Ennahdha, un soutien indéfectible aux Caïd Essebsi

Businessnews.com.tn | publié le 16/10/2017 15:59
Par Nizar Bahloul,

Ennahdha a tenu son Majlis Echoura ce samedi et a décidé d’ouvrir une autoroute pour Hafedh Caïd Essebsi. Il n’y a quasiment plus de doute maintenant, Hafedh Caïd Essebsi devrait être facilement élu aux législatives partielles qui auront lieu en Allemagne en décembre grâce aux voix islamistes. Rached Ghannouchi fait avec le fils ce qu’il a fait, en 2014, avec le père. Le président d’Ennahdha a ouvert la voie du palais de Carthage devant Béji Caïd Essebsi à la présidentielle de 2014 en votant pour lui et, là, il s’apprête à faire pareil avec Hafedh en lui ouvrant la voie du palais du Bardo. C’est là une des règles du jeu démocratique, il n’y a rien à dire. Rien n’empêche, démocratiquement parlant, un parti d’aider un autre.

Pendant ce temps-là, l’Autriche a élu un «beau gamin » de 31 ans pour la diriger. Que le conservateur Sebastian Kurz s’approche de l’extrême droite ne préfigure rien de bon, mais c’est là aussi une des règles du jeu démocratique. Rien n’empêche, démocratiquement parlant, un peuple d’avoir de nouveau des Nazis à sa tête…

Sauf qu’en Autriche, et contrairement à la Tunisie, ils ont le mérite d’être clairs.

 

Retour en 2014. On est en pleines législatives et présidentielle et Nidaa, l’actuel parti de Hafedh, jurait ses grands dieux d’en finir avec la triste époque de la troïka, une des pires époques de l’Histoire récente du pays. On nous promettait d’en finir avec la saleté et la corruption. On nous promettait de juger et de mettre en prison toute la racaille qui nous a gouvernés et a plombé les comptes du pays. « Vous allez voir ce que vous allez voir ! On vous le jure ! Les Ali Laârayedh, Mohamed Ben Salem, Salim Ben Hamidène, Noureddine Bhiri, Imed Daïmi iront tous en prison ! Ils paieront de leurs méfaits ! ».

C’est une règle maintes fois prouvée, « les promesses des politiques n’engagent que ceux qui les écoutent ». Cette règle, en 2014, on l’a oubliée. Ou plutôt, on a feint de l’oublier. On estimait que ça ne pouvait de toute façon pas être pire.

Sauf que voilà, ce n’est pas parce que la situation de 2017 sous BCE n’est pas pire que celle de 2014 sous la troïka que l’on doit nous réjouir et accepter ce qui se trame actuellement. Et il est évident, pour nous, que la situation de 2020 risque fort d’être pire que 2014 si l’on continue ces fornications entre Nidaa et Ennahdha. Ça commence à en faire trop ! Il y a une impression de « cocufication » aussi bien chez les électeurs de Nidaa que ceux d’Ennahdha.

 

Les électeurs d’Ennahdha ont élu leurs députés sur la base d’une réislamisation du pays avec la chariâa comme référence législative. On leur a promis la fin de l’ancien régime répressif et de ses figures. Ils se retrouvent avec des députés en train de voter pour réduire la taxation de l’alcool, le passage de la loi de la réconciliation et la dépénalisation du cannabis et un gouvernement composé, en partie, par des ministres de Ben Ali.   

Quant aux électeurs de Nidaa, on leur a promis d’en finir avec l’islamisme et les figures islamistes et le retour de l’Etat moderne et de la croissance. Ils se retrouvent avec un Béji Caïd Essebsi chantant les louanges de Ali Laârayedh et un Rached Ghannouchi soutenant la candidature de son fils. Ils ont voté Saïd Aïdi dans un parti dirigé par Mohsen Marzouk, Néji Jelloul, Lazhar Akremi et Abdelaziz Mzoughi, ils ont trouvé, trois ans après, Hafedh Caïd Essebsi, Borhen Bsaïes et Khaled Chouket ! Il y a eu un million de femmes et la majorité de la gauche et des francophones pour les élire et voilà que l’un d’eux (Chouket) se permette d’insulter sur antenne la gauche (qualifiée de caviar), une figure principale de la gauche féminine (Saïda Garrache) et les francophones ! On marche sur la tête !

 

Pour calmer la colère de ses troupes, Rached Ghannouchi a dit que c’est une tactique et qu’on doit cohabiter ensemble.

Pour calmer la colère de ses troupes, Béji Caïd Essebsi a dit que l’on ne peut pas faire autrement, car le poids des islamistes est important. Et pourquoi vous n’avez pas dit ça avant ?

Et pourquoi, dans ce cas, avoir fait des élections et dépensé tant d’argent et d’énergie ? Il aurait suffi de faire appel à Hassen Zargouni pour nous dire comment le pays est composé et désigner, à partir de ses sondages, nos gouvernants !

 

 Cette fornication Ennahdha-Nidaa est contraire à la loi démocratique et s’apparente à de l’adultère. Les uns et les autres ont trompé leurs électeurs. Pour qu’elle soit légitime, il aurait fallu en informer au préalable les électeurs et leur dire : « voilà, nous allons fusionner pour votre bien, car on ne peut pas faire autrement ! ». C’est comme ça que font les partis qui respectent leurs populations. Les derniers en date sont Attayar et l’Alliance démocratique. Hélas, ces deux partis ne pèsent pas beaucoup dans le paysage.

Dans les démocraties normalement constituées, le premier parti aux élections gouverne et le second s’oppose. L’un et l’autre constituent des alliances pour pouvoir faire passer des lois. Dans l’impossibilité, c’est la crise politique annoncée et c’est là les limites du système démocratique, le moins mauvais des systèmes. On en est là en Tunisie avec un système politique étrange à notre réalité. Un système qui nous a été imposé de l’extérieur par des experts qui prétendent connaitre notre bien mieux que nous.

 

Il y a un mois, j’écrivais que l’entrée de Hafedh Caïd Essebsi à l’ARP est une problématique nationale, que la contrer est un devoir, vu les risques qu’elle présente sur le pays. On y est ! C’est fort regrettable pour le pays, mais également pour les deux camps, islamiste et laïc, qui ont fait « tout ça pour ça ». C’est surtout dommage pour Béji Caïd Essebsi qui, on croyait, devait entrer pour la postérité éternelle et l’Histoire avec un grand H, à l’image de son prédécesseur Habib Bourguiba.

Vous pouvez dès maintenant féliciter Hafedh Caïd Essebsi, il va se faire élire en Allemagne et il devrait briguer bientôt le poste de président de l’Assemblée avec la bénédiction du parti religieux et le sourire satisfait de ses parents.  

 

N.B : Mes sincères condoléances à la famille de Lazhar Bououni et tous ses amis et anciens collègues. L’ancien ministre est mort seul, le dépit au cœur après l’ingratitude et la bêtise de son peuple qui a, naïvement, cru aux paroles de ses politiques d’après 2011. 

 

 

 

 

Ennahdha, un soutien indéfectible aux Caïd Essebsi

Par Nizar Bahloul, publié le 16/10/2017 15:59

Ennahdha a tenu son Majlis Echoura ce samedi et a décidé d’ouvrir une autoroute pour Hafedh Caïd Essebsi. Il n’y a quasiment plus de doute maintenant, Hafedh Caïd Essebsi devrait être facilement élu aux législatives partielles qui auront lieu en Allemagne en décembre grâce aux voix islamistes. Rached Ghannouchi fait avec le fils ce qu’il a fait, en 2014, avec le père. Le président d’Ennahdha a ouvert la voie du palais de Carthage devant Béji Caïd Essebsi à la présidentielle de 2014 en votant pour lui et, là, il s’apprête à faire pareil avec Hafedh en lui ouvrant la voie du palais du Bardo. C’est là une des règles du jeu démocratique, il n’y a rien à dire. Rien n’empêche, démocratiquement parlant, un parti d’aider un autre.

Pendant ce temps-là, l’Autriche a élu un «beau gamin » de 31 ans pour la diriger. Que le conservateur Sebastian Kurz s’approche de l’extrême droite ne préfigure rien de bon, mais c’est là aussi une des règles du jeu démocratique. Rien n’empêche, démocratiquement parlant, un peuple d’avoir de nouveau des Nazis à sa tête…

Sauf qu’en Autriche, et contrairement à la Tunisie, ils ont le mérite d’être clairs.

 

Retour en 2014. On est en pleines législatives et présidentielle et Nidaa, l’actuel parti de Hafedh, jurait ses grands dieux d’en finir avec la triste époque de la troïka, une des pires époques de l’Histoire récente du pays. On nous promettait d’en finir avec la saleté et la corruption. On nous promettait de juger et de mettre en prison toute la racaille qui nous a gouvernés et a plombé les comptes du pays. « Vous allez voir ce que vous allez voir ! On vous le jure ! Les Ali Laârayedh, Mohamed Ben Salem, Salim Ben Hamidène, Noureddine Bhiri, Imed Daïmi iront tous en prison ! Ils paieront de leurs méfaits ! ».

C’est une règle maintes fois prouvée, « les promesses des politiques n’engagent que ceux qui les écoutent ». Cette règle, en 2014, on l’a oubliée. Ou plutôt, on a feint de l’oublier. On estimait que ça ne pouvait de toute façon pas être pire.

Sauf que voilà, ce n’est pas parce que la situation de 2017 sous BCE n’est pas pire que celle de 2014 sous la troïka que l’on doit nous réjouir et accepter ce qui se trame actuellement. Et il est évident, pour nous, que la situation de 2020 risque fort d’être pire que 2014 si l’on continue ces fornications entre Nidaa et Ennahdha. Ça commence à en faire trop ! Il y a une impression de « cocufication » aussi bien chez les électeurs de Nidaa que ceux d’Ennahdha.

 

Les électeurs d’Ennahdha ont élu leurs députés sur la base d’une réislamisation du pays avec la chariâa comme référence législative. On leur a promis la fin de l’ancien régime répressif et de ses figures. Ils se retrouvent avec des députés en train de voter pour réduire la taxation de l’alcool, le passage de la loi de la réconciliation et la dépénalisation du cannabis et un gouvernement composé, en partie, par des ministres de Ben Ali.   

Quant aux électeurs de Nidaa, on leur a promis d’en finir avec l’islamisme et les figures islamistes et le retour de l’Etat moderne et de la croissance. Ils se retrouvent avec un Béji Caïd Essebsi chantant les louanges de Ali Laârayedh et un Rached Ghannouchi soutenant la candidature de son fils. Ils ont voté Saïd Aïdi dans un parti dirigé par Mohsen Marzouk, Néji Jelloul, Lazhar Akremi et Abdelaziz Mzoughi, ils ont trouvé, trois ans après, Hafedh Caïd Essebsi, Borhen Bsaïes et Khaled Chouket ! Il y a eu un million de femmes et la majorité de la gauche et des francophones pour les élire et voilà que l’un d’eux (Chouket) se permette d’insulter sur antenne la gauche (qualifiée de caviar), une figure principale de la gauche féminine (Saïda Garrache) et les francophones ! On marche sur la tête !

 

Pour calmer la colère de ses troupes, Rached Ghannouchi a dit que c’est une tactique et qu’on doit cohabiter ensemble.

Pour calmer la colère de ses troupes, Béji Caïd Essebsi a dit que l’on ne peut pas faire autrement, car le poids des islamistes est important. Et pourquoi vous n’avez pas dit ça avant ?

Et pourquoi, dans ce cas, avoir fait des élections et dépensé tant d’argent et d’énergie ? Il aurait suffi de faire appel à Hassen Zargouni pour nous dire comment le pays est composé et désigner, à partir de ses sondages, nos gouvernants !

 

 Cette fornication Ennahdha-Nidaa est contraire à la loi démocratique et s’apparente à de l’adultère. Les uns et les autres ont trompé leurs électeurs. Pour qu’elle soit légitime, il aurait fallu en informer au préalable les électeurs et leur dire : « voilà, nous allons fusionner pour votre bien, car on ne peut pas faire autrement ! ». C’est comme ça que font les partis qui respectent leurs populations. Les derniers en date sont Attayar et l’Alliance démocratique. Hélas, ces deux partis ne pèsent pas beaucoup dans le paysage.

Dans les démocraties normalement constituées, le premier parti aux élections gouverne et le second s’oppose. L’un et l’autre constituent des alliances pour pouvoir faire passer des lois. Dans l’impossibilité, c’est la crise politique annoncée et c’est là les limites du système démocratique, le moins mauvais des systèmes. On en est là en Tunisie avec un système politique étrange à notre réalité. Un système qui nous a été imposé de l’extérieur par des experts qui prétendent connaitre notre bien mieux que nous.

 

Il y a un mois, j’écrivais que l’entrée de Hafedh Caïd Essebsi à l’ARP est une problématique nationale, que la contrer est un devoir, vu les risques qu’elle présente sur le pays. On y est ! C’est fort regrettable pour le pays, mais également pour les deux camps, islamiste et laïc, qui ont fait « tout ça pour ça ». C’est surtout dommage pour Béji Caïd Essebsi qui, on croyait, devait entrer pour la postérité éternelle et l’Histoire avec un grand H, à l’image de son prédécesseur Habib Bourguiba.

Vous pouvez dès maintenant féliciter Hafedh Caïd Essebsi, il va se faire élire en Allemagne et il devrait briguer bientôt le poste de président de l’Assemblée avec la bénédiction du parti religieux et le sourire satisfait de ses parents.  

 

N.B : Mes sincères condoléances à la famille de Lazhar Bououni et tous ses amis et anciens collègues. L’ancien ministre est mort seul, le dépit au cœur après l’ingratitude et la bêtise de son peuple qui a, naïvement, cru aux paroles de ses politiques d’après 2011. 

 

 

 

 

Commentaires (28) Commenter
INDEFECTIBLE POUR SAUVER LA PEAU DE RACHED GHANNOUCHI
AIR FORCE 360
| 21-10-2017 19:23
TT fait Rached Ghannouchi ouvrir un autoroute pour que HCE tember dans le piege d'ennahda alors:
ennahda estime que a la presidensiel 2019 ou avant un bete HCE VS RACHED GHANNOUCHI qui tres facilement gangne .
Et le respect des lecteurs?
Rached Mahbouli
| 21-10-2017 08:16
A Monsieur Nizar Bahloul. Vos articles sont intéressants par leurs contenus et leurs styles. Mais je vous reproche, en tant que responsable du journal, votre mépris d'un des éléments fondamentaux de la démocratie que vous prétendez défendre dans vos écrits: la liberté d'expression de vos lecteurs. En effet, vous m'avez nombreuses fois censuré quand mes commentaires ne correspondaient pas à votre idée sur l'événement. La dernière censure s'est abattue sur mon commentaire relatif à l'article annonçant le décès de l'ancien ministre de Ben Ali, celui de la Justice et des Droits de l'homme (janvier 2010-janvier 2011).
C'était un collabo de la dictature aux pires moments de l'oppression. Magré ses qualités universitaires, cet homme, de par ses engagements politiques contre le peuple tunisien, ne méritait pas qu'on regrette sa disparition, ou même qu'on l'annonce; car l'oubli seul pouvait nous délivrer de son nom maudit.
Un costume qui ne va pas...
basta
| 20-10-2017 06:58
Il faut l'admettre: la democratie n'est pas faite pour leszarab: c'est un costume qui ne leurs va pas... c'est tout.
Sans vaseline
pit
| 17-10-2017 14:35
Ennahdha-Nidaa n'arrêtent pas de forniquer ... mais c'est le peuple tunisien qui l'a dans le "croupion"...et ce n'est malheureusement pas fini...je commence à croire que l'on aime ça finalement !!!
j'était pas le seul mais l'aveuglement de mes compatriotes a prit le dessus!
aziz aziz
| 17-10-2017 14:16
mon commentaire sur BN en 2012-2013, lors de la Création du Nidaa par BCE:

''
A ceux qui croient que ce parti sera le rival des islamistes, détrompez- vous !

Ce parti à prédominance 'ancien régime' est le prochain partenaire de pouvoir pour Ennahdha. Entre temps, et en attendant les prochaines élections, ils vont tout les deux continuer à nous jouer la comédie type « je t'aime moi non plus ».

Explication :
-Le scénario de l'alliance Ancien régime-islamiste et le plus encouragé actuellement par les grandes puissances occidentales surtout les USA qui croient (à juste titre malheureusement) que dans les pays arabo-musulmans seuls les pouvoirs clientélistes, tribaux ou religieux sont stables. Alors pourquoi pas un mix de tout ca ?!.

-Les dernières visites au Qatar- antichambre des chancelleries des ces puissances occidentales- des dirigeants Nahdhaouis et de BCE, serviraient surtout à définir les attributions des uns et des autres et aussi à se mettre d'accord sur « comment faire avaler la pilule » au pauvre peuple.

Le Scénario probable : faire semblant de se chamailler jusqu'aux prochaines élections. Après, sa sera l'alliance, et exit CPR, Tktl, ou tout autres casse-pieds de gauche-droits de l'hommistes qui serons renvoyé à leur vraie place, celle de l'éternelle opposition intellectuelle sans profondeur populaire (et ce n'est pas un jugement mais hélas un constat lucide).

A méditer'

''

...maintenant il ne serait pas écarté que mais compatriotes refassent les même bêtises. et que NINA (NAhdha+NIdaa des Essebsis) ait de beaux jours devant lui!

SANS BLAGUE, NIZAR ??
Mansour Lahyani
| 17-10-2017 13:35
Moi, j'avais plutôt compris "Les Caid Essebsi, un soutien indéfectible à Ennahdha" !!! Et c'est assez douloureux comme ça, inutile d'épiloguer...
???????????????
Fethia
| 17-10-2017 13:16
Et les électeurs en Allemagne, est-ce qu'ils ne se rendent compte de rien? on parle des élections en Allemagne et on oublie les électeurs tunisiens dans ce pays. Est-ce qu'ils sont déconnectés de la réalité de leur pays? j'espère que non.
Sommes-nous dans une situation pareille ou pire que 2014?
NBA
| 17-10-2017 11:57
Dire que la Tunisie de 2017 n'est pas dans une situation économique plus catastrophique qu'en 2014 est inexact.
En attestent:
-Un doublement de l'endettement extérieur et intérieur.
-Un record absolu pour les 8 premiers mois de 2017 du deficit de la balance dès paiements!
-Un deficit commercial record pour les 8 premiers mois de 2017.
-Une inflation plus forte en 2017 qu'en 2014.
-Une erosion de 25% du Dinar entre 2014 et 2017.
-Un appauvrissement des ménages Tunisiens entre 2014 et 2017.
Sans cautionner pour le moindre du monde les politiques économiques suivies entre 2011 et 2017, on ne peut en aucun cas avancer que la Tunisie de 2017 n'enregistre pas une dégradation généralisée par rapport a 2014!
Pour être équitable avec les uns et les autres on pourrait dire que ceux qui ont gouverné entre 2011 et 2014 n'avaient pas les aptitudes necessaires de gouvernement et ceux qui leur ont succédé en 2014 n'ont pas fait preuve des aptitudes de gouvernement dont on les gratifiait.
Il y a certainement une part de cause a effet des resultats des 3 années qui ont suivi 2014 et celles qui l'ont précédé mais ceci n'explique pas tout. Le principal tort de la majorité issue des elections de 2014 est de ne pas avoir rompu avec l'ancienne majorité.
Ghannouchi soutient HCE pour l'intérêt de son parti
kameleon78
| 17-10-2017 01:12
Le soutien de la Nahda au nidaïste HCE candidat au poste de député en Allemagne est purement tactique :

1. Sur la scène nationale, le poste de député en Allemagne est relativement secondaire, ce ne sera qu'un député parmi les quelques dizaines de députés nahdaouis à l'ARP. Ce qui est important pour les islamistes ce sont les élections municipales de 2018, un tremplin pour les élections générales de 2019. En échange cela permettra de conforter à moindres frais, l'Alliance Nationale donc avec le principal parti de la Coalition Nidaa Tounès. En plus HCEc'est le fils de BCE, donc l'avantage est double, rassurer le parti rival Nidaa Tounès et conforter la famille du président Essebsi.(la Nahda a besoin du soutien de Nidaa Tounès et BCE pour asseoir une légitimité politique.)

2. Sur la scène internationale (je pense que ce point est le plus important pour moi), en confortant son alliance nationale avec la famille Essebsi, Ghannouchi essaie de rassurer la communauté internationale qui est très méfiante envers les islamistes tunisiens, surtout après la débâcle des Frères Musulmans en Egypte et surtout la défaite annoncée du Daesh, donc les islamistes de la Nahda veulent se refaire une virginité surtout aux yeux des américains avec un président Trump hostile aux thèses islamistes.

En s'alliant à moindre frais (un poste de de député en Allemagne), les islamistes veulent démontrer qu'ils s'entendent bien avec les modernistes de Nidaa Tounès, les nahdaouis se cachent derrière Nidaa Tounès un parti civil et moderniste. Le principal souci de la Nahda c'est de démontrer que c'est un parti civil qui n'a rien à voir avec les Frères Musulmans. (c'est ce qu'ils croient).

Dans cette affaire chacun y trouve son compte : Ghannouchi soutient HCE et en contrepartie BCE donne à la Nahda un visa de bonne conduite. Et le peuple dans tout ça? Il ira se faire voir ailleurs.
Démocratie????
Atlas69
| 16-10-2017 22:00
non c'est juste la manière de scinder ce qui existait déjà auparavant avec quelques effets de bord, comme une justice abandonnée aux barbus et les lois purement laïcs.

BEn Ali et Bourguiba etaient à la fois Islmaistes et Laic , mélangé cela s'appelait le RCD.

Ghanouzevic et Essebsix, le nordiste et le sudiste , le basané et le blanc, le fermé et l'ouvert et enfin le Riche et le Riche

Il y a pas des bons et des méchants il y a juste les riches et les pauvres.

...Votre révolution en quelque sorte.
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