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Tunisie - Silence, on agresse les journalistes !

Tunisie - Silence, on agresse les journalistes !

Désormais il y a les bons sit-in et les mauvais sit-in. C’est du moins la première conclusion qui vient à l’esprit après la dispersion manu militari du groupe d’enseignants et d’étudiants de la faculté des lettres de La Manouba rassemblé devant le ministère de l’Enseignement supérieur mercredi 4 janvier 2011. Pendant ce temps, les défenseurs du port du niqab en cours continuent de se la couler douce dans l’enceinte de l’université. Le nouveau gouvernement usant de ressources inépuisées de civilité, de patience et de pédagogie pour ne pas stigmatiser ces jeunes femmes qui sont aussi nos filles, dirait Noureddine B’hiri, et ne pas toucher à leur droit inaliénable à l’enseignement. Sana Farhat aurait pu passer pour leur fille seulement si par malheur elle n’exerçait pas l’ignoble métier de journaliste…

Qu’est ce qui a pris à Sana Farhat, tenant sa carte de presse avec désenchantement, de filmer les agents de l’ordre pendant qu’ils s’appliquaient consciencieusement à exercer leur travail, tabassant sans distinction professeurs et étudiants, hommes et femmes. Tout le monde le sait, les grands gaillards du ministère de l’intérieur, aussi coriaces soient-ils, ont une phobie mortelle des flashes (notre confrère Sofiane Chourabi et un cameraman de La Presse en ont déjà fait la triste expérience). Et pour une fois qu’ils montrent un zèle sans précédent pour la défense de la parité, les forces de l’ordre auxquelles on prête une réputation injuste de machisme, méritaient une reconnaissance de l’opinion publique. Le témoignage de Houcine Boujarra, secrétaire général de la fédération de l’enseignement supérieur est édifiant. Un déferlement de violence ciblant spécifiquement les femmes et accompagné d’un florilège d’insanités qui ont laissé M. Boujarra sous le choc…

Une presse libre, tout le monde en convient, est le principal contre-pouvoir dans toute démocratie qui se respecte. Raison pour laquelle la société civile, le syndicat des journalistes, les partis politiques sont vite montés au créneau condamnant vertement l’agression contre notre consœur. Enfin on aurait pu s’attendre à une telle réaction dans un pays qui vit sa transition démocratique. Silence radio jusqu’à cette heure mis à part l’UGTT et le PDM. La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme (LTDH) s’est contentée de dénoncer «les agressions et les provocations verbales et physiques» commises par les forces de l’ordre contre les étudiants et les professeurs.
Même les Radhia Nasraoui, Sihem Ben Sedrine et compagnie, qui d’habitude démarrent au quart de tour, font le mort. Le président de la République, militant notoire des droits de l’Home et qui n’a cessé de dénoncer les méthodes brutales de Habib Essid pour réprimer les manifestations, n’a pas non plus réagi. Même pas de fausses excuses hautaines et sous le signe de la dérision à la Béji Caïd Essebsi…

Après tout, cela se comprend. Les journalistes ont ce qu’ils méritent. Tous d’anciens thuriféraires de Ben Ali, maîtres de l’obséquiosité et de la flagornerie et qui même après la révolution prennent de haut la volonté de peuple, trahissant le résultat des urnes et s’acharnant implacablement contre la Troïka, les élus du peuple. Ils pouvaient faire comme la police, dans un temps pas si lointain, encore plus honnie que les journalistes. La police qui a réussi à faire sa mue à coup de réformes spectaculaires : changement d’uniformes, création d’une page Facebook des membres des forces de l’ordre qui « ont le sens de l’honneur », présentation de condoléances solennelles à la famille de Sofiane Chaâri…
La presse, par contre, peine à faire sa révolution. Les journalistes tunisiens ne sont pas les plus brillants du monde et une bonne raclée ne peut que les motiver pour aller de l’avant…

Et si on revient un peu en arrière, l’affaire du niqab à l’université aurait dû passer inaperçue sauf la course au sensationnel des médias qui ont fait mousser l’histoire, comme le rappelle Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement supérieur.
Les négociations avec les sit-inneurs, menées entre autres par un des fils du ministre de l’Intérieur, leader d’un mouvement estudiantin, se poursuivent. Il ne faut pas se fier à l’accoutrement de moujahidines afghans des sit-inneurs étrangers à la faculté et qui harcèlent et bousculent les professeurs les traitant de sionistes occidentalisés, vendus à la France… Sous leurs manières d’ostrogoth, se cachent des âmes sensibles qu’il faut prendre par la méthode douce.
La réponse d’Ennahdha à ces derniers événements n’a pas manqué de prendre en considération cet élément. Un communiqué publié sur le site officiel jeudi 5 janvier 2011 mais signé Rached Ghannouchi 11 mouharrem 1433 qui correspond au 6 décembre 2011, dénonce les tentatives de glisser le pays vers l’anarchie et préconise le dialogue serein pour régler les problèmes rencontrés. Le doyen est, par la même occasion, invité gentiment à favoriser les intérêts des étudiants et de l’université sur toute considération idéologique…
Des déclarations sibyllines comme Ennahdha en a le secret et qui rassurent implicitement les sit-inneurs de La Manouba que leurs revendications vont obtenir une réponse positive.
Les pages Facebook qui font le sale boulot propagandiste d’Ennahdha commencent, également, à s’agiter, relayant un grand déploiement des forces de l’ordre devant l’université de la Manouba pour, peut être, disperser le sit-in, et taisant bien évidemment les agressions devant le ministère de l’Enseignement supérieur…

Pour conclure, les enseignements à tirer de cet épisode sont les suivants : avant de participer à un sit-in, vaut mieux se mettre en qamis ou niqab (appartenir aux déchets de la francophonie est une condition rédhibitoire).
Deuxièmement, les ennemis d’hier peuvent toujours devenir les amis d’aujourd’hui, Ennahdha, avec une charité toute islamique, préfère pardonner à ses bourreaux d’hier et canaliser sa brutalité contre les fauteurs de troubles

Et pour terminer, les journalistes, trop téméraires par occasion, doivent ronger leur frein, raser les murs, le temps de réapprendre leur métier et de regagner la sympathie de l’opinion publique…

 

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Commentaires

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Marwan
| 23-01-2012 14:03
Assalamou alykoum,

Des que j'ai vu la photo venant d'Algérie j'ai décidé de ne pas lire cet article.

Où avait vous appris le métier de journaliste?

Ne serait ce pas à Damas dans l'école ad Dounia?

Arbi
| 11-01-2012 11:25
Les journalistes après des décennies de loyale service au parti RCD et Ben Ali. Ces mêmes journaliste continue de servir les restes de l'RCD ainsi que leurs alliés de gauche....

DZiri
| 10-01-2012 14:12
Cette noble fonction a déjà fait ses preuves, CT la belle époque.
Aujourd'hui, journaliste signifie plutôt autre chose.
7 denrée est maintenant presque introuvable

yyjones
| 09-01-2012 15:57
BusinessNews, votre article risque de confirmer ce que je suspecte: se pourrait que vous écriviez vos articles sans bouger du bureau, avec un peu de facebook, des photos prises sur google et 2 ou 3 coups de téléphone?
Ou alors vous vous déplacez en Algérie pour écrire vos articles sur la Tunisie? C'est du panarabisme?

yam
| 08-01-2012 16:38
si la camera venait a gener pour filmer un evenement il suffirait de sarmer dune camera cachee pour les besoins de la cause mais la question que lon se pose est ce que nous lisons en medaillon reflete t il la triste verite ou sommes encore une fois leurres bref si la montagne ne vient pas vers nous il faut aller vers la montagne wal fahem yefhem

YAM YEN A MARRE
| 08-01-2012 12:57
B.N.: Votre commentaire a été censuré à cause de l'utilisation des caractères majuscules. Merci pour votre compréhension.

rafik
| 08-01-2012 01:05
aux pseudo journalistes de BN, vous venez de donner la preuve à l'appui par cette photo prise en algérie, de votre incompetence et votre volonté de manipulation, quelle crédibilité voulez vous avoir? et à quel respect vous vous attendez ?

TEX
| 06-01-2012 17:33
je suis tres decu par buisness news qui publie des articles totalement erroné avec des photo mensongére qui provient d une photo prise en algerie, nous avons encore la preuve de cette acharnement a vouloir aplliquer la politique du dénigrement et du mensonge a l encontre d un gouvernement qu on souhaite absolument detruire par tout les moyen, juste parcequ il a une idéologie islamique, c est aberrant de voir que des musulman combatte l islam a ce point comme si la religion musulmanne n etait confiné qu a la sphere privé, comme si la loi de dieu n exciste pas et que la jurisprudence islamique n a jamais été, on se demande meme a dire ou était tout ses pseudo media a l epoque de BN ? comme si tout le peuple tunisien etait laic est athé, ou puis je dire musulman a "thé". beaucoup de citoyen tunisien ne se reconnaisse plus dans leur media qui ne cesse d attaquer et critiquer notre religion musulmanne avec encore plus de virulence que beaucoup de non musulman....

karrouma
| 06-01-2012 17:29
vous êtes en train de ridiculiser le peuple avec vos écrivains extraordinaires!!!! ils utilisent même des photos algériennes, malla BN BN, triste
http://observers.france24.com/fr/content/20110214-algerie-alger-oran-marche-cndc-adbelaziz-bouteflika-police-place-1er-mai-interpellations

manhedi
| 06-01-2012 17:03
je ne comprend pas quelle est la relation entre la photo et l'agression des journalistes tunisiens
http://observers.france24.com/fr/content/20110214-algerie-alger-oran-marche-cndc-adbelaziz-bouteflika-police-place-1er-mai-interpellations

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