alexametrics
Chroniques

A propos de l'incident diplomatique avec le roi du Maroc


Par Nizar Bahloul

L’article publié hier dans nos colonnes sur l’incident diplomatique entre le Roi du Maroc Mohammed 6 et le président de la République Moncef Marzouki a suscité une grosse vague d’insultes et de dénigrement contre Business News, et moi-même, directeur responsable du journal.
Nos lecteurs, qui nous font confiance, ont droit à des explications supplémentaires sur les circonstances de confection de cet article par Inès Oueslati, rédactrice en chef adjointe du journal.

La rumeur de l’incident diplomatique a fuité, dès le matin du samedi 31 mai. Plusieurs personnes l’ont relayée sur les réseaux sociaux. Moi-même j’en ai entendu parler, via mes propres sources. Les journalistes de permanence ont essayé de confirmer cette information toute la matinée, en vain. Ils se sont donc abstenus de la relayer.

Vers 14 heures, Inès Oueslati m’appelle pour m’informer qu’elle détient une source fiable. Déontologiquement, elle est dans l’obligation de préserver l’anonymat de sa source, vu que cette source est de premier ordre. Mais elle est également dans l’obligation de me fournir son nom, puisque ma responsabilité en tant que directeur est engagée. Nous faisons le choix sûr de ne pas publier à partir d’une seule source. D’autres vérifications sont faites et deux autres sources fiables nous confirment la même information relatant même des détails similaires à chaque fois.

A peine cinq minutes après la mise en ligne de l’article, Adnène Mansar, porte-parole du président de la République, m’appelle pour démentir d’une manière catégorique. La position est embarrassante. Non pas parce que le coup est déjà parti, mais parce que je ne saurai remettre en doute les propos de M. Mansar, mais je ne saurai remettre en doute, non plus, ceux de nos sources. Je lui dis texto : « Si Adnène, donnez-nous dix minutes et nous allons relayer vos propos ». Et en moins de dix minutes, nous changeons le titre et mettons à jour l’article de telle sorte que le lecteur ait les deux versions.

Nous avons ainsi respecté l’institution présidentielle en rendant publique sa version au sein du même papier, et nous avons manifesté un égard envers nos lecteurs que nous avons informés des différentes versions du même fait.
Que fallait-il faire d’autre ? Déontologiquement, j’estime que mon équipe et moi-même avons respecté les règles ordinaires en la matière de bout en bout. Il n’y a eu point de manipulation, comme nous en accusent beaucoup, et notre seul et unique souci était de transmettre l’information à nos lecteurs. Mediapart avec Jérôme Chauzac ou Le Canard Enchaîné avec des dizaines de ministres ne se comportent pas différemment. En dépit des démentis des politiques, ils continuent à faire confiance à leurs sources et, très souvent, la suite a donné raison à ces journaux.

Inès Oueslati est rédactrice en chef adjointe de Business News, elle est sérieuse et très rigoureuse. Tout comme ses deux collègues rédacteurs en chef adjoints Synda Tajine et Marouen Achouri. C’est ce trio qui gère la rédaction de votre journal et je m’ingère rarement dans leur travail, bien que je sois le directeur responsable. A ce stade, je continue à leur faire confiance.
Nous pouvons tous faire des erreurs, et ceci arrive dans n’importe quel journal, mais que nos lecteurs sachent que nous avons l’honnêteté intellectuelle d’avouer nos erreurs et que nous n’avons jamais hésité à les rectifier et à nous en excuser auprès de nos lecteurs. Ce n’est pas aujourd’hui que cela va changer. Non seulement nos sources ont confirmé de nouveau l’incident, mais d’autres journalistes de renom, ayant leurs propres sources, ont fait de même.
Dimanche matin, un nouvel échange téléphonique avec Adnène Mansar. Le porte-parole du président de la République répète ce qu’il a dit hier en jurant ses grands dieux que cela ne s’est pas passé et que le roi Mohammed VI était ému par l’accueil qui lui a été réservé. Il rappelle les distinctions honorifiques, les plus élevées du Royaume marocain et de la République tunisienne, échangées hier soir entre le président de la République et le roi. D’après M. Mansar, aussi bien Inès Oueslati que les autres journalistes ayant relayé l’information en citant leurs propres sources, avaient été manipulés. Il n’accuse personne, mais il est intimement convaincu que c’est une manipulation puisque l’incident n’a jamais eu lieu. Qui dit la vérité, qui ment ? A ce stade, on ne peut nier un certain embarras à la rédaction.

Un dernier mot à ces députés et ce haut responsable de la présidence de la République qui se sont abaissés jusqu’à moquer mon nom de famille. A Samir Ben Amor, Bechir Nefzi et Tarek Kahlaoui qui ont utilisé le nom de famille « Bahloul » pour laisser entendre que je suis fou et que le journal que je dirige ne peut être pris au sérieux. A ceux là, je dis que je porte fièrement mon nom de famille et je ne vais certainement pas en changer.

Nos salutations les meilleures à tous ceux qui nous ont insultés de la pire manière, juste parce que nous avons fait notre travail, et nos remerciements à tous nos fidèles lecteurs pour leur soutien et leur confiance.

Votre commentaire

(*) champs obligatoires

Conditions d'utilisation

Les commentaires sont envoyés par les lecteurs de Business News et ne reflètent pas l'opinion de la rédaction. La publication des commentaires se fait 7j/7 entre 8h et 22h. Les commentaires postés après 22h sont publiés le lendemain.

Aucun commentaire jugé contraire aux lois tunisiennes ou contraire aux règles de modération de Business News ne sera publié.

Business News se réserve le droit de retirer tout commentaire après publication, sans aviser le rédacteur dudit commentaire

Commentaires

Commenter

Azzedine
| 09-06-2014 13:16
Qui ne sait pas que les vieux généraux sont généreux avec les journaleux en manque de pognon. A lire les articles à la noix de ce site ça ne fait plus aucun doute. Ah les pauvres, la crise leur a creusé les poches ...

Hakim
| 05-06-2014 21:50
Il te reste que ta dernière dance qui consiste une proposition aux palestiniens qu'ils quitteront le moyen orient vers un continent lointain pour que les juifs vivent en paie .
merci docteur

Amine
| 05-06-2014 14:07
Le nif on l'a vu lorsque vous avez laisser boutef violait la constitution maintes fois. awdi 3la le NIF... Le NIF c'est aussi ne pas se laisser gouverner par un marocain de souche. Du jamais vu dans un pays arabe ou c'est un étranger qui régne. LONGUE VIE A BOUTEFLIKA IV et MOHAMMED VI

informations de vérité
| 05-06-2014 12:34
Combien l algerie a règles pour cette article poubelle un vraie journaliste que la pose vive le maroc et la tunisie

Une_Algérienne
| 04-06-2014 10:17
Le Tunisien, de part sa nature, accepte l'insulte avec le sourire , un petit manque de NIF

Bartjh
| 03-06-2014 20:03
Bonsoir Bn,
mon commentaire sur cet article n'a pas été publié, y a t'il une explication, merci de votre retour

rifiano
| 03-06-2014 13:11
"Nos salutations les meilleures à tous ceux qui nous ont insultés de la pire manière, juste parce que nous avons fait notre travail"

C'est quoi au juste votre travail??....relayer la propagande Algérienne?
Quelles sont vos sources?...Aîn Garci, Aîn Oktor, cristaline?????
Même un débutant n'aurait pu se permettre un tel comportement inadmissible qui porte atteinte aux deux peuples frères.
Une chose est sure: on ne vous lira plus jamais comme avant!

nationaliste conservateur
| 03-06-2014 13:01
Businessnews tombe malheureusement dans le commérage.

C'est triste de voir que des journalistes en arrivent à se défendre d'avoir publié une histoire aussi insignifiante. Qu'elle soit vraie ou pas, ce n'est pas une histoire qui soit digne d'intérêt ou plutôt, c'est une histoire tellement sordide et tellement ridicule, qu'on se demande si les journalistes de Businessnews ont une dignité.

Personnellement, je suis dégoutté de ce pays et de mes compatriotes, qui n'ont quasiment rien d'humains, depuis que les pseudo-politiciens (qu'ils soient islamistes, CPRistes, marxistes, bourguibistes...) sont sortis de leur cachette et ont pris le pays et le peuple en otage.

L'article ridicule est une insulte au peuple tunisien, mais aussi au peuple marocain. Et le défendre c'est prouver le ridicule et la petitesse d'esprit dont le peuple tunisien fait preuve depuis quelques années.

Le tartour présidentiel et ses 40 000 voleurs CPRistes ne valent certainement pas mieux. Mais sérieusement, vous devriez avoir honte.

Cet article ainsi que celui de Ines Oueslati ne valent pas mieux qu'une discussion de café ou de hammam. Ce n'est pas un niveau qui vous honore ou qui vous défende.

HICHEM
| 02-06-2014 22:54
Monsanges, votre seule bute est salire Marzouki et semer le trouble entre tunisien
Vous ete tres loin D etre neutre

nazou
| 02-06-2014 17:44
merci pour le conseil ;je vais aller me planquer ! lol

Et dire que vous connaissez la democratie de l'interieur !!!
Au point de vouloir l'imposer ,dans un pays musulman !!
Ben ali ,n'était pas parfait ,mais vous etes pires ! puisque vous etes les pires serviteurs de l'islam;pour défendre la democratie !!

Abel chater ;nous en reparlerons ,dans qqs mois !!

A lire aussi

Quitte à casser cet élan d’optimisme surfait que l’on essaye d’imposer aux Tunisiens, il faut se le

25/04/2018 15:59
3

La grève se poursuit chez les professeurs de l’enseignement du secondaire public. La tension est à

23/04/2018 14:32
25

La commission des finances, de la planification et du développement au sein de l’ARP a rejeté

22/04/2018 17:05
8

Il ne fait pas de doute que le bras de fer engagé entre le gouvernement et la Fédération de

20/04/2018 10:57
10

Newsletter