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Le long combat de Réalités pour les libertés

Le long combat de Réalités pour les libertés

Par Taïeb Zahar


Réalités, depuis sa création en janvier 1979, a fait de la défense des libertés en général et de la liberté d’expression en particulier sa raison d’être. Elle en a payé le prix fort. Quatre suspensions de six mois, et autant de faillites. Une multitude, de saisies, le tout couronné par une dizaine de procès pendant la période allant de 1979 à 1986.

Sous le règne de Bourguiba notre journal n’était pas toléré. Sa détermination à lutter contre la corruption et sa ligne éditoriale qui prônait la tolérance ébranlaient les fondements même du régime. Tous les tenants du parti unique et de la pensée unique se sont ligués pour faire disparaitre Réalités. En vain- et ce grâce à la détermination et au sacrifice de toute l’équipe à laquelle je rends hommage. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette période de manière explicite.

Sous le régime de Ben Ali, la donne a changé – le paysage médiatique a bénéficié d’une relative liberté de la presse pendant les premières années – Réalités a tiré profit jusqu’au jour de la publication d’un article prémonitoire de notre éditorialiste Hichem Djait. «Points d’ombre»en décembre 1988 que nous republions pour vous dans cette édition – et qui a entraîné la saisie de notre journal des kiosques et un procès à l’encontre de notre journal et de l’auteur de l’article. C’était le premier signal de la dérive sécuritaire du régime.
Depuis cette date, les libertés dans le pays régressèrent et nous avons dû nous adapter pour pouvoir continuer et préserver notre entreprise et les 50 emplois qu’elle génère. Des coups, nous en avons reçus de la part de personnes qui ont conduit l’information tunisienne et, d’ailleurs, tout le pays à la dérive.

A maintes reprises, ces personnes ont tout essayé pour faire disparaître Réalités notamment en 1992 quand on a traité de l’affaire «Moncef Ben Ali» ou en 2002 avec la publication d’une enquête sur les prisons par notre journaliste Hédi Yahmed. Cette fois, en plus de la détermination de l’équipe, la notoriété internationale acquise par Réalités les a empêchés d’accomplir leur forfaiture. Réalités a certes laissé des plumes mais Réalités est restée toujours debout jusqu’à la libération du pays du joug de la dictature.
En cette semaine de célébration du 3 mai, jour de la liberté de la presse, je voudrais vous rappeler quelques unes de nos prises de position à travers quelques éditos que j’ai signés et publiés sur nos colonnes ces dernières années.

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“ Le problème de l’information est encore une fois posé. Partant de plusieurs constats : le nombre d’exemplaires vendus chaque jour est en chute libre : il est descendu de 370000 il y a dix ans à 130.000 actuellement. Une information qui a beaucoup perdu en crédibilité. Pour la télévision, un sondage sérieux et indépendant le prouverait : les Tunisiens sont de plus en plus nombreux à zapper à la recherche des programmes intéressants et, ce qui est plus grave, d’informations et de débats sur leur propre pays ce qui augmente les risques de manipulation et de désinformation. Des journaux d’opinion, si rares qu’ils sont devenus l’exception, n’arrivent à survivre qu’au prix d’énormes sacrifices …Nous nous arrêterons là pour ne pas trop noircir le tableau…

Les journalistes doivent faire preuve de courage, se libérer de tout ce qui entrave leur sens de critique. Les directeurs de journaux ne doivent pas oublier leur vocation essentielle, qui est de veiller à la promotion de leurs entreprises afin qu’elles soient un cadre d’expression libre et objective et à offrir aux journalistes les moyens d’accomplir leur mission, et ne pas avoir leur intérêt focalisé uniquement sur les considérations de profit.
Les pouvoirs publics ainsi que les partis de l’opposition doivent faire preuve de tolérance , accepter qu’on critique leur action et leurs programmes et ne pas se considérer comme intouchables du fait de la mission dont ils ont été chargés ou de leur statut d’opposants.
Le droit à l’erreur doit être reconnu aux journalistes dans un cadre qui unit toutes les parties. Il n’y a pas de sujets tabous. Sauf ceux qui relèvent de la diffamation et de la sécurité nationale’’. (Réalités N° 751 du 11 au 17 /5 /2000)

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“A notre point de vue, et au risque de nous répéter, la lenteur de l’évolution de la presse nationale est due à plusieurs raisons dont trois nous paraissent essentielles.
La première est relative à la conception que se font de la liberté de la presse de nombreux décideurs, non seulement politiques mais aussi parmi ceux qui ont en charge des entreprises économiques. Leurs attitudes s’apparentent beaucoup plus à une culture de parti unique qui bannit toute critique ou qui, dans les meilleurs des cas, l’assimile à une attaque personnelle dirigée contre eux alors que le but est tout autre.
Nous devons tous hâter la fin de cette culture que l’on retrouve parfois même chez ceux qui appellent pourtant à la liberté de la presse

La deuxième raison concerne les journalistes eux-mêmes qui sont conduits, par les effets cumulés de longues années de la culture unanimiste du parti unique, à certaines formes d’autocensure et de blocages qui inhibent en eux tout esprit critique ou seulement indépendant
La troisième raison est relative aux conditions et aux critères selon lesquels les journaux reçoivent la publicité qui leur permet, dans une large proportion, d’équilibrer leurs budgets et de survivre. Ces critères doivent être révisés vers plus de justice et une meilleure répartition de la publicité publique ; (Réalités N° 854 du 9 au 15 /5/2002).

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“D’autres réformes doivent être entreprises, certaines concernent la radio et la télévision nationales qui demeurent les médias qui ont la plus large audience et le plus grand pouvoir médiatique, mais qui font l’objet de nombreuses critiques de la part des citoyens qui touchent tant la forme que le contenu de leur production.
L’une de ces réformes à envisager et qui aura sans doute, un effet positif, est l’institution d’un conseil des programmes qui sera formé de représentants des partis politiques, des professionnels (journalistes, réalisateurs…) et de la société civile et qui aura à veiller à la qualité de la production qui sera ainsi plus en phase avec ce qu’attendent les Tunisiens et en conformité avec l’exigence démocratique pluraliste’’ ( Réalités N°1114 du 3 au 9/5/2007).

Les éditos, repris aujourd’hui, ne sont pas évidemment les seuls articles consacrés à la défense des libertés par notre journal. Nous avons toujours publié des dossiers pour soutenir la liberté de la presse les 3 mai et à chaque fois que l’opportunité se présentait.

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Commentaires

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yahia ben yahia
| 11-05-2011 12:28
non, je ne peux pas croire que Taieb zahar puisse écrire un pareil article.
mon dieu, vos magazines sont là pour témoigner de votre "passé glorieux"
un peu de décence!!!!

yahia ben yahia
| 11-05-2011 12:19
non, je ne peux pas croire que Taieb zahar puisse écrire un pareil article.
mon dieu, vos magazines sont là pour témoigner sur votre "passé glorieux"
un peu décence!!!!

Amine
| 09-05-2011 00:17
Pour tous ceux qui demandent des compte de la part de si taieb pour son attitude envers l ATCE vous n avez qu a regarde son edito concernant l ATCE d il ya qq semaines. Bizarement si Taieb est le seul directeur de journal qui demande des comptes a l ATCE ouvertement .Question: Pourquoi le faire si il etait vraiment benificiaire? Reponse: parcequ il n en a pas profite, sinon il serait vraiment suicidaire de le faire. svp reflichissez avant de parler . merci

drbmn
| 08-05-2011 17:42
Pourquoi ne publier pas d'autres articles d'autres rédacteurs en chefs ou directeurs de journaux et bien c'est un peu flou de la part de BN faites. attention aux écrits des gens sérieux qui connaissent beaucoup de vérité. On connait bien ce monsieur et ses positions et il serait préférable de publier certains articles de zyed krichen ou rida kefi ou autres journalistes non corrompus de l'ancien régime. Laisser l'image de marque de votre journal intacte pour que les gens puissent continuer à l'apprécier.

Raspoutinne
| 08-05-2011 01:54
c'est quoi un bon journal..c'est celui qui vend toujours plus...et pour vendre plus,il faut avoir seul les informations les plus confidentielles,les plus attendues par le lecteur.qui paie pour lire une information que les autres n'ont pas réussi a avoir elle est juste et fiable.le jour ou vos rotatives tournerons pour des nouvelles exclusives,alors ce jour là vous n'aurez plus besoin de publicité le nom de votre revue suffira,donnez nous de la bonne information et vous aurez un retour de zéro revue .publiez l'histoire touchante de la veuve et de l'orphelin des histoires réelles qui touche le lecteur et vous aurez vos lecteurs.....ne faite pas des feuilles de papier pour laver des carreaux avec..voila c'est tout pour le moment ......change et gagne...ou continu et stagne a vous de voir.

citizen
| 07-05-2011 13:31
Si Taieb, vous avez perdu une belle occasion de vous taire. Dommage. Si vous voulez que les tunisiens vous croient et vous pardonnent publiez la liste de vos hotels, avoirs, et toute autre forme de fortune au 7 novembre 1987 et au 14 janvier 2011. Et puis on discutera.

LE GUETTEUR
| 07-05-2011 08:43
c'est vrai ce que vous avez endure mais il faut nous dire les raisons de votre rapprochement avec nos gouvernants du 7 nov,puisque votre revue est imposée aux administrations publiques,vos rapports avec l'A.T.C.E.?

Sami
| 07-05-2011 01:29
Anis a ctitique l'opportunisme bien notoire de TZ...Et trois vigiles, teleguides, ont crie: Realites est un grand journal!
Ca ne vous rapelle pas quelque chose!

Momo
| 07-05-2011 00:02
Pourquoi il ne parle pas de Réalités avec l'interview du Businessman Imed Trabelsi en ventant ces exploits?. Pourquoi il ne parle pas de Réalités avec l'appel pour Ben Ali 2014?.
J'espère que BN vous ne censurez pas mon commentaire afin de continuer à bénéficier de la pub de Réalités dans votre site.

Anis
| 06-05-2011 18:53
Un pharmacien dans les medias-business. This guy is a stooge!

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