Tunisie - La grogne monte dans le milieu universitaire

Businessnews.com.tn | publié le 13/05/2012 16:00

Jeunes chômeurs, ouvriers, employés, fonctionnaires, tous sont passés par la phase de protestation, de revendications, ensuite les grèves et manifestations, en passant par les sit-in et les blocages de routes ou de voies ferrées. La Tunisie a fait,à la suite de la révolution, sa «crise d’adolescence». Visiblement, cette phase du refus post révolutionnaire est un passage obligé. Personne n’y échappe. L’université, à son tour bouge, s’agite avec la grogne qui s'intensifie chez les enseignants et les étudiants, compliquant la tâche dévolue à Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Le monde estudiantin rime, en général, avec l’esprit rebelle des jeunes et la voix de l’opposition avec les grèves, les AG et les manifestations. Les soucis de Moncef Ben Salem ont bien commencé avec la fameuse crise du port du Niqab, pour prendre actuellement des dimensions académiques et syndicalistes. La polémique du Niqab a troublé le rythme des études notamment à la faculté de La Manouba, mais ce n’était qu’un début de la tourmente, pour les responsables administratifs et, surtout, pour le number one, le ministre Moncef Ben Salem.
Qu’on soit enseignant universitaire ou étudiant, les problèmes sont multiples et les solutions et mesures curatives, voire palliatives, tardent à venir.

En visite devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur, un spectacle assez original s’offre à nous, avec des étudiants en sueur rassemblés devant le portail avec des pancartes entre les mains et criant leur colère, et une tente avec des enseignants assis sur des tabourets autour d’une table, discutant ensemble et visiblement déterminés à poursuivre leur sit-in.
Des étudiants de l’IPEST, grande école préparatoire sise à La Marsa et à laquelle seule l’élite des bacheliers ayant obtenu les meilleures moyennes (18 et 19/20), ont accès, sont rassemblés. Que sont-ils venus réclamer ? Leur colère vient du faitqu’on ait annulé la possibilité pour eux de passer le «Concours Commun Polytechnique» (CCP), qui leur aurait donné la possibilité de poursuivre leurs études dans les grandes écoles en France.
Ainsi, ces étudiants se trouvent écartés du cursus français, eux qui ont pourtant suivi le système français pendant les années d’études préparatoires à l’IPEST. Après un préavis, des tentatives d’entrer en contact avec le ministre et une grève de trois jours, ces jeunes se sont décidés à aller au siège du ministère afin de faire entendre leur voix et faire restituer leur droit au CCP. Leur appel tombe, pour le moment, dans l’oreille d’un sourd car aucune réaction, ni proposition n’émanent encore du ministère.

De l’autre côté de la portière du bâtiment ministériel, une tente est installée, devant laquellese tenaient plusieurs enseignants universitaires contractuels ou vacataires.
Ces enseignants ont expliqué qu’ils ont été recrutés selon des contrats, ou des semi-contrats, a priori pour quelques années, provisoirement en attendant la régularisation de leurs situations. Ces contractuels ont précisé qu’ils représentent 48% du corps enseignant des universités tunisiennes, et sont donc loin de représenter une petite minorité. Nonobstant, l’administration n’a pas l’air de s’intéresser à leur situation, ni de veiller à résoudre leurs problèmes.

Ces enseignants ont donc été recrutés selon des contrats qu’ils jugent en leur défaveur. Par exemple, ils s’engagent à assurer la même charge horaire que tout enseignant universitaire, mais n’ont pas droit aux congés maladies payés. A cela s’ajoute le fait qu’en cas d’absence dépassant un mois, même à cause d’un souci de santé ou même pour maternité, l’enseignant contractuel est limogé, sans préavis, ni indemnisation, et ce, selon l’article 8 du contrat.
Les enseignants contractuels risquent de se voir, après 4 ans d’enseignement, «libérés» de leurs postes, sans justification. Des doctorants se trouvent ainsi après avoir enseigné plusieurs années, du jour au lendemain, chômeurs. Tout simplement, parce que les contrats ne protègent nullement la pérennité de l’emploi de ces jeunes diplômés.

Campant devant le ministère, les enseignants réclament la régularisation de leur situation, la révision du système d’heures supplémentaires, la suppression du recrutement des professeurs d’enseignement secondaire (PES), la couverture sociale, etc., et surtout l’arrêt des annulations abusives de contrats. Autant de réclamationsqui s’accompagnent d’un grand sentiment de frustration et d’injustice.

D’autres enseignants, les nerfs à vif, s’en prendront aux médias, les qualifiant de «novembristes», car ilsne s’intéressent pas suffisamment à leur cause, insultant les journalistes venus couvrir les faits et reprochant au ministre de l’Enseignement supérieur, Moncef Ben Salem, l’absence de dialogue pour proposer des solutions aux problèmes qui touchent le milieu universitaire.

Tunisie - La grogne monte dans le milieu universitaire

publié le 13/05/2012 16:00

Jeunes chômeurs, ouvriers, employés, fonctionnaires, tous sont passés par la phase de protestation, de revendications, ensuite les grèves et manifestations, en passant par les sit-in et les blocages de routes ou de voies ferrées. La Tunisie a fait,à la suite de la révolution, sa «crise d’adolescence». Visiblement, cette phase du refus post révolutionnaire est un passage obligé. Personne n’y échappe. L’université, à son tour bouge, s’agite avec la grogne qui s'intensifie chez les enseignants et les étudiants, compliquant la tâche dévolue à Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Le monde estudiantin rime, en général, avec l’esprit rebelle des jeunes et la voix de l’opposition avec les grèves, les AG et les manifestations. Les soucis de Moncef Ben Salem ont bien commencé avec la fameuse crise du port du Niqab, pour prendre actuellement des dimensions académiques et syndicalistes. La polémique du Niqab a troublé le rythme des études notamment à la faculté de La Manouba, mais ce n’était qu’un début de la tourmente, pour les responsables administratifs et, surtout, pour le number one, le ministre Moncef Ben Salem.
Qu’on soit enseignant universitaire ou étudiant, les problèmes sont multiples et les solutions et mesures curatives, voire palliatives, tardent à venir.

En visite devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur, un spectacle assez original s’offre à nous, avec des étudiants en sueur rassemblés devant le portail avec des pancartes entre les mains et criant leur colère, et une tente avec des enseignants assis sur des tabourets autour d’une table, discutant ensemble et visiblement déterminés à poursuivre leur sit-in.
Des étudiants de l’IPEST, grande école préparatoire sise à La Marsa et à laquelle seule l’élite des bacheliers ayant obtenu les meilleures moyennes (18 et 19/20), ont accès, sont rassemblés. Que sont-ils venus réclamer ? Leur colère vient du faitqu’on ait annulé la possibilité pour eux de passer le «Concours Commun Polytechnique» (CCP), qui leur aurait donné la possibilité de poursuivre leurs études dans les grandes écoles en France.
Ainsi, ces étudiants se trouvent écartés du cursus français, eux qui ont pourtant suivi le système français pendant les années d’études préparatoires à l’IPEST. Après un préavis, des tentatives d’entrer en contact avec le ministre et une grève de trois jours, ces jeunes se sont décidés à aller au siège du ministère afin de faire entendre leur voix et faire restituer leur droit au CCP. Leur appel tombe, pour le moment, dans l’oreille d’un sourd car aucune réaction, ni proposition n’émanent encore du ministère.

De l’autre côté de la portière du bâtiment ministériel, une tente est installée, devant laquellese tenaient plusieurs enseignants universitaires contractuels ou vacataires.
Ces enseignants ont expliqué qu’ils ont été recrutés selon des contrats, ou des semi-contrats, a priori pour quelques années, provisoirement en attendant la régularisation de leurs situations. Ces contractuels ont précisé qu’ils représentent 48% du corps enseignant des universités tunisiennes, et sont donc loin de représenter une petite minorité. Nonobstant, l’administration n’a pas l’air de s’intéresser à leur situation, ni de veiller à résoudre leurs problèmes.

Ces enseignants ont donc été recrutés selon des contrats qu’ils jugent en leur défaveur. Par exemple, ils s’engagent à assurer la même charge horaire que tout enseignant universitaire, mais n’ont pas droit aux congés maladies payés. A cela s’ajoute le fait qu’en cas d’absence dépassant un mois, même à cause d’un souci de santé ou même pour maternité, l’enseignant contractuel est limogé, sans préavis, ni indemnisation, et ce, selon l’article 8 du contrat.
Les enseignants contractuels risquent de se voir, après 4 ans d’enseignement, «libérés» de leurs postes, sans justification. Des doctorants se trouvent ainsi après avoir enseigné plusieurs années, du jour au lendemain, chômeurs. Tout simplement, parce que les contrats ne protègent nullement la pérennité de l’emploi de ces jeunes diplômés.

Campant devant le ministère, les enseignants réclament la régularisation de leur situation, la révision du système d’heures supplémentaires, la suppression du recrutement des professeurs d’enseignement secondaire (PES), la couverture sociale, etc., et surtout l’arrêt des annulations abusives de contrats. Autant de réclamationsqui s’accompagnent d’un grand sentiment de frustration et d’injustice.

D’autres enseignants, les nerfs à vif, s’en prendront aux médias, les qualifiant de «novembristes», car ilsne s’intéressent pas suffisamment à leur cause, insultant les journalistes venus couvrir les faits et reprochant au ministre de l’Enseignement supérieur, Moncef Ben Salem, l’absence de dialogue pour proposer des solutions aux problèmes qui touchent le milieu universitaire.

Dorra Megdiche Meziou
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