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Gouvernement : les marchandages et manœuvres de dernière minute

Temps de lecture : 3 min
Gouvernement : les marchandages et manœuvres de dernière minute

La seconde mouture du gouvernement d’Elyes Fakhfakh se dessine dans la douleur avec des concessions de part et d’autre.

Des concessions en apparence, car personne, à cette heure, n’est capable de dire s’il s’agit de véritables concessions ou bien de manœuvres de poker menteur destinées à gagner du temps et à obtenir son objectif. La mauvaise foi se mêle à la sincérité aussi bien du côté des partis que du chef gouvernement désigné. Des interrogations justifiées par la lecture des derniers noms proposés et qui paraissent tellement aberrants.

 

Aux dernières nouvelles, Elyes Fakhfakh aurait « cédé » trois portefeuilles à Qalb Tounes, mais ce dernier aurait décliné la proposition la jugeant légère. La Culture pour y mettre Oussama Khelifi à la place de Chiraz Laâtiri et deux postes de ministre-conseiller à la présidence du gouvernement.

 

Du côté d’Ennahdha, Elyes Fakhfakh a accepté de« se délaisser »  du portefeuille des Technologies si cher au parti islamiste, mais il a refusé de le leur accorder quand même. Il nommera donc l’ancienne candidate Lobna Jeribi, ministre des relations avec le Parlement et il propose un technocrate pour les Technologies de l’Information. Le nom de Fadhel Kraiem, actuel PDG de Tunisie Telecom est cité.

Ennahdha n’ayant pas obtenu le portefeuille des Technologies et ne voulant pas mettre Anouar Maârouf aux Affaires locales, propose qu’on y mette à la place Imed Hammami (proposé au Transport précédemment) et ce après avoir fusionné ce ministère avec celui de l’Environnement.

Quant au Transport, Ennahdha voudrait que ce soit Oussama Ben Salem qui y soit nommé. Ce membre du Majlis Choura et fils du défunt Moncef Ben Salem, n’a aucune expérience ou de CV particulier pour justifier cette nomination. Il est juste connu pour être le fils de son défunt père et pour avoir été le fondateur de la chaîne pirate Zitouna TV.

 

Suite aux pressions de l’UGTT et de l’Utica, récipiendaires du Prix Nobel de la Paix pour leur rôle dans le Dialogue national en 2013, Ennahdha et Qalb Tounes iraient vers une validation de la dernière mouture du gouvernement à condition qu’Elyes Fakhfakh accepte leurs propositions. Leur objectif premier serait d’éjecter Youssef Chahed de son poste et de déposer, d’ici l’été, une motion de censure contre Elyes Fakhfakh afin qu’Ennahdha puisse reprendre la main et nommer l’un des siens à la Kasbah.

Si jamais Elyes Fakhfakh refuse la proposition, Ennahdha réfléchit à un plan B, à savoir aller en force pour une motion de censure contre Chahed et ce en dépit du niet catégorique de Kaïs Saïed qui considère cette manœuvre comme étant anticonstitutionnelle.

Devant l’opinion publique et devant l’UGTT et l’Utica, le parti islamiste dira que ce n’était pas à cause de lui que le processus a échoué, mais à cause d’Elyes Fakhfakh. Et si Elyes Fakhfakh passe outre le vote d’Ennahdha ? Dans ce cas, il se doit d’obtenir le vote de Qalb Tounes, ce qui ne lui est pas du tout garanti pour le moment et surtout après leur avoir proposé des ministères sans portefeuilles.

 

Poker menteur de part et d’autre ? Ça en a tout l’air. La réponse à cet imbroglio sera connue demain pour un vote théoriquement prévu vendredi, si jamais il a lieu.

 

R.B.H

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Commentaires (12)

Commenter

adel
| 19-02-2020 13:38
Les traitres font du marchandage et le citoyen attend éternellement qu'on pense à lui.
Nos ennemis nous auraient traités beaucoup mieux.

Ben Mansour
| 19-02-2020 12:44
Et si - convaincu de l'interprétation de texte par le Président de la République en sus spécialiste en la matière -- droit de constitution -- et refuse d'abandonner son poste -- comme ce fût un jour Ali Layredh-- , que se passera t-il
On aurait peut-être comme avancé par Safi Said deux gouvernements et on travaillera dans le parallélisme libyen !
Ah, oui , avec la meilleure constitution élaborée par Kassas et ses collègues , le chemin serait ' Selka' , libre et non épineux!!!!

Rachidovic
| 19-02-2020 10:33
Il vaut plus que ça. Même chose pour celui proposé à la Santé.
Ce qu'il faut notamment à l'heure actuelle, un grand monsieur aux finances pour renouer avec les équilibres globaux ; Un farouche ministre du commerce pour corriger les marges et un grand économiste pour initier une politique des revenus. Avec bien-sûr un chef de gouvernement facilitateur.
Ce serait étonnant que les frères "révolutionnaires" s'y opposent.

Ahmed
| 19-02-2020 06:59
Et ils parlent de compétences !!
Bande de C..
@RBH, vous résumez bien les choses .

Abel Chater
| 18-02-2020 21:56
Quel bonheur et quelle joie de voir tout un peuple tunisien, s'intéresser à la formation d'un nouveau gouvernement et si ce gouvernement va passer à l'ARP ou non.
Ce même peuple tunisien, qui n'avait le droit d'ouvrir sa bouche que chez le dentiste, se transforme en d'experts et en de chroniqueurs politiques ambulants. Ces Tunisiens qui se réveillaient chaque jour par de nouveaux noms de ministres dont ils ne connaissent que l'automatisme de leur appartenance à la région du Sahel.
Maintenant, même le reporter sportif Mondher Jbénièni, s'est transformé en un chroniqueur politique qui ose tout dire pêlemêle.
Vive la deuxième République démocratique tunisienne arabe et musulmane de régime parlementaire.

Mannou
| 18-02-2020 21:50
La seule question qui se pose ici , est : pourquoi Businessnews nous raconte cette histoire tirée par les cheveux ?! Le dernier magouilleur en date était Hafedh Caied Sebsi , vous savez tous où il est aujourd'hui . Ne vous inquiétez pas pour la Tunisie . Les vrais patriotes , femmes et hommes , y en a plein....ils seront toujours au rendez-vous .

A . V
| 18-02-2020 21:28
Si Nabil Karoui accepte le reste des miettes du gâteau pour nettoyer la table du Fakhfakh , alors là il a des cornes sur la tête .
Mais tout est possible pour les yeux du Cheîk et que lui demain est tranquille .

BMJ
| 18-02-2020 21:20
Ne me dites pas que nous disposons d'hommes d'état dans ce pays. Certes NON !
Le pays est à genoux et ils s'entre-tuent comme des hyènes affamés autour d'un butin misérable avec une animosité sans égal. Tous le ministères sont des chantiers en faillite mais se disputent quoi alors ?
Une main mise sur des avantages aux dos des pauvres de ce pays et sans scrupules. Honte à tous sans excéption !!!

Ntc
| 18-02-2020 21:06
On n'éjecte pas un chef partant que de mauvaise foi et de haine . C'est a vomir

Monia
| 18-02-2020 20:58
des mauviettes face aux caïds de la mafia...

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