alexametrics
A la Une

Interview Béji Caïd Essebsi : C’est grâce à mon âge que j’y arriverai !

Interview Béji Caïd Essebsi : C’est grâce à mon âge que j’y arriverai !


C’est avec Béji Caïd Essebsi que nous avons effectué la dernière interview d’une série, accordée à Business News par différents candidats à la présidentielle. Le candidat de Nidaa Tounes nous a reçu à l’hôtel Paris. Entouré de quelques membres de sa cellule communication, Béji Caïd Essebsi, dans l’ambiance feutrée de sa suite au Lac, a répondu à nos questions. Interview.


A votre candidature on opposait le facteur âge, à votre campagne on oppose le facteur « taghaouel » (omnipotence). Que répondez-vous aux deux contre-arguments qu’on oppose à votre présence sur la scène politique?

Je n’ai pas commencé ma vie politique quand j’ai annoncé mon intention de me présenter à la présidentielle, mais depuis les années 50. Ce n’est pas au hasard que j’ai choisi pour Nidaa, à son lancement, le logo « La patrie avant le parti ». A mon âge, on ne peut pas mentir. Nous sommes ici pour servir la Tunisie. Vous savez pourquoi ? Parce que nous ne savons rien faire d’autre ! Ce n’est pas à mon âge que je vais appliquer le « taghaouel ». On ne devient pas ainsi à cet âge. On l’est ou on ne l’est pas et mon parcours politique est témoin que je ne le suis guère.

J’ai quitté la scène politique, pendant 20 ans. J’avais vu qu’avec Ben Ali, je ne pouvais pas agir ; je me suis alors retiré. Depuis 1991, j’ai fait d’autres choses et j’ai réussi. Quand on a fait appel à moi parce que le pays était en crise très profonde. J’ai accepté mais seulement pour 4 mois. Cela avait été prolongé à cause des élections et j’ai quitté, ensuite, sans que la loi ne m’y oblige. Nous avons mis en place un décret pour convoquer le corps électoral afin de rédiger une Constitution dans une période d’un an c’était cela la matrice du gouvernement en place à l’époque. Nous n’avions aucune obligation de céder notre place à d’autres. J’ai cependant estimé qu’ayant pris un engagement public de quitter, une fois les élections mises en place, élections auxquelles j’avais fixé la date, le jour même de mon départ j’avais exprimé ma décision de me retirer. J’avais rencontré Hamadi Jebali, j’ai même donné une réception pour accueillir les arrivants. C’est bien celui qu’on accuse de « taghaouel » ? J’aurais pu à l’époque les mettre tous en marge et continuer là où j’étais. Ceci dit, je savais ce que je faisais et ce choix n’a pas été fait par inexpérience. Ce n’est pas maintenant que je vais devenir omnipotent alors que nous sommes sur la voie de l’élection, c'est-à-dire le verdict du peuple ; verdict à respecter, évidemment.

Il faut dire que le peuple nous a donné une primauté et non une majorité. Et notre peuple n’est pas bête, comme certains le pensent. Il est sage et fin. Il nous a donné 17 sièges pour que nous mettions en place le nouveau gouvernement et pour que nous menions le pays ; mais pas seuls ! Il a donné à Ennahdha 69 places. Je vous précise et le message est intelligible : Ces places ont été accordées à Ghannouchi parce que c’est lui qui a fait la campagne d’Ennahdha, comme moi, j’ai fait la campagne de Nidaa Tounes. J’ai tenu 10 meetings et chaque meeting a fait 10.000 présents voire plus. C’est cela donc le message ! Nous ne pouvons faire preuve d’omnipotence et ceux qui le disent n’ont pas compris ou ne sont pas à la hauteur.
Pour ma part, j’étais régi par plusieurs contraintes et, actuellement, il ne m’en reste que deux : nous avons la Constitution et je m’appliquerai à faire respecter la légalité et nous avons le verdict du peuple que je ne manquerai jamais d’honorer. Si le peuple me demande de quitter la scène et de rentrer chez moi, je déclarerai, volontiers, que je retournerai chez moi rempli de joie.

Le « taghaouel » est dans la tête de ceux que nous avons choisis pour un an et qui en sont restés trois et cela est un complot contre la légalité. Ensuite nous les avons choisis pour rédiger la Constitution et ils ont fini par dire : non, nous voulons gouverner. Ca c’est l’omnipotence ! Ils avaient mal dirigé le pays parce qu’ils ne sont pas prêts pour cela et quand le peuple leur a rappelé cette vérité, il était dans son droit de leur attribuer un zéro pour leur copie. Ils ont eu entre zéro et un siège. Suis-je derrière cela ? Vont-ils dire que les élections sont truquées ? Ils ne veulent pas accepter le verdict du peuple, et c’est cela l’omnipotence ! L’un a dit que le peuple va regretter ses choix et l’autre a déclaré avoir peur pour l’avenir de la Tunisie. Pourquoi n’a-t-il pas eu peur pour la Tunisie, justement, depuis trois ans, alors qu’il se targuait de commander seul ? Le « taghouel » est dans la tête de ceux qui ne croient pas en la Tunisie ; car la Tunisie n’admet pas pareille pratique. Je suis peut-être un « ghoul » mais dans le bon sens. La Tunisie ne supporte pas l’omnipotence et celui qui s’en croit capable, qu’il sache qu’il ne tiendra pas.

Le candidat Marzouki est-il à craindre ?


Bien entendu, il est à craindre. Parce qu’il fout la pagaille ! Il est en train d’inviter des Salafistes, des membres des LPR, des extrémistes religieux. Vous nous imaginez avec un « zigomar », ministre de la Justice et untel devenir ministre de l’Intérieur ? Réfléchissons un instant qui sont les figures marquantes aux côtés de Marzouki ? Ces bandits vont diriger la Tunisie ?
Parce que je connais l’histoire de mon pays j’avais déclaré, une fois, que la révolution n’est qu’un moment dans l’Histoire de la Tunisie. Comme un arbre « 4 saisons » : il produit des fruits différents mais qui se nourrissent tous du même tronc. Si on coupe une des branches, l’arbre peut mourir, ses fruits comme ses feuilles. Si on coupe la révolution, ce moment important de l’Histoire de la Tunisie, elle pourra prendre fin et mourir. C’est ce que fait Moncef Marzouki. Il hypothèque son avenir, enfin lui, il n’en a pas, mais hypothèque plutôt l’avenir de la Tunisie.

Ennahdha ne vous a pas soutenu pour les prochaines élections. De quel œil voyez-vous ce choix d’Ennahdha?


Tous les Nahdhaouis soutiennent Moncef Marzouki. Il ne peut pas passer ainsi de 11% à 22% ! Je suis sûr qu’il y a une dichotomie (remarquez que je parle de dichotomie et non pas de rupture) entre la direction d’Ennahdha et ses cadres : Ghannouchi et son cercle, et ils ne sont pas nombreux, ont compris qu’il fallait rester éloignés de ce type de prise de position. Le reste n’a pas compris les impératifs de la conjoncture actuelle. Ils sont pour la plupart avec Moncef Marzouki. Ils pensent qu’ils ont fait le bon choix mais ils se trompent. Le seul à avoir tout compris c’est Rached Ghannouchi. Même si celui-ci aurait dû voter pour lui-même, mais lui ne vote en réalité pour personne. Parce qu’il a compris qu’ils avaient fait une erreur capitale en prenant les rênes du pouvoir le 23 octobre et ont enchaîné, ainsi, les erreurs.
Mais les islamistes n’ont pas vraiment perdu les élections. Ils ont même capitalisé leurs gains faits par le passé et se sont mis en position d’attente, ayant compris que le moment n’était pas propice à une deuxième épreuve de pouvoir. Les grandes positions d’attente, quand elles sont menées par des personnes ayant une longueur d’avance sur les autres, sont toujours mal comprises. Ghannouchi n’a pas été suivi par ses troupes et ça sera le grand malheur d’Ennahdha, parce qu’ils se sont attachés à des illusions extérieures et à des doctrines dépassées. C’est valable pour les Islamistes comme pour certains partis de Gauche. Le Communisme est dépassé et il reste pourtant en vie dans la tête de certains qui y croient comme mode de gouverner. Diviser, cependant, la pauvreté n’est pas une idée judicieuse, car nous en avons tellement que nous serons tous servis.

En cas de victoire à la présidentielle, qui présidera Nidaa ? Est-ce Taïeb Baccouche jusqu’au congrès (prévu pour le 17 février, nous dit-on) ?

Pour moi, les personnes importent peu. En ce qui concerne l’organisation interne de Nidaa, il y aura un Congrès aux alentours de cette date. J’estime que le parti n’est pas une fin en soi et d’ailleurs j’ai structuré ce parti, dès le départ, sur des bases à la solidité desquelles personne n’avait cru à l’époque. Les syndicalistes, quoiqu’ils soient ancrés dans leur archaïsme, les Destouriens aussi, d’ailleurs, comptent parmi eux des génies qui, comme Farhat Hached, sont assez visionnaires pour voir que leur réflexions et leur actions n’ont pas d’avenir si elles ne s’inscrivent pas dans la continuité de l’intérêt de la Nation, en tenant compte des nécessités de chaque époque. Nous avons dans Nidaa des gens de Gauche que j’ai avertis, dès le départ, que pour rencontrer les gens de droite, il faut qu’ils aillent davantage vers le Centre. Et nous avons pris aussi des indépendants parmi nous.

C’était ma conception dès le départ ; certains n’y avaient pas cru, mais ils ont fini par être convaincus. Quand nous avons eu, au sein de Nidaa, des voix dissidentes, je demandais à ce qu’on opte pour le silence au lieu des affrontements. Certains pouvaient y voir un signe de faiblesse, mais cela s’inscrivait dans une perspective d’avenir. Nous avons ainsi pu créer un parti qui rassemble au lieu d’en avoir une quinzaine (et chacun de ceux qui ont rallié Nidaa pouvait aisément en créer), ce qui nous aurait ramenés vers une situation de rupture.
Ce parti peut-il changer, quand je ne serai pas là ? Si je ne pensais qu’au parti, j’aurais préféré ne pas être élu président, mais je pense à la Tunisie. J’espère toutefois être encore présent pour que soit tenu le Congrès de Nidaa et, à partir de là, se dégagera une direction cohérente parce que la direction actuelle ne l’est aucunement. En effet, le composite de Nidaa est varié, comme je l’ai expliqué, avec une représentativité maximale de différentes franges politiques.

Oui, mais actuellement, vous gouvernez seul le parti, qu’en sera-t-il après votre départ ?

Ceci est faux ! Jamais je n’ai gouverné seul, ni même laissé Bourguiba gouverner seul. Je l’avais toujours averti en cas d’écart par rapport à cela et c’est pour cette raison qu’il me respectait. Je le conseillais sans lui dicter un comportement. Il y en a qui, en conseillant quelqu’un, s’obstinent pour que leur conseil soit suivi à la lettre. Quant à moi, quand j’ai une consigne je la dis poliment mais efficacement. Pour Nidaa, je ne me fais pas de soucis. Je participerai à ce congrès pour maintenir cet élan, parce que les résultats sont importants.
Je dirai à ceux qui étaient réfractaires à certains choix, vous n’étiez pas d’accord, voilà que vous êtes au pouvoir ! Mais gardez-le et essayez de le faire progresser ! Parce que si nous agissons pour nous-mêmes et que nous composons un gouvernement à partir de nous-mêmes, jamais nous ne pourrons garantir la survie de notre mouvement. Pour tout cela, il faut une force de caractère et il faut aussi une vision tenant compte de l’intérêt général. Il y a quelques-uns qui réfléchissent dans ce sens, dans ce parti que je préside pendant deux ans. Beaucoup de personnes essaient de nous rejoindre, mais derrière cette requête il y a, dans bien des cas, un profit escompté. Ces profils-là ne nous intéressent pas. Nidaa est dans une meilleure santé qu’on le dit. Sa continuité, au cas où je sois élu président, n’est pas une affaire facile, mais je vais m’y employer.

Nidaa a gagné une certaine aisance dans le cadre des législatives. Ne pensez-vous pas qu’une victoire, également à la présidentielle, sera une épreuve de taille pour un parti jeune et dont la structuration est encore en cours?

Ceci est vrai. Si nous allons vers le pouvoir pour notre satisfaction personnelle, ceci arrivera. Mais si nous exerçons le pouvoir dans l’intérêt de la Tunisie, ça n’arrivera pas. Quant à Ennahdha, comme je vous l’ai déjà précisé (et suivez mon regard !), j’ai deux contraintes : le respect de la Constitution et le respect de la décision du peuple et le peuple ne m’a pas donné une majorité absolue. J’ai toujours dit que, même avec une majorité absolue je ne gouvernerai pas tout seul. Ca ne serait pas dans l’intérêt de Nidaa Tounes, ni dans l’intérêt de la Tunisie.

Votre porte est, donc, ouverte ?


Il faut savoir à qui d’abord ! Ma porte est ouverte à des personnes, mais pas à des partis, car les partis ne raisonnent pas de la même manière que moi. En revanche, il se trouve surement dans tous les partis, des personnes qui ont une vision pour l’avenir de leur pays. Je ne crois pas aux idéologies, ni à la rigidité des appartenances. Je suis l’élève de Habib Bourguiba (et non son héritier). Je suis le produit de son école. Alors comme lui, choisissons la politique des étapes. Je suis partisan de cette politique, pas celle de « l’étapisme » dont parlent certains penseurs français, c’est un même processus qui se répète et où, à chaque étape, nous préparons celle qui va suivre. Si on estime que l’étape à laquelle on parvient est une fin en soi, c’est qu’on n’a rien compris à la politique de Bourguiba.
Pour le moment, personne n’a intérêt à cristalliser les situations. Il faut que l’on se dise que nous vivons ensemble et tenir, de ce fait, compte de la diversité. Ceci ne veut en aucun cas dire que nous partagerons tout. Comme le dit le dicton arabe « C’est à la taille de la couverture que l’on tend les jambes ». Quoiqu’il en soit, nous n’irons pas vers des situations conflictuelles. Ca n’est ni dans leur intérêt ni dans le nôtre. Face à une porte qui grince, il y en a qui graissent à outrance et il y en a qui huilent goutte après goutte. Je suis de ces derniers, croyant à la modération dans les démarches pour trouver de réelles solutions.

Vous êtes assez populaire et la popularité revêt, des fois, des formes non maîtrisées de la communication. Ne craignez-vous pas les laudateurs et leur effet sur votre image ?

Toutes les images se ternissent par le temps. Je ne vais donc pas être téméraire face à cela. J’écoute les avis contraires comme ceux des laudateurs. Et de ces derniers, nous trouverons toujours. Mais ceci n’est pas important, quand on est imprégné du destin de son pays, comme je l’ai été au début de ma carrière politique, par accident, et comme je le suis, désormais, par choix. J’ai commencé par gagner une bataille contre moi-même et, à partir de là, j’ai compris qu’envers les autres, il fallait être compréhensif et admettre les différences de chacun. J’écoute tout le monde et je n’ai pas de rancune pour celui qui m’attaque, comme pour celui qui me glorifie, car je pense que les deux ont un effet néfaste. J’ai viré ma cuti, comme on dit !

Votre parti communique souvent sur des rencontres que vous faîtes avec nombre d’ambassadeurs. Pourquoi ces rencontres et pourquoi vous et pas d’autres candidats?

Les gens s’inquiètent pour l’avenir de la Tunisie. Ils me demandent mon avis à tout hasard. Celui qui me dit qu’il me voit déjà président pour justifier sa visite, je ne le croirai pas. Je sais aussi résister aux compliments. Si je réglais ma politique sur l’avis des gens qui me visitent…
Il n’y a pas une personne qui demande de me rencontrer et que je refoule. Autour de moi, on me dit, souvent, que je perds, ainsi, mon temps, mais qu’importe ! L’intérêt se trouve des fois là où on est persuadé qu’il n’y en a point. J’ai profité de l’expérience de tous. J’ai reçu des délégations diplomatiques, avant même que je ne me présente à l’élection présidentielle. Ces visites peuvent sembler, en cette période, nombreuses, mais c’est surtout parce que mon planning chargé m’impose des fois de les grouper. Je les reçois les unes après les autres, une demi heure chacune. Et quelque part, ça m’a servi, car, en cette période où on me donne souvent pour mort ou malade, ça sert à quelque chose d’être vu.

La Libye, la Syrie et l'Égypte, comment voyez-vous nos relations avec ces pays qui connaissent des changements politiques plus ou moins houleux ?

La Tunisie est un petit pays dont la situation géographique a des particularités. C’est un pays qui n’est pas sorti du sous-développement, ni même de la période coloniale à vrai dire ! En France, on nous traite encore comme des colonisés. Nous ne pouvons, de ce fait, pas faire preuve d’une politique de grande puissance. Il faut tenir compte de tous ces facteurs, savoir où mettre les pieds et ne pas agir comme M. Obama ou M. Poutine, alors qu’eux-mêmes ils tiennent compte de cette délicatesse. Oui, la Tunisie a 3 mille ans d’histoire, mais l’Egypte, par exemple, en a 5 mille. Elle est un grand pays, dispose d’une situation géographique importante et d’un peuple grand, en nombre. Nous n’allons, tout de même, pas imposer une certaine politique à l’Egypte. Nous devons revoir notre politique étrangère. En ce moment, personne ne nous écoute plus ! Est-ce parce que nous avons fait une révolution que l’on va s’insurger sur tout ?

Nous devons avoir de bonnes relations avec tous les pays. Je ne sais pas comment vont évoluer nos relations avec la Syrie, mais renvoyer l’ambassadeur syrien était une erreur monumentale. On ne déclare pas comme ça un ambassadeur persona non grata s’il n’a pas porté atteinte à votre pays. C’est peut-être pour des raisons idéologiques que cette décision avait été prise, en tenant uniquement compte de l’idée des droits de l’Homme. Mais qu’on applique déjà les droits de l’Homme chez nous avant de sanctionner, à ce titre, les autres pays.

Quant à la Libye, je peux vous dire qu’elle est un pays vital pour la Tunisie. Nous l’avons beaucoup aidée, pendant sa révolution. Il y en a qui disent que c’est, à cause de la Libye, que des armes ont été rentrées en Tunisie, illicitement. Mais ce sont, là, des paroles de pauvres diables ! Notre attitude par rapport à la Libye dans le cadre de l’aide que nous lui avons fournie a été stratégique et nous sommes, à coup sûr, pour quelque chose dans la réussite de son parcours. Sans nous, peut-être que la Libye aurait été encore en guerre. Mais en ce moment, les choses sont compliquées, il n’y a plus d’Etat en Libye, mais des groupements et des groupements armés ! On me reproche d’avoir permis que des armes parviennent en Libye, mais ce pays a, en matière d’armes, de quoi libérer l’Afrique.

Quoiqu’il en soit, nous ne devons pas nous immiscer dans les affaires libyennes, car cela nous amènerait à défendre une partie au détriment d’une autre. Nous pouvons ainsi nuire aux relations avec le seul pays constituant notre bouffée d’air sur le plan économique. Il y en a qui dénoncent la contrebande. Mais cela fait vivre la Tunisie. Même Ben Ali n’avait pas touché à ce « secteur ». Si, par une politique mal inspirée, nous nous mêlions des affaires libyennes, nous perdrons ce pays et nous y perdrons beaucoup. Des Libyens viennent me voir pour me demander de l’aide encore, je leur réponds toujours que je ne peux les aider que par ma non-ingérence. Dans le cadre d’un programme régional complet, la Tunisie ne serait pas absente évidemment.

Vous président, quelle sera la destination de votre première visite officielle à l'étranger ? (Pays arabe et pays occidental)


Je ne pense pas venir à la tête de l’Etat pour commencer par voyager. Je vais d’abord résoudre les problèmes que nous avons ici. Auparavant, d’autres nécessités imposaient pareils voyages, mais, pour la proche période à venir, on commencera par rester en Tunisie. Si des gens viennent nous voir, on leur rendra évidemment la visite. Quand j’étais premier ministre provisoire j’ai appliqué cette symbolique de la première visite. Mehdi Jomâa m’a demandé conseil, puis a fait la même chose que moi, en se rendant d’abord en Algérie. En parlant de Mehdi Jomâa, j’échange beaucoup avec lui et cet homme, je pense que s’il n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. Il est arrivé dans des circonstances extrêmement difficiles. Je n’avais pas voté pour lui. Mais il est venu me voir et quand nous avions discuté, j’ai trouvé en lui un homme de bonne volonté. Pour le juger, on doit tenir compte des difficultés avec lesquelles il part et des limites qui lui sont imparties.

Si vous êtes élu président, voyez-vous Mehdi Jomâa dans votre équipe?

Je ne vois personne, je ne suis pas voyant et les qualités de visionnaires s’appliquent uniquement à la stratégie. La première personne que Mehdi Jomâa a rencontrée, c’était moi. Il est venu me voir à mon domicile, je l’avais conseillé et il a profité de mes conseils. Je l’ai toujours soutenu et je le soutiens encore. Beaucoup peuvent figurer dans mon équipe, parce que mon équipe est celle de la Tunisie. Car il n’y a pas d’équipe valable pour une durée indéterminée, je dirais que, dans l’équipe du moment nécessaire à la Tunisie, tout le monde peut figurer !

26 concurrents, quel regard portez-vous sur leurs "personnages", leurs idées et leurs candidatures?


Que Dieu soit avec eux tous ! Il y en a qui sont venus me voir dans le cadre de visites de courtoisie. Ils étaient venus m’informer de leur intention de se porter candidats. Je leur demandais les raisons d’un tel choix et ils me répondaient avoir une valeur ajoutée à ramener à la Tunisie. Je les ai donc encouragés à aller de l’avant. Il n’y en a pas un que j’ai dissuadé. Mustapha Kamel Nabli, Mondher Zenaïdi, Abderrahim Zouari, je les ai rencontrés et je les ai encouragés et, même après, je n’ai jamais demandé à un candidat de se désister, bien au contraire. Mais il y a, parmi les candidats à la présidentielle, ceux qui ne sont pas conscients des impératifs de la conjoncture actuelle.
Si c’est pour être président, tout le monde peut alors candidater. La présidence est une étape pour faire évoluer les choses. Pour arriver à cet objectif, il faut être conscient qu’on ne peut pas le faire tout seul et qu’il faut mobiliser le maximum de bonne volonté pour faire sortir la Tunisie de l’ornière dans laquelle elle se trouve. Je ne vais pas critiquer les autres candidats, surtout que nous sommes, désormais, des concurrents. Je laisse à chacun sa chance et j’estime que le peuple est suffisamment averti pour faire le bon choix. Il vaut mieux faire confiance à son peuple que de faire confiance à Madame Soleil !

On vous décrit déjà comme un président qui exercera une omnipotence écrasante. Une fois à Carthage quel type de président vous voyez-vous être?

L’omnipotence est le propre du parti unique. Moi, je me suis depuis longtemps détaché de l’idée du parti unique. Je vais faire l’impossible pour réunir tous les Tunisiens et offrir à chacun une ouverture pour qu’à travers ses potentialités, il œuvre pour son pays. Je ne m’en sortirai pas en étant un tyran. J’étais le meilleur en mathématiques, je sais calculer, Bourguiba, le pauvre, ne savait pas compter, mais moi je sais calculer ! C’est une idée « congénitale », il faut faire appel aux potentialités de chacun : chacun en a, il suffit de savoir les dénicher. Une personne autre que moi ne pourrait pas le faire, mais moi je pourrai. C’est peut-être à cause de mon âge, voire grâce à mon âge que j’y arriverai !

Votre commentaire

(*) champs obligatoires

Conditions d'utilisation

Les commentaires sont envoyés par les lecteurs de Business News et ne reflètent pas l'opinion de la rédaction. La publication des commentaires se fait 7j/7 entre 8h et 22h. Les commentaires postés après 22h sont publiés le lendemain.

Aucun commentaire jugé contraire aux lois tunisiennes ou contraire aux règles de modération de Business News ne sera publié.

Business News se réserve le droit de retirer tout commentaire après publication, sans aviser le rédacteur dudit commentaire

Commentaires

Commenter

Bourguibiste nationaliste
| 23-11-2014 17:42
Bonjour Si Slahdiine,
Votre raisonnement est juste, mais à une seule condition : pour intégrer des opposants, il faut un consensus minimum. Or il ne peut y avoir de consensus avec les ennemis de la patrie et de la République.
Cordialement

dodo
| 22-11-2014 21:18
Rabbi yfadhelek!!!

mirchams
| 22-11-2014 21:15
Aux détracteurs de Bajbouge ;« On a vu souvent rejaillir le feu de l'ancien volcan qu'on croyait trop vieux »!!

Le Baron
| 22-11-2014 20:52
Le vieillard Bce gros manipulateur des foules naïves de *** débite un nombre incroyable de mensonges plus grossiers les que les autres mais les foules naïves adorent cela ca me rappelle ceux qui ont acheté le persil de tahar ben hsine

TAMAZGHA
| 22-11-2014 20:33
J´ai rêvé de Merzi Haddad cette nuit,
"-Je suis immortel" - at-il-dit.

" Lá où je passe je ne vois que calomnie, lâcheté et intrigues ,

" Chez ce peuple de paresseux et de rats sans gloire ni rêves,

" Qui vivotent et se laissent berner par des sionistes sournois

"Un peuple sans foi ni sens de la gloire

" Un peuple dont l´héritage fut lapidé .

Puis Merzi Haddad m´a dit dans mon rêve:

"Toutes ces élections et ces parodies ne sont que les derniers clous dans votre cercueil.

" Les seuls qui l´on bine compris sont ceux que la palnéte entière taxent de...(?)

Puis je me suis réveillé en sueur.

Que voulait dire Merzi Haddad?

TAMAZGHA
| 22-11-2014 20:23
Par un hasard extraordinaire, les puritains diront du hasard pur comme de la Vodka Moskovite, les laïc diront du hasard du à l´esprit cartésien tandis que les autres vont dire que c´est une histoire maghrébine à dormir debout, donc par hasard on se réveille en ce jour de vendredi le 12-06-2030 en face d´un Maghreb intriguant .

Le même spectacle au Machrek d´ailleurs.

En Mauritanie, le sieur Président à vie éternelle Ould Babah, âgé de 135 années est toujours au pouvoir.

Au Maroc, un Roi des années 720 A. JC lui âgé de 1300 ans, parcourt les rues de Marrakech, allégrement.

En Algérie, Son Excellence le Président dont on a oublié le nom lui gouverne à travers un cercueil spécialement conçu à l´Institut des Sciences Transdimensions d´Oran , âgé , le président pas le cercueil de 105 années.

En Libye, pas moins de cinquante présidents tous â gés de plus de 120 ans mènent toujours une bataille de tous contre tous.

En Égypte, on avait réussi grâce au génie génétique de ressuciter Ramsès II qui bien que dépaysé avait commencé immédiatment la construction de la plus grande pyramide du monde.

Ah ! Pardon, la Tunisie, oui la Tunisie. Mr. Béji Caïd Essebsi est toujours président, oui
ägé de 155 ans.

Comme quoi, comme dirait mon voisin Johny
alias Belkbir alias Mathusalem, nous avions dans les années 2011-2014 milité pour un Mahgreb des immortels.


Slahdiine
| 22-11-2014 17:14
Bonjour Bourguibiste nationaliste,

Sans vouloir m'incruster dans votre échange avec Kairouan, j'ai lu votre opposition nette sur tout entrisme des islamistes dans le prochain gouvernement, votre position est éminemment respectable et je n'entends pas la discuter.
Cependant, en politique, dans la gestion d'un pays, le camp majoritaire au sein du parlement, cherche à ce que ses adversaires lui nuisent le moins possible et l'un des moyens de leur couper l'herbe sous les pieds est de le contrôler de l'intérieur du conseil des ministres où la discipline et la solidarité gouvernementale doit jouer à fond.
Je peux vous citer des multiples exemples de la vie politique européenne, qu'il s'agisse de la France, de l'Allemagne, de l'Italie ou des pays nordiques, dans tous ces pays, le camp vainqueur, cherche à attirer à lui des personnalités du camp adverse pour affaiblir le camp adverse et pour limiter les oppositions en divisant l'opposition.
Sarkozy n'a pas hésité une seconde avant d'engager des ministres de gauche connus, il est allé plus loin, en nommant des membres de l'opposition à la Cour des Comptes. Cela a eu pour résultat d'assommer la gauche durant deux ans au moins et d'obliger l'opposition à essuyer les plâtres.
Je pense que BCE et surtout son entourage direct, car le vieil homme, à 88 ans, on ne peut être lucide plus de deux ou trois heures par jour, donc son entourage aura pour mission de désamorcer les bombes en engageant des personnalités crédibles de l'opposition et en les nommant à des fonctions importantes de l'Etat.
Je sais bien que vous allez sursauter au plafond à la lecture de mon analyse, mais les faits sont têtus, vous avez le choix entre les poursuivre devant les tribunaux ou les engager à travailler en votre faveur, il n'y a pas d'autres possibilités politiques qui tiennent la route.
J'ajoute que personnellement, si BCE me demandait conseil ( !!!) je ne lui recommanderais certainement pas d'ouvrir des négociations pour une gouvernement composé de personnalités en provenance du camp qui a eu le pouvoir absolu durant trois années et qu'il faudrait qu'il apprenne à vivre avec son statut de minorité au sein du parlement.
J'ajouterais encore un mot, que les probabilités de voir des gens issus du Front Populaire au sein du gouvernement BCE sont aussi faibles, car les responsables du Front Populaire ne vont pas trahir leurs électeurs pour des strapontins ministériels, les gens du Front Populaires sont persuadés qu'il faut une autre politique sociale pour résoudre les graves problèmes de la pauvreté, savez-vous que près d'un tunisien sur quatre c'est-à-dire que 25 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Ces 25 % de la population faudrait-il les laisser sur les trottoirs du pays sans se demander si demain ces 25 % ne représenteraient pas une force qui obligera le gouvernement à la démission? Je pose la question.
Sur un autre point que vous n'avez d'ailleurs pas soulevé, je pense que le prochain gouvernement de Nidaa sera mis à très rudes épreuves financières, économiques et sociales, car la situation empire et les finances se font rares, par conséquent, les électeurs de Nidaa regretteront amèrement leur choix quand ils constateront la détérioration de leur condition de vie.

Cordialement
Slahdiine

Bourguibiste nationaliste
| 22-11-2014 15:30
Cher ami,
Vous avez probablement raison : votre analyse est un peu plus fine que la mienne.
Je reste cependant persuadé que toute alliance ou intégration des islamistes au gouvernement y compris des individuels, ne peut être que catastrophique pour le pays.
Bien à vous

JOHN WAYNE
| 22-11-2014 15:21
Comme tous les intellectuels brillants, Mezri Haddad est un homme qui propose des idées comme solutions aux conflits et aux crises que traverse la Tunisie.
Même si je suis d'une génération plus ancienne à cet homme qui a fait preuve d'intégrité et de Patriotisme à toutes épreuves depuis le coup d'état de la CIA du 14 Janvier 2011, je suis attentivement tous les écrits du Philosophe Tunisien.
Il existe dans le monde deux philosophes aux initiales comportant la lettre « H ».
« H » comme honte et « H » comme honneur.
BHL est le H de la honte. L'homme détruit et ment. Né à Beni Saf, rapatrié en France après la guerre d'Algérie lors de laquelle la France subissait une défaite militaire humiliante comme à Diem Bien Phu, le philosophe au nez crochu souffre du syndrome du beurre version sioniste.
Les beurres sont des expatriés dont la fonction sociale consiste le plus souvent à détruire leurs pays d'accueil et leurs pays d'origine. Les beurres maintiennent en leurs vies une culture de destruction. Ils agissent pour détruire comme réponse à la souffrance de leurs parents exilés pour des raisons économiques. L'exemple de K.S., qui est passée d'une enfance violente dans les banlieues de France, à l'ANC du Bardo est typique. K.S. prône une Tunisie démocratique cohabitant avec des islamistes Tunisiens financés par le Qatar et ce faisant, elle demeure politiquement correct car elle exauce les v'ux des sionistes de ce bas monde. Elle reçoit donc avec les autres expatriés qui minent la Tunisie de leur ignorance et de leur haine, un chèque en blanc qui lui permettra d'aller jusqu'à bout de ses ambitions lamentables. K.S. contrairement à Mezri Haddad, ne craindra ni poursuites judiciaires d'Al Jazira pour diffamation, ni instructions pénales en France pour antisémitisme.
Comme tous les beurres qui se sont précipités sur la Tunisie après la révolution des traitres, K.S. sert le monde sioniste. Elle n'a rien à craindre.
BHL est un beurre sioniste dont la haine et les ambitions destructrices sont plus sophistiquées et plus vastes : Détruire le monde Arabe pour venger l'expatriation de sa famille de pieds noirs Juifs Algériens mais aussi pour protéger cet Israël que l'on vénère par fanatisme religieux.
Mezri Haddad est le « H »de l'honneur.
MH honore la Tunisie car de son exil de Paris il est pris entre deux feux mais continue son combat comme les Palestiniens qui encerclés dans un Beyrouth Ouest en ruine, continuaient à vider leur kalachnikov sur les blindés Israéliens protégés par les avions de l'IAF.
MH est soumis au feu des Tunisiens et au feu de la France.
Le feu des Tunisiens qui y voient un contre-révolutionnaire non respectueux des aspirations d'un peuple ayant souffert sous deux régimes dictatoriaux qui ont privé les masses populaires de liberté et de toute dignité. La même idéologie des Chiites Irakiens qui ont vendu leur pays aux néoconservateurs Américains en clamant que Saddam était un tyran sanguinaire.
Mais il y a aussi le feu des sionistes qui eux aussi l'entourent et même l'encerclent dans son exil où il a même dû se rendre seul a un tribunal Parisien afin de contre-attaquer intellectuellement les conspirations dégoutantes de l'émirat bédouin du Qatar et de sa chaine de télévision Al Jazira. Une chaine de télévision qui comporte en son équipe, traitres et renégats à la solde d'Israël, faux musulmans, faux dévots, et faux patriotes Arabes.


JOHN WAYNE
| 22-11-2014 15:20
Al Jazira représente Israël et se battre contre al Jazira a Paris, ville ou sévissent des agents du Mossad comme Bernard Henry Levi, veut dire que Mezri Haddad s'est battu contre le monde entier lorsqu'il dut se présenter à la barre des accusés d'un tribunal de Paris ou une journaliste de cette chaine sioniste hurlait sa virginité réduite en lambeaux par une remarque publique du philosophe Tunisien.
La France est un pays dégoutant peuplé de colons mal repentis et de sionistes véreux.
Mezri Haddad s'est battu tout seul dans un pays, grand allié d'Israël, ou s'attaquer au sionisme et à sa philosophie nazie peut nous valoir des accusations pénales d'antisémitisme.
Honte à la France, a ses vins qui ont tous le même gout de vomi sioniste, a ses fromages malodorants comme les islamistes Tunisiens, et à son passé colonial odieux et génocidaire qu'elle masque tant bien que mal par une campagne des droits de l'homme mondiale employant des larbins sans dignité comme ***
Inutile de vous préciser que dans un pays comme la Tunisie qui comporte en son sol des hommes d'affaires Tunisiens véreux ayant bâti des empires sur les maigres salaires Bengladeshiens d'ouvriers Tunisiens résignés, jusqu'à même posséder en leurs propriétés des animaux rares importés des savanes Africaines, aucun des compatriotes de Mezri Haddad ne s'est porté au secours de cet homme encerclé par les ennemis de la Nation Arabe.
Les hommes d'affaires Tunisiens étaient trop occupés à lustrer les souliers de l'émir du Qatar et de son employé Moncef Marzouki, et à déployer des avions baptisés « liberté » et « dignité ».
Les significations si nobles dans l'histoire des peuples des mots « Liberté » et « Dignité » ont été amendés par un Peuple Tunisien devenu l'académicien du lexique de la bassesse et ses échantillons représentatifs comme Sihème B.S., pour des significations plus vastes et plus originales de servitude coloniale et de loyauté a Israël.
Les Tunisiens ont accompli une tâche immense et inédite dans le monde : prouver qu'avoir des diplômes de Harvard et de l'Ecole Polytechnique de Paris n'immunise pas contre les maladies incurables de la bassesse et de la servilité coloniale.
Le dernier article de Mezri Haddad dans lequel il exhorte les Tunisiens à voter pour BCE est celui d'un homme fatigué et résigné.
Mezri Haddad tel beaucoup d'intellectuels de l'école Française comme Sartre et Camus, fume la cigarette lorsqu'il réfléchit et pense. Il ne sirote pas de Johny Walker frappé à ses heures de lecture ou d'écriture hélas. Il s'agit d'un homme en mauvaise santé, d'autant plus usé par la trahison d'un peuple infâme qui vénère Bourguiba par des paroles vaines et frivoles, tout en bafouant la mémoire du Zaim par des actions coloniales. La santé de Mezri Haddad m'inquiète. Il s'agit d'un orphelin de Bourguiba qui me semble parfois au bout du rouleau.




A lire aussi

La crise de l’immobilier n’est un secret pour personne. Alors que beaucoup de Tunisiens privilégient

16/11/2018 19:59
2

Les indicateurs économiques sont en nette amélioration, mais il faut poursuivre les efforts et

15/11/2018 19:59
0

Le paysage politique et partisan est en perpétuelle métamorphose. Le passage à l’Assemblée des

14/11/2018 20:13
10

En dépit de son appartenance à l’un des plus grands groupes internationaux, Total Tunisie brille par

13/11/2018 16:59
22

Newsletter