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L’essentiel de l’interview de Kaïs Saïed

Temps de lecture : 7 min
L’essentiel de l’interview de Kaïs Saïed

Le président de la République Kaïs Saïed a accordé, ce jeudi 30 janvier 2020, une interview spéciale, diffusée en direct, exclusivement par la chaîne Al Wataniya 1, pour revenir sur le bilan des cent premiers jours depuis son investiture, conformément à son engagement tenu lors du débat présidentiel.

 

Revenant sur « le deal du siècle », le président de la République a rappelé sa position par rapport à la normalisation avec l’entité sioniste, la qualifiant de « haute trahison ». « La normalisation est un terme qui n’existe pas », a-t-il dit.
Il ajoute avoir contesté la faiblesse du communiqué publié hier par le ministère des Affaires étrangères, soulignant qu’il a dû intervenir en personne pour rectifier la position officielle de la Tunisie. Le président de la République a considéré que la cause palestinienne est bien plus grande que les initiatives législatives.
 
 
Kaïs Saïed a abordé la loi relative à l’Etat d’urgence estimant que c’est une loi anticonstitutionnelle. « J'ai décrété l'état d'urgence par obligation et il n’est appliqué que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Dans ce contexte, j’ai proposé d’ajouter un paragraphe dans la loi antiterroriste pour en finir définitivement avec cette loi, sauf que cela ne peut avoir lieu qu’après une réunion du conseil des ministres ».


Le chef de l’Etat est revenu sur les défaillances constatées sur le plan de la communication de la présidence de la République. « Il est vrai qu’il y a eu certaines erreurs au niveau de la communication. Toutefois, ces erreurs ne sont pas aussi importantes que certains le prétendent et nous ferons en sorte de remédier à ces lacunes. Les remarques exagérées sont des tentatives vaines de déstabilisation, mais nous n’allons pas succomber à ces manœuvres ».


Kaïs Saïed a, également, tenu à expliquer certains points à l’instar du choix du directeur de l’institut des études stratégiques, assurant que le choix était réfléchi de nommer à sa tête une personnalité indépendante et neutre afin d’éviter de faire de cette institution une académie privée.


Revenant sur la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan, le président de la République a indiqué que cette visite a fait couler beaucoup d’encre inutilement, soulignant que le président turc a été reçu comme tout autre dirigeant qui visitera la Tunisie dans le cadre de la préservation des relations d’amitié que le pays entretient.


D’autre part, Kaïs Saïed a assuré qu’il entretient de bonnes relations avec le chef du gouvernement actuel Youssef Chahed, précisant qu’il est indépendant et qu’il ne cherche les confrontations avec aucune partie et que son seul objectif est de garantir la continuité de l’Etat.

Le président de la République est également revenu sur son choix de désigner Elyes Fakhfakh à la Primature. Il a indiqué qu’il l’a désigné conformément aux dispositions de la Constitution et qu’il ne sera confirmé qu’après avoir obtenu la confiance de la majorité. « J’ai désigné Elyes Fakhfakh sans la moindre pression et dans le respect total de la Constitution ».


Dans un autre contexte, le chef de l’Etat a indiqué qu’il n’a fait aucune promesse durant sa campagne électorale. « J’ai parlé des mécanismes permettant de réaliser les rêves et les aspirations des jeunes et des Tunisiens. Aujourd’hui, j’ai un projet en cours d’étude concernant la création d’un grand centre hospitalier dans le gouvernorat de Kairouan, plus précisément à Reqqada. C’est un projet pilote et nous cherchons des financements. Nous avons des promesses dans ce sens et plusieurs parties ont exprimé leur disposition à financer ce projet sauf qu’elles exigent que les financements soient contrôlés directement par l’institution de la présidence de la République. Je veillerai à la vérification de la source de ces financements afin que ce ne soit pas une tentative de blanchiment d’argent ». Il a ajouté qu’il travaille en silence et qu’il a d’autres projets en cours d’étude.

D’autre part, il a assuré qu’il n’a aucune intention de créer un parti politique ajoutant qu’il poursuivra la même démarche. « Je n’ai pas changé et je ne suis pas revenu sur mes engagements envers les jeunes ».

Le chef de la Etat a tenu à préciser que lorsqu’il a parlé de complots lors de sa visite à Sidi Bouzid, il s’agissait des crises fabriquées pour détourner l’attention de l’opinion publique et semer la confusion et la zizanie. « Les forces de l’ordre feront face à toutes ces tentatives. Les Tunisiens doivent être rassurés parce qu’il y a un Etat qui les protège ».


D’autre part, il a indiqué qu’il est contre l’exclusion, soulignant que le mode du scrutin actuel est responsable de la dispersion du paysage politique. Dans ce sens, il a considéré que le vote basé sur un programme peut s’avérer plus judicieux que le vote pour des listes, un mode qui a déjà démontré ses limites.


Concernant le dossier des martyrs et des blessés de la révolution, Kaïs Saïed a indiqué : « les martyrs meurent encore. Il est nécessaire de classer ce dossier une fois pour toutes en se basant sur le rapport élaboré en 2011, tout en lui apportant certaines modifications ».


Le président de la République a indiqué que le dossier de l’appareil secret du mouvement Ennahdha n’est pas du ressort du conseil de sécurité national. « Ce dossier est entre les mains de la justice. Je ne veux pas m’immiscer et j’évite les calculs politiques étroits ».

D’autre part, Kaïs Saïed a affirmé que le blocage et le retard enregistrés dans la formation du gouvernement l’ont empêché de se rendre plus tôt en Algérie, outre l’annulation de sa participation au Forum économique de Davos. Dans ce contexte, il a ajouté que les représentations diplomatiques de la Tunisie seront mises en place également après l’installation du prochain gouvernement.
Toutefois, il a considéré qu’il était nécessaire de rattacher le département de l’Investissement et de la Coopération internationale au ministère des Affaires étrangères pour plus d’efficacité et d’harmonie du rendement et de la performance de la diplomatie tunisienne.
 
 
Au final Kaïs Saïed a assuré qu’il reste fidèle à ses habitudes et déteste la vie des palais. « Je ne connais que quelques salles du palais de Carthage. Je peux déménager près de Carthage, mais je suis fidèle et je veux rester dans mon quartier ». Il a ajouté qu’il n’a pas peur de prendre l’avion et qu’il a déjà voyagé pour donner des conférences dans le cadre de son métier d’enseignant.
Le chef d’Etat s’est indigné des critiques à propos des enfants des terroristes qu’il a reçus au palais de Carthage. « C’est des enfants innocents et les efforts déployés pour leur rapatriement sont énormes. J’ai déjà décoré un enfant des sécuritaires décédés. Mais, on ne se rappelle que de ce que l’on veut et on oublie le reste ».


Sarra Hlaoui

 

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Commentaires (37)

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saz
| 31-01-2020 19:07
Un bilan des 100 premiers jours est fait pour annoncer ce qui a été fait et non ce qui reste à faire (dans le créneau bien sur de sa fonction présidentielle). Nous ne sommes plus dans le cadre d'une campagne électorale.

takilas
| 31-01-2020 18:57
La Tunisie fait du sur-place, stagne dangereusement depuis neuf ans, et rien ne peut aller, toutefois, avant d'arrêter et de déférer devant la justice les commanditaires des assassinats, commis à partir de 2011 jusqu'à ce jour, relatives aux assassinats soit ceux  politiques ou ceux de règlement de compte personnels liés à des dossiers ou à des révélations politiques.

D'ailleurs plusieurs enquêtes à ce sujet, ont été interrompues à plusieurs reprises, malgré l'insistance du peuple tunisien pour connaître la vérité  (quoique les présomptions sont quasicertaines à tout le monde), une vérité interrompue pour cause de menaces qui seraient destinées de mettre le pays à feu, et à sang, et ce surtout lors de la gouvernance de Feu Beji Caïd Essebsi, qui a été complètement maîtrisé et empêché de procéder à quoi que ce soit, ou d'activer les enquêtes judiciaires y afférentes; et la démonstration, de la déflagration par un kamikaze du bus des gardes présidentiels, ne s'est pas faite attendre.

Donc et pour la cause politique et surtout pour la cause de l'acceptation du pouvoir lâché par Feu Ben Ali que la guerre politique a fait rage en Tunisie, mais inequitablement au niveau de la compétence tant culturelle que sociétale entre les protagonistes. Puisque parmi la masse populaire tunisienne comprenant plusieurs cultivés et instruits un groupe d'individus de surcroit incultes et sans firmations adequte ou spécialisée, mais s'agissant de néophytes n'ayant aucune connaissance en quoi que ce soit qui se rapporte à la politique et à la gestion d'un pays en général, sans oublier la complète absence de l'histoire et le vecu de La Tunisie, ni même de l'historique économique ou culturel de cet élogieux pays de longue histoire socioculturel.
Ce groupe dindividus logeait, inexplicablement, par contre, à londres avant 2011 et a voulu profiter de l'instabilité de La Tunisie connue en 2010 pour prétendre à retourner au pays et saisir l'occasion propice de devenir enfin des personnalités (fallacieuses) et pourquoi pas même des notables de fortune, croyant que la révolution du printemps arabe est une chance à saisir pour enfin contourner les voies ordinaires et usuelles dans les échelles sociales, et s'enrichir par l'arnaque et le mafiosisme, d'autant plus que le terrain est propice et été balisé par un peuple en extase d'avoir conquis la liberté, l'égalité et la justice, sauf et par la suite, et jusqu'à ce jour, ces principes ont été complètement négligés, bafoués voire  utopiques, et n'ont servi, et ne servent encore, que pour la propagande des mêmes arnaqueurs, venus en 2011, qui persistent à se clouer, par tous les moyens les plus indécents et les plus irréguliers de corruptions.

veritas
| 31-01-2020 17:18
...béni khiar...

veritas
| 31-01-2020 15:15
Je vous demande de démissionner sans délais si vous avez le strict minimum de patriotisme,votre mandat va être une descente aux enfers pour le pays et pour les tunisiens votre législature va être mille fois pire que les 3 ans de Zakzouki passé à Carthage ,de grâce partez l'histoire vous le reconnaîtra et les tunisiens aussi ,Mr le costume(de président) que vous essayer de porter et plus grand que vous vous ne serez jamais l'homme de la situation ,les parties intérieures et étrangères qui vous ont porté à cette mission ils vont juste se servir de vous pour détruire le pays et vous serez le premier responsable qui portera le chapeau de la destruction ,par pitié et pour respecter vos enfants votre ville natale (où il y'a des gens bien et correct )et pour respecter votre conscience partez vous serez plus tranquille.
La cause palestinienne est du sort des palestiniens eux même et non pas du sort d'un tunisien d'un algérien ou de tout autres personne étranger .

antireligion
| 31-01-2020 14:37
Bande de nuls vous vous êtes faits avoir comme des gamins devant des sucettes, à la place c'est des cailloux que vous avez mis dans la bouche alors n'hésitez pas sucer

Abir
| 31-01-2020 12:02
Le président n'a tenu qu 'à une seule idée lui a était lancé d'un citoyen de Ben Aarousse,il le répète tout le temps depuis qu'ilétait candidat, en disant quelqu'un de Ben Aarousse m'a dit qu'on peut faire,quoi ? jusqu'aujourd'hui on ne sait pas de quoi s'agit-il ! Et sur ça le président à voulu devenir président

Abir
| 31-01-2020 11:41
Une salle avec des couleurs vifs,un plateau en fer on dirait une salle de jeu,grand et large il ne donne pas l'importance ni à la personne ni au sujet,un plateau n'est pas digne d'un président! Quand on l'argent qui coule à flot,on fait n'importe quoi avec

takilas
| 31-01-2020 11:38
Mais tout finira un jour ou l'autre et le peuple (oui le peuple ! on verra bien) se débarrassera de ces virus "corononahdha" le plus tôt possible, et ce pour que la Tunisie reprenne la voie initialement prévue en 1956 et ce vers le progrès et le développement.

Farouk
| 31-01-2020 11:23
Les palestiniens ont bon dos, chaque president musulman qui gere mal son pays et n'a pas des solutions a ses echecs, plaide la cause palestinienne.
Occupez vous de la Tunisie car cette dermiere coule.

veritas
| 31-01-2020 10:44
Ce président se trompe de pays il est convaincu qu'il est un président palestinien et non pas tunisien y'a t-il quelqu'un qui puisse lui expliquer que la Palestine n'est pas la tunisie .
Le projet de l'hôpital a été inauguré par Bce avec le Roi Saoudien en 2019 et le projet a été décidé en 2017 (parution dans le j.o.t en 2017)les travaux sont prévu en 2021 et la mise en service de l'hopital est pour 2024 ,le même projet prévoit aussi la rénovation de la fameuse mosquée de kairouan (fond de commerce des saoudiens).
Ce pseudo président fait du préchauffé comme il a l'habitude de le faire avec ses ex étudiants,il s'accapare d'un projet mis sur pied par Bce pour montrer et faire croire qu'il a des projets pour le pays ...? Son seule projet c'est créer la zizanie avec les institutions internationales qui font financer le pays depuis maintenant 10 ans avec sa défense de bla bla bla inutiles avec son état palestinien qui n'existe pas et pour le quel il se trompe d'endroit .

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