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L’intelligence économique au cœur d’assises africaines tenues au Maroc : Hichem El Phil revient sur l’expérience tunisienne

L’intelligence économique au cœur d’assises africaines tenues au Maroc : Hichem El Phil revient sur l’expérience tunisienne

 

Les premières Assises africaines de l’intelligence économique (AAIE) se sont tenues, le 3 juin 2016 à Casablanca (Maroc), avec la participation d’experts en intelligence économique et acteurs majeurs et reconnus de la discipline dans leur pays, venus du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Nigéria, du Sénégal, du Togo, du Cameroun, du Congo et du Tchad.

L’objective de cette initiative est de permettre à la communauté africaine francophone de l’intelligence économique (IE) de se rencontrer, d’échanger et de partager les différentes expériences de leurs pays. Les Assises s’adressaient plus particulièrement aux acteurs de l’IE en Afrique et en Europe, aux professionnels souhaitant développer leurs activités autour des métiers de l’information sur le continent africain, aux décideurs africains, du secteur public ou privé, qui grâce à l’intelligence économique, veulent améliorer leur productivité et optimiser leur processus de prise de décision.

 

Les différents intervenants ont présenté les initiatives de leurs pays en matière d’IE, partageant leurs retours d’expérience et leurs recommandations sur les best-pratices, en confrontant parfois leur point de vue avec d’autres acteurs du pays.

Parmi les éminents experts africains participants, le secrétaire général association tunisienne d’intelligence économique, Hichem El Phil, qui a fait une analyse de la situation tunisienne et un état de lieu.

 

Dans son intervention, M. El Phil a souligné que l’intelligence économique crée de la valeur à l’échelle d’un Etat, d’une collectivité territoriale ou d’une entreprise. Pour lui, les maux et les limites de l’économie et de l’industrie tunisiennes sont connus : «Le diagnostic fait l’unanimité : entreprises familiales aux modes de gouvernance opaques et inconstants, middle management insuffisant, manque de spécialisation, très peu de création de valeur, une dominance de l’industrie de la sous-traitance avec une très faible valeur ajoutée…».

Hichem El Phil estime que deux questions s’imposent : comment l’intelligence économique pourrait-elle s’inscrire dans un environnement industriel de sous-traitance qui ne peut créer de la valeur, notamment dans la sphère des entreprises totalement exportatrices ? A-t-elle un rôle à jouer dans le processus de mutation du modèle de développement économique tunisien ?

L’expert indique que la loi 72 qui a instauré en Tunisie un nouveau modèle de développement économique avait pour principaux objectifs : l’investissement direct étranger et la création d’emploi.  Dans ce contexte, la sous-traitance industrielle s’est développée de façon exponentielle dans tous les secteurs durant les trois dernières décennies

M. El Phil explique qu’à l’instar des entreprises de textile, la grande majorité des chefs d’entreprises sous traitantes ne voient pas l’utilité de maitriser l’information stratégique et de développer une cellule de veille en interne, étant cantonnés dans un rôle de façonnier qui ne leur permet pas de remonter la chaîne de valeur.

«Rares sont ceux qui ont dépassé cette fonction pour exporter des produits finis. Travaillant pour des donneurs d’ordre étrangers qui leur achètent des "coûts minutes", leur principal objectif de compétitivité réside dans la diminution de ces coûts horaires de main d’œuvre», note-t-il.

 

Conscients de cette problématique de sous-traitance, Hichem El Phil souligne que les pouvoirs publics tunisiens ont initié des programmes spécifiques d’assistance technique depuis deux décennies, tels que les programmes de mise à niveau industrielle, qui avaient pour mission d’accompagner les entreprises dans leur migration vers d’autres fonctions à plus forte valeur ajoutée. Ceci dit, il a précisé que malgré tous les efforts des organismes de tutelle, les résultats demeurent en deçà des objectifs escomptés vu que seule une minorité d’entreprises industrielles a accepté de s’inscrire dans cette démarche et opté pour le passage de la sous-traitance à la co-traitance et au produit fini.

 

El Phil estime qu’il serait opportun, aujourd’hui, de comprendre pourquoi ces entreprises rechignent à cette évolution et dans quelles mesures l’adoption des méthodes et outils de l’Intelligence économique accélérerait le processus. Il considère que les programmes de mise à niveau industrielle gagneraient en cohérence et fiabilité en incitant encore plus les entreprises à pallier l’insuffisance de l’investissement immatériel et notamment celle relative au développement de système d’information, reconnu comme une composante hautement stratégique pour la croissance de l’entreprise.

Et de conclure : «Apportant des avantages concurrentiels durables dans un monde globalisé, complexe et instable, l’adoption de l’intelligence économique comme vecteur majeur pour la mise en œuvre d’une mutation industrielle contribuera à favoriser l’émergence d’un nouveau modèle économique tunisien fondé sur la création de valeur».

 

Point important, les Assises feront l’objet d’une publication sur l’état de l’art sur l’intelligence économique en Afrique. Ce livre blanc reprendra l’ensemble des présentations des intervenants sur les initiatives nationales en matière d’IE, leurs retours d’expérience et leurs recommandations sur les best-pratices. Il dressera ainsi un bilan, pour l’instant inexistant sur les bonnes pratiques en intelligence économique sur le continent africain.

 

Notons que Hichem El Phil est un ingénieur des mines, spécialisé depuis une quinzaine d’années dans le management et l’ingénierie de projets internationaux. Il est consultant auprès d’organismes et établissements bancaires, notamment, BNP Paribas, Natixis Pramex international et Bretagne internationale. M. El Phil a accompagné, depuis 2000, plus d’une centaine d’entreprises françaises dans leur stratégie d’internationalisation. Ses compétences, reconnues dans le conseil stratégique aux entreprises et le corporate developpement, ont  été mises au service de la Banque mondiale en tant qu’expert permanent dans le cadre de la gestion de fonds dédiés à l’internationalisation des entreprises tunisiennes.

 

I.N

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Commentaires (1)

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Virtuel
| 08-06-2016 20:10
Ou est l'Etat de la république Islamique de la Mauritanie de tous ces prospectives et l'utilisation de l'intelligence il me semble que certain expert haut responsable Ould El aghdaf est absent ou déplacer hors du pays en le connait de son amour à son pays la Mauritanie et même le tribut qu'il appartient les Djakanis qui sont toujours à la disposition de leur pays en le défendant de tous les risques probables et surtout l'extrémiste .

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