Lors d’une interview accordée hier, à la Radio Mosaïque FM, le gouverneur Nabli a livré son opinion sur le projet de loi relatif à la réconciliation économique, soutenant en substance que celle-ci revêt un caractère urgent, avant d’objecter que la version proposée par la présidence de la République demeure insuffisante et que par certains aspects, le projet constitue une « réconciliation avec la corruption ».
Le gouverneur Nabli n’ayant pas construit son opinion sur des données chiffrées, préférant donner à son analyse une empreinte plutôt politique. L'opinion qu’il livra reste pour moi peu achevée, d’autant que l’homme ne m’a pas semblé au fait des amendements qu’il est projeté d’apporter au texte initial, quand il avoua au passage avoir puisé ses informations, dans la toile.
Je me résous à reconnaitre ne pas avoir saisi la cohérence d’ensemble des propos du gouverneur Nabli, lorsqu’il dénonça les limites du projet au moment même où il reconnut l’incapacité du dispositif mis en place dans le cadre de la justice transitionnelle, à prendre en charge la question dans toutes ses dimensions.
Dans le voisinage, le gouverneur Nabli insista d’ailleurs, à juste titre, sur la nécessité de s’attaquer aux causes à l’origine des pratiques visées par le projet. Or, ce dernier ne me semble pas constituer le siège indiqué pour apporter les réponses d’ordre légal et institutionnel susceptibles d’endiguer ces comportements. Le mal du reste, n’est pas à mon avis dans les règles, car le pays légal, peu inventif, en a copié les meilleures, mais plutôt dans l’abus dont elles sont victimes et dans le déficit de punition.
Le décret évoqué par le gouverneur Nabli, qui change la vocation d’une terre sans raison légitime est bel et bien encadré par les règles et pour peu que tout justiciable se prévalant d’un intérêt pour agir, ait la tentation de le contester, l’acte peut être annulé par le juge de l’excès de pouvoir. « Partout, le règne de la loi est proclamé » écrivait un éminent publiciste. « Mais l’arbitraire se réfugie dans l’exécution ».
S’agissant de la dépréciation récente du dinar, le gouverneur Nabli souligna l’accélération du rythme de cette dépréciation observée depuis 2011, à cause de la détérioration de la situation économique et du creusement du déficit courant, précisant dans la foulée que la solution réside dans la reprise de la croissance et l’amélioration de la productivité.
J’adhère largement à cette analyse, encore que je sois tenté de rappeler en revanche, que nombre de mesures adoptées sous la houlette du gouverneur Nabli dans le domaine du change et de la politique monétaire opposent quelque complicité dans cette situation.
J’ai pour l’instant en mémoire le décret-loi du 24 octobre 2011, qui dispensa les Tunisiens rentrés de l’étranger de rapatrier leurs avoirs constitués à l’étranger avant la date de changement de résidence et la mesure de 2012 qui introduisit de nouveaux mécanismes de cotation du dinar et qui dans un contexte de crise, abandonna inopportunément son adossement à un panier de devises. Je souhaiterais vivement que soit engagée une évaluation sérieuse de l’impact de ces mesures prises, à mon avis, de manière assez précipitée sur la dépréciation du dinar, comme par ailleurs, de celle qui baissa par deux fois le taux directeur provoquant un désarmement de la politique monétaire.
Quant à l’inopportunité de l’amnistie de change en l’absence d’une revisite de la législation du change, je crois me souvenir d’un projet complet de refonte auquel j’ai modestement contribué entre 2008 et 2010 avec d’éminents experts du domaine, enfants de la banque centrale exerçant dans son enceinte ou dans le secteur. Je crois que les tiroirs de la rue Hédi Nouira où il fut enseveli depuis, s’en souviennent aussi.
* Secrétaire général du Centre de Prospective & d’Etudes sur le Développement
Commentaires (13)
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Du blabla et de la présomption
Des gens qui croient encore avoir bien fait et qui ont le toupet de le crier et de croire qu'ils peuvent prétendre encore aider le pays pour le couler. M. Brahimi croit "modestement" avoir préparé un projet avec des amis de la BCT comme si seuls ces gourous bctéens en seraient capables. Pourtant durant des années il n'a fait qu'appliquer des instructions pour mieux faire profiter les plus nantis de la richesse du pays à la période où celui-ci en produisait encore. M. Brahimi critique M. Nabli pour une mesure de change dont il n'a rien compris et c'est désolant, car, à ce niveau-là, cet ex-directeur juridique de la Banque centrale de Tunisie, ose critiquer la levée d'une restriction que seul un pays en guerre pouvait envisager à savoir d'exiger le rapatriement d'avoirs du simple fait de la nationalité alors que ces avoirs ont été générés à l'étranger par des non-résidents, met davantage en exergue l'incompétence de ceux qui ont contribué à la gestion du pays durant tant d'années et autorisé l'in-autorisable sans que l'on soit contraint de nous attarder davantage et de rappeler que ces personnes ont maintenu une réglementation pour mieux permettre à leurs amis d'en être exeLa dignité de ces personnes pourrait être retrouvée s'il était moins présomptueux et s'ils pouvaient garder une discrétion qui leur éviterait bien des déboires avec ou sans adoption de la loi de réconciliation.
Un peu de modestie et de clairvoyance m.Nabli !
Quanf au fond de son argumentation,il est regrettable qu'un homme qui se dit compétent et qui a travaillè â la banque mondiale parle d'un texte qu'il n'a pas lu ,juste pour être au diapason du brouhaha qui entoure l'initiative présidentielle.
Ce n'est nullement à l'honneur d'un économiste qu'on dit de renommée internationale.
Les compètences ne manquent pas aujourd'hui et la Tunisie a besoin de nouvelles têtes moins aigries par leurs déceptions passées.
@ The Mirror| 28-04-2017 19:56
non parlons pas de l'intérieur ou la situation devenue insupportable malgré les progrès de l'actuel président otage des lois qu'il empêche de prendre les mesures dans le temps opportun .
Vraiment la chute du régime de Ben Ail et de son équipage était une catastrophe pour le pays ils nous trompé des slogans de ladite révolution qui avait ravagé tous les progrès réalisés péniblement par les hommes crédibles .
Faut mieux faire une réconciliation ave ce président le ( Sawouhli ) natif à Hamem Soussa un Tunisien de sang .
A bon ???
Met sa foto en reference a un article
Parlant d' une autre Personne,l'article
parle de MKN et il met Sa foto,
Il se fait de la pub ou quoi ???
@ businessnews
MKN , merçi
B.N : Cher lecteur, la photo est celle de monsieur Samir Brahimi l'auteur de l'article.