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Chroniques

Un président ne devrait pas se comporter comme un goujat

Temps de lecture : 3 min
Un président ne devrait pas se comporter comme un goujat

 

Que se passe-t-il à la tête de l’Etat ? A quoi nous mènerait l’amateurisme maladroit d’une personne pourtant propulsée par un authentique plébiscite ? Le peuple a voulu - happé par l’attrait d’un populisme primaire-, et nous voilà avec sur les bras, et au plus haut sommet de l’Etat, un personnage étrange, parfois imprévisible et pas que dans le bon sens du terme.

Notre petit pays, aux moyens limités qu’on lui connait, à l’économie en berne, à la pauvreté galopante, aux hôpitaux et personnel médical déséquipés (la liste est bien trop longue pour l’égrener toute) ; notre petit pays donc est sur la corde raide et essuie une deuxième vague préoccupante de la pandémie mondiale.

Que fait pendant ce temps là le symbole de l’unité de la République, le garant de sa continuité et du respect de sa constitution ? Il ramène le chef du gouvernement, qu’il a lui-même nommé, il l’humilie devant tout le peuple, il lui passe une savonnette qui restera dans les annales des big fails politiques et non content de son sermon, il outrepasse en plus ses prérogatives définies par la constitution qu’il se devait de faire respecter. Toute la mise en scène a été orchestrée pour rabaisser le chef du gouvernement. Kaïs Saïed raide comme un piquet, à l’intonation sentencieuse, à l’œil hargneux, débite son laïus à un Hichem Mechichi qui hoche de la tête sans discontinuer, taiseux et résigné. Comble de la goujaterie, il semble que la partie où il répond à son grondeur ait été coupée au montage.  

 

Indépendamment du fond de l’affaire et du fait qu’un président de la République est en droit de discuter des décisions d’un chef du gouvernement, de les critiquer, d’émettre un avis, la forme est inadmissible. Un président qui se respecte et qui respecte l’Etat, dont il est le plus haut représentant, se doit de préserver la cohésion des institutions, au moins en public. Aurait-il été difficile pour Kaïs Saïed d’exprimer son opposition aux nominations faites par Mechichi en privé ? Loin s’en faut. Sauf que l’esprit revanchard a supplanté celui de l’Etat. L’accointance récente du chef du gouvernement avec Ennahdha lui est resté en travers de la gorge. Perçue comme étant une trahison, le président de la République semble attendre son ex-poulain au tournant et tient à le faire savoir, quitte à être en défaut de bienséance. L’idée est de saper la crédibilité politique du chef du gouvernement devant un parterre de fans féru des sorties « chevaleresques » et des envolées tragi-comiques.

Sur ce point, il les a bien servis. Il les a même régalés. Kaïs Saïed fait d’une pierre deux coups. D’un côté il règle ses comptes avec le protégé versatile, d’un autre il s’inscrit dans la lignée des ses promesses électorales. Il avait bien promis de débusquer et de dénoncer tout ceux qui, selon lui, avaient nui au peuple. Kaïs Saïed, jouissant toujours d’une popularité stable et certaine, a tout de même une obligation de résultat. Cela fait une année qu’il trône à Carthage, hormis les déboires au palais, les errements diplomatiques, quelques manœuvres politiques aux réussites branlantes, il ne ressort rien de concret de cette année de règne.  

 

A la présidence de la République, il lui reste quatre longues années de mandat. Quelle tournure cela prendra, personne ne peut exactement le prédire. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il a amorcé une crise ouverte entre Carthage et la Kasbah. Hichem Mechichi ne digère pas cette humiliation, il réplique en qualifiant l’extrait vidéo de « violation du protocole » et d’ « offense faite à l’image de l’Etat ». Le chef du gouvernement refusera dorénavant que toute rencontre avec le président de la République « soit filmée et manipulée de manière à porter atteinte à l’Etat et aux institutions du pouvoir ». Un climat délétère s’installe, ce qui ne manquera pas d’ébranler le bon fonctionnement des institutions de l’Etat. La Tunisie s’embourbe une nouvelle fois dans une crise majeure entre les deux têtes de l’exécutif et cela ne présage rien de bon. Du côté de la majorité au Parlement, on reluque la partie engagée en se frottant les mains.

 

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Commentaires (26)

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adel
| 30-09-2020 14:45
La démocratie (et par conséquent le choix du peuple) ne peut fonctionner qu'avec un peuple éclairé.
Sinon, il ne faut pas s'étonner qu'un peuple majoritairement goujat vote pour un goujat.

EL OUAFFI
| 27-09-2020 16:45
Les Harkis ca ne concernent pas la Tunisie peut être L'Algérie plaint d'avantages économiquement et loyalement à son pays .
Le transfer de fonds pour leur pays natals
et l'amour de son pays car ils sont presque de plusieurs Wilaya selon eux ils ont un problème qu'avec certains humaines et non pas avec leur patrie .

EL OUAFFY Y
| 27-09-2020 16:38
Ce qui admissible un président lance des accusations contre certains qui ont été un moment donné avec un pouvoir plein de rigueur portait un programme appliquait dans le réel
grace au homme Fidel à son pays qui travail pour l'intérêt du peuple 24 H sur 24 H Ben Ali fils de Hammet Sousse si ce n'est pas celui qui avait ses cours primaire en Algérie El Tarf connut mondialement sur sa bonne gestion de 23 ans de prospect et bonheur qui n'avait aucun desaccort avec quiconque il était très vigilent envers les affaires épineuses et surtout l'affaire Palestinienne il appréciait les Palestiniens comme des génies capables de prendre en charge leur problème sans l'ingérence de quiconque car l'ingérence de certains présidents comme Nacer l'ancien Egypte n'était que pour cacher son incompétence de trouver des solutions aux divers problèmes qui vivaient les '?gyptiens à cette époque .
La crainte que l'actuel président créera un groupes qui le déteste et ce par manque de sagesse normalement un président à intérêt de réconcilier et d'oublier le passé on ouvrant une nouvelle page car ceux qui ont été active avec Ben Ali ce sont des Tunisiens qui non rien commis que d'être polis avec leur supérieur et ils ne sont pas fautifs c'est notre religion qu'il le recommande l'obeisance en vers ( Wali El Amre ) On pose la question est ce que ce président est élu pour prendre en charge les preoccupations du peuple ou d"entrer dans les conflits avec les autres c'est ne rien que du temps perdu et ses adversaires pourant freiner la bonne marche du système
et que si le président Kais déiste l'ancien président Ben Ali c'est de leur droit mais il n'a pas le droit d'obliger les autres à suivre la méme chemin ils sont libres d'apprécier Ben Ali de la bonne présidence et c'est la démocratie et la liberté .
Nous sommes étonnant des propagandes lancés contre Ben Ali en l'acuisant d'avoir détourner un montant de 10 Milliards de dollars impossible et surtout dans un pays dépourvus de ressources et si ce propagande est vrai Ben Ali été un propriétaire des puits de pétrole et du gaz qu'il l'exploitait seul et durant ses 23 ans de pouvoir car ce montant la Tunisie ne pourra pas l'épargné en 50 ans .S'occupez

Tunisino
| 27-09-2020 16:22
Rien à attendre de cette deuxième république. Il faut être incompétent ou corrompu pour gagner la confiance des opportunistes qui dominent la la scène politique.

Mansour Lahyani
| 27-09-2020 15:39
Vous voulez sans doute parler d'un président "normal", normalement constitué et conduisant normalement le char de l'?tat... Quand vous êtes en présence d'une personne atteinte d'une attaque de démence imprévue, sinon imprévisible, vous devez vous attendre à ce comportement irrationnel qui peut le conduire à toutes sortes de déviations, dont la plus bénigne ne peut que le muer en goujat... Passée sa crise, ledit goujat reprendrait son attitude ordinaire, en attendant la prochaine crise. Mais entre temps, il se sera conduit en parfait goujat, avant de remettre ça !

hourcq
| 27-09-2020 13:49
...alias Kaïs Saïd le "grondeur" ou plutôt "donneur de leçons" ou "sermonneur" car "grondeur" est employé comme adjectif et vient du verbe gronder qui s'applique surtout aux enfants qui ont fait une bêtise.
Et donc, le Président a donné une leçon de morale sur le ton sentencieux et ennuyeux qu'on lui connaît, au Chef du gouvernement qu'il a lui-même choisi. Cela pour avoir embauché deux conseillers présumés corrompus car non encore condamnés par la Justice. Le tout filmé et étalé aux yeux du public dans une vidéo.
La Tunisie est au fond du trou et certains irresponsables creusent encore pour l'enfoncer davantage. S'il n'y a pas d'unité au sommet de l'Etat, la situation va empirer avec une crise politique s'ajoutant au reste.
Le Président devrait savoir mieux que personne ce que "le peuple veut" lui qui a été élu sur ce slogan. Et ce qu'il veut, ce sont des mesures concrètes qui améliorent sa vie quotidienne et des institutions stables et non-corrompues.



Narjess Larnaout
| 27-09-2020 11:29
plusieurs pensent que le president Kais Saied agit dans le bon sens et conformement a son programme electoral pour lequel il a ete elu...et n a commi aucune grave faute contre les interets de l Etat et du peuple tunisien..Contrairement a ceux qui l ont precede...l un a livre le premier ministre Lybien aux islamistes de Abdelhakim Belhaj et a preside le pays bien que non elu sous la "coupole" du Qatar pour alimenter les rangs des terroristes de Daech et Ennosra en Lybie et en Syrie,et declarer le Jihad Ennikah ...et l autre a menti a ses electeurs et a livre le pays a Ghannouchi et ouvert les frontieres aux forces speciales et services etrangers pour aller detruire la Lybie et assassiner Gaddafi...et s est contente de faire du tourisme diplomatique aupres de ses maitres qui etaient content de sa politique en Tunisie...le resultat est catastrophique ...un appauvrissement general economique,culturel et social....Kais Saied est devenu la bete noire de cette classe priviligiee qui ont profite et profitent encore de ce systeme politique batard impose au peuple tunisien par la troika ...soumise aux dictats de puissances financieres etrangeres....et l argent a fait le reste...Rien n avancera tant que la corruption regnera et que les profodes reformes de la constitution et du code electoral ne seront pas realisees...Naturellement ceux qui ont profite et profitent encore de ce systeme politique boiteux et batard feront barrage a toute reforme possible,et le nombre de ces harkis a l air d augmenter...l argent sale et les finances douteuses affluent pour acheter les consciences...sur la place politique et mediatique tout est a vendre ou a acheter..

JAMES-TK
| 26-09-2020 18:34
'? Hichem Mechichi : Si vous avez ne serait-ce que un petit soupçon de dignité, balancez-lui en pleine figure votre démission. Il l'aura cherché ce vaurien, sac ambulant de promesses, bonimenteur qui s'ignore, mégalo et imbu jusqu'à la moelle de sa personne, il s'aime passionnément, tout simplement un psychopathe, il va mener le pays à sa perte, si l'on ne met pas hors d'état de nuire "CONSTITUTIONNELLEMENT" ! ! !

Ennaj
| 26-09-2020 15:20
Avec un dircom et des conseillers pas encore rodés aux affaires de l'état c'est l'arroseur arrosé

EL OUAFFY Y
| 26-09-2020 14:28
Ce que est recommandé par la constitution de 2014 c'est la cause de toutes le conflits entre la gouvernance et la présidence et c'est le résultat des récents lois en vigueur .
Tant que l'actuel constitution n'a pas été revissé la situation d'instabilité persiste les inquiétude du président devant le peuple porte des préoccupations au président logiquement le peuple a affaire que avec le président .
Soit qu'il en soit le régime de Ben Ali la situation était très maîtrisée que l'instant car le peuple était sous un régime présidentiel le malheur que ce président était malmené au moyen de plusieurs propagandes immenses qui ne sont pas vrais et surtout lorsque on l'accuse d'avoir détourné 60 Million de dollars durant sa rêne mais c'est bizarre et si c'est vrai peut être Ben Ali avait des puits de pétrole et de gaz qu'il avait exploité me semble c'est de l'impossible car comptablement la Tunisie ne pourrait pas épargnée ce montant en 50 ans mes sources d'après une chain TV Midi 1 dont ses sources un journal Tunisien( lancé durant la semaine pass) me semble que le Maroc ont des experts qui pourant se s'assuré de cette information après emission .

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