alexametrics
mardi 24 mai 2022
Heure de Tunis : 17:46
Chroniques
Quand le peuple parle, les juges doivent se taire
Par Ikhlas Latif
21/01/2022 | 16:59
4 min
Quand le peuple parle, les juges doivent se taire

 

Dans scroisade contre le Conseil de la magistrature, Kaïs Saïed n’hésite pas à piétiner la constitution, mais on n’en est pas à un ou deux articles près de piétinés. C’est devenu la norme après le 25-Juillet. Pourquoi donc s’en étonner outre mesure. Tant qu’il nous est encore possible de s’exprimer sans entraves, il est nécessaire de mettre à nu les dérives, toutes et pas seulement présidentielles.

 

A-t-il tort de s’attaquer aux magistrats ? Soyons lucides et disons-le franchement, qu’il fallait tôt ou tard donner un coup de pied dans la fourmilière, cela urgeait vraiment. Cependant, le problème ici c’est la manière de faire, ce sont les intentions derrière. Est-ce vraiment comme le clament les aficionados du Président, une guerre pour réformer la justice pour l’assainir, pour qu’elle fonctionne comme dans tout pays démocratique en dehors des considérations politiques, une justice impartiale et efficace ? Ou est-ce une démarche hégémonique à seule finalité de la mettre au pas, d’expurger ce corps des éléments acquis au pouvoir islamiste durant les dix dernières années et de dompter la justice à son bénéfice ? La situation politique en Tunisie est telle que toutes les notions, tous les intervenants s’entrechoquent dans un tourbillon qui donne finalement, aux observateurs les plus aguerris, de prodigieuses céphalées.

 

Parmi les leitmotivs de Kaïs Saïed, on retrouve la question de l’assainissement de la justice en haut du peloton. Il n’a eu de cesse de ressasser la question, de lancer des phrases assassines et des regards qui tuent. C’en est devenu un passage obligé de ses discours quand il accueille ses subordonnés du gouvernement. Mais ce qui importe, c’est le réel. Le chef de l’Etat est seul maître à bord et n’a engagé jusque-là aucune réforme de la justice. Considérer la suppression des avantages des membres du CSM comme tel n’est que pure bêtise. Ce qui importe ce sont les actes, pas les mots et le chef de l’Etat est passé maître en Kamasutra du blablatage.

La justice est-elle malade en Tunisie ? Elle l’est indéniablement et personne n’en disconviendra. Le hasard des choses a voulu que le Tribunal administratif annule la décision de suspension du procureur de la République, Béchir Akremi accusé par le Comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi de complicité et de dissimulation d’éléments relatifs aux assassinats politiques. Une décision prise par le conseil de l’ordre judiciaire (une des composantes du CSM). Le Tribunal administratif a débouté cette décision sur le fond et la forme. Or les membres du conseil ne sont pas n'importe qui. Des magistrats de hauts grades, des avocats élus par la profession ou encore des enseignants du supérieur en droit. Tout ce beau monde s’était donc réuni pour finalement prononcer une décision qui constituait un vice de forme et qui permettait au concerné de gagner haut la main son recours. N’y a-t-il pas quelque chose de pourri au royaume du Danemark ?

Tout s’entrechoque, tout s’entrecroise, le pays est petit et tout le monde connait tout le monde. L’état de pourrissement est systémique. Mais est-ce qu’un président qui s’est donné toutes les prérogatives est la solution au problème ? Ne constituerait-il pas une nouvelle menace qui viendrait achever ce qui subsiste de l’Etat de droit ?

L’inquiétude que suscite l’approche de Saïed vient du fait qu’il dénie à la justice le caractère de pouvoir en répétant qu’il ne s’agit que d’une fonction. Cette pensée fait écho à celle de politiques populistes, voire extrémistes.

« Quand le peuple parle, les juges doivent se taire », disait tout récemment un candidat controversé à la présidentielle française. Le peuple serait donc au-dessus de la justice, au-dessus des lois et par extension au-dessus des droits de l’Homme. Le résultat d’un référendum contraire aux droits les plus élémentaires ou rétablissant la dictature, à titre d’exemple, ne pourrait être contesté puisque le peuple a parlé.

 

Ce n’est qu’une approche modifiant les rapports de force entre les institutions. Affaiblir le pouvoir judiciaire n’empêcherait plus la toute-puissance du pouvoir exécutif. Or il semblerait que c’est cette dialectique que le président voudrait établir en affirmant : « l’Etat des juges n’existe pas, mais il y a les juges de l’Etat ».

 

Par Ikhlas Latif
21/01/2022 | 16:59
4 min
Suivez-nous
Commentaires
Ben Abdallah
CSM
a posté le 22-01-2022 à 21:56
Oui il y a quelques chose de pourri au royaume du Danemark?!!
Pourquoi le CSM n'a rien dit à propos des deux terroristes mis en liberté par la justice ?!!!
nazou de la chameliere
On peut contester
a posté le 22-01-2022 à 12:15
Une décision de justice !!!
Mais on ne doit jamais contester l'indépendance de la justice !!!
On peut exiger que la justice s'améliore .
Mais on ne doit jamais lui dicter comment s'améliorer !!!
La justice tunisienne n'est pas assez indépendante.
Sinon elle aurait poursuivi le facho pour parjure !!!
Il faut militer pour l'indépendance absolue de la justice !!!
Le facho et ses semblables veulent soumettre la justice !!!
Et ça c'est NIET !!!!

Les fachos sont incapable de comprendre les nuances !!!
Hamza Nouira
Ikhkas
a posté le 22-01-2022 à 09:17
Iklhas... Il ne s'attaque pas aux magistrats mais à leur syndicat qui est plutôt symbolique puisque cela n'aura aucune incidence sur les décisions des magistrats qui sont totalement indépendant dans leur décision de justice et d'application de la loi, ainsi que de l'interprétation de celle-ci qui sera faite par chacun d'eux. En clair, ce qu'il fait n'est un grand coup d'épée dans l'eau.

C'est un subterfuge pour éloigner les journalistes et les Tunisiens, en général, des vrais problèmes.

Une sorte de poudre aux yeux pour le peuple afin de continuer à l'endormir tel un charmeur de serpents. La catastrophe économique elle, est bien bien réelle pour 2022.

De nombreuses entreprises quittent le pays. Mais ça personne n'en parle. Et BN devrait peut être se pencher sur le sujet.

Il faut arrêter l'hémorragie avant que la Tunisie deviennent un grand camp de réfugiés pour sa propre population.
Et donc...
On annule tout?
a posté le à 12:17
Et on remet les corrompus vendus à leurs postes dans la caserne d'Alibaba et ses 40 voleurs appelée ARP, on remet le pays entre les mains de la MAFIA islamo-affairiste et on retourne se coucher comme si de rien n'était ?!!
Bravo pour cette idée géniale de Nouira...
Votez pour Nouira président !!!!!!
Morjane
Bab Ezzira
a posté le 21-01-2022 à 22:30
D'accord avec vous " Bab Ezzira" . On dirait que vois avez lu mon cerveau et rédigé à ma place Une précision , avant le grand diable NB et même au temps de Zaba les petits diables étaient bien présents aussi Ceux sont d'ailleurs souvent les mêmes qui ont retourné leurs vestes
Bab Ezzira
Des contre-réalités.
a posté le 21-01-2022 à 19:10
Cet article regorge de contre vérité à tort ou à raison, qu'il y 'a lieu d'apporter certains éclaircissements :
1- A Commencer par le titre populiste emprunté à un député de l'extrême droite Française ; et qui sous-entend que ceux qui soutiennent l'assainissement du système judiciaire Tunisien ne sont en réalité que de petits vulgaires populistes écervelés rancuniers moches et bêtes.
2- KS ne s'attaque pas aux magistrats mais au système judiciaire détruit et corrompu lors le passage du frérot du diable le dénommé NB.
3- Le tribunal administratif a annulé la décision du gel du procureur général BA sur la forme (procédures formalités, composition non respectées) ET NON SUR LE FOND comme vous dites. En effet ce tribunal n'est pas compètent pour statuer et blanchir en matière de terrorisme : gel de plus de 6000 dossiers terroristes, dissimulation et destruction de preuves, témoignages à charge non pris en compte etc etc Des tonnes de faits accablants qui dans une les démocraties qui se respecte auraient mis notre ami Bachra sous les verrous pour quelques siècles.
4- Vous reprochez à KS de ne pas avoir engagé les réformes du système judiciaire. Il n'a pas à le faire. TOUT CE QU'IL DEMANDE C'EST L'APPLICATION STRICTE ET HONNETE DES TEXTES EXISTANTS.
5- Oui, dans les démocraties qui se respectent, les magistrats sont d'honnêtes et HONNORABLES FOCTIONNAIRES au service du contribuable qui paye leurs salaires.
Chez nous, les champions de la MERDOCRATIE (excès manifeste de démocratie) on a mal compris le sens de troisième pouvoir au point d'élever les magistrats au stade de petits SULTANS libre de blanchir et de salir sans aucune objection.
6- Ce qu'on reproche à la magistrature c'est qu'elle est au service des frérots du diable au nom de la MERDOCRATIE. Sinon comment expliquez-vous l'embrigadement des dizaines de milliers de jeunes Tunisiens pour aller combattre aux côtés de Daéc, leurs retour au bled et leurs circulation libre en attente des ordres. Comment expliquer la libération des plus criminels des terroristes dans le monde pour qu'ils récidivent juste après. DE QUELLE JUSTICE PARLEZ VOUS ?
7- Aujourd'hui madame, les mafieux se cachent sous les robes des magistrats comme cette magistrat mule qui utilise son statut pour transporter des milliards pour le compte de la mafia (Ca n'arrive que chez nous les champions de la MERDOCRATIE)
8- CSM, CMT, Ordre des avocats'?' sont devenu de vulgaires corporatismes à la limite du légal qui se défendent mutuellement indépendamment des crimes commis.
9- Pourriez vous madame nous expliquer le signe de richesse anormal de certains magistrats, et nous rappeler le sort réservée à ces Gentelmen s'ils étaient dans une vrai démocratie et non une merdocratie comme la notre
10- Pourriez-vous Madame regarder les enfants de Chokri Belaid, de Mohamed Brahmi, de Lotfi Naguedh, des victimes de nos hôtes du Bardo et de Sousse , pirriez vous les regarder et leur parler de la justesse de notre justice divine, de notre médiocratie et de nos droits de l'Homme et des animaux qui ont innocenté les assassins de leurs parents ?
Pour finir Madame ;je comprends bien vos craintes relatives à l'unicité de la décision mais le coup de pied dans la fourmilière s'impose en urgence. Alors Laissons le faire.
DHEJ
Encore la justice tunisienne et toujours!
a posté le 21-01-2022 à 19:01
Le peuple doit-il faire partie du CSM?


Un peuple dont le 1/3 à des affaires devant les tribunaux.


Alors réformer l'appareil judiciaire n'est pas donné à ROBOCOP par ignorance des forces endogènes et exogènes entre les trois pouvoirs.

Nous sommes en face de la mécanique des institutions et seul un ING'?NIEUR JUDICIAIRE peut donner l'énergie Légitielle au POUVOIR JUDICIAIRE or ROBOCOP et ses facultés de droit n'ont formé aucun ING'?NIEUR JUDICIAIRE.

Un tunisien au nom de Bouzayenne est mort alors qu'il est entre les mains du ministère public et ROBOCOP n'en a pas parlé et n'a pas limogé la ministre de justice...

ING'?NIEUR JUDICIAIRE