alexametrics
jeudi 16 mai 2024
Heure de Tunis : 18:59
A la Une
Etats des lieux des banques tunisiennes
18/03/2014 | 1
min
Etats des lieux des banques tunisiennes
{legende_image}
Bien que le contexte économique soit peu favorable à la croissance et est plutôt enclin à une certaine décadence structurelle, le secteur bancaire a réussi à maintenir un seuil positif en affichant des indicateurs au vert. L’examen de ces derniers au titre de l’année 2012, a révélé une poursuite de la décélération des concours à l’économie de l’ordre de 6,8% en comparaison à l’année 2012. L’année 2013, n’a, en effet, pas été de toute réjouissance pour le secteur bancaire sur fond de conjoncture économique nationale et internationale en berne voire en stagnation. A fin décembre 2013, les crédits distribués par les opérateurs bancaires cotés ont enregistré une progression à hauteur de 5,7% pour s’établir à 43 560 millions de dinars. Tandis que l’évolution sur la même rubrique entre l’année 2011 et l’année 2012 a été de l’ordre de 6,6%.

Un rapport établi récemment par l'intermédiaire en bourse Maxula Bourse relatant l’activité du secteur bancaire fait ressortir une comparaison des performances entre les différentes banques de la place sur la période de l’année 2012. A noter, toutefois, que le classement établi n’intègre pas la banque islamique Zitouna Bank. Le premier paramètre de comparaison, permettant d’évaluer l’activité de la banque, est le Produit Net Bancaire (PNB), celui des banques cotées en bourse, s’est démarqué, en 2012, par une évolution notable flirtant avec les 10% contre seulement près de 3% en 2011. Le PNB des banques cotées s’est ainsi établi à hauteur de 2 151 millions de dinars. Cette forte accélération peut, en fait, s’expliquer par l’importante croissance de la marge d’intérêt assortie de la hausse des commissions nettes sur les opérations bancaires ainsi que l’augmentation des gains sur portefeuilles titre commerciales.

En affichant un taux de croissance d’environ 20% en glissement annuel, Attijari Bank tient un cap considérable en ce qui concerne son PNB qui s’est établi à 217,4 millions de dinars à fin 2012. La progression enregistrée, à ce titre, est justifiée, dans l’essence, par l’évolution de la marge d’intérêt globale (24,5%) ainsi que de la marge sur commissions (21,6%). De leur côté, les deux banques Amen Bank et UIB se sont alignées sur la même courbe d’évolution au niveau de leurs crédits. Elles ont enregistré des taux de croissance considérables de leur PNB qui sont respectivement de l’ordre de 17,8% pour s’établir à 201,4 millions de dinars et de 14,1% pour s’établir à 160,7 millions de dinars et ce, à fin décembre 2012.

Pour sa part, la BNA se place en quatrième position en enregistrant un taux de croissance de 13,3% pour l’année 2012. Quant à la banque UBCI, l’évolution marquée de son PNB, avoisine celle de la BNA avec un taux de 12,6%. En revanche, les deux banques STB et BT ont noté les plus faibles taux de croissance du PNB avec respectivement : 1,9% et 5,2% au titre de l’année 2012. Le PNB de la STB s’est ainsi établi à hauteur de 225,6 millions de dinars, une baisse justifiée par la marge d’intérêts ayant contrecarré la hausse des commissions nettes sur les opérations bancaires.

Bien qu’elle occupe la troisième part de marché en termes de crédit avec 12,8% au titre de l’année 2012, la BIAT enregistre, en tête de classement, un PNB record de l’ordre de 381,7 millions de dinars lui permettant d’occuper une part de marché de 17,7% à fin 2012. Quant aux deux banques publiques : la BNA et la STB, elles ont enregistré un PNB respectif de 293,5 millions de dinars et 255,6 millions de dinars au terme de l’année 2012.

L’évolution considérable notée par les deux banques Attijari Bank et Amen Bank leur a permis de détrôner la BH pour atteindre respectivement des parts de marché de l’ordre de 10,1% et de 9,4%. Sur la même lancée, l’UIB a réussi pour l’année 2012, à conforter sa position en termes de PNB, de manière à dépasser en classement l’ATB et à se positionner ainsi derrière la BT en huitième position, sa part de marché a atteint les 7,4% à fin 2012. A contrario, et malgré une conjugaison d’efforts notable pour la conquête de nouvelles parts de marché, l’UBCI et la BTE conservent un positionnement plutôt bas avec des PNB respectifs de l’ordre de 126,6 millions de dinars et de 25 millions de dinars au terme de l’année 2012.

Dans le chapitre de la croissance du nombre des agences bancaires, la BIAT se place en chef de file avec 11 nouvelles agences créées en 2012, suivie par l’UIB avec 7 agences, non loin d’Attijari Bank avec 6 nouvelles agences. L’Amen Bank et l’ATB ont toutes les deux réalisé un taux de croissance du nombre d’agences de 4%, la BT en a enregistré 3% et la BH, BTE et STB ont réalisé un taux de 2%. Seule la banque UBCI a enregistré un taux de croissance nul au terme de l’année 2012.

Sur le plan de la solidité financière, qui représente un des principaux critères d’évaluation d’un établissement bancaire, l’UBCI occupe la première place en matière de taux de créances classées avec un score de 11% et en matière de taux de provisionnement avec un score de 11%. Se positionne en deuxième place, la BT avec un score de 10,7% en créances classées et 10,3% en taux de provisionnement. Quant à la BIAT et l’ATB, elles se rapprochent avec des scores respectifs de 7,8% et de 7,5% (créances classées) ; de 8,5% et de 9% (taux de provisionnement).

Selon les quatre critères choisis de sélection des banques, Attijari Bank se place en première position au niveau de deux d’entre eux : critère de l’activité opérationnelle avec un score de 44,57% et critère de valorisation avec un score de 34,38%. L’Amen Bank occupe la première place selon le critère commercial avec un score de 35,16% et la BT se place en première position selon le critère de la solidité financière avec un score de 46,73%.

Il y a lieu de constater un certain regain d’optimisme qui sera à même d’impacter sur certaines valeurs bancaires. Cette relance résulte de l’évolution des volumes des échanges ainsi que la hausse du Tunindex, justifiées par deux événements majeurs qu’a connus le pays, à savoir : la formation d’un nouveau gouvernement et l’adoption de la nouvelle Constitution tunisienne qui ont eu pour effet de replacer la confiance chez les investisseurs.

Cliquer ici pour lire le rapport 2014 du secteur bancaire établi par Maxula Bourse
Nadya B’Chir
18/03/2014 | 1
min
Suivez-nous