Monsieur a demontre qu'il cherchait - plus pragmatiquement et loin de tout principe ou ethique politique - la Majorite parlementaires confortable, et le partage des couloirs du pouvoir de l'Etat Tunisien, que ce soit avec Ennahdha [qu'ils avaient pourtant bien diabolisee auparavant rien que pour profiter, CONJONCTURELLEMENT [1], de la colere publique contre elle et gagner les elections], ou avec tout autre volontaire, meme le parti opportuniste du Berloscuni Tunisien - SR!

Mohamed
| 18-10-2015 23:53
Que retiendra l'Histoire dans beaucoup de temps?
Que les islamistes se présentent aux élections unifiés au sein d'un même parti, alors que les modernistes se présentent aux élections divisés. Je dirais même morcelés. Donc pour ces derniers la défaite assurée était au rendez-vous.
Il fallait réagir.
La solution préconisée dans cette période calamiteuse très particulière que tout le monde connaît était de faire comme les islamistes et de se présenter aux élections unis au sein du même parti.
Et c'est le drame! C'était sans compter avec les égos des activistes anti-Ben Ali qui s'accrochaient à leurs multiples petits partis et n'acceptaient point de se rabaisser au niveau de la demande populaire: leur passé glorieux ne le permettait pas! C'était presque un blasphème.
D'où la création plus tard de nida, puis du front du salut éphémère, pour malheureusement se présenter plus tard aux élections éparpillés! Comme la première fois!
Si ce n'était l'intelligence de l'électeur tunisien qui a voté utile, je ne voudrais pas m'imaginer quel serait la situation aujourd'hui.
Hammami aurait donc voulu intégrer le gouvernement? Ca se saurait!
Dites plutôt qu'il a fallu attendre des semaines pour connaître les conditions d'entrée du FP au gouvernement.
A la fin du long et palpitant suspense, la décision tombe: le FP n'entrera pas au gouvernement où figure des membres de l'ancien régime et des anciens de la troïka. Il estime que dans la situation où se trouvait le pays, il a encore le choix! C'est le seul parti qui a émis des conditions.
La messe était dite.
Peut-être que les leçons seront retenues à l'avenir et que le pragmatisme s'imposera.
Ayant appris à connaître le mécanisme d'analyse de ces personnes, le pessimisme est de rigueur.

DHEJ
| 18-10-2015 21:56
Ah KAIROUAN mais les crétins sur la photo sous la conduite du charlatan Yadh Ben ACHOUR ont RE-CONSTRUIT le système tunisien avec l'écriture de la nouvelle constitution!


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