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Tribunes
Sens critique ou sens unique ?
30/04/2024 | 14:27
8 min
Sens critique ou sens unique ?

 

Par Hédi Ben Abbes

 

En dépit de mon attachement à la philosophie sans laquelle le monde serait inintelligible, sans citer Socrate, le père de la pensée critique, ni Descartes, ni Ghazali, ni, plus récemment Derrida, je vais tenter d’esquisser quelques réflexions sur l’importance du sens critique comme un enjeu de société et plus particulièrement un enjeu politique.

Pour faire simple, on peut sommairement diviser les sociétés mondiales en deux catégories distinctes, les sociétés pourvues de mécanismes critiques et les sociétés qui en sont dépourvues. Les sociétés n’étant jamais homogènes, cette classification n’obéit pas à des règles empiriques et se contente d’une dichotomie réductrice, mais néanmoins au service d’une démonstration grand public.

Cette classification n’est pas stable, car les sociétés ne sont pas figées et évoluent dans le temps et l’espace.

 

Qu’est-ce que le sens critique ?

Certains l’appellent l’esprit critique ou la pensée critique (critical thinking), je privilégie personnellement, le terme « sens » parce qu’il est polysémique et permet d’envisager la question aussi bien en relation avec la raison et ses mécanismes empiriques qu’avec l’esprit qui traduit une attitude et une tournure systématique de l’esprit.

Le sens critique est d’abord une discipline qui consiste à soumettre à l’examen critique tout phénomène observable et mesurable sans porter de jugement de valeur. La critique permet de briser les tabous, de dire l’indicible, d’envisager l’inenvisageable, de rendre intelligible un monde trop souvent gouverné par les légendes, les superstitions et la binarité (vrai/faux, nous/autres, civilisé/sauvage, etc).

 Dans sa déclinaison scientifique, le sens critique se forge selon une méthodologie basée sur l’observation, l’évocation d’hypothèses, l’analyse, l’expérimentation et l’établissement d’une vérité, elle-même relative et critiquable.

Tous les phénomènes naturels, temporels, intemporels, tous les attributs phénoménologiques ou spirituels sont soumis à l’examen critique dans les sociétés vivantes dans un mouvement réflexif sans fin. Autrement dit, l’examen critique ne s’arrête jamais parce que dans les sociétés vivantes, le résultat n’est pas une fin en soi, une conclusion n’est rien d’autre qu’une ouverture sur d’autres questionnements dans un mouvement perpétuel attestant de cette vivacité.

A l’inverse, dans les sociétés à faible sens critique, le mouvement est extrêmement lent, voire inexistant si l’on exclut le mouvement qu’impose la nature entre naissance et extinction. Pour tout ce qui relève de la vie de la Cité et de son organisation, l’absence de sens critique atteste de la mort lente des sociétés et d’aucuns diront l’absence de sens dans cette vie.

Que se passe-t-il dans les sociétés vivantes ?

Si l’on se limite à la période allant de la Renaissance à nos jours, on observe que le sens critique a évolué de manière erratique, mais néanmoins constante sur le temps long.

En dépit de la richesse de l’héritage critique grec, la pensée unique et figée, voire sacralisée avait été imposée par le pouvoir religieux dans l’espace géographique chrétien où le sens critique était perçu comme une abomination du diable, et toute lecture du monde hors du cadre institutionnel religieux était passible des pires sanctions. Un état de fait, parfaitement démontré dans le chef-d’œuvre d’Umberto Eco, Il Nome della Rosa. Signe extrême de la haine du corps et donc de la vie, le rire, les livres et l’amour sont combattus pour que règnent le nihilisme et la négation de soi et du monde.

L’Europe médiévale n’a pu effectuer le changement paradigmatique vers un nouveau modèle qu’une fois le processus de désacralisation entamé dans toutes les sphères de la vie de la Cité. Les chaînes étaient brisées au prix de la vie d’Erasme, de Galilée et de Copernic, chacun dans son domaine d’intérêt mais tous munis du même outil qui était le sens critique. Ne rien prendre pour argent comptant, tout soumettre à l’examen critique, au crible de la raison et de la démonstration empirique. C’était le début d’une ère nouvelle, celle de la liberté de pensée et la liberté de conscience. Les chaînes du sacré étant brisées, le monde s’offrait à tous pour devenir un champ à explorer et à labourer pour y faire pousser les germes d’un nouveau monde où l’Homme occupe le centre, où la conception mortifère de la vie était remplacée progressivement par une conception joyeuse et hédoniste. C’est à coup de transgression, de franchissement des limites prescrites, de sacrifices humains, de volonté obstinée à aller voir par-dessus les barrières, que le changement a pu voir le jour et les progrès humains ont pu se réaliser. C’est cet héritage humain accumulé à travers les siècles qui a permis au monde occidental, de jouir de ses libertés, d’enregistrer des progrès fulgurants dans tous les domaines qu’ils soient de nature matérielle ou intellectuelle. L’équation est simple : plus le sens critique est aigu, plus les libertés s’affirment et plus l’Homme se surpasse et découvre qu’il recèle des capacités insoupçonnées. On est passé de la soustraction à la multiplication, de l’unique au divers, du fini à l’infini.

 

Comment dilapider un héritage ?

Si l’on prend une cartographie du monde tel qu’il se présente aujourd’hui, nous pouvons dire que les sociétés dites à fort sens critique, vivent une érosion de ce sens sous les coups de boutoir de l’ingénierie sociale, de l’intérêt économique, de la désinformation, de la manipulation et de l’abrutissement à une échelle sans précédent.

Au lieu de contraindre les populations par l’emploi de la force et la peur, il est plus subtil d’assécher la source qui alimente le sens critique et le remplacer par une servitude volontaire. Système éducatif orienté et utilitariste, industrie des loisirs (entertainment), prédominance du futile, technologie addictive, matérialisme exacerbé, valeurs inversées, tout le système concourt à créer « l’Homme nouveau ». Un Homme sans accès à la source qui alimente le sens critique, et donc sans conditions nécessaires à l’exercice de ses libertés.

On songe au roman de Salman Rushdie Haroun and the Sea of Stories dans lequel, le Chef du Culte, figure suprême de la pensée unique, s’emploie sans répit à empoisonner la mer des histoires pour que les Hommes ne puissent plus y trouver la source de leurs inspirations. C’est ainsi, que les voix sont étouffées et les lectures du monde sont remplacées par une seule lecture, et les livres disparaissent au profit du seul et unique Livre.

L’érosion du sens critique s’accompagne inéluctablement par l’érosion des libertés et le rétrécissement du champ d’action de l’Homme conduit docilement aux abattoirs pour subir l’ablation du seul « organe » qui compte : sa raison. Malgré le peu de voix qui résistent à cet inéluctable marche vers l’abîme et l’esclavage néolibéral, on assiste à la création de l’Homme creux, vidé de la substance critique qui irriguait jadis sa pensée. Le piège est en train de se refermer et le mouvement est en train de s’inverser, marquant le retour vers le futur où l’on s’accommode docilement de la servitude pourvu qu’on continue à assouvir les différentes addictions dont l’Homme est à présent prisonnier. La boucle est en train d’être bouclée, circulez il n’y a plus rien à penser.

 

Jonction des deux mondes

Les sociétés à faible sens critique, combattent le questionnement et le doute, érigent le sacré à un tel niveau que toute tentative de remise en question, d’aller voir par-delà les barricades, équivaut à un blasphème voire, une condamnation à mort. La binarité est le constat, la simplification est la méthode et le rétrécissement est l’objectif. Réduire le champ de réflexion, pour réduire la compréhension du monde. Au lieu d’appréhender le monde dans sa complexité et sa diversité, on le sursimplifie selon des marqueurs aussi forts que la langue, la religion et les expressions culturelles. Il n’y a de sens que par opposition et toute opposition est antinomique à l’interaction, au mélange, à l’hybridité, à la créativité et à la nouveauté.

Dans les sociétés à faible sens critique, on ne créé pas, on reproduit, on consomme et on imite. Le passé y est plus important que le futur, la nostalgie est plus réconfortante que l’inconfort du questionnement, du doute et de l’inventivité. On se complait dans la posture des moutons de Panurge, avec un berger qui guide et qui veille à ce que l’organe de la réflexion reste amorphe et ne perturbe pas le processus infini du broutage d’herbe, la tête baissée. Dans les sociétés à faible sens critique, on contraint les peuples par la force et la peur, on s’adresse à leur instinct primaire plutôt qu’à leur raison, on flatte leur affecte, on leur donne l’illusion d’exister, on les enferme dans des oppositions meurtrières. Si pensée il y a, il faut qu’elle soit uniforme, unilatérale, réductrice et simpliste. Plus de place au sens critique, plus de place au divers et aux nuances, Le Maître du culte peut alors prétendre incarner la foule. Antagonisme, incarnation et simplification sont alors les pierres tombales qui scellent le sort des sociétés à faible sens critique. 

Erosion d’un côté, contrainte et abrutissement de l’autre, les deux mondes se rejoignent et se télescopent au profit d’un nouvel ordre mondial où le darwinisme social est présenté comme « méritocratie », où les liens distendus sont vendus comme « liberté individuelle », où les valeurs sont des contraintes qu’il faut éliminer, où chaque Homme est une île qui erre sans boussole, dans un océan de mensonges.

 

 

 

30/04/2024 | 14:27
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Commentaires
'Gardons un minimum d'honnêteté!
Socrate est plutôt le fondateur des principes didactiques de la négociation!
a posté le 01-05-2024 à 22:00
Franchement, j'ai du mal à "digérer" les articles de Prof. universitaire Hédi Ben Abbes.
Je cite l'article ci-dessus:
a) " Socrate, le père de la pensée critique"
-->
Du n'importe-quoi, Prof. Ben Abbes.. En effet Socrate est plutôt le fondateur des principes didactiques de la négociation: convaincre ou être convaincu soi-même par la négociation --> , transmettre et négocier le savoir dans un(e) dialogue/discussion. Il n'a jamais été question de critique dans les dialogues de Socrate.
-->
Il est temps d'apprendre à nos enfants dans nos écoles à négocier sans agresser les autres verbalement ou physiquement (comme à notre ARP durant la dernière décennie).


b) " l'établissement d'une vérité, elle-même relative et critiquable". -
-> On ne parle plus de vérité de nos jour, on parle plutôt du concevable.
--> il s'agit de rendre concevable quelque chose / une idée et non pas d'affirmer une vérité
--> Qu'est ce qui nous empêche de penser ça ou cela
--> Il est temps de déconfiner la pensée des contrainte du vrai/faux.. Il 'y a pas de vérité, il n'y a que du concevable. La recherche d'une vérité est la plus grande connerie de La philosophie à travers les temps.
--> le "pourquoi non" et aussi important que le "pourquoi" sans parler de critique, il faut arrêter de paralyser le moteur de la creativité et de la réflexion, il s'agit de rendre concevable queqlue chose/une idée.
- Pour moi, il est concevable que la terre est au centre d'un univers infini (j'insiste "infini"), contrairement à ce que disait Nikolaus Kopernikus. Je ne dis pas que la Théorie de Kopernikus est fausse. Non, je dis seulement qu'il est concevable que la terre est au centre d'un univers infini. En effet, dans un univers infini tout point pourrait être considéré comme le centre de l'infini. Je ne prétends pas que je viens de proposer une vérité, par contre je dis tout simplement qu'il est concevable que ... Et pourquoi non? Qu'est ce qui pourrait m'empêcher de penser ceci ou cela...

c) Je cite: "Pour faire simple, on peut sommairement diviser les sociétés mondiales en deux catégories distinctes, les sociétés pourvues de mécanismes critiques et les sociétés qui en sont dépourvues" -->
mais enfin c'est quoi cette segmentation On en parlera quand j'aurais un peu plus de temps...


d) " érigent le sacré à un tel niveau que toute tentative de remise en question, d'aller voir par-delà les barricades, équivaut à un blasphème voire, une condamnation à mort."
--> vivre et laisser vivre sans toucher à la foie religieuse des autres... Par quel droit voulez-vous critiquer les religieux pour la croyance?

e) Je cite: "Si l'on prend une cartographie du monde tel qu'il se présente aujourd'hui, nous pouvons dire que les sociétés dites à fort sens critique, vivent une érosion de ce sens sous les coups de boutoir de l'ingénierie sociale, de l'intérêt économique, de la désinformation, de la manipulation et de l'abrutissement à une échelle sans précédent."
--> ce n'est pas vraie. En effet nous vivons de nos jours une démocratie participative à travers le web. Il faut lire les commentaires sur YouTube concernant les événement de GAZA. Il faut lire les commentaires sur les réseaux sociaux concernant la destruction environnementale. --> La désinformation et la manipulation n'ont plus de chance grâce à Internet.
--> Certes il y a aussi beaucoup de connerie sur le web. Exemple: sur le web il y a trop de source code nul et faux, mais il y a aussi du source code intelligent. Il faut seulement savoir différencier entre l'utile et l'inutile --> ce qui devrait être enseigné à l'école et que l'on appelle "L'éducation aux médias" qui couvre entre autre les domaines centraux suivants :
- Didactique des médias,
- participation à une culture participative (en ligne)
- utilisation compétente des médias comme moyen de communication --> Travail médiatique compensatoire : gestion des effets médiatiques néfastes (réparation). Il peut s'agir d'informations déformées et fausses véhiculées par les médias, d'émotions négatives provoquées par les médias, mais aussi d'orientations comportementales douteuses comme la violence provoquée par les médias. Puisqu'il est impossible de protéger les enfants et les jeunes des influences néfastes des médias, l'éducation aux médias doit contrecarrer les conséquences négatives durables par des offres de compensation.
- Travail parental d'éducation aux médias : aider les parents à mettre en '?uvre des pratiques médiatiques sensées à la maison...

Fazit: Il faudrait que l'on apprenne à nos enfants à profiter des avantages que nous offre le Web/Internet et les possibilités des communication gratuite à travers notre planète Terre. IL faut que l'école tunisienne et nos instituteurs s'adaptent aux changements de paradigme afin de mieux préparer nos enfants à affronter un monde de plus en plus intelligent....

bonne soirée
PS: j'ai écrit ce texte sans le relire, je suis désolé pour les fautes d'inattention




Vladimir Guez
Le centre de l Univers
a posté le à 14:36
Quand Copernic parle de centre de l'univers , il parle du centre de rotation. Vous définissez le centre comme une equidistance ce qui devient en l'occurrence sans intérêt.
Par contre si vous jugez concevable pour reprendre votre terme que l'univers fini ou infini tourne autour de la Terre, il serait intéressant de développer.
'Gardons un minimum d'honnêteté!
Réponse
a posté le à 20:32
Vladimir Guez, oui vous avez raison...
-->
Par contre je voulais/veux donner à la terre un peu plus d'importance. En effet La cosmologie moderne a radicalement changé la vision de notre place dans l'univers. Le premier choc est arrivé en 1543, quand Copernic a délogé la terre et l'être humain de leur place centrale --> Notre terre s'est retrouvée reléguée au rang d'une simple planète tournant autour du soleil --> Et ainsi même l'être humain qui se croyait au centre de toute chose a subi un choc.

Puis les sciences modernes font l'hypothèse que toutes les étoiles ne sont que des enfers de réactions nucléaires --> elles ont ainsi ruiné des millions d'années de romantisme et de poésie qui donnaient voix et corps aux étoiles. Je cite un exemple :
"Sur un lit d'étoiles.
Oh ! charme nouveau
Le son du pipeau
Dans l'air se déploie,
Et du fond des bois
M'apporte à la fois
L'amour et la joie" Chateaubriand

bonne soirée
Gardons un minimum d'honnêteté!
j'optimise quelques passages de mon commentaire ci-dessus!
a posté le à 07:02
j'optimise quelques passages de mon commentaire ci-dessus:
- Je ne prétends pas que je viens de proposer une vérité, par contre je dis tout simplement "qu'il est concevable que..." Et pourquoi non? Qu'est ce qui pourrait m'empêcher de penser ceci ou cela... Pourquoi, voulez-vous, Mr. Ben Abbes, me critiquer pour le concevable. En effet, je ne propose pas une vérité...

- d) je cite: " érigent le sacré à un tel niveau que toute tentative de remise en question, d'aller voir par-delà les barricades, équivaut à un blasphème voire, une condamnation à mort."
--> vivre et laisser vivre sans toucher à la foi religieuse des autres... Par quel droit voulez-vous, Mr. Ben Abbes, critiquer les religieux pour leur croyance/foi? En effet, la foi religieuse ne se discute pas et ne se laisse pas critiquer.

je ne corrige pas les fautes d'inattention et de frappe de mon commentaires ci-dessus!

bonne journée
Un 2ème lecteur
Leben und leben lassen.
a posté le à 13:00
Lecture intéressante comme d'habitude qui sort de l'ordinaire voire même du rationnel. Mais qu'est ce que la rationalité, iriez-vous dire !?

Une petite remarque néanmoins concernant le vivre et laisser vivre : la deuxième partie de la citation que vous empruntez à Schiller [..] "sans toucher à la foi religieuse des autres" est inexistante dans le drame originel "Wallensteins Lager".
Ceci dit, je ne crois pas que l'auteur de cet article ici critique la foi des uns et des autres, mais plutôt l'imposition de cette foi comme norme sociétale voire idéologie d'état. C'est finalement tout l'intérêt de la séparation entre le politique et le religieux qui serait ici visé.

Bonne journée !
Un 2ème lecteur (addendum)
Voici comment définit Schopenhauer cette maxime dans le chapitre "Concernant notre conduite envers les autres" de son ouvrage "Aphorismes sur la sagesse dans la vie"
a posté le à 15:45
"Pour se pousser à travers le monde, il est utile d'emporter avec soi une ample provision de circonspection et d'indulgence ; la première nous garantit contre les préjudices et les pertes, la seconde nous met à l'abri de disputes et de querelles.

Qui est appelé à vivre parmi les hommes ne doit repousser d'une manière absolue aucune individualité, du moment qu'elle est déjà déterminée et donnée par la nature, l'individualité fût-elle la plus méchante, la plus pitoyable ou la plus ridicule. Il doit plutôt l'accepter comme étant quelque chose d'immuable et qui, en vertu d'un principe éternel et métaphysique, doit être telle qu'elle est ; au pis-aller, il devra se dire : « Il faut bien qu'il y en ait de cette espèce-là aussi. » S'il prend la chose autrement, il commet une injustice et provoque l'autre à un combat à la vie et à la mort. Car nul ne peut modifier son individualité propre, c'est-à-dire son caractère moral, ses facultés intellectuelles, son tempérament, sa physionomie, etc. Si donc nous condamnons son être sans réserve, il ne lui restera plus qu'à combattre en nous un ennemi mortel, du moment où nous ne voulons lui reconnaître le droit d'exister qu'à la condition de devenir un autre que celui qu'il est immuablement. C'est pourquoi, quand on veut vivre parmi les hommes, il faut laisser chacun exister et l'accepter avec l'individualité, quelle qu'elle soit, qui lui a été départie ; il faut se préoccuper uniquement de l'utiliser autant que sa qualité et son organisation le permettent, mais sans espérer la modifier et sans la condamner purement et simplement telle qu'elle est. Voilà la vraie signification de ce dicton : Vivre et laisser vivre."

Combien sommes nous loin en Tunisie de cette définition que j'admire chez ce philosophe allemand !
'Gardons un minimum d'honnêteté!
Réponse
a posté le à 21:21
Merci pour votre feedback.

Franchement, je ne suis pas fan de Schopenhauer. Il est trop pessimiste et il fait plutôt appel à renoncer à la vie.

Nietzsche est plutôt le philosophe de la joie et du divertissement en rapport avec la dimension dionysiaque qui prend ses origines en Mésopotamie, c'est-à-dire toutes les terres basses des bassins de l'Euphrate et du Tigre, et correspond en gros aux pays actuels de l'Iraq et du nord-est de la république de Syrie. La Mésopotamie est le plus ancien et, du VIe au Ier millénaire avant J.-C., le plus important des foyers de la civilisation. (voir Larousse)

Toute la philosophe présocratique a été prise/copié de la la Mésopotamie, les présocratiques n'étaient que des passeurs du savoir de la Mésopotamie vers la Grèce en lui faisant quelques retouches. --> Thalès, Anaximandre, Pythagore, Héraclite, Parménide, Anaxagore, Empédocle, Zénon et
Démocrite étaient tous apprendre en Mésopotamie. Même le mythe de Dionysos a été "importé" de la Mésopotamie en Grèce....

Bonne soirée

PS Je suis mathématicien et non pas philosophe. En effet, en Allemagne il faut prendre deux matières obligatoires optionnelles et une matière principale pour le doctorat de troisième cycle. Ma matière principale est les mathématiques (temporal logic et statistiques). Mes matières obligatoires optionnelles sont l'économie et la philosophie,.

veritas
'?a y'est
a posté le 30-04-2024 à 18:56
Rbh utilise le terme sens unique .
DHEJ
La critique du non-sens
a posté le 30-04-2024 à 17:21
"Noun walqalami wa ma yastotroune"


Ou encore

"Allama bilqalam, allama al insana ma lam yaalam"

Alqalam... c'est quoi? Est-ce la plume, le stylos ou l'analyse? Quoi la critique?

Zarzoumia
9lam
a posté le à 19:01
3iryane 9lam. Tout les tunisiens savent que "al qalam" est l'identification, l'abstraction " attajrid" pour permettre l'analyse "lecture, i9ra2". C'est le sens critique tout simplement. Ni plume ni stylo, c'est le sens critique.
Tout est mouvant " tasbi7", donc la critique est toujours de mise. Conseil de tunisiens " baddel le9lam".
Vladimir Guez
Les deux mondes ne se rejoignent pas
a posté le 30-04-2024 à 17:14
Ils divergent de plus en plus jusqu'à l'incompatibilité.
Ce vous avez décrit comme le monde des moutons est resté au bord de la route et sorti de l'Histoire. Il ne se rappele aux autres que par son pouvoir de nuisance (terrorisme, migration ...).
Le monde a haut sens critique continue a défricher et a doubolonner les tabous comme toutes les bondieuseries humanistes érigée comme des dogmes sans questionnement.
Le monde darwinien voire transhumaniste qui se construit sera plus passionnant que l'ennui mortel du monde gregaire et misérabiliste de civilisations mourantes .
Zarzoumia
Mer.. Guez
a posté le à 18:41
A force de vouloir opposer deux mondes que vous vous êtes construit dans votre imaginaire, vous perdez le sens critique et vous passez à côté d'un pan de cette bonne analyse. Le Darwinisme social et le transhumanisme nous parlent des seigneurs et des inutiles, ils ont besoin de moutons consumériste et de cerveaux disponibles pour jouir de cette illusion de supériorité à coup depropagande. Vous n'avez qu'à analyser le traitement de la question palestinienne, un sujet qui vous est cher, pour vous rendre compte que l'absence du sens critique et l'abrutissement frappent de plein fouet également dans le monde que vous semblez vénérer. Sur les questions économiques ça crêve les yeux, et là, le niveau de nuisance est incomparable.
Ne perdez pas pieds mister Guez, ou plutôt ne perdez pas le sens critique.
Scribe TN
Chakchouka bel zarzoumia
a posté le à 10:13
La probabilité de recul est plus faible dans une société, même en voie de décadence, mais où le critique a encore sa place et y est toléré.. cette société a toujours la possibilité de se ressaisir et de se relever par mécanismes de régulation.. on pourrait ici emprunter à la physique et aux mathématiques, la modélisation d'un système dynamique doté d'un contrôle en boucle par feedback.. les dérives sont tôt ou tard reconnues et signalées, prises en considération et réintroduites comme entrées (input) à ce même système !
En revanche, une société figée et dépourvue de pensée critique sera toujours tributaire de l'arbitraire, bon an mal an, bon dirigeant ou despote incompétent.. le risque de sombrer l'emporte et y est prépondérant !
Zarzoumia
Sa7a ou bechfa
a posté le à 11:45
"Même en voie de décadence", cela suffit pour apercevoir un brin d'objectivité. Finalement la chakchouka bel zarzoumia n'est pas si indigeste que ça. Ce n'est pas pour vous contredire, c'est juste pour appuyer sur le fait qu'ailleurs, on observe d'autres façons pour jeter l'anathème ou déployer le "rayon paralysant" pour empêcher le débat et rendre le sens critique inopérant. Parfois, c'est plus subtil ou avec un peu plus d'ingénierie mais le principe reste le même.
Quant aux prises en considérations, on se rappelle encore du " responsable mais pas coupable".


Scribe TN
Et le Merguez dans tous ça ?
a posté le à 12:10
On est d'accord là au moins que, entre zarzoumia et merguez, de chez nous, qui n'est point contrôlé et contiendrait peut-être même de la zarzoumia, y a pas finalement un si énorme clivage..

Une chose est sûre, avant même le sens critique, une bonne éducation irréprochable s'impose sine qua aucun débat ne serait possible !
Vladimir Guez
Malheureusement non
a posté le à 13:42
Le clivage est important.
Zarzou ne sortira jamais de sa dialectique du dominant/dominé , oppresseur/opprimé. Une vieille tarte a la creme qu'elle vient nous reservir avec les seigneurs et les inutiles . Une grille de lecture bateau ou on se complaît dans le miserabilisme victimaire.
Le darwinisme reste dans le domaine de l'impensé pour ceux ayant un complexe d'infériorité parce qu'ils se projette invariablement dans le camps des perdants . Il ne se voient jamais comme étant capable d'amélioration , de dépassement et ne se voit jamais dans le camp des gagnants . Ne serait ce que la compétition libérale est vécue comme de l'eugénisme pour eux. Alors je ne te dis pas pour le reste.
Zarzoumia
Bien vu
a posté le à 16:31
Bien vu, le clivage est important. On voit très bien de quel courant de pensée Guez est le représentant. A l'instar d'un Zemmour qui s'est attaqué à Victor Hugo, pour dénoncer le "misérabilisme". Une façon de s'affranchir de toute moralité afin d'établir une hiérarchisation sociale à la fois économique et raciale. Une façon d'occulter les injustices sociales.
Le tout, au nom de la compétition qui s'érige comme un dogme où les premiers de cordée,comme disait Macron, ne pensent qu'à se délester des "inutiles" ou les "nuisibles" comme il aime à les appeler notre ami Guez. Cette vision trahit également, par extension,des proportions au "choc des civilisations".
Guez se projette sur les autres, il extrapole, car au final, il ne conçoit la vie qu'en terme de gagnant et de perdant, et il pense être des vainqueurs. On n'est plus dans l'égalité et la fraternité, on est dans le libéralisme sauvage. C'est exactement le Darwinisme social et l'eugénisme qui s'expriment.
Guez trouve que Netanyahu fait du bien pour son peuple, il se moque du génocide, car au final c'est la loi du plus fort qui prime, être marqué par le sceaux de l'infamie ne le dérange guère.
L'individu n'est plus important, en lui même, pour l'ensemble de la société. Il devient une charge voire un nuisible s'il n'arrive pas à se hisser au niveau des gagnants.
Critiquer le libéralisme devient une critique de la réussite, vouloir une justice sociale devient du "misérabilisme". Drôle de façon de voir les choses.
Vladimir Guez
En dehors des anathèmes
a posté le à 18:59
Si on se prétend égaux aux autres , il ny a pas de complexe a avoir ni de fatalité a être un eternel perdant.
Zarzoumia
Bon rétablissement
a posté le à 20:42
Là, ça devient pathétique voire pathologique.
'?a suinte la haine et la condescendance vraiment mal placée. Il n'a pas compris que les vrais misérables sont les thénardiers.
De la même trempe que les islamistes et tout les extrémistes, en dehors de l'anathème rien à proposer, perchés sur l'illusion d'être le peuple élu......
C'est drôle de toucher et de percevoir la vacuité, le nihilisme qui s'exprime dans toute sa splendeur.