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La Tunisie et la banqueroute : un risque bien réel

La Tunisie et la banqueroute : un risque bien réel
Les cris d’alarme sont de plus en plus nombreux à fuser d’un peu partout quant à la situation économique et financière catastrophique en Tunisie. Le chef du gouvernement, Mehdi Jomâa l’avait laissé entendre, lors de l’unique interview accordée à la chaîne Wataniya 1 en révélant que le tableau est plus sombre qu’on ne lui a laissé entendre. Mais les choses semblent encore pire avec de sérieux risques de cessation de paiement de l’Etat.

Des médias de la place, dont notamment Le Maghreb relayent les propos de "certaines sources sûres et généralement bien informées" selon lesquelles les salaires des employés de la fonction publique et les pensions des retraités pourraient ne pas être honorés dès le mois d’avril 2014 en cours. Si la situation actuelle persiste encore, il sera impossible de payer lesdits salaires et pensions pour le mois de juillet prochain.
Du jamais vu depuis l’indépendance du pays en 1956. Comment en est-on arrivé jusque-là et quelles sont les perspectives et les éventuelles solutions pour s’en sortir ? A qui incombe la responsabilité de cet état des lieux lamentable ?

Comme d’habitude, les politiciens s’accusent mutuellement et se renvoient la balle. Les responsables de l’ex-troïka crient sur tous les toits et dans tous les plateaux médiatiques que le gouvernement de Béji Caïd Essebsi endosse la responsabilité en donnant une suite favorable aux revendications sociales dont notamment l’octroi de l’indemnité mensuelle de 200 dinars aux diplômés en chômage, l’intégration des agents exerçant selon la formules de la sous-traitance ainsi que certaines autres primes supplémentaires.
La majorité des formations politiques, des organisations nationales et autres composantes de la société civile, accusent, à leur tour, les deux gouvernements de la troïka dominée par le parti islamiste d’Ennahdha, d’être à l’origine des maux actuels de la Tunisie. Des économistes confirmés donnent leurs avis sue la question en procédant à une analyse qu’ils estiment objective et rationnelle.

D’un côté, concernant la période du gouvernement de M. Caïd Essebsi, ils rappellent qu’il avait pris ses fonctions à La Kasbah le 7 mars 2011 dans une conjoncture socio-économico-sécuritaire dramatique. Il avait pour objectif d'apaiser les tensions sociopolitiques et d’organiser des élections démocratiques, neutres et transparentes.
 
Finalement, il en a eu pour sept mois durant lesquels il a eu à gérer la « l’enthousiasme, parfois exagéré, des révolutionnaires » et réunir les conditions d’un scrutin honnête, sans oublier les aléas de taille que sont l’afflux de plus d’un million de réfugiés en provenance de la Libye et le passage du prix du baril de pétrole de 79 dollars en 2010 à plus de 110 dollars en 2011.
Les mêmes analystes ajoutent que la situation macro-économique du pays, avec 6 milliards de dinars dans les caisses de l’Etat, un endettement public limité à 40% et 150 jours de réserves en devises à la Banque centrale de Tunisie, permettaient d’affronter de pareilles demandes sociales.

Ensuite, les deux dernières années ont été marquées, selon les experts, par une gestion de rafistolage menée par un gouvernement de la troïka, mû beaucoup plus par des considérations de maintien au pouvoir que par une vraie approche d’avenir et de construction fondées sur une volonté d’assurer le développement. Ils citent, dans ce contexte, l’exemple des recrutements massifs, notamment parmi les bénéficiaires de l’amnistie générale, dont plus de 90% appartiennent au mouvement Ennahdha, dans des secteurs qui tournent à près d’un tiers de leur capacité

Maintenant que le mal est bien là, la question que tout le monde se pose est la suivante : Comment faire pour s’en sortir ? Les économistes s’accordent à dire que toutes les solutions à envisager seront douloureuses à supporter pour toutes les franges de la société.
Des sacrifices devraient être consentis par toutes les catégories socioprofessionnelles, plus particulièrement chez les plus aisées. Soit par des concessions matérielles, soit en acceptant des impositions fiscales supplémentaires, l’essentiel étant d’adopter un langage franc envers les Tunisiens.
Tout en essayant d’être optimistes quant aux possibilités de s’en sortir, il faut dire la vérité aux citoyens quitte à les secouer et les choquer, sans toutefois les faire paniquer. Il ne faudrait pas dire aux populations que le pays risque de se trouver en cessation de paiement, mais de leur dire, aussi, qu’il y a bien de l’espoir d’y échapper à condition de payer le prix.
Slaheddine Jourchi, sur les ondes de Mosaïque a donné l’exemple de la Turquie d’Erdogan où un pacte avait été conclu sur dix ans stipulant une trêve sans augmentation de salaires et sans hausse des prix de produits de base et de première nécessité.

En effet, les mêmes économistes sont persuadés que les solutions doivent être trouvées en puisant et en comptant sur l’effort national. On vient de s’apercevoir que les pays du Golfe refusent d’ouvrir les vannes, comme ils l’ont fait avec l’Egypte alors que les pays occidentaux, les Etats-Unis d’Amérique en tête, réclameraient des garanties de stabilité, d’ouverture et de sécurité pour pouvoir s’engager aux côtés de la Tunisie.

Or, les Tunisiens sont-ils disposés à consentir les sacrifices voulus pour sortir du tunnel ? La réponse risque d’être douloureuse à l’image de la réponse qu’auraient donnée les deux présidents, de la République et de l’ANC, au chef du gouvernement avant son départ pour les USA. Ils lui auraient signifié, selon certaines fuites, qu’il n’a qu’à se débrouiller !


Sarra HLAOUI

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Commentaires

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aboulghaïeb
| 06-04-2014 06:23
Seule solution pour freiner l'accroissement des déficits publics.
Mais comment? Tout simplement en mettant fin à l'impunité dans la fonction publique et les entreprises étatiques: abus flagrants dans l'utilisation des véhicules à des fins personnelles, loyers pour bâtiments inutiles, absentéïsme, gaspillages monstres,
Notre pays a besoin d'urgence d'un Hédi Nouira II!
En son temps, le moindre écart était systématiquement sanctionné. Les conseils de discipline ne chômaient pas alors!

Tounsi ben Tounsi
| 04-04-2014 18:47
Tout ceux que le gouvernement de la troïka avait embauché lors de son passage, avaient des emplois libres dont les commerces lucratifs. A qui avaient-t-ils confié ces emplois avant de passer massivement dans la fonction publique ? Ils ne les ont certainement pas abandonnés.

RZ
| 02-04-2014 19:06
Tout le monde se plaint à juste titre d'une cata imminente sauf la caste des khoanjia de tout bord qui jubile, qui dépense sans mesure et on se demande d'où venait cet argent??

Raouf Ben
| 02-04-2014 15:32
New York Almost was bankrupt ....

Hayy Ibn Yagdhan
| 02-04-2014 13:18
La fonction publique emploie au moins 591.000 personnes, soit 5.37% de la population tunisienne, un taux relativement élevé comparé à d'autres pays. Est ce que la Tunisie a vraiment besoin de ce nombre de bureaucrates. Une bureaucratie plus nombreuse est non seulement un fardeau pour les secteurs productifs de l'économie mais aussi un obstacle qui ralenti le développement.

Il faut sérieusement penser a une reforme du secteur publique avant qu'il ne soit trop tard. On peut ignorer le problème, et la Tunisie se trouvera dans la même situation que la Grèce il y'a trois ans, les ajustements seront alors beaucoup plus pénibles.

Vu le rapport des forces et le pouvoir qu'exerce l'UGTT, résoudre le problème va prendre beaucoup de temps.

Mehdi
| 02-04-2014 12:41
Il faut prendre des mesures courageuses MM. a contre courant du populisme ambiant:
Tourner la page avec une amnistie fiscale totale et interdire le forfait en mm temps
Augmenter les salaires
Augmenter l'âge de la retraite
Encourager les ide et l'export en diminuant le dinar
Enlever les compensations pour l'energie

ZZZ
| 02-04-2014 09:58
il faut commencer par limoger les "amnistiés" islamistes recrutés en masse par Ennakba.Non seulement ils sont inutiles dans une fonction publique déjà pléthorique mais en plus ils sont incapables et fainéants.Et surtout,ils plombent les comptes publics déjà dans le rouge.Alors,un peu de courage permettrait d'alléger les dépenses publiques en licenciant les boulets décrits plus haut tout en se réservant des marges de manoeuvre budgétaires supplémentaires.En attendant des réformes de fond des prochaines autorités légitimes issues des élections.

Y polo
| 02-04-2014 07:54
Pourquoi a chaque fois que la crise économique est en débat, on nous parle avec une insolente légèreté de la probabilité de ne pas pouvoir payer les salaires et les pensions, comme s'ils sont les seules et uniques dépenses de l'état , ce ciblage vicieux donne encore la preuve de l'absence de maturité dans la compréhension de la chose financière et économique,
L'état a encore beaucoup de postes dans sa gestion qui nécessitent un nettoyage profond
Il n'est pas logique, ni même compréhensible d'avancer l'argument de non paiement des salaires et pension aux concernes lorsqu'on voit l'immense gâchis dans les dépenses de l'état
Et son incapacité à faire face aux évasions fiscales. Ce type de discours doit cesser et ceux qui prétendent avoir des idées et des solutions doivent contribuer à l'élaboration d'un plan global de gestion et très vite
L'application des lois est une énorme source de revenu, à commencer par les infraction routières ( utilisation du téléphone au volant, conduite en état d'ivresse, et autres multiples dépassements de conduite) les taxes locatives
Le transport en commun, est aussi un source de revenu, contrôle et verbalisation des resquilleurs,
L'ODC doit jouer son rôle pour encadrer les consommateur, surtout en ce qui concerne les produits subventionnés, pour limiter le gâchis
Est ce qu'un tunisien toutes catégories confondues sait qu'aujourd'hui il paie 400 millimes pour sa baguette, s'il achète deux pour en jeter une, est ce que le tunisien sait qu'il y a une deuxième vie aux produits qu'il achète et qu'il n,en consomme que la moitié
L'approche dans l'examen de la chose économique doit changer, assez des tribunes et des discours vides il faut aller traiter le fond de la question Pour que l'action soit bénéfique à tous

Nady
| 02-04-2014 07:21
C'est en travaillant que nous pourrons sortir de l'impasse. Et là les média pourront jouer un rôle très important. Au lieu de chercher la petite bête à Zaiid et à....Zaiid, les media doivent focaliser sur la valeur du travail, pointer du doigt tous ceux qui incitent au grèves non justifiés, voir même tous ceux qui font mal leur travail, en commençant par le PDG jusqu'à l'agent de propreté. Le jour où nous mépriserons le fainéant comme nous méprisons le criminel, nous serions sorti de l'auberge.

Abdel
| 02-04-2014 07:20
Nous sommes Tous Tunisiens et notre pays la Tunisie est dans le Goufre , par consequent il faut d'abord compter sur nous meme :
Comment ? par Exemple le Courage de. '
1 ) D'abord diminuer kes Depenses :chercher les solutions avec l'UGTT pour calmer le climat social pour longtemps et arreter les pertes inutiles dues aux greves , diminuer drastiquement les depenses de l'Etat , degager le personnel en surnombre dans tous les services et cabinets , arreter les heures supplementaires , limiter les voitures de fonctions et en controler la consommation d'essence , serrer les autres depenses ( papiers , chauffage , clim etc , ) , Pour les Caisses Sociales diminuer le taux de remboursements et les surveiller de tres prets pour eviter les fuites et exagerations .
2 ) D'un autre cote' ' Augmenter les Recettes : Denicher les non payeurs de l'Impot , enlever selectivement et progressivement les compensations , Augmenter selectivement les prix de l'Electricite . Gaz , Eau , essence , prime de la TV et autres .
3 ) Agir de tres pres sur les prix de produits de consommations courantes pour les maintenir a niveau acceptables ( legumes , pates , viandes , oeufs , ... )
C'est tres difficile dites vous ? Etre Extremement vigilant aux Mouvements sociaux pour eviter les reactions ' BLINDEES'
Si l'Administration ne serre pas fort la sceinture , le simple citoyen refusera de supporter le poids des sacrifices demande' ,
Attention ne faites pas Gaffe , C' est serieux .

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