Il fait trop chaud pour être Tunisien

Businessnews.com.tn | publié le 12/07/2017 15:59
Par Marouen Achouri,

Il fait très chaud. Le thermomètre crève le plafond et on a eu droit aux photos des tableaux de bord de voitures affichant des températures inouïes. C’est aussi une occasion pour montrer à tout le monde quel genre de voiture on possède mais sans passer pour un mal élevé. Mais revenons à la chaleur, car cette dernière a un effet assez inquiétant sur les nerfs.

 

D’abord, et surtout, sur nos politiciens. Le premier effet de la chaleur est qu’elle les empêche de travailler, parait-il. Nos députés semblent ne pas supporter la chaleur, même dans l’hémicycle climatisé du Bardo. Ils ont convoqué deux ministres, et il n’y avait pratiquement personne à l’assemblée. Sur 217 députés, il y en avait une poignée. Ils ne sont pas obligés de venir assister aux questions au gouvernement disent-ils, et c’est vrai. Ils ne sont pas non plus obligés d’être patriotes ou d’être responsables. Rien ne les y oblige. Et puis si on a envie de voir les députés, il serait plus judicieux de passer la soirée du 14-juillet à la résidence de France par exemple.

Soyons responsables et ne tombons pas dans le populisme en critiquant les absences de nos députés comme nous prévient Walid Jalled. Ce n’est pas comme s’ils avaient refusé en chœur la proposition de leur prélever 100 dinars pour chaque absence non justifiée…

 

La chaleur monte aussi à la tête des « leaders » de nos partis. Il parait que la Tunisie aurait besoin d’un remaniement ministériel. Pas de remplacer les ministres qui avaient été virés seulement, non. La Tunisie a besoin d’un remaniement ministériel en profondeur. C’est une thèse prônée par deux sommités : Hafedh Caïd Essebsi et l’UGTT. Le premier soutient encore que le congrès de Sousse était démocratique et le deuxième a des avis sur le spectacle de Michel Boujneh en Tunisie, C’est dire la lucidité de ce duo. A l’heure où le chef du gouvernement est en pleine lutte contre la corruption, que les résultats économiques semblent encourageants, les « lumières » politiques parlent de remaniement en profondeur. Les cadres de Nidaa Tounes se sentiraient « frustrés » de ne pas pouvoir aider le pays à se développer. Traduction : les cadres de Nidaa sont énervés de ne pas être au pouvoir et de ne pas en profiter.

 

La canicule a aussi atteint la gauche. Radhia Nasraoui a entamé une grève de la faim parce qu’elle estime que la protection de son mari, Hamma Hammami, assurée par les services du ministère de l’Intérieur, est poreuse. Pour commencer, ne soyons pas ingrats et faisons, collectivement, l’économie des blagues à deux balles à propos d’un régime estival. Ce n’est pas du tout drôle. Toutefois, on a le droit de se poser des questions. La protection des personnalités était assurée par les services de la présidence de la République, pourquoi ? Parce que, à l’époque, on refusait que ce soit fait par les policiers du ministère de l’Intérieur de peur que ces derniers fassent des rapports à propos des activités des personnes à protéger et donc de peur de redonner naissance à une nouvelle espèce de police politique. Est-ce que cette crainte n’est plus d’actualité ?

Par ailleurs, il y a la manière. Si Hamma Hammami était réellement menacé, de manière si évidente, pourquoi le parti dont il est le porte-parole n’a pas réagi ? Pourquoi c’est à la femme de Hamma d’entamer une action de contestation aussi extrême qu’une grève ouverte de la faim ? Des questions dont l’absence de réponse fragilise la crédibilité d’une telle démarche.

 

Décidément, la chaleur ne sied pas à nos politiciens, quel que soit leur bord. Pendant ce temps là, le peuple supporte en silence les jérémiades et les coupures de courant. Ce n’est pas en regardant ce spectacle que les gens vont se bousculer pour aller s’inscrire aux prochaines élections municipales. Ce n’est pas par irresponsabilité que les gens ne s’inscrivent pas, c’est par dépit. 

Il fait trop chaud pour être Tunisien

Par Marouen Achouri, publié le 12/07/2017 15:59

Il fait très chaud. Le thermomètre crève le plafond et on a eu droit aux photos des tableaux de bord de voitures affichant des températures inouïes. C’est aussi une occasion pour montrer à tout le monde quel genre de voiture on possède mais sans passer pour un mal élevé. Mais revenons à la chaleur, car cette dernière a un effet assez inquiétant sur les nerfs.

 

D’abord, et surtout, sur nos politiciens. Le premier effet de la chaleur est qu’elle les empêche de travailler, parait-il. Nos députés semblent ne pas supporter la chaleur, même dans l’hémicycle climatisé du Bardo. Ils ont convoqué deux ministres, et il n’y avait pratiquement personne à l’assemblée. Sur 217 députés, il y en avait une poignée. Ils ne sont pas obligés de venir assister aux questions au gouvernement disent-ils, et c’est vrai. Ils ne sont pas non plus obligés d’être patriotes ou d’être responsables. Rien ne les y oblige. Et puis si on a envie de voir les députés, il serait plus judicieux de passer la soirée du 14-juillet à la résidence de France par exemple.

Soyons responsables et ne tombons pas dans le populisme en critiquant les absences de nos députés comme nous prévient Walid Jalled. Ce n’est pas comme s’ils avaient refusé en chœur la proposition de leur prélever 100 dinars pour chaque absence non justifiée…

 

La chaleur monte aussi à la tête des « leaders » de nos partis. Il parait que la Tunisie aurait besoin d’un remaniement ministériel. Pas de remplacer les ministres qui avaient été virés seulement, non. La Tunisie a besoin d’un remaniement ministériel en profondeur. C’est une thèse prônée par deux sommités : Hafedh Caïd Essebsi et l’UGTT. Le premier soutient encore que le congrès de Sousse était démocratique et le deuxième a des avis sur le spectacle de Michel Boujneh en Tunisie, C’est dire la lucidité de ce duo. A l’heure où le chef du gouvernement est en pleine lutte contre la corruption, que les résultats économiques semblent encourageants, les « lumières » politiques parlent de remaniement en profondeur. Les cadres de Nidaa Tounes se sentiraient « frustrés » de ne pas pouvoir aider le pays à se développer. Traduction : les cadres de Nidaa sont énervés de ne pas être au pouvoir et de ne pas en profiter.

 

La canicule a aussi atteint la gauche. Radhia Nasraoui a entamé une grève de la faim parce qu’elle estime que la protection de son mari, Hamma Hammami, assurée par les services du ministère de l’Intérieur, est poreuse. Pour commencer, ne soyons pas ingrats et faisons, collectivement, l’économie des blagues à deux balles à propos d’un régime estival. Ce n’est pas du tout drôle. Toutefois, on a le droit de se poser des questions. La protection des personnalités était assurée par les services de la présidence de la République, pourquoi ? Parce que, à l’époque, on refusait que ce soit fait par les policiers du ministère de l’Intérieur de peur que ces derniers fassent des rapports à propos des activités des personnes à protéger et donc de peur de redonner naissance à une nouvelle espèce de police politique. Est-ce que cette crainte n’est plus d’actualité ?

Par ailleurs, il y a la manière. Si Hamma Hammami était réellement menacé, de manière si évidente, pourquoi le parti dont il est le porte-parole n’a pas réagi ? Pourquoi c’est à la femme de Hamma d’entamer une action de contestation aussi extrême qu’une grève ouverte de la faim ? Des questions dont l’absence de réponse fragilise la crédibilité d’une telle démarche.

 

Décidément, la chaleur ne sied pas à nos politiciens, quel que soit leur bord. Pendant ce temps là, le peuple supporte en silence les jérémiades et les coupures de courant. Ce n’est pas en regardant ce spectacle que les gens vont se bousculer pour aller s’inscrire aux prochaines élections municipales. Ce n’est pas par irresponsabilité que les gens ne s’inscrivent pas, c’est par dépit. 

Commentaires (5) Commenter
Nasraoui et hamma n'ont senti le vent tourner!
rzouga
| 13-07-2017 13:40
Nasraoui qu'elle fasse la grève, elle a déjà ramassé la dividende de son passé d'opposante avec hamma. Maintenant le vent a tourné et pas de son côté alors avec un acte aussi spectaculaire et désespéré, essaie de se rattraper mais je crois que les carottes sont cuites comme pour bcp d'autres de sa classe...
Rouler en Porsche, la vulgarité tunisienne (HH)
kameleon78
| 12-07-2017 18:50
Quand on est de gauche on ne roule pas en Porsche Cayenne, le comble de l'indécence et de la vulgarité, j'en ai rien à faire que Hamma Hammami soit protégé ou pas, par respect du peuple qui souffre, il devrait s'abstenir de rouler avec un bolide allemand. Les hommes politiques français ont plus de pudeur, ils roulent la plupart dans des voitures française et de moyenne gamme sauf les membres du gouvernement dont on met à leur disposition des limousines. Je me rappelle de ministres français qui se déplaçaient à vélo ou prenaient les transports en commun.
Merci MAROUEN oui la chaleur a tapée vraiment sur les cerveaux de certains
Zohra
| 12-07-2017 17:29
Aucune conscience aucun patriotisme, aucune pitié d'un peuple qui souffre en hiver du froid et en été de la chaleur et comme vous l'avez bien dit il souffre en silence.
Monsieur Hamami qu'a-t-il présenté au peuple ? Pour qu'il nous fasse son chichi lazim houwa mouch lazim rabi ysahlik, il n'a même pas soutenu Monsieur Chahed dans sa lutte contre la corruption.

Concernant ces rescapés de l'assemblée l'autre jour par hasard, j'avais regardé à la télé ils faisaient vraiment pitié, ils étaient une quinzaine, la présidente somnolait elle s'endormait en pleine séance, quelle honte. Pareil la majorité n'ont même pas soutenu cet homme qui travaille d'arrache-pied pour sortir le pays de l'impasse.








Même les chinois qui sont venus en Tunisie pour nous aider à la construire seront contaminés
DHEJ
| 12-07-2017 16:46
Ils veulent devenir propriétaires de terres car il leurs est interdit dans leur pays natal!

oufoul najem.
fethia
| 12-07-2017 16:17
Avant le fameux 14 janvier 2011,l'opposition à Ben Ali donnait aux personnes comme Radhia Nasrawi une raison de vivre et un fond de commerce qui leur garantissait l'existence. Apres ce 14 Janvier ces personnages se disant de l'opposition ont tous perdu leur fond de commerce, alors chacun cherche à faire parler de lui à sa façon. Radhia Nasrawi a trouvé la protection rapprochée de son mari une raison d'être sur les plateaux télé puisqu'on n'entend plus parler d'elle depuis bien longtemps.
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