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Hédi Sellami : 2023, l’année de décollage pour One Tech
28/05/2022 | 17:29
10 min
Hédi Sellami : 2023, l’année de décollage pour One Tech


2021 a été une année compliquée pour le groupe One Tech, à cause de problèmes d’approvisionnement, notamment en semi-conducteurs, qui a causé une perturbation de la production. 2022, l’est autant. Cela dit, son DG pense que ce sont deux années charnières, où il faut se positionner. Il estime qu’en 2023, il devrait y avoir un décollage totalement différent.

 

C’est globalement ce qui ressort de l’Assemblée générale ordinaire pour l’exercice 2021 tenue dans une bonne ambiance, jeudi 26 mai 2022 au siège de la société sous l’égide de son président du conseil d’administration Moncef Sellami et son directeur général Hédi Sellami. Les actionnaires auront droit, cette année, à un dividende net de 0,230 dinar par action sans retenue à la source, étant prélevé sur la prime d’émission et mis en paiement à partir du 10 juin 2022.

 

 

« Après le passage difficile des deux dernières années notamment le Covid-19 et la guerre en Ukraine, les entreprises dans le monde ont traversé des situations très délicates. Mais, One Tech a pu surmonter toute difficulté aussi bien durant la pandémie que durant la guerre actuelle en Ukraine », a affirmé Moncef Sellami, en notant que « le volume distribué de dividende est nettement plus important que l’année précédente ».

Et d’ajouter : « En 2022 nous envisageons, une ouverture assez large en ce qui concerne une expansion de One Tceh notamment à l’étranger, donc cela se traduira par des modifications au sein de l’entreprise au moment opportun ».

 

En effet, la pandémie du Covid-19 a eu un impact sur les chaînes d’approvisionnement et les processus de production automobiles, notamment à cause de la crise des semi-conducteurs, avec un impact majeur sur les constructeurs automobiles européens. En parallèle, la demande en produits électroniques a explosé (ordinateurs portables, jeux vidéo, objets connectés…).

D’ailleurs, pour remédier à ce manque de semi-conducteurs, les instances européennes ont souligné la nécessité de renforcer la souveraineté technologique de l’Europe et réduire sa dépendance des fournisseurs étrangers : vingt milliards d’euros pourraient être investis dans de mégafabs.

En même temps, il y a eu une hausse des prix des matières premières outre un envol des coûts logistiques.

 

 

La société a enregistré un résultat net consolidé en 2021 de 39,41 millions de dinars (MD) contre 25,48 MD réalisé en 2020, en hausse de 54,6%, malgré un impôt qui a plus que doublé pour se situer à 9,57 MD.

« S’il n’y a pas eu de perturbations au second semestre 2021, on aurait fait beaucoup mieux que ça en termes de résultat net, on aurait pu dépasser 2018. Nos carnets de commandes sont remplis jusqu’à fin 2022 et on commence à remplir 2023.

La demande est là et elle augmente, mais il y a des éléments externes qui nous dépassent », a précisé le DG.

La contribution la plus importante au niveau du résultat provient du pôle mécatronique avec 22,6 MD suivi par le pôle câblerie avec 18,2 MD. Le pôle des ICT a fait 2 MD contre 1,4 MD un an auparavant.

Les revenus consolidés ont augmenté de 26%, évoluant de 718,58 MD fin 2020 à 905,06 MD fin 2021, avec une consolidation de la part de la mécatronique au niveau des ventes à 47% et des ventes vers l'Europe à 76%.

Au niveau individuel, la holding a enregistré une baisse au niveau des dividendes servis par les filiales du groupe au titre de l’exercice 20 de 36,94% : les revenus se sont situés à 18,48 MD. Les produits de placements ont aussi diminué de 16,78%. De ce fait, le résultat net a plongé de 30,46%, pour atteindre 18,14 MD.

En 2022, la société a investi plus de 34 MD, dont 22 MD qui prévu annuellement pour le renouvellement d’équipements. Le DG souligne, dans ce cadre, que le financement du BFR et de l’investissement s’est fait avec le cash généré par le groupe.

 

« 2021 a été une année assez perturbée, avec beaucoup de transformations : nous avons commencé à payer les conséquences voire les séquelles du Covid-19 », a expliqué Hédi Sellami, en spécifiant que l’année a été ponctuée par de nouveaux problèmes.

Et d’ajouter : « Globalement, on a eu un premier semestre assez faste mais un second semestre au ralenti à cause de l'approvisionnement, de manque de matière première, des problèmes de transport et de diverses autres choses. Toujours est-il, on s’en est bien sortie relativement.

Nous opérons beaucoup sur le marché automobile, mais le marché n’a pas repris à cause d’un manque de composants, de disponibilité et de problèmes de logistique dans le monde. Nous avons des pénuries de partout et le secteur le plus touché est celui des semi-conducteurs. Nous avons eu beaucoup d’arrêt dans les chaines : une activité en dent de scie. Tout cela, nous a poussés à vivre des moments très compliqués ».

Le DG a aussi indiqué que les perturbations en approvisionnement en semi-conducteur en 2022 a poussé les manufacturés et industriels à stocker : « les stocks dans toutes les sociétés sont en train d’augmenter, pour faire face aux pénuries et parfois les chaines sont bloqués pour un composant qui coûte un centime ».

Et de préciser que, de l’autre côté, la logistique est devenu encore plus compliquée : les coûts de transport ont explosé (une hausse coût des transports de trois à quatre fois pour les produits en provenance de Chine, ndlr), mais aujourd’hui le souci est dans la disponibilité.

Au niveau tunisien, la société fait face à de nombreuses problématiques. En particulier, le départ massif de beaucoup de compétences, trois à quatre par mois. Le groupe s’attend aussi à une hausse du coût de l’énergie de 15% d’ici fin 2022 mais aussi à des demandes d’augmentations salariales importantes, vu la conjoncture.

 

 

Hédi Sellami a affirmé : « Aujourd’hui, nous assistons à une transformation globale de tout ce qui va se passer à l’avenir, ce qui est une bonne chose pour nous. L’avenir sera meilleur, car on est en train de changer vers la glocalisation (une concentration régionale des échanges, ndlr). Il y a une nouvelle réorganisation de la supplie chaine, en terme d’approvisionnement dans le monde, ce qui représente une opportunité pour nous, étant une société orientée export.

Il va y avoir une réorganisation et un changement de stratégie globalement sur One Tech. Si, ceci se confirme, il faut qu’on ait un positionnement totalement différent : ne plus être seulement Tunisiens mais un acteur global ».

Et de marteler : « C’est une année compliquée pour une question d’approvisionnement, ce qui a engendré, un changement de supplie chaine à travers le monde que nous ressentons qui représente une opportunité vers l’avenir : 2020, une année Covid, 2021-2022 des années charnières, où il faut se positionner et 2023, une année où il devrait y avoir un décollage totalement différent ».

 

Le groupe a beaucoup de nouveau clients, notamment aux Etats-Unis. Il commence à faire du design alors qu’avant on fabriquait seulement. Il mise sur l’innovation, en développant plusieurs produits dans l’IOT et l’automotive. D’ailleurs, il dispose d’un produit phare de reconnaissance biométrique pour les équipementiers automobiles, Authento. Il travaille aussi sur l’intégration textile sur plastique.

En outre, le groupe œuvre pour l’installation de deux centrales photovoltaïques (pour un investissement de 6 MD, ndlr), mais attend les accords de l’Etat pour démarrer. Le DG a soutenu que certains clients leur demandent qu’à partir de 2024/2025 un certain pourcentage d’énergie produit en interne et en énergies vertes.

 

Interpelé par Abdessatar Ben Brahim sur le faible dividende en demandant de l’augmenter, Moncef Sellami a affirmé, lors du débat, que ce n’est pas le cas, car une année auparavant la société a distribué des actions gratuites, mais que concrètement le montant distribué pour l’exercice 2021 est largement plus important que celui distribué pour l’exercice 2020, soit 18,49 MD contre 13,40 MD en hausse de plus de 30%.

« Sans augmentation de capital, on aurait distribué 350 millimes par action », a souligné le président du conseil d’administration, en rappelant que la société est industrielle et exportatrice, ce qui ne laisse pas beaucoup de marge de manouvre contrairement aux activités commerciales.

Le secrétaire général de la société Zouhaier Ben Khelifa a souligné, pour sa part, que les actionnaires doivent miser sur One Tech car « c’est une belle valeur, en croissance et qui produit du cashflow ».

Le DG a, quant à lui, martelé que la société n’allait pas emprunter des fonds pour distribuer plus. Et d’expliquer : « Nous avons distribué des actions gratuites, nous avons amélioré le pay-out et nous sommes en train de pousser et d’améliorer ».

 

Interrogé par une analyste sur les perspectives au-delà de 2022, Hédi Sellami a affirmé qu’il y a un développement qui doit se faire dans la partie mécatronique et la partie IT.

« Il y a une transformation qui commence à se faire au niveau de la mécatronique, la société proposant de nouveaux services comme le design, qui est hautement rémunérateur. En outre, nous sommes en train de nous focaliser sur des acquisitions, non-tunisiennes, en particulier dans le domaine de la mécatronique. Et peut-être, il pourrait y avoir dans les années 2022/2023 un changement de métiers pour aller vers d’autres secteurs », a-t-il noté.

 

En réponse à une question sur le risque de change, le DG a indiqué que le groupe ne peut rien faire que le subir, car il n’y a aucun mécanisme qui permet de se protéger contre ce risque.

Sollicité par un gestionnaire de portefeuille sur l’impact de la hausse de prix sur les revenus, M. Ben Khelifa a assuré que à taux de change constant, les revenus du groupe ont évolué de 23%.

 

Interpelé par Abdelaziz Ben Youssef sur ce qu’il considère une faiblesse du résultat net par rapport aux revenus, en comparaison avec les années passées. Le DG a expliqué qu’il y avait une part de vérité. Pour lui, l’avenir de la société n’est pas en Tunisie. « Nous n'avons eu que des augmentations : une hausse de l’électricité de 2,5 fois, l’employé coûte trois fois plus, l’impôt on paye désormais 15% alors qu’on ne payait rien. Nous avons de très belles performances opérationnelles par rapport aux concurrents. Mais, nous avons des coûts exorbitants », a-t-il énuméré.

Et d’ajouter, qu’ici, en Tunisie, la société aura un centre de production, mais la société implantera son centre d’innovation ailleurs.

« Nous aimons notre pays, ce n’est pas une décision facile à prendre. Il faut s’implanter ailleurs mais il faut être prêt ! », a soutenu Hédi Sellami.

En réponse à une question de Business News, le DG a assuré que la crise des semi-conducteurs devrait finir fin 2023.

 

 

En 2022, Le groupe One Tech table sur la réalisation d’un résultat net consolidé de 52,4 MD, en hausse de 33%. Il prévoit un revenu de plus d’un milliard de dinars (+13%). Le résultat par action passera de 0,382 à 0,531 (+39%). Le DG spécifie, cependant, que ces projections ne prennent pas en considération certains éléments comme les gains et pertes de changes. Le groupe ambitionne d’augmenter son budget d’investissement à 42 MD.

Pour Moncef Sellami, « One Tech a résisté à toutes les perturbations ces dernières années, ce qui dénote de la solidité financière du groupe ».

D’ailleurs pour ses projets futurs, la société a copté deux nouveaux administrateurs indépendants. Le premier, l’ancien ministre du Commerce et du Tourisme, Mehdi Houas, qui a une expérience dans l’acquisition de sociétés et la levée de fonds à l’étranger. Le second, Leila Ouled Ali, une spécialiste des énergies renouvelables.

En outre, des élections ont permis d’élire Neila Bsili Horchani au poste d’administrateur représentant des petits-porteurs.

 

2021 a été une année charnière pour One Tech. 2022 l’est aussi. Bien que compliquées, ces deux années offrent de belles opportunités à saisir au groupe, ce qui lui permettra un décollage en 2023.

 

Imen NOUIRA

28/05/2022 | 17:29
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