Tunisiennes, trouvez-vous un mari qui vous préserve !

Businessnews.com.tn | publié le 17/03/2017 15:59
Par Ikhlas Latif,

 

Message adressé aux "vieilles filles", le célibat serait une punition divine pour celles qui s’étaient refusées à de potentiels maris "valables". Attention ! Un tel refus entrainerait un châtiment irrévocable, puisque le bon Dieu les priverait définitivement de l’époux tant attendu !

Alors les filles ne soyez pas trop regardantes, jetez-vous sur le premier homme vertueux qui se présenterait, sous peine de subir la malédiction divine et vous retrouver célibataires – Dieu vous en garde-, à vie.

 

C’est la dernière sortie du prédicateur et ancien soutien de Moncef Marzouki, Béchir Ben Hassen. Des propos qui ne sont pas étonnants venant d’un intégriste notoire, mais qui en ont scandalisé plus d’un. Pourquoi s’en offusquer lorsqu’on sait qu’une grande majorité des familles tunisiennes n’hésite pas à mettre la pression à leurs filles en âge de se marier ? Le célibat de leurs enfants, surtout de sexe féminin, est considéré comme une sorte d’échec pour certains parents. Certes le prédicateur invoque ici, pour étayer sa "thèse", le courroux divin, mais pour les Tunisiens (je ne généralise pas), il s’agit bel et bien d’une malédiction "sociale".

 

Dans cette Tunisie qui se targue d’être en avance sur la question des droits des femmes, qui ne rate pas une occasion pour rappeler que la Tunisienne est libre et émancipée, la vérité est bien ailleurs.

Pourquoi s’en offusquer lorsqu’on se rappelle d’un ex-président qui classifie les femmes en voilées et en "safirat" ? A y penser, il nous vient à l’esprit la brillante phrase prononcée par un député : « D’abord soyons d’accord sur le fait que la femme est un être humain », ou celle d’un ancien candidat à la présidentielle qui se dit pourtant progressiste (aujourd’hui président de la République) : « Après tout ce n’est qu’une femme »…

 

Le sexisme a la dent dure en Tunisie. Il est vrai qu’il n’est pas le seul apanage de notre société, mais cette hypocrisie de certains, cette hypocrisie de porter un discours soi-disant moderniste et d’agir à ses antipodes, est bien ancrée chez nous. Du sexisme ordinaire personne ou presque n’en parle et si jamais on l’évoquait, on ricanerait et on vous traiterait de féministe radicale. Parce que le terme même de féminisme revêt désormais une connotation péjorative.

Dans notre société, on tolère qu’une femme puisse mener des études et puisse travailler. Cela est un fait. Cependant, le regard porté au "sexe faible", le comportement qu’on lui réserve est bien sournois. On te tolère, mais ne viens en demander plus, ne t’avise pas de piétiner sur mes platebandes ou à viser plus haut que ta condition de femme ne le permet.

Etre une femme qui entre dans le monde du travail signifie être l’objet de commentaires et de blagues sexistes, de les subir au quotidien et de devoir composer avec, sous peine de se trouver traitée de personne qui traine des "complexes".

Une femme qui travaille doit fournir plus d’efforts que son collègue du genre opposé pour s’imposer et faire ses preuves, parce qu’on douterait de facto de ses aptitudes, parce que son collègue homme serait plus intelligent et par conséquent, elle, plus limitée. En Tunisie, une femme doit travailler deux mois de plus pour gagner le salaire d’un homme sur une année, et si elle a "la chance" de toucher le même salaire que son collègue, elle s’entendra dire : « tu es payée autant qu’un homme, estime toi heureuse et arrête de te plaindre »…

Il ne faudra pas non plus omettre que le congé maternité, est très rarement payé par l'employeur et que même s'il le paye, cela impacte les primes et l'évolution des femmes, et ce dans les plus grosses boites du pays.

 

Des remarques désobligeantes, la Tunisienne en entend partout, et pas que dans le cadre de son travail. Elle est le plus souvent jugée sur son apparence, infantilisée, chosifiée et traitée comme étant un objet.

Le pire, c’est que ceux qui se disent progressistes s’avèrent être les plus à même à adopter ces stéréotypes. Quand pour une grande partie de la société, on perçoit que le must de la réussite sociale  pour une femme est son statut d’épouse. Quand on considère  que sans mari à ses côtés pour la "préserver", elle aurait échoué. Pourquoi s’étonner des propos d’un prédicateur de seconde zone.

 

Exercé au quotidien, passé sous silence, le sexisme ordinaire est une agression, une forme de violence et tant qu’on minimise ses effets, il ne disparaitra pas comme par enchantement.     

Pour le sociologue Pierre Bourdieu « les femmes ont en commun d'être séparées des hommes par un coefficient symbolique négatif». À méditer…

Tunisiennes, trouvez-vous un mari qui vous préserve !

Par Ikhlas Latif, publié le 17/03/2017 15:59

 

Message adressé aux "vieilles filles", le célibat serait une punition divine pour celles qui s’étaient refusées à de potentiels maris "valables". Attention ! Un tel refus entrainerait un châtiment irrévocable, puisque le bon Dieu les priverait définitivement de l’époux tant attendu !

Alors les filles ne soyez pas trop regardantes, jetez-vous sur le premier homme vertueux qui se présenterait, sous peine de subir la malédiction divine et vous retrouver célibataires – Dieu vous en garde-, à vie.

 

C’est la dernière sortie du prédicateur et ancien soutien de Moncef Marzouki, Béchir Ben Hassen. Des propos qui ne sont pas étonnants venant d’un intégriste notoire, mais qui en ont scandalisé plus d’un. Pourquoi s’en offusquer lorsqu’on sait qu’une grande majorité des familles tunisiennes n’hésite pas à mettre la pression à leurs filles en âge de se marier ? Le célibat de leurs enfants, surtout de sexe féminin, est considéré comme une sorte d’échec pour certains parents. Certes le prédicateur invoque ici, pour étayer sa "thèse", le courroux divin, mais pour les Tunisiens (je ne généralise pas), il s’agit bel et bien d’une malédiction "sociale".

 

Dans cette Tunisie qui se targue d’être en avance sur la question des droits des femmes, qui ne rate pas une occasion pour rappeler que la Tunisienne est libre et émancipée, la vérité est bien ailleurs.

Pourquoi s’en offusquer lorsqu’on se rappelle d’un ex-président qui classifie les femmes en voilées et en "safirat" ? A y penser, il nous vient à l’esprit la brillante phrase prononcée par un député : « D’abord soyons d’accord sur le fait que la femme est un être humain », ou celle d’un ancien candidat à la présidentielle qui se dit pourtant progressiste (aujourd’hui président de la République) : « Après tout ce n’est qu’une femme »…

 

Le sexisme a la dent dure en Tunisie. Il est vrai qu’il n’est pas le seul apanage de notre société, mais cette hypocrisie de certains, cette hypocrisie de porter un discours soi-disant moderniste et d’agir à ses antipodes, est bien ancrée chez nous. Du sexisme ordinaire personne ou presque n’en parle et si jamais on l’évoquait, on ricanerait et on vous traiterait de féministe radicale. Parce que le terme même de féminisme revêt désormais une connotation péjorative.

Dans notre société, on tolère qu’une femme puisse mener des études et puisse travailler. Cela est un fait. Cependant, le regard porté au "sexe faible", le comportement qu’on lui réserve est bien sournois. On te tolère, mais ne viens en demander plus, ne t’avise pas de piétiner sur mes platebandes ou à viser plus haut que ta condition de femme ne le permet.

Etre une femme qui entre dans le monde du travail signifie être l’objet de commentaires et de blagues sexistes, de les subir au quotidien et de devoir composer avec, sous peine de se trouver traitée de personne qui traine des "complexes".

Une femme qui travaille doit fournir plus d’efforts que son collègue du genre opposé pour s’imposer et faire ses preuves, parce qu’on douterait de facto de ses aptitudes, parce que son collègue homme serait plus intelligent et par conséquent, elle, plus limitée. En Tunisie, une femme doit travailler deux mois de plus pour gagner le salaire d’un homme sur une année, et si elle a "la chance" de toucher le même salaire que son collègue, elle s’entendra dire : « tu es payée autant qu’un homme, estime toi heureuse et arrête de te plaindre »…

Il ne faudra pas non plus omettre que le congé maternité, est très rarement payé par l'employeur et que même s'il le paye, cela impacte les primes et l'évolution des femmes, et ce dans les plus grosses boites du pays.

 

Des remarques désobligeantes, la Tunisienne en entend partout, et pas que dans le cadre de son travail. Elle est le plus souvent jugée sur son apparence, infantilisée, chosifiée et traitée comme étant un objet.

Le pire, c’est que ceux qui se disent progressistes s’avèrent être les plus à même à adopter ces stéréotypes. Quand pour une grande partie de la société, on perçoit que le must de la réussite sociale  pour une femme est son statut d’épouse. Quand on considère  que sans mari à ses côtés pour la "préserver", elle aurait échoué. Pourquoi s’étonner des propos d’un prédicateur de seconde zone.

 

Exercé au quotidien, passé sous silence, le sexisme ordinaire est une agression, une forme de violence et tant qu’on minimise ses effets, il ne disparaitra pas comme par enchantement.     

Pour le sociologue Pierre Bourdieu « les femmes ont en commun d'être séparées des hommes par un coefficient symbolique négatif». À méditer…

Commentaires (24) Commenter
complexe d'infériorité
chok
| 23-03-2017 13:54
Ce cheikh a raison, je suis musulman et j'en ai marre de ces tunisiens et de leurs complexe d'infériorité, toujours à essayer d'imiter les occidentaux.

Il faut interdire le féminisme qui a détruit la famille.
J'adore
Haida
| 18-03-2017 13:53
Je trouve que cela peut servir
Vaut mieux s'abstenir
rz
| 18-03-2017 13:41
On a déjà oublié Cet extrémiste et faux prédicateur wahhabi; pourquoi vous nous le ressuscitez; il est même condamné par Mme LE PEN en tant qu'extrémiste notoire. Quant au célibat des garçons et des filles: c'est une liberté strictement personnelle et personne n'a là dessus un droit de regard ;les filles qui ont opté pour ce choix, elles ont leur raison: elles tiennent à leur indépendance, intelligentes, éduquées, diplômées du supérieurs où elles ont détrôné nos mâles; et surtout pourquoi vous voulez qu'une fille obligée de se faire emmerder en colportant un mâle toute sa vie surtout si ce mâle est d'obédience islamiste? fini le dictât du mâle; et puis l'avenir n'est pas tout rose pour les générations à engendrer: un cocktail de chômage, de servitude,de nikah pour certaines, de chair à canon pour d'autres les attend. Alors vaut mieux s'abstenir.
Il y a des choses que les jeunes ignorent ,et que les personnes âgées ...
J.trad
| 18-03-2017 12:38
Doivent les en informer .Il y a près de trentes ans déjà ,le journal (Assabah ) n'est pas sortir (il ne faisait pas la grasse matinée )il y avait un conflit ,très grave ,mais le président Bourguiba ,à tout fait pour ménager la paix ,car il y avait beaucoup de causes qui faisaient déjà les remous ,Bourguiba jeta l'eau sur le feu en disant qu'il s'agissait d'un trouble budgétaire ,ce n'était pas du tout celà ,comme par hasard j'ai acheté le numéro ,et très vite j'ai compris (une rubrique ,ce n'était même pas un article )quelqu'un avait formulé son point de vue sur (tandis ennasl ,qui plus tard devin ,tandhim annasl),plus tard une loi autorisa l'allocation familiale ,pour quatre enfants ,au lieu de trois ,bref le monsieur qui avait formulé la critique disait que (tandhim ennasl)est un processus ,favorable aux pays producteurs de technologie ,plus le nombre des enfants est restreint plus le pouvoir d'achat est grand ,ce n'était pas plus simple que ça ,mais le retentissement ,paraît -il ,était troublant .Aujourd'hui des rumeurs courent sur les vidéos ,un ogre plus redoutable que daeech ,on parle d'effondrement économique ,??????!!!! Mouhammad Hassan voudrait -il nous dire son point de vue en chiffres et en lettres ?! Nous en serions bien aise ,de l'écouter .Le takfir jeté dans les ravins bien sure .
Anchaana minal'ardhi wasta3marana fiha ....
J.trqd
| 18-03-2017 10:12
Ista3marana (le préfixe :ist ,signifie ,demander telle ou telle action,)Allah nous demande de peupler la terre ,la terre à partir de laquelle il nous a créé ,voilà bien un théme sur lequel mouhammad Hassen doit méditer ,en laissant les vielles filles tranquilles ,(peut étre devrait il leurs rendre hommage )selon les pronostics ,(l'action de peupler ...Frôle le crime?????!!!!) ,Il faut commenter sans (takfir)et (sans jeter le doute ,sur le texte sacré) .
Wa 3asaa an takrahou chayan ,wa yaj3ala Allahou fihi khayaliyya kathiran
J.trad
| 18-03-2017 09:53
Oui ,oui,et oui (robba dharraton nafi3a) a quelque chose malheur est bon ,disent les Français ,bien sure parceque le bon sens est la meilleure chose répartie entre les humains ,...Il faut tout faire ,pour éviter les feux de la colère ,la haine,la cupidité ,l'envie,et bien sure tous les derivés.
L'alerte rouge
J.trad
| 18-03-2017 09:44
Il n'y a plus de place pour la haine ,la haine qui a brouille les humains durant des siècles ,par le biais de (l'argent )l'argent ,avec sa double face ( fitna :séduction)et l'autre face peut étre méme plus dangereuse (zinat Al Bayet) ,personne ne peut échapper à ce piège (illa Man rahimaha rabbouka), pour nous sauver Allah a créé (Al hikma ,arrahman ,Al hamd,Al hidaya ,et beaucoup d'autres moyens pour défier ,iblis qui pénètre même par les meilleurs chemins pour nous tirer vers la haine et son facteur commun :alhasad...
Al3ala9 ,c'est le premier élément évoqué ,par le createur
J.trad
| 18-03-2017 09:31
Le clonage est un tournant décisif ,vers une malédiction radicale ,ou une libération totale ,?????!!!!S'il vous plaît mettons la main dans la main et méditons ensemble ,nous le genre humain ,méditons sur le deuxième versé des paroles d'Allah ...3allama bil 9alami 3allama'l'insana ma lam ya3lam ...(homme et femme)hizb attahrir ,par le biais de l'universalisme de l'islam ,hizb attahrir ,vous appelle à une libération totale de ces commentaires mediocres ,Al horriya ,mafhoum falsafi ,les intellectuels femmes aussi bien que hommes ,doivent tuer la haine idiote ,bête ,ignoble ,cruelle ,terroriste,pleine d'animosité ,de bêtises,il n'y a pires pyromanes ,que ceux qui stimulent la haine entre les sexes ,entre les races ,et je dirais même entre les classes .Hizb attahrir est le pacifiste par excellence ,je me nomme le contre courant (da3ech), unissons nous derrière (da33ouch)dawlat al3adl al3ala9 wachamil .
Vous les femmes ,vous les femmes,vous pensez avec le coeur....
J.trad
| 18-03-2017 09:07
C'est h,Macias ,qui vous flatte ,avec les mémes qualificatifs dont le poéte alma3arri vous flagelle ,deux points de vues masculins ,suffisent à stopper le courroux de l'interminable antagonisme .
Un détail non abordé...
Letranger
| 18-03-2017 08:45
Les Tunisiennes célibataires que j'ai ai connues avaient une vie sexuelle et amoureuse très intense et même si certaines veillaient traditionnellement à garder leur brevet de virginité, d'autres s'en souciaient comme d'une guigne et dans les deux cas nous nous sommes éclatés.
Eh oui, messieurs les intégristes de la mariée vierge, vos avez souvent été cocus avant de vous marier... et même plus après parfois.

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