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Chroniques
La Tunisie de l'an 2045
05/01/2016 | 15:58
4 min

 

« Nous sommes en 2045 et le futur a renversé l’histoire », écrit Ted Hardy-Carnac au sujet de son court-métrage ‘’Tunisie 2045’’ avec lequel il participe au Festival Nikon du film anticipatif (pour voir le film). Un film contemporain d’une lucidité poignante qui met en scène, en même pas 3 minutes, une situation des plus dérangeantes. Celle de familles de réfugiés cherchant à fuir le calvaire de leurs pays et à s’abriter dans un pays plus paisible, un pays « qui a réussi ». Sauf que, dans ce film, ce pays n’est autre que la Tunisie. Celle de l’an 2045 ! Un véritable eldorado pour des Européens fuyant l’horreur de leurs pays respectifs, désormais plus du tout accueillants pour eux.

 

« Vous savez comment ça se passe en Europe ? Vous savez à quoi ressemble Paris en ce moment ? », demande un jeune papa français à une chargée de l’immigration tunisienne, devant étudier son dossier pour savoir si, lui et sa fille, peuvent bénéficier du sésame salvateur et partir se réfugier en Tunisie. Surréaliste dites-vous ? Oui sans aucun doute. Il est en effet très peu probable que la Tunisie d’aujourd’hui devienne cet eldorado décrit à demi-mots dans ce film pour les Européens. Mais l’auteur s’y risque, avec une pointe d’ironie sans doute. Un risque tout de même poignant qui marque le paradoxe de la situation actuelle des deux pays, des deux rives de la méditerranée.

 

En inversant les rôles, ce film, réalisé par un Français, ambitionne de montrer que personne n’est à l’abri. Que le drame humanitaire vécu en 2015, avec près d’un million de migrants arrivés en Europe, a révélé « son côté sombre ». Une Europe qui a prouvé ses limites à se montrer suffisamment accueillante pour contenir toute cette détresse. Qui a montré qu’au-delà de certains actes de générosité, il y avait une réelle volonté de repli sur soi et de catégorisation des gens en sous-classes. Contre cela, une seule solution : « l’empathie », selon le réalisateur.

 

Mais pourquoi la Tunisie ? La Tunisie semble être le seul pays à avoir réussi son « Printemps arabe » comparée à des exemples comme l’Egypte, la Libye ou encore, plus chaotique, la Syrie. De l’avis des occidentaux, il s’agit du seul pays ayant survécu au cataclysme des révolutions ayant secoué la région. De l’autre côté, une France qui découvre un terrorisme qu’elle ne connaissait pas et dont elle se croyait, pourtant, à l’abri. Mais il n’y a toujours pas de quoi justifier de telles extrapolations. Et pourtant…

 

Dans une contribution publiée par le Nouvel Obs, en date du 3 janvier 2016, le réalisateur explique que « ‘’Tunisie 2045’’, bien qu’il soit un film d’anticipation, reste aussi proche que possible d’une réalité contemporaine. Car imaginer notre futur, c’est avant tout interroger notre présent ». Le film, ne nous leurrons-pas, s’appuie sur une certaine ironie pour partir du constat que ce qui se passe réellement en Tunisie et en France est l’exact opposé de la scène présentée, pour, justement, inverser ces faits. Mais si on regardait cela d’un œil purement tunisien ? Si ce court-métrage a été conçu pour mettre en lumière une réalité française qui ferait honte à certains, le questionnement est tout aussi pertinent du côté tunisien.

 

Après les attaques sanglantes ayant eu lieu sur nos terres  - Le Bardo en février, Sousse en juin et Tunis en novembre, pour ne citer que les plus meurtriers – la Tunisie est devenue une destination à risque pour les Européens. Les ambassades des pays voisins ont mis à jour leurs alertes pour, davantage, mettre en garde leurs ressortissants et les inciter à plus de vigilance. Le tourisme a été au plus bas et la Tunisie est désormais classée « destination non grata » pour les tours opérateurs.

 

Rien n’a été fait dans ce sens en France, où plus d’une centaine de personnes a péri dans une série d’attentats des plus sanglants. Un an que le journal Charlie Hebdo a été visé. Moins de deux mois qu’une série de lieux à haute fréquentation ont été la cible de coups de feu terroristes. Pourtant, Paris continue d’être une destination privilégiée pour les touristes, les étudiants, les travailleurs, les investisseurs mais aussi les migrants. Quoi de plus naturel diriez-vous ? En effet, contrairement à la Tunisie, encore novice en la matière, la France est un pays à la grande tradition démocratique. La Tunisie reste encore fragile et n’a pas fait ses preuves, tout reste à construire aujourd’hui. La Constitution à appliquer, avec un bataillon de lois encore anticonstitutionnelles ; une vie politique saine à construire, avec des guéguerres au sein des partis ; un pays à sécuriser de la menace terroriste qui guette encore ; une vie économique à sauver malgré les difficultés et la crise et des traditions démocratiques à faire ancrer. Le chemin reste encore long, mais les projets nombreux et les espoirs (encore) prometteurs.  

 

A la fin du film, la bureaucrate tunisienne devra trancher et décider si, par un simple coup de tampon, elle peut sauver la vie d’un père et d’une petite fille, mais aussi celles de dizaines d’autres personnes amassées dans un bâtiment administratif froid et impersonnel, à attendre…

Idem en Tunisie où un pouvoir politique, médiatique, juridique, bureaucratique, économique, et celui de la société civile devra décider s’il peut, ou non, sauver la vie de tout un pays. « Un simple geste peut décider de leur avenir », écrit l’auteur du film. Quid du nôtre ?

05/01/2016 | 15:58
4 min
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Commentaires (11)

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akh
| 07-01-2016 13:51
impressionnant votre folie n'a pas de limite !!

MDO
| 06-01-2016 17:51
Les étrangers ont prouvé qu'ils ont confiance en l'avenir de notre pays le ballon est dans notre camp pour avoir plus d'auto-confiance nécessaire pour assurer un avenir meilleur.

JOHN WAYNE
| 06-01-2016 06:38
Qui oserait un jour envahir la Corée du Nord ?
La réponse est peu de monde.
Car après avoir testé un échantillon de bombe à hydrogène, toute opération militaire contre ce pays faisant l'objet d'une propagande si continue qu'elle est devenue monotone, risquerait de se terminer par des millions de mort.
La réalité est telle que la Corée du Nord, même si elle s'étend sur une superficie bien moindre que celle de la Chine, est ce matin une puissance militaire imbattable avec laquelle le monde dit civilisé doit négocier et se tenir à carreau.
Mais surtout, la Corée du Nord ne verra jamais de scenario à la Libyenne, quand un Président sioniste aussi laid qu'antipathique a mené l'OTAN à une opération militaire destinée à éliminer ce témoin gênant qu'était devenu le Colonel Kadhafi au nom de la démocratie.
Une campagne militaire coloniale à laquelle le peuple Tunisien et son gouvernement par intérim de rejetons et de traitres a participé en faisant des va et viens suspects entre Tunis et Doha pendant l'été 2011.
En espion de Ben Ali a la retraite qui possède à son palmarès la traque des islamistes les plus nuisibles à l'humanité qui aujourd'hui dirigent un peuple stupide vers l'abime, je suis quelque peu démoralisé ce matin.
Me voici donc réveillé après une nuit passée à lire un ouvrage portant sur la vie d'Edgar Faure, par le message téléphonique d'un ami me faisant part d'une explosion nucléaire en Corée du Nord.
Les essais nucléaires en Tunisie se produisent tous les vendredis lorsque les Tunisiens se prosternent dans des mosquées aux airs viciés par des pets produits au même moment ou des Muezzin oscillent entre versets et techniques d'excision féminine transmises en secret de père en fils.
Ce matin, la Corée du Nord a envoyé au monde un message fort.
Ce message dit que les citoyens de ce pays aujourd'hui ne craignent même pas les Etats Unis mais surtout qu'ils ne sont pas Tunisiens.
Ils ne perdront jamais leur temps dans les mosquées après avoir vendu leur pays et après l'avoir pollué, ils ne vendront jamais leur Nation au Qatar ou à la CIA, ils n'éliront jamais des faux Bourguiba qui ont vendu Kadhafi au Qatar, ils ne rendront jamais de visites de courtoisie a George W. Bush en l'admirant, ils ne représenteront jamais d'associations comme El Bawsala, ils ne défendront jamais des islamistes ayant vitriolé des innocents, et ils ne se prosterneront jamais devant John McCain ou George Soros.
En bref, les Nord-Coréens sont un peuple digne.
Ils ont réalisé le rêve auquel JOHN WAYNE aspire pour la Tunisie car une Tunisie devenue une Nation militaire serait respectée et invincible. Elle pourrait donc appliquer une politique intransigeante de modernisation de l'Islam au dépend d'un socialisme nationaliste et laïque Arabe sans jamais être accusée de violer les droits de l'homme.
Car l'avenir de la Tunisie est bel et bien celui d'une Nation militaire laïque et moderne et non une mascarade de clowns et de gueux qui collectionnent les prix Nobel et des droits de l'homme dans un contexte de famine, de mendicité, et de banque centrale aux caisses vide.
En attendant les premiers essais nucléaires Tunisiens que j'ordonnerai en coopération avec la Russie dans le désert Tunisien et qui enverront un message fort a cette France que je hais car elle m'a colonisé, je dois m'accommoder des Tunisiens qui ne sont que des gueux accrochés à l'Islam comme alibi à leur stupidité, leur paresse, et leur sous-développement, et fiers d'avoir accompli leur rêve d'être recolonisés par des blancs.

F.M. Alias JOHN WAYNE
Ancien élève au Collège Sadiki
Diplômé d'Histoire et de Sciences Politiques de l'Université Paris-Sorbonne.
Ancien Fonctionnaire aux Ministères des Affaires Etrangères et de l'Intérieur Tunisiens des gouvernements d'Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali.
Diplomate de carrière et spécialiste de la sécurité et du renseignement.

anyssa
| 05-01-2016 21:39
Synda Tajine, hiya houta w khamsa w khmis ahlaha !

Tu as bon goût !

tounsi
| 05-01-2016 20:48
L auteure est tres belle elle ne me laisse pas ( en oudhou en plain abulution metouadhi, c=haque fois je clique sur ca page chez vous..mmmmm.... hlouwa yaser)

Historia
| 05-01-2016 20:35
'...car le passé est plus identique à l'avenir que l'eau à l'eau.' almokadéma page 11.

L'histoire ne pardonne pas. Répète des cycles avec la régularité froide des aiguilles d'une montre...Les mêmes causes conduisent inéxorablement aux mêmes conséconces./

Forza
| 05-01-2016 19:52
Apres les difficultés de la transition, la Tunisie avancera rapidement. Il faut juste prendre les problèmes au sérieux : reformes de l'éducation, formation professionnelle, fiscalité, caisses sociales, lois d'investissements, eau, désertification, érosion, infrastructures à l'intérieur du pays '.

kameleon78
| 05-01-2016 19:21
En attendant vous pouvez lire 2084 La Fin du Monde de Boualem Sansal ou un pays le Tounestan devient sous le joug des enfants et des petits enfants de Ghannouchi une dictature religieuse sanguinaire et implacable. A mon avis nous sommes beaucoup plus proches du roman 2084 que du scénario de 2045. Je pense que nous allons directement vers l'abîme et tout ce que Bourguiba avait construit a été complètement détruit par les hordes sanguinaires religieuses soutenues et financées par des forces occultes dont la Nahda est la cinquième colonne en Tunisie. En 2045 vous aurez le Tounestan jumelé avec l'Afghanistan, le pays sera talibanisé et un des pays les plus pauvres de la planète.

Jaghmoun Junior
| 05-01-2016 18:59
en 2045 la Tunisie sera une Wilaya du grand état Islamique, sa sera la misère, la faim, le chaos et la pauvreté sous la chariaa et la merveilleuse religion qui est l'Islam, l'Europe n'aura jamais de catastrophe politique c'est des vrais humains des citoyens, ils ont des valeurs, ils ne se font pas la guerre entre catholiques et protestantes, ils ne sont pas sectaires, la seule menace pour l'europe à l'avenir c'est la présence de l'Islam sur son territoire, si un guerre surviendra en Europe dans le futur sa sera une guerre civile entre les nationalistes européens et les musulmans mais je pense que l'Europe sauvegardera sa laicité et mettre les fils de mohamed dehors

ameur k
| 05-01-2016 18:09
une bonne approche ..fiction.. tant que l'islam politique n'a pas disparu et que seule la citoyenneté et l'etat civil primeront