BCE n’est point éternel, encore moins ceux qui le tuent ou ceux qui l’adulent

Businessnews.com.tn | publié le 20/11/2017 15:59
Par Nizar Bahloul,

Des énergumènes de bas niveau ont publié dans la nuit du vendredi au samedi une fausse page Facebook de France 24 faisant état du décès de Béji Caïd Essebsi. De pareils fake, on en a l’habitude depuis la création des réseaux sociaux et cela a pris des proportions démesurées depuis 2011. L’impunité a été un réel facteur d’encouragement pour la propagation de tous types de rumeurs, d’insultes, d’intimidations et de menaces. Tous ceux qui évoluent dans la sphère publique ont été victimes, à un moment ou un autre, de ce type d’agressions numériques. A la longue, on s’est habitué et on en rit. Il m’est arrivé personnellement de rencontrer dans la vraie vie plusieurs de mes détracteurs et « ennemis déclarés » et j’ai découvert des personnes timides, introverties et discrètes qui n’osent jamais dire en face ce qu’ils écrivent derrière un écran. Le phénomène ne touche pas que la Tunisie, il est universel et, à ce jour, aucune solution véritablement efficace n’a été trouvée contre ceux qui vous agressent et vous salissent, juste parce que vous avez une opinion contraire à la leur. Les mettre en prison, leur flanquer de grosses amendes et imposer de payer des dédommagements à leurs victimes, leur interdire l’utilisation d’internet comme on priverait un chauffard de permis de conduire ou un hooligan d’accès au stade ? Les propositions sont nombreuses, mais l’efficacité tarde, le phénomène (je le répète, il n’est pas exclusif à la Tunisie) prend de plus en plus des proportions démesurées.

 

Le souci est que la rumeur propagée dans la nuit du vendredi au samedi n’aurait pas connu cette ampleur s’il n’y avait pas des « personnalités » politiques et médiatiques, supposées être posées et sensées, qui ont relayé l’intox sous forme d’interrogation. Ces « personnalités » sont, pour leurs abonnés, des sources d’information crédibles similaires à des institutions médiatiques en bonne et due forme. Et quand ces « personnalités » relaient des intox, ces intox deviennent des vérités pour le citoyen lambda.

 

Dans le cas d’espèce, on n’est plus dans l’erreur ordinaire, mais dans la mauvaise foi. Et quand il s’agit de propager à dessein une intox touchant un homme politique de premier plan, il y a forcément un objectif politique derrière. Un objectif idiot puisque l’intox en question va être démentie dans les minutes ou les heures qui suivent sa propagation. Alors pourquoi cette rumeur ? Qu’en restera-t-il après ? Le souvenir que le président de la République est une personne âgée qui peut décéder à tout instant ? Nul ne détient l’agenda d’Azarël et le décès tout récent de feu Slim Chaker en est une preuve. Heureusement ou malheureusement, on meurt à tout âge. Que la Tunisie peut basculer d’un moment à l’autre après son décès ? Soit, mais basculer vers quoi ? On est en démocratie et la pire chose qu’on risque est d’organiser, dans la précipitation, de nouvelles élections. Que la Tunisie est fragile d’être commandée par une personne âgée ? Constitutionnellement parlant, il est bon de rappeler que ce n’est pas le président de la République qui dirige la Tunisie, mais le chef du gouvernement. Concrètement, ceci n’est pas très vrai chez nous et Béji Caïd Essebsi (à cause ou grâce à sa forte personnalité) tient les manettes du pays via Youssef Chahed, mais aussi via son fils Hafedh Caïd Essebsi et son « ami » Rached Ghannouchi, les deux dirigeants des principaux partis au pouvoir. Mais en dépit de son âge, grosso modo, il les tient bien ces manettes quoiqu’on en dise et de tout ce qu’on peut lui reprocher. On ne peut même pas le comparer à son prédécesseur, totalement instable et lunatique, inféodé aux Turcs et aux Qataris, Béji Caïd Essebsi joue dans une division bien supérieure. Pour l’avoir rencontré à plusieurs reprises et voyagé avec lui, je peux témoigner, ainsi que des centaines d’autres personnes, que l’actuel président de la République est bien plus actif et productif que beaucoup de trentenaires et quadragénaires que je connais. Moins dynamique, certes, mais plus actif et plus productif, cela ne souffre d’aucun doute.

 

En résumé, avec un minimum de bon sens, faire propager la rumeur du décès du président de la République est une idiotie qui ne sert à rien. Ce qui est cependant inquiétant est la réaction de l’entourage du président de la République qui a réagi au quart de tour pour démentir l’intox et annoncer le dépôt d’une plainte et l’ouverture d’une enquête. Une institution comme celle de la présidence devrait, à mon sens, avoir plus de retenue et de hauteur, ne pas céder au populisme et donner écho et importance aux agitations des excités de tous bords. Un démenti formel via les réseaux sociaux et les médias aurait suffi. L’impulsivité n’a pas sa place face aux hordes.

 

Ce qui est cependant surprenant est la rapidité des services de l’Etat pour arrêter les énergumènes suspectés d’être derrière l’intox. Ainsi donc, une unité sécuritaire spécialisée relevant de la brigade nationale de lutte contre le terrorisme a réussi en moins de 48 heures à identifier les suspects.  En clair, on a fait appel à l’artillerie lourde pour abattre une mouche. Une rapidité et une mobilisation qu’envieraient les centaines de « personnalités » victimes quotidiennes de ces agressions et de ces intox. Nous avons donc la capacité d’arrêter les voyous, mais nous les laissons quand même continuer à insulter et à menacer ? Pourquoi la brigade qui a réagi au quart de tour, avec efficacité, pour arrêter ceux qui se sont attaqués au président de la République ne réagirait-elle pas aussi rapidement et efficacement quand c’est un député ou un homme de médias la victime ?  

 

L’Etat et ses services sont supposés être au service de tous et les victimes des délinquants numériques se comptent par milliers et il n’est pas toujours besoin que ces derniers déposent plainte auprès du procureur et déclenchent le long et pénible processus judiciaire pour que ces services d’El Gorjani réagissent. Une personnalité publique se fait attaquer quotidiennement par de nombreux délinquants numériques et n’a ni l’énergie, ni le temps pour déposer plainte à chaque fois.

 

BCE n’est point éternel, encore moins ceux qui le tuent ou ceux qui l’adulent

Par Nizar Bahloul, publié le 20/11/2017 15:59

Des énergumènes de bas niveau ont publié dans la nuit du vendredi au samedi une fausse page Facebook de France 24 faisant état du décès de Béji Caïd Essebsi. De pareils fake, on en a l’habitude depuis la création des réseaux sociaux et cela a pris des proportions démesurées depuis 2011. L’impunité a été un réel facteur d’encouragement pour la propagation de tous types de rumeurs, d’insultes, d’intimidations et de menaces. Tous ceux qui évoluent dans la sphère publique ont été victimes, à un moment ou un autre, de ce type d’agressions numériques. A la longue, on s’est habitué et on en rit. Il m’est arrivé personnellement de rencontrer dans la vraie vie plusieurs de mes détracteurs et « ennemis déclarés » et j’ai découvert des personnes timides, introverties et discrètes qui n’osent jamais dire en face ce qu’ils écrivent derrière un écran. Le phénomène ne touche pas que la Tunisie, il est universel et, à ce jour, aucune solution véritablement efficace n’a été trouvée contre ceux qui vous agressent et vous salissent, juste parce que vous avez une opinion contraire à la leur. Les mettre en prison, leur flanquer de grosses amendes et imposer de payer des dédommagements à leurs victimes, leur interdire l’utilisation d’internet comme on priverait un chauffard de permis de conduire ou un hooligan d’accès au stade ? Les propositions sont nombreuses, mais l’efficacité tarde, le phénomène (je le répète, il n’est pas exclusif à la Tunisie) prend de plus en plus des proportions démesurées.

 

Le souci est que la rumeur propagée dans la nuit du vendredi au samedi n’aurait pas connu cette ampleur s’il n’y avait pas des « personnalités » politiques et médiatiques, supposées être posées et sensées, qui ont relayé l’intox sous forme d’interrogation. Ces « personnalités » sont, pour leurs abonnés, des sources d’information crédibles similaires à des institutions médiatiques en bonne et due forme. Et quand ces « personnalités » relaient des intox, ces intox deviennent des vérités pour le citoyen lambda.

 

Dans le cas d’espèce, on n’est plus dans l’erreur ordinaire, mais dans la mauvaise foi. Et quand il s’agit de propager à dessein une intox touchant un homme politique de premier plan, il y a forcément un objectif politique derrière. Un objectif idiot puisque l’intox en question va être démentie dans les minutes ou les heures qui suivent sa propagation. Alors pourquoi cette rumeur ? Qu’en restera-t-il après ? Le souvenir que le président de la République est une personne âgée qui peut décéder à tout instant ? Nul ne détient l’agenda d’Azarël et le décès tout récent de feu Slim Chaker en est une preuve. Heureusement ou malheureusement, on meurt à tout âge. Que la Tunisie peut basculer d’un moment à l’autre après son décès ? Soit, mais basculer vers quoi ? On est en démocratie et la pire chose qu’on risque est d’organiser, dans la précipitation, de nouvelles élections. Que la Tunisie est fragile d’être commandée par une personne âgée ? Constitutionnellement parlant, il est bon de rappeler que ce n’est pas le président de la République qui dirige la Tunisie, mais le chef du gouvernement. Concrètement, ceci n’est pas très vrai chez nous et Béji Caïd Essebsi (à cause ou grâce à sa forte personnalité) tient les manettes du pays via Youssef Chahed, mais aussi via son fils Hafedh Caïd Essebsi et son « ami » Rached Ghannouchi, les deux dirigeants des principaux partis au pouvoir. Mais en dépit de son âge, grosso modo, il les tient bien ces manettes quoiqu’on en dise et de tout ce qu’on peut lui reprocher. On ne peut même pas le comparer à son prédécesseur, totalement instable et lunatique, inféodé aux Turcs et aux Qataris, Béji Caïd Essebsi joue dans une division bien supérieure. Pour l’avoir rencontré à plusieurs reprises et voyagé avec lui, je peux témoigner, ainsi que des centaines d’autres personnes, que l’actuel président de la République est bien plus actif et productif que beaucoup de trentenaires et quadragénaires que je connais. Moins dynamique, certes, mais plus actif et plus productif, cela ne souffre d’aucun doute.

 

En résumé, avec un minimum de bon sens, faire propager la rumeur du décès du président de la République est une idiotie qui ne sert à rien. Ce qui est cependant inquiétant est la réaction de l’entourage du président de la République qui a réagi au quart de tour pour démentir l’intox et annoncer le dépôt d’une plainte et l’ouverture d’une enquête. Une institution comme celle de la présidence devrait, à mon sens, avoir plus de retenue et de hauteur, ne pas céder au populisme et donner écho et importance aux agitations des excités de tous bords. Un démenti formel via les réseaux sociaux et les médias aurait suffi. L’impulsivité n’a pas sa place face aux hordes.

 

Ce qui est cependant surprenant est la rapidité des services de l’Etat pour arrêter les énergumènes suspectés d’être derrière l’intox. Ainsi donc, une unité sécuritaire spécialisée relevant de la brigade nationale de lutte contre le terrorisme a réussi en moins de 48 heures à identifier les suspects.  En clair, on a fait appel à l’artillerie lourde pour abattre une mouche. Une rapidité et une mobilisation qu’envieraient les centaines de « personnalités » victimes quotidiennes de ces agressions et de ces intox. Nous avons donc la capacité d’arrêter les voyous, mais nous les laissons quand même continuer à insulter et à menacer ? Pourquoi la brigade qui a réagi au quart de tour, avec efficacité, pour arrêter ceux qui se sont attaqués au président de la République ne réagirait-elle pas aussi rapidement et efficacement quand c’est un député ou un homme de médias la victime ?  

 

L’Etat et ses services sont supposés être au service de tous et les victimes des délinquants numériques se comptent par milliers et il n’est pas toujours besoin que ces derniers déposent plainte auprès du procureur et déclenchent le long et pénible processus judiciaire pour que ces services d’El Gorjani réagissent. Une personnalité publique se fait attaquer quotidiennement par de nombreux délinquants numériques et n’a ni l’énergie, ni le temps pour déposer plainte à chaque fois.

 

Commentaires (22) Commenter
Je vous prie de différencier entre
Dr. Jamel Tazarki
| 26-11-2017 12:23
les pseudonymes "Dr. Jamel" et "Dr. Jamel Tazarki"
===> il s'agit de deux différents commentateurs!

Merci

@Abel Chater
Dr Jamel
| 25-11-2017 13:35
Le Roi des tartuffes.
le flagorneur en chef!!
Vous nous faites honte!!
Carthage et Son Armee de Mercenaires
Kairouan
| 23-11-2017 21:35

Et si l'on avouait - humblement, courageusement, enfin pour une fois; une fois seulement, dirait Brel - que l'encre de notre Histoire, toujours de meme couleur, transparente comme celle d'un espion, n'est autre que ce qu'on appelle en anthropologie La Culture, ou "The Hidden Dimension" (Edward T. Hall, 1966)?
Une Histoire faite de quelques rumeurs et de beaucoup de superstitions!

Tout a fait @DHEJ! Votre president dechu n'a souffert ni des rumeurs, ni de l'eloignement (au sens de l'anthropologie de Hall).
Tout ce qu'il y a eu c'est qu'il a coule dans la peur et la superstition ... comme coule un plomb.
A prendre au sens physique et metaphorique, naturellement,
Justice ne rime forcément pas avec justice.
Jacques Vergès
| 23-11-2017 15:06
C'est quand même paradoxal d'arrêter des gens qui ont diffusé une fausse information sur le chef de l'Etat, fut elle morbide et de mauvais goût,et d'en laisser d'autres qui ont commis des délits avérés, en liberté ; sans oublier les lois d'exception à effet rétroactif votées pour permettre à certains de ne pas encourir les rigueurs auxquelles d'autres sont astreints .Il y a sans doute une Justice dans le pays, et c'est tant mieux; mais où est la justice?
Un merveilleux article plein de bon sens. Sauf à sa fin. Là où l'appel à la dictature numérique de l'Etat tunisien, se trouve sous pli fermé.
Abel Chater
| 21-11-2017 14:14
Nizar Bahloul a rédigé cet article par le biais de mon âme et de ma conscience. Je le remercie infiniment comme à nos beaux vieux jours sur les pages de BN.
Il est toutefois injuste de faire l'amalgame entre la presse et le Facebook ou entre les journalistes et les «écrit-tout». Il est encore plus injuste d'officialiser et de documenter le contenu des Facebook, du moment que leur falsification se fasse depuis l'étranger. Nous avons tous vu, comment les Russes avaient fait accéder Donald Trump à la présidence des USA, par une armée virtuelle. Des logiciels multiplient par myriade une simple information sous multiples versions et sous multiples pseudonymes. Nous les Arabes et les Musulmans, nous sommes aussi les victimes de ce système utilisé depuis belle lurette par les juifs de la «caverne d'asraèl baba», où ils occupent, torturent et massacrent les Palestiniens, tout en versant leurs larmes de crocodiles au restant du monde.
On remarque que tous leurs «pets virtuels» n'attrapent que les nigauds sans le moindre poids parmi la population tunisienne. Un vent qui creuse un trou dans l'eau, à peine qu'il s'arrête à souffler, le tourbillon se referme tout de suite. De l'urine dans nos déserts arabiques, à peine qu'on ait fini, qu'elle s'évapore et ne reste que sa mauvaise odeur. D'ailleurs il est difficile de comprendre l'esprit et la mentalité de sauterelles, dont ne cesse de faire preuve l'actuelle porte-parole de la présidence de la République, Saïda Garrache. Elle ne cesse de transformer le Palais de Carthage en un «Hammam Ennissa». Des cris hystériques à la vue d'une simple souris. Elle Fait bouger des Instances judiciaires et policières, pour mettre la main sur des clowns, qui pourraient s'avérer des gamins ou des détraqués mentaux. D'ailleurs, Nizar Bahloul l'explique très intelligemment par sa phrase : «un objectif idiot, puisque l'intox en question va être démentie dans les minutes ou les heures qui suivent sa propagation».
Que dire plus, pour ne pas rabaisser l'hystérie de Madame Saïda Garrache, à celle d'une république bananière?
La vieillesse n'est pas une maladie.
Habib
| 21-11-2017 08:15
Cette querelle sur l'age avance du President Beji Caied Essebsi me rappelle ce que l'ex-President de la Republique du Senegal Abdullay Wade - a qui l'opposition lui refusait le droit de presenter sa candidature a la magistrature supreme vu son age avance - avait repondu que " la vieillesse n'est pas une maladie ".
Et comme d'habitude
H.F
| 21-11-2017 01:36
C comme d'hab on profite de dénigrer Marzouki !
Un acharnement ? Non c'est constructif ! ?
@HatemC
kameleon78
| 20-11-2017 20:31
Film magnifique que j'ai revu récemment à la télé, un film hors du temps, un des chefs d'oeuvre du cinéma italien.
oui aucun n'est etrnel mais
sassi
| 20-11-2017 20:27
mais BN une telle rumeur peut provoquer un désordre et une autre révolution
@Jilani
kameleon78
| 20-11-2017 20:27
Mugabe est un dictateur installé depuis 1980 alors que BCE a été élu par les tunisiens en 2014, donc ne faisons pas de confusion.
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