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Tunisie : Crisexit ou sortie de crise et nouveau modèle de développement

Temps de lecture : 18 min
Tunisie : Crisexit ou sortie de crise et nouveau modèle de développement

   

Les élections d’octobre 2019 ont ouvert une nouvelle page dans l’histoire de la jeune révolution tunisienne qui devrait lui permettre de retrouver son dynamisme et de répondre progressivement aux multiples attentes et aspirations de sa jeunesse et de sa population. La Tunisie a relativement bien réussi sa transition démocratique mais marque le pas dans les domaines économique et social. 

 

Plusieurs analystes jugent la situation économique en Tunisie alarmante et craignent que la transition démocratique n’échoue pour cette raison. L’année 2020 devrait constituer une année de prise de conscience de la gravité de la situation qui devrait déclencher les conditions d’une dynamique de réformes sérieuses pour sortir de la crise chronique. Il est utile de rappeler que depuis la révolution, la Tunisie reste confrontée à la dégradation de ses finances publiques liée au poids des dépenses courantes dans le budget. En effet, l’explosion de la masse salariale, due en grande partie au recrutement massif dans la fonction publique ainsi que la difficulté à mettre en œuvre des réformes structurelles n’ont pas rendu la tâche facile. Depuis 2011, la croissance moyenne est demeurée inférieure à son niveau potentiel de long terme estimé autour de 5%. La croissance moyenne sur la période 2011-2015 s’est élevée à 1,47% contre 3,6% sur la période 2008-2010 suivie d’une croissance de 1% en 2016, de 2,5% en 2018 et de 1,9% en 2019. Le déficit budgétaire pour 2019 estimé à 4,3 % risque de dépasser les prévisions de 3,9% pour 2020. La Tunisie produit, de fait, moins de richesse par tête d’habitant depuis 2011. La croissance du PIB par tête - qui est également un indicateur général de productivité - a chuté depuis 2000 passant de 3,3% à moins de 0,9% en 2018. Selon la classification de la Banque Mondiale, la Tunisie est depuis août 2016 un pays à revenu intermédiaire (PRI) de faible revenu.


Les conséquences pourraient être à la fois néfastes et profondes si cette crise n’est pas adressée à temps et d’une manière urgente.  On pourrait notamment s’attendre à une érosion progressive des investissements directs étrangers (IDE) et des financements en faveur des investissements ciblés vers les régions particulièrement défavorisées et à une insatisfaction croissante de la population déjà sujette à une détérioration de son pouvoir d’achat et à un niveau d’accès insatisfaisant aux services sociaux de base notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé. Le gouvernement mène un rythme trop lent par rapport aux dépenses de développement alors que le pays est dans une quasi « économie de guerre » où l’Etat doit désormais agir efficacement et rapidement.

 

Ce contexte fait ressortir très clairement l’urgence de la mise en œuvre par les décideurs au plus haut niveau de l’Etat, d’actions vigoureuses pour juguler de manière irréversible la crise actuelle et s’accorder sur la nécessité d’un compromis et d’un sursaut national sinon cela revient à ne pas porter assistance et secours à une économie et un modèle social, si perfectible soit-il, en danger. 

 

Les actions ainsi proposées sont à la mesure de l’extrême gravité de la situation macroéconomique actuelle. La priorité la plus urgente est de mettre en œuvre une politique de rigueur nécessaire à la relance qui ne peut se réaliser sans la mise en place de grandes réformes. Ne rien entreprendre dans l’immédiat, voire même tarder et ne pas accélérer pour rattraper le rythme qui soit de nature à provoquer un choc de compétitivité et de croissance condamnerait la Tunisie pour longtemps au déclin économique et à la régression sociale. Il est grand temps d’en finir avec la période d’attentisme qui hypothèque la croissance et la relance de la dynamique du développement économique.  On ne peut pas raisonner comme au temps de la Tunisie d’auparavant, le jeu n’est plus exclusivement tunisien. Refuser au nom de considérations idéologiques précédentes d’avancer dans les reformes, c’est se priver maintenant d’opportunités de création de richesse et d’emploi pour le pays.


 

Actions proposées


Toutes les mesures nécessitent des actions clés à mettre en œuvre par une administration et des institutions au niveau régional et national qui sont prêtes à les exécuter efficacement. Des réformes sensées peuvent être battues en brèche voire échouer par un tissu d’institutions peu préparé et qui tarde à relever le défi de la performance. Au niveau de la modernisation de l’administration et des négociations avec les communautés et institutions financières internationales il y a lieu de : 

 


1. 
Moderniser les services publics afin de débureaucratiser la machine administrative et instaurer le «lean management» à l’instar du Brésil avec le ministère de la Débureaucratisation et le New Public administration  au Royaume-Uni. Dans ce cadre, afin de propulser et créer la dynamique de changement, l’instauration d’une structure de haut niveau à l’instar d’un « Council of Economic Advisors » rattaché au plus haut niveau  de l’Etat, et la mise en place d’une « Delivery Unit » unité spécialisée en charge de «Monitoring et évaluation »  pour le suivi de la mise en œuvre de réformes qui regroupe de grandes compétences indépendantes et des représentants des instances des divers secteurs public et privé au niveau régional et national apporterait une vision claire en matière de relance et développement économique. Le Conseil et l’Unité de suivi et d’évaluation conseilleront et veilleront sur la cohérence et la coordination entre les différentes institutions étatiques, les conseils d’analyse économique et financier, et l’institut d’émission. Afin d’avoir un réel impact le Conseil et l’Unité de suivi et d’évaluation feront leurs recommandations directement aux plus hautes autorités de l’Etat. 

 

2Renforcer la capacité des experts tunisiens en matière de préparation des dossiers et de négociation avec les instances et les institutions internationales particulièrement avec les instances Européennes , le FMI et la Banque Mondiale et autres partenaires de développement



• Au niveau des listes du GAFI et de l’Union Européenne :

 

Le fait pour la Tunisie de sortir des listes du GAFI et de l’UE est une bonne chose pour le pays.  Toutefois, il faut se garder de considérer ce résultat comme une performance car le fait de quitter les listes de ces instances veut dire aussi que nous y étions ou que nous y resterons encore pour quelque temps, en attendant que les formalités soient enfin accomplies. Afin de tirer des leçons, il est utile de rappeler que moins d’un mois après avoir été retirée de la liste de paradis fiscaux en janvier 2018, la Tunisie s’était retrouvée de nouveau blacklistée début février 2018. Certains considèrent qu’il s’agit d’un excès de zèle du côté européen et d’autres pointent une défaillance de la diplomatie tunisienne, du savoir-faire et du manque de compétences de plusieurs institutions étatiques. Le fonctionnement et l’efficacité du gouvernement et de la Banque Centrale, laissaient à désirer dans cette affaire, Comment peut-on admettre être sur deux blacklists consécutives en moins de trois mois (décembre 2017-février 2018), alors que le gouvernement s’était doté entre autres d’un secrétaire d’Etat à la diplomatie économique. Même si certains considèrent que cette décision est politique et non pas économique, la Tunisie avait échoué à circonscrire l’affaire à temps, faute de communication efficace et de manque de coordination entre la Banque Centrale et les institutions étatiques. Plusieurs experts ont aussi attribué cet aboutissement au fait que la distribution des tâches sensibles dans le gouvernement tunisien s’est faite sans réellement prendre en compte la grande expérience, ni la connaissance profonde et ni le grand savoir-faire requis dans ce dossier.  Les paroles et les intentions ne servent à rien, il fallait de la vraie action à temps.

Dans ce cadre, les actions suivantes auraient dû être suivies :

 

• Commission Tunisienne des analyses financières -CTAF

 

  • Adresser les dysfonctionnements pointés par le GAFI au sein du service de renseignement financier tunisien et faire le suivi en temps réel.
  • Développer le système de sanctions et augmenter l’efficacité de la détection des transactions financières douteuses, et de suivi du secteur associatif.
  • Mettre en œuvre dans leur système la lutte contre blanchiment des capitaux - Anti-Money Laundering

• Gouvernement :

 

  • Désigner un responsable de haut niveau chargé exclusivement de l’UE et fournir un véritable effort de lobbying et de monitoring afin de convaincre techniquement et diplomatiquement le partenaire européen de la mise en œuvre des réformes
  • Préserver l’image de la Tunisie à l’étranger vu son besoin vital d’investissements étrangers.

Tout devrait inciter les autorités responsables du dossier et le secteur privé concerné (institutions financières et entreprises et professions non-financières désignées par le GAFI) à maintenir le cap sur ce dossier avec le plus grand sérieux

 

 

Union Européenne : l’UE demeure le partenaire essentiel de la Tunisie tant au niveau du commerce extérieur qu’au niveau des Investissements Directs Etrangers (IDE). Il est donc primordial pour la Tunisie de sauvegarder et de développer ses relations avec les pays de l’UE. Le temps est venu pour la Tunisie de sortir des sentiers battus pour reconsidérer ses relations avec l’Union sur la base de nouvelles ambitions.  Pour que la Tunisie continue à représenter cette lueur d’espoir pour la démocratie et la liberté politique dans la région, la communauté internationale se doit d’aider à veiller à ce que ce pays puisse s’engager dans des réformes institutionnelles afin de faire face aux nouvelles exigences de l’économie mondiale. Cependant, l’intégration progressive de la Tunisie sur le marché européen doit se faire sur la base d’une approche asymétrique et selon des modalités et un rythme adaptés à l’économie du pays dans l’affermissement des relations entre la Tunisie et l’UE sous la forme d’un statut spécifique de la Tunisie. L’UE s’engagerait à accepter cette demande en mettant à la disposition de la Tunisie un fond structurel, à déterminer, sur une période adéquate.  Ce montant pourrait correspondre à environ une fois et demi le montant affecté au Titre II du budget, ce qui est de nature à alléger et à réduire le déficit budgétaire de façon drastique, condition sine qua non d’une relance de l’économie.

 

Les ressources doivent être gérées par une instance comme la Caisse des Dépôts et Consignations afin d’appuyer les politiques publiques conduites par l’Etat et les collectivités territoriales dans le financement des projets publics et les grandes infrastructures. Cette proposition permettra à la Tunisie de sortir de sa crise et facilitera, avec l’appui de l’UE, la conduite des réformes structurelles dont le pays a besoin afin de restaurer une croissance soutenable, développer les régions, créer des emplois, réduire les inégalités régionales et faire face aux risques concernant sa stabilité politique et financière.

 

• Au niveau du FMI:


Le programme du FMI ne doit pas être juste un ou des documents conçus à Washington pour être appliqués à la Tunisie, pays comme n’importe quel autre pays sous-programme avec le FMI.  C’est la haute compétence technique en matière macroéconomique opérationnelle qui est hautement exigée par les temps qui courent pour bien défendre le dossier de la Tunisie et réussir à faire changer d’avis certains par la sincérité technique des réponses. Il y a là un souci de souveraineté car les bailleurs de fonds ont parfois, sinon souvent, pressé la délégation tunisienne comme un citron, par des questions, auxquelles la délégation tunisienne n’a pas été bien préparée, car les réponses des responsables n’étaient pas logiques parfois pour les techniciens, purs et durs, de ces institutions.

Un besoin urgent de coaching des responsables et de la désignation d’un leader rompu aux négociations macroéconomiques opérationnelles au niveau de la Banque Centrale est plus que nécessaire dans cette phase délicate de discussions avec les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux et particulièrement le FMI. A court terme et quels que soient les décideurs au plus haut niveau conservateur, de droite ou autre, la réalité économique mènera inéluctablement aux négociations aussi bien avec le FMI qu’avec la Banque Mondiale ou d’autres bailleurs de fonds pour financer les déficits budgétaires et courants ainsi que les projets. 

 

L’appréciation externe du risque Tunisie, fait encore peur aux investisseurs et aux bailleurs de fonds qui ne voient toujours pas les effets des réformes et des améliorations. Le grand problème pour les bailleurs de fonds, reste les déficits jumeaux budgétaires et courant et l’avancement des réformes. Il s’agit de : 

 

Actions clés à court terme : Réhabiliter la stabilité macroéconomique


• Au niveau du déficit budgétaire :

  • Montrer à la population que l’effort demandé doit être partagé par toutes les catégories de la population : la réduction des dépenses ayant des effets sur les catégories les plus vulnérables, doit être accompagnée par une réforme de la fiscalité ayant pour objectif un effort supplémentaire de la part des détenteurs de capitaux et un meilleur ciblage du filet social pour les catégories les plus démunies.
  • Maîtriser les différentes subventions en particulier celle de l’énergie et améliorer le ciblage des bénéficiaires des programmes d’assistance sociale.
  • Accélérer la réforme du système fiscal afin de réduire l’évasion d’impôts et le commerce parallèle mais aussi d’alimenter le budget de l’Etat.
  • Entreprises publiques : Adopter un programme de restructuration et d’assainissement des Entreprises publiques à caractère stratégique et un programme de privatisation de certaines entreprises publiques agissant dans le domaine concurrentiel et préparer une feuille de route à ce sujet en concertation avec les organisations syndicales et patronales.
  • Revoir les modalités de financement interne du déficit budgétaire en baissant les taux d’intérêt sur les bons du Trésor (le niveau élevé actuel de ces taux et le refinancement auprès de la Banque Centrale permettent aux banques de réaliser des bénéfices anormaux en temps de crise).

• Au niveau du déficit courant :

  • Montrer que la Tunisie a des engagements auprès de l’OMC. L’amélioration de la situation ne peut provenir que d’une politique de change efficace et des accords bilatéraux pour réduire les déficits avec chacun des pays.
  • Adopter une politique de change appropriée afin de retrouver le taux de change d’équilibre.
  • Agir sur les importations en demandant à nos partenaires avec qui nous avons un déficit significatif (Chine, Turquie), un moratoire en réduisant ces importations et demander la révision des accords signés avec ces pays.

Banque Mondiale (BM) et autres partenaires de développement multilatéraux :


  • Concevoir avec la BM des programmes et projets axés sur les Résultats (Program for Results ou P4R) : `

Les appuis budgétaires demandées seraient axés sur les résultats contrairement aux appuis budgétaires généraux qui sont fongibles. Ces P4R sont des nouveaux instruments qui se situent entre les instruments classiques d’appui budgétaire et les financements de projets. Les ressources sont décaissées en fonction des résultats réalisés et certifiés par des institutions indépendantes. Ce genre de programme est très fondamental pour un pays comme la Tunisie qui a besoin de ressources qui seraient exclusivement allouées et destinées aux réformes et activités ciblées d’un programme d’appui au développement. A cet égard l’exemple du Maroc est très édifiant. Tout en réussissant à maintenir ses équilibres macroéconomiques, le Roi a  jugé que le modèle de développement du Maroc s’est essoufflé, et a appelé à la conception d’un Nouveau modèle de Développement selon une approche participative incluant l’ensemble des composantes du pays.  En Tunisie, les résultats de l’élection présidentielle en particulier signalent que le modèle de développement actuel a atteint ses limites pour un grand nombre de citoyens et qu’un Nouveau Modèle de Développement s’impose. Avec une approche participative, les priorités seront la réduction des inégalités, la fourniture des services de base tels que l’éducation, la santé, les infrastructures de base, l’emploi, l’amélioration du climat des investissements qui est un objectif clé pour le développement économique et social de La Tunisie. La régionalisation semble désormais constituer un tournant décisif dans la gouvernance territoriale en Tunisie. De ce fait, les prérogatives des régions gagneraient considérablement à être élargies. Avec des appuis institutionnels pour le renforcement de leur capacité, les régions seront prêtes à devenir le moteur de la mise en œuvre des politiques sectorielles et le catalyseur des synergies entre l’ensemble des acteurs économiques agissant sur le territoire. Grâce à l’instauration de nouveaux mécanismes de la « démocratie participative », les régions peuvent également devenir l’espace par excellence pour la participation active de la population à la gestion des affaires régionales et à l’effort de développement territorial. C’est l’approche « Bottom-up ». La déclinaison des plans locaux et régionaux est d’assurer un déploiement du processus de régionalisation, un développement territorial équitable, équilibré, inclusif et adapté aux spécificités de chaque région selon les vœux exprimés par les citoyens. Ainsi, la région deviendra un pôle économique capable de créer de l’emploi, de valoriser ses richesses et de soutenir ses secteurs productifs pour assurer une croissance inclusive, au service du citoyen.   

 

Mesures clés à moyen et long terme : Retrouver un sentier de croissance élevé créateur d’emplois

  • Mettre en œuvre une politique industrielle susceptible de générer les transformations structurelles afin de réaliser une montée en gamme, une plus grande diversification et une plus forte participation de la productivité globale des facteurs à la croissance.
  • Entreprendre les réformes nécessaires du système éducatif et du marché du travail avec pour objectif (i) d’assurer une meilleure qualité de l’enseignement capable de réaliser une meilleure adéquation entre le système éducatif et le système productif ; et de revoir les politiques actives de l’emploi (ii) de préparer la génération du millénaire et les suivantes à des métiers qui n’existent pas encore.
  • Etablir une Feuille de Route et un plan d’action pour faire de la Tunisie une destination numérique internationale, pour créer des emplois, et renforcer l'usage des TIC dans tous les secteurs d'activité et faire de ce secteur, à terme, la première source de recettes fiscales pour l'Etat.
  • Mise en œuvre du Public Private Partnership –PPP- afin de promouvoir l’investissement privé notamment à l’intérieur 
 

Quant à la politique de communication il y a lieu de :


  • Adopter et mettre en œuvre une politique de communication claire, cohérente et efficace, essentielle au succès de l’action publique pour assurer la conviction des citoyens et de toutes les parties prenantes du bien-fondé et de la nécessité desdites réformes, du partage des coûts, et, à terme, de leurs dividendes. A cet égard, les institutions décentralisées auront un rôle crucial de proximité à jouer aussi bien pour élaborer des modalités d’action que pour stimuler l’engagement des acteurs pour le développement. L’ère des choix pris au sommet est révolue, fussent-ils les mieux intentionnés. La participation de la société civile au sommet ne peut à elle seule assurer l’engagement lorsqu’il faudra passer à l’action. 
  • L’action implique responsabilité et la responsabilité aide à faire des concessions qui s’imposent dans la situation actuelle de notre pays qui souffre de tant de maux. Il reste maintenant à la plus haute autorité de faire plus sa part du travail, celle qui consiste à entendre et parler au peuple de la gravité et la vérité de la situation et ne pas lui mentir par omission et l’appeler à reprendre le travail et à redoubler d’effort pour remettre son économie en marche et ne pas décevoir tous ceux qui attendent un avenir meilleur de la révolution. La Tunisie pourrait croître à deux chiffres si certaines décisions douloureuses mais nécessaires sont mises en œuvre.
  • Appliquer les lois, dont celles relatives à la lutte contre la corruption, aurait, en remettant un certain ordre, un effet collatéral immédiat avec l’accélération d’une série de processus, tels que celui de la justice transitionnelle. Une équipe au service du pays et faisant fi des considérations partisanes devra aussi communiquer sur ce qu’elle fait et sur sa méthode, afin de fédérer autour de son action, mais aussi de convaincre les Tunisiens de la nécessité d’être patients et de consentir des sacrifices.
  • En finir avec une transition qui perdure depuis 2011. « Il faut des décideurs de courage et de compétences au plus haut niveau de l’Etat » L’autorité pour rétablir celle d’un État affaibli, car presque tous les dossiers revêtent un caractère d’urgence absolue. Raison de plus pour se tenir à distance des partis, un gage d’indépendance et d’objectivité qui rassurerait une population échaudée par les conflits partisans. La Tunisie saura éviter une perspective sombre par la mise en place dans les meilleurs délais de la trame de mesures évoquées. Ceci donnerait un signal fort permettant d’espérer un rapide rétablissement de la stabilisation économique et permettrait au pays de concrétiser et utiliser tout son potentiel pour rétablir la confiance, relancer véritablement la croissance, répondre aux aspirations de ses citoyens, développer ses régions et devenir un Tigre de la Méditerranée.

 

 

*Ezzeddine Larbi

Professeur Agrégé d’Economie. 

Faculté de Droit et des Sciences politiques et économiques et I.H.E.C Tunis

Ph.D en économie, Université de Californie, Los Angeles et Diplômé de l'Université Harvard

Ancien Economiste Principal (Lead) et Economiste en Chef à la Banque Mondiale et à la Banque Africaine de Développement  

 

 

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Commentaires (6)

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Dr. Jamel Tazarki
| 04-12-2019 17:53
en développant des institutions de transition plutôt que d'adopter une approche trop rigide par les réformes

Dr. Jamel Tazarki
| 03-12-2019 19:52
Introduction, les approches agiles:
-les approches agiles sont basées sur une réponse flexible et rapide au changement, notamment via une progression incrémentale vers un but. ==> à retenir: une progression incrémentale
- Il ne s'agit plus seulement d'atteindre le maximum (qui d'habitude quantitative) mais plutôt l'optimum collectif (qui est quantitative et qualitative), dans le but d'une satisfaction réciproque des parties prenantes. ==> à retenir: plutôt l'optimum collectif
-Les organisations agiles sont capables de se reconfigurer à tout moment en fonction de leurs objectifs, de leurs ressources et surtout de leur environnement. ==> à retenir: se reconfigurer à tout moment en fonction de leurs objectifs, de leurs ressources et surtout de leur environnement.


Je propose un système socio-économique pour la Tunisie dont le seul fondement est le pragmatisme. Il nous faut répondre à des circonstances spécifiques en développant des institutions de transition plutôt qu'en adoptant une approche trop rapide pour les réformes. Au diable avec les réformes rigides qui risqueraient de perdre toute validité dans un environnement socio-économique national et internationale changeant rapidement où l'incertitude, la complexité et l'ambiguïté sont devenues prédominantes.

La Tunisie socio-économique dépend en grande partie de notre capacité (de la capacité de nos entreprises étatiques et privées et des Tunisiens en général) à s'adapter rapidement aux changements afin de pouvoir survivre et, éventuellement, se démarquer. La gestion traditionnelle d'un pays, d'une entreprise ou de projet, qui vise à établir une planification accrue et à être conforme à la planification, mène à une gestion qui manque de flexibilité pour les conditions changeantes d'aujourd'hui.

Oui, c'est complètement absurde de faire un plan socio-économique rigide pour la Tunisie 2030 ou même 2025 avec des idées de l'an 2020 :))


Je suis mathématicien et je travaille dans le domaine des logiciels où l'adaptation constante des objectifs et des stratégies de l'organisation est indispensable: réactivité permanente plutôt que le suivi strict d'un plan. ==> la prise de risques, l'incertitude et les changements ne sont plus craints mais intégrés au processus, et envisagés comme de nouvelles opportunités de progrès. les processus agiles exploitent le changement afin de se donner un avantage compétitif...

Vers un management public agile:
De même pour répondre aux enjeux de modernisation l'administration publique tunisienne devrait désormais innover et développer une culture d'un management public agile...

La Tunisie a tous les moyens afin de sortir de l'impasse socio-économique et de créer de la richesse pour tous les Tunisiens, Il faut seulement s'adapter continuellement et à temps au changement de paradigme. Et pour commencer je propose d'envoyer Mr. Rached Ghanouchi à la retraite, en effet ses idées socio-économiques et ses propositions sont dépassées par le temps et les événements.

Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

John Lee Hooker - Hard Times:
https://www.youtube.com/watch?v=lP2bumHNLs8

Tunisino
| 03-12-2019 17:00
Article très intéressant mais trop long pour quelqu'un de scientifique et d'anglophone. C'est aussi un article académique plutôt que pratique ou médiatique, qui demande d'être synthétisé et orienté. Professeur agrégé, est-ce que l'agrégation est à noter pour quelqu'un qui détient un PhD? Si les recommandations de l'auteur sont à prendre avec sérieux, il faut aussi les prendre avec prudence!

premiumwatcher
| 03-12-2019 14:34
Un des artisans du PAS, quoi de mieux que l'entrain et la pédagogie du Pr LARBI pour embarquer tout le monde dans une aventure extraordinairement périlleuse et Oh combien salutaire. Malheureusement vous n'êtes plus aux commandes et les décideurs que vous devez convaincre en ce temps là ne sont pas ceux d'aujourd'hui ! d'ailleurs, je me demande encore ce que vous foutez encore en Tunisie. Mais tout cela mérite une réflexion en relation avec le sens des responsabilités et de la pérennité dans une jeune "démocratie". Bon ben, nous y voilà, comme, durant cette dure et extraordinaire période et peut être en plus dure. Visiblement, le choc de compétitivité et de croissance ne proviendront que d'une détérioration encore plus profonde de la situation car la bêtise humaine est si énorme et profonde que je ne reconnais plus ce pays, à voir les commentaires qui m'ont précédé : c'est la Tunisie d'aujourd'hui !!! Mais çà reste comme même extraordinaire qu'on ait pas fait appel à vos services, vous qui avait vécu le PAS !!

Nephentes
| 03-12-2019 13:57
Rien que des lieux communs mille fois ressasses

Article sans interet


DHEJ
| 03-12-2019 13:15
CRISEXIT mais par quelle SORTIE "S" sans pour autant connaitre la surface d'entrée?

Sachant que F=1/2 Ro Cz V² S

Debureaucratiser et lutter contre la corruption c'est la réforme du CODE DE PROCEDURE PENALE et son article premier!

Or notre auteur semble l'ignorer car c'est la carte électronique qui commende toutes ses recommandations!

LEGIDYNAMISME!

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