Face à la mort, les médecins n'ont aucun pouvoir

Businessnews.com.tn | publié le 09/10/2017 15:59
Par Nizar Bahloul,

 

Azraël a bien « travaillé » en Tunisie cette semaine. Que dire d’autre après la mort de six personnes suite à l’effondrement d’un immeuble vétuste, jeudi dernier, à Sousse et le décès, hier dimanche, de Slim Chaker, ministre de la Santé, suite à une crise cardiaque visiblement ? Paix à leurs âmes !

Grâce à son chauffeur, et après avoir constaté son malaise, Slim Chaker a été pris en charge de suite par le corps médical de l’hôpital de Grombalia, puis par l’hôpital militaire à Tunis. En sa qualité de ministre de tutelle, et même si les médecins ne font théoriquement pas la différence entre leurs patients, on ne peut pas dire que le corps hospitalier n’a pas fait le nécessaire pour sauver le défunt. Et pourtant, en dépit de la mobilisation générale, les médecins n’ont rien pu faire. Face à la mort, les médecins n’ont aucun pouvoir. Nul ne l’a. Elle survient brusquement pour surprendre les vivants et leur rappeler leur passage éphémère sur terre. Ne restent dans les mémoires que les actes de chacun.

Du décès de Slim Chaker, on retiendra une autre leçon, celle que le corps médical ne peut rien faire quand la mort se présente. D’habitude, en pareilles circonstances, c’est ce même corps médical qu’on attaque et qu’on agresse verbalement de n’avoir pas pu sauver un accidenté, un malade, un cardiaque, un cancéreux… D’habitude, également, on attaque l’Etat de ne pas avoir mis à disposition les équipements nécessaires pour sauver les êtres à sauver. Voici cependant les preuves par quatre que l’on peut être ministre de la Santé, avoir été transporté immédiatement à l’hôpital, avoir à son chevet les meilleurs médecins du pays et succomber pourtant à une crise cardiaque.

 

Fraichement nommé à la tête de la Santé, Slim Chaker avait toute une stratégie pour sauver le secteur gangrené par des syndicats à l’impunité légendaire, un manque abyssal de moyens et un débordement permanent. Il était occupé à la mise en place des moyens de sa politique pour faire face à tout cela. Il m’en parlait, lundi dernier au téléphone, avec beaucoup de détermination et on a convenu de nous rencontrer samedi dans les locaux de Business News pour un discret échange de points de vue en off. Je le voyais rejoindre le peloton des grands ministres de la Santé capables de faire réellement quelque chose pour le secteur. Ils ne sont pas nombreux. Sur les dix dernières années, il était le troisième après Mondher Zenaïdi et Saïd Aïdi. Pour une fois, je ne vais pas en vouloir à quelqu’un qui va manquer un rendez vous. Adieu Slim, tu nous manques déjà !

Mes excuses à mes fidèles lecteurs de ne pas être plus long cette semaine, l’heure n’est pas à l’analyse politique, en dépit des sujets brûlants sur la table.

 

Je termine néanmoins par une célèbre histoire à méditer, celle du testament du Roi de Macédoine Alexandre le Grand (356-323 av J.-C.) : 

 

Sur le point de mourir, Alexandre convoqua ses généraux, et leur communiqua ses dernières volontés, ses trois ultimes exigences:

1 - Que son cercueil soit transporté à bras d'homme par les meilleurs médecins de l'époque.

2 - Que les trésors qu'il avait acquis (argent, or, pierres précieuses...) soient dispersés tout le long du chemin jusqu'à sa tombe.

3 - Que ses mains restent à l'air libre, se balançant en dehors du cercueil à la vue de tous.

L'un de ses généraux, étonné de ces requêtes insolites, demanda à Alexandre quelles en étaient les raisons.

Alexandre lui expliqua alors ce qui suit :

1 - Je veux que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que, face à la mort, ils n'ont pas le pouvoir de guérir.

2 - Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas...

3 - Je veux que mes mains se balancent au vent pour que les gens puissent voir que, les mains vides nous arrivons dans ce monde, et les mains vides, nous en repartons quand s'épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous: LE TEMPS.

Face à la mort, les médecins n'ont aucun pouvoir

Par Nizar Bahloul, publié le 09/10/2017 15:59

 

Azraël a bien « travaillé » en Tunisie cette semaine. Que dire d’autre après la mort de six personnes suite à l’effondrement d’un immeuble vétuste, jeudi dernier, à Sousse et le décès, hier dimanche, de Slim Chaker, ministre de la Santé, suite à une crise cardiaque visiblement ? Paix à leurs âmes !

Grâce à son chauffeur, et après avoir constaté son malaise, Slim Chaker a été pris en charge de suite par le corps médical de l’hôpital de Grombalia, puis par l’hôpital militaire à Tunis. En sa qualité de ministre de tutelle, et même si les médecins ne font théoriquement pas la différence entre leurs patients, on ne peut pas dire que le corps hospitalier n’a pas fait le nécessaire pour sauver le défunt. Et pourtant, en dépit de la mobilisation générale, les médecins n’ont rien pu faire. Face à la mort, les médecins n’ont aucun pouvoir. Nul ne l’a. Elle survient brusquement pour surprendre les vivants et leur rappeler leur passage éphémère sur terre. Ne restent dans les mémoires que les actes de chacun.

Du décès de Slim Chaker, on retiendra une autre leçon, celle que le corps médical ne peut rien faire quand la mort se présente. D’habitude, en pareilles circonstances, c’est ce même corps médical qu’on attaque et qu’on agresse verbalement de n’avoir pas pu sauver un accidenté, un malade, un cardiaque, un cancéreux… D’habitude, également, on attaque l’Etat de ne pas avoir mis à disposition les équipements nécessaires pour sauver les êtres à sauver. Voici cependant les preuves par quatre que l’on peut être ministre de la Santé, avoir été transporté immédiatement à l’hôpital, avoir à son chevet les meilleurs médecins du pays et succomber pourtant à une crise cardiaque.

 

Fraichement nommé à la tête de la Santé, Slim Chaker avait toute une stratégie pour sauver le secteur gangrené par des syndicats à l’impunité légendaire, un manque abyssal de moyens et un débordement permanent. Il était occupé à la mise en place des moyens de sa politique pour faire face à tout cela. Il m’en parlait, lundi dernier au téléphone, avec beaucoup de détermination et on a convenu de nous rencontrer samedi dans les locaux de Business News pour un discret échange de points de vue en off. Je le voyais rejoindre le peloton des grands ministres de la Santé capables de faire réellement quelque chose pour le secteur. Ils ne sont pas nombreux. Sur les dix dernières années, il était le troisième après Mondher Zenaïdi et Saïd Aïdi. Pour une fois, je ne vais pas en vouloir à quelqu’un qui va manquer un rendez vous. Adieu Slim, tu nous manques déjà !

Mes excuses à mes fidèles lecteurs de ne pas être plus long cette semaine, l’heure n’est pas à l’analyse politique, en dépit des sujets brûlants sur la table.

 

Je termine néanmoins par une célèbre histoire à méditer, celle du testament du Roi de Macédoine Alexandre le Grand (356-323 av J.-C.) : 

 

Sur le point de mourir, Alexandre convoqua ses généraux, et leur communiqua ses dernières volontés, ses trois ultimes exigences:

1 - Que son cercueil soit transporté à bras d'homme par les meilleurs médecins de l'époque.

2 - Que les trésors qu'il avait acquis (argent, or, pierres précieuses...) soient dispersés tout le long du chemin jusqu'à sa tombe.

3 - Que ses mains restent à l'air libre, se balançant en dehors du cercueil à la vue de tous.

L'un de ses généraux, étonné de ces requêtes insolites, demanda à Alexandre quelles en étaient les raisons.

Alexandre lui expliqua alors ce qui suit :

1 - Je veux que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que, face à la mort, ils n'ont pas le pouvoir de guérir.

2 - Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas...

3 - Je veux que mes mains se balancent au vent pour que les gens puissent voir que, les mains vides nous arrivons dans ce monde, et les mains vides, nous en repartons quand s'épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous: LE TEMPS.

Commentaires (22) Commenter
Vie et mort
Sabria
| 16-10-2017 06:27
Désolée c est pas une raison pour disculper l état de ses responsabilités face au dénuement des hôpitaux ni les médecins de leur mank de conscience côtoyant la mort alors k il doivent réaliser combien la vie est précieuse ils banalisent la mort
Labeur funèbre
bec bec
| 15-10-2017 16:16
Tout comme Azraël, Nizou a bien bossé aussi et a fait sortir un mini article à en mourir de rire
MR NIZAR BAHLOUL j'ai compris tes reactions vs a AZRAEL -
AIR FORCE 360
| 14-10-2017 11:04
Mr Nizar sorry ,il ya des AZRAELS des idios n'ont pas a la hauteur et incapable
il ne faut pas allez loin de la verite'

La Tunisie des chantiers besoin des archtectes , des ingeniers pr Re-Construire .
Allah yirhamou
LOGIQUE
| 14-10-2017 10:18
Quoi qu'il en soit, il était à l'hôpital militaire une des meilleures structures en cardiologie. Son passé cardiovasculaire est connu, il était par ailleurs convié à se faire réopérer. Mais obligation de travail, amour du métier etc... l'ont amené à faire ce marathon, alors qu'il cela lui était contre indiqué. Comme on dit asban et son heure a sonné.
Réponse à @Limou
Abel Chater
| 11-10-2017 21:17
Réponse à @Limou
Oui mais, qu'ils virent dorénavant les cas d'urgence pour réanimation vers les cliniques privées, qui pourraient être bien équipées, et que la CNAM les prenne en charge. Il y va de vies humaines.
Et si les cliniques privées manquent aussi de matériel sophistiqué, qu'on les ferme et qu'on les poursuive pour escroquerie, vu les gigantesques sommes qu'elles soutirent à leurs patients?
Et à propos ! Pourquoi l'Etat ne classe-t-il pas les cliniques privées par des étoiles à la manière des hôtels, suivant la qualité de leurs services en adéquation avec le matériel dont elles disposent?
Bonne soirée.
@AbelChater
Limou
| 11-10-2017 18:18
La médecine de nos jours est une question de moyens (financiers et humains). Nos hôpitaux n'en disposent pas. Ce n'est pas un secret pour personne. On ne peut pas avoir une médecine aux normes dans un pays pauvre.
@microbio
Abel Chater
| 10-10-2017 21:24
Ton article est un régal.
J'adhère à 100% à tes idées et aux idées de @Bechir Toukabri.
Merci à vous deux.
Si Nizar
sss
| 10-10-2017 19:11
Il est certain que nous ne pouvons rien devant la mort chacun son heure!!! Rabi tohsen khatmitna!!! El mout hak Allah yarhmou we yarhamhana jamian saatou hadhrat et el frek est trop très difficile surtout lorsque l'on perd un proche et surtout jeune c trop et très douloureux; le médecin le plus compétent et le meilleur médecin du monde ne peut rien ni pour ses proches ni même pour lui même!!! On ne peut que s'incliner devant la volonté de Dieu
@Mucrobio
DHEJ
| 10-10-2017 18:30
Lire tes commentaires est un plaisir...


Nutrition donc tour du ventre auquel il faut ajouter le mode de vie... la sédentarité!

Noch was..
Microbio.
| 10-10-2017 17:02
Un collégue tunisien expérimenté m´a dit une fois:

KENN MOUCH MIN AMAHEM MAA NA3ICHOU M3AHEM!!!!
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