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Tribunes
Commémoration du 14 janvier, les abus de la mémoire
14/01/2021 | 19:58
17 min
Commémoration du 14 janvier, les abus de la mémoire

 

Par Maya Ksouri

 

De commémoration en commémoration l’escalade dans le forçage du trait d’une “révolution exceptionnelle “est telle aujourd’hui qu’elle nous rappelle “le trop plein de mémoire” dont parle Paul Ricœur mais aussi Todorov auquel nous faisons référence en titre en évoquant les abus de la mémoire.

Une déclaration de Neziha Rjiba, ancienne opposante modérée à Ben Ali, illustre à elle seule cette mémoire qui s’abuse elle seule, s’en revendique même, pour asseoir une nouvelle légitimité. Lors d’une interview au journal Assarih, elle déclarera ceci : « Je couvrirai d'imprécations quiconque dirait du bien de Ben Ali …et moi-même, si je venais à lui trouver une qualité, je le nierai avec toute l’impudence possible ».

Pour cette mémoire collective, traumatisée par le deuil non effectué d’une révolution qui devait révéler le meilleur de nous-même mais qui a lamentablement échoué révélant au passage les tares d’un peuple longtemps fantasmé, les commémorations et les mantras révolutionnaires ne sont que la traduction d’une compulsion de la répétition d’une mémoire empêchée, une mémoire malade qui est dans le déni.

Le déni de l'échec... que l'après révolution n'est pas meilleur que le passé comme il le devrait ... et ce déni est volontaire pour légitimer le système actuel, et surtout en retirer une légitimité pour les porte- paroles de ce nouveau système

 

En cette 10ème commémoration, si le retour incantatoire habituel sur le 14 janvier correspond aux ressorts exposés ci-dessus, il est un élément nouveau qui corse l’exercice mémoriel et empêche de plus en plus tout examen apaise du passé et donc du futur.

La montée du PDL (Parti destourien libre), présenté comme une continuation de l’ancien régime, en raison de l’appartenance passée de sa présidente au RCD et de son récit politique récusant la révolution, dynamite à elle seule tous les ressorts du déni dont use depuis une décennie la mémoire révolutionnaire pour s'entretenir dans le ressentiment à l'égard du régime de Ben Ali.

Pour expurger ce grain de sable qui grippe la machine mémorielle, dont se repaissent les légitimités nouvelles, ça redouble donc de professions de foi comme ces couples qui, se sachant morts, s’empressent de faire un enfant pour exorciser le mal… en vain

 

Pourquoi la montée du PDL oblige-t-elle la mémoire abusée à redoubler d’efforts ?

Notons d’abord que le zèle mémoriel sera plus le fait des porte-paroles autoproclamés que des véritables acteurs, ceux connus et reconnus pour s'être opposé publiquement à l'ancien régime.  

Cela redouble d’efforts car le système dont est héritier le PDL, qui monte, est assimilé à la dictature et le nouveau système à la démocratie, permise grâce à la révolution, et qu'il n’est pas “normal” en définitive  qu’un peuple choisisse la dictature à la démocratie … a moins de dynamiter tous les éléments du storytelling révolutionnaire et que donc “ la dictature” n’en était pas une et que “la démocratie nouvelle” soit du toc

 

Les raccourcis et subterfuges de la mémoire manipulée sont tels qu’une question aussi importante que celle-là :”L'ancien système était- il une dictature et le nouveau une démocratie ?” est éludée car l'émotion doit primer sur les faits qui deviennent secondaires

 

Pour ne pas ergoter (malgré les relativisations apportées par des opposants notoires, sur lesquels on peut difficilement surencherir, tels que Néjib Chebbi et Mohamed Abbou qui ont conclu tous deux que l’ancien système avait des gardes fous et des lignes rouges et des qualités), mettons  que l’ancien système soit une dictature inégalable, les responsables de cette “dictature” n’ont-ils pas été désignés à l’opprobre via un livre noir officiel et désignés en tant que bourreaux, lors de séances publiques d’écoute organisées par une instance de justice transitionnelle, n’ont-ils pas été arrêtés, jugés par les “tribunaux révolutionnaires”, vu leur bien saisis et frappés d’illégibilité?

Faudrait-il donc les pendre sur la place publique pour que l’on dépasse cette posture de ressentiment rendant tout débat sur “la révolution" et sur tout le reste impossible et empêchant donc de passer à l'avenir?

La réponse à cette question serait d’ailleurs plus aisée si l'appréhension des figures de l’ancien système n'était empreinte de sélectivité... Les uns sont acceptés, encensés, honorés (Kamel Morjane, Mohamed Ghariani, BCE lui-même ... Ceci pour la haute extraction, pour la basse, nous citerons Borhene Bsaiess et Imed Dghij petits larbins de l’ancien régime auxquels a été même confié le soin d’animer la soirée de commémoration du dixième anniversaire d’une révolution dont les voies sont devenues de plus en plus impénétrables) et d’autres ostracisés (l’exemple le plus frappant est Abir Moussi).

 

Si le système de justice transitionnelle appelé “vérité et dignité”, a failli dans l’apurement du ressentiment, est-ce la faute de l’ancien régime ou du nouveau régime qui n’est finalement pas mieux qu’une dictature pour avoir justement failli en cela ...

L’officiante de la réconciliation nationale, qui aurait dû être disqualifiée in limine litis du fait de sa perception de sa personne comme d’une victime du régime ancien, ne s’est-elle pas livrée à tous les actes disqualifiant son travail du montage des témoignages des perpetrators, à la corruption et clientélisme qui ont caractérisé sa gestion d’une instance qui devait être exemplaire ... la fixation de l'année 55 comme date du début de la période interrogée ne donne t-elle pas  à elle seule une lumière suffisante sur la volonté  de vindicte et de chantage qui animera un processus censé être d’apaisement et de réconciliation ?

Est-ce la faute de l'ancien  régime si les documents d'époque désignant les vrais tortionnaires, les vrais délateurs, n’aient pas été ouverts au public comme cela s’est fait dans d'autres expériences (en Europe de l’est par exemple) et comme on l’a demandé sans relâche, ce qui aurait annihilé toute possibilité de ces chantages politiques  et de ces fuites de document sélectives en fonction des intérêts politiques, auxquels nous assistons aujourd’hui.

Pourquoi ne pas se demander pourquoi ce peuple dont on considère le soulèvement de 2011 comme sacro- saint, s’est-il tourné (comme en attestent les sondages) au bout de dix ans vers le PDL considéré comme issu de l’ancien régime ? Pourquoi ce retournement annoncé à l'ancien système n’est-il pas sacro- saint et indiscutable aussi si la volonté du peuple l’est toujours ?

« Le peuple est ignorant et c’est l’ancien système qui l’a fait ignorant », selon les vestales de la révolution et « c’est pour cela qu’il est nostalgique de la dictature » mais que vaut donc aussi une révolution faite par des ignorants ...car c’est toujours le même peuple

 

Est-ce en “démocratie” ou en “dictature” que l’on a assassiné et décapité en plein jour? Est-ce en dictature ou en démocratie que la Tunisie est devenue un pays incapable de pourvoir aux besoins premiers de ses citoyens et de devoir mendier comme il en est pour le vaccin anti-covid ? Est-ce en démocratie ou en dictature que des homosexuels à Kairouan se sont vus  proscrire et interdire de cité par la justice... Est-ce en dictature ou en démocratie que l’on a vu des citoyens baiser en public la main d’un chef de parti... Est-ce en démocratie ou en dictature que l’on a vu la justice aussi noyautée et avilie ? Est-ce en dictature ou en démocratie que l’on a vu l’argent incontrôlé fausser les élections, la cour des comptes le confirmer sans que rien ne soit entrepris ? Est-ce en démocratie ou en dictature que l’on a jeté en prison Jabeur Mejri pour une œuvre artistique représentant la divinité et lynché les artistes de Abdellya ? Est-ce en dictature ou en démocratie que certains journalistes et intellectuels sont condamnés à une escorte policière car leur vie est menacée ? Est- ce en dictature ou en démocratie qu’un investisseur tunisien est obligé d'être associé à du capital étranger, turc en l’occurrence, pour pouvoir s’adonner à son activité ? Est-ce en dictature ou en démocratie qu’une poignée de politiques venus d’outre-mer, n’ayant jamais travaillé sont devenus richissimes sans que personne n’ose les interroger sur l’origine de leur enrichissement soudain ? Est- ce en démocratie ou en dictature que des mandats de mise en liberté dûment émis ne sont pas appliqués car la tête du client n'était pas la bonne ??

 

L'échec est patent …

S’en gargariser comme d’un succès, comme on le voit lors de ces commémorations, ne révèle-t-il pas une révolution devenue système oppresseur elle-même et générateur de son propre récit désincarné des réalités et de ses propres chiens de garde ?

Ces chiens de garde ont certes des mobiles différents, de l’opportunisme, la volonté d’effacer les casseroles du passé, pour les plus âgés au simple désir de se donner une cause à défendre, de se trouver une place et à l'ignorance pour les plus jeunes ...mais ils sont là et redoublent d’efforts a l’occasion de ce dixième anniversaire ou le système issu de la révolution est plus que jamais en crise.

Et dans ce système en crise, le PDL a agi comme révélateur pour mettre en abyme l'abîme même … comme dans un drame antique.

 

 A ce titre , Yadh Ben Achour, l'éminent juriste et ancien président de l’instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, lors d’une récente interview, considère la percée du PDL, comme une “manifestation de crise de la démocratie, alors que ni les textes fondateurs de ce parti, ni sa pratique ne dérogent aux règles de la démocratie (et même qu’il s'est signalé au sein de l’ARP comme le plus farouche défenseur des valeurs démocratiques tel que la transparence et l’attachement à la légalité) ...paradoxalement , personne parmi ceux qui disqualifient aujourd’hui le PDL n’a parlé de crise de démocratie au sujet du  parti qui tire toutes les ficelles du nouveau système qui est un parti religieux, une secte dans ses chartes et dans sa pratique et qui considère comme martyrs ses criminels ayant porté les armes contre l’Etat tunisien ... Ce parti-secte est tout au plus critiqué mais jamais remis en cause dans son existence en l’assimilant à un dysfonctionnement de la démocratie par ceux-là même qui s'inquiètent aujourd'hui de la menace que constitue le PDL pour cette même démocratie.

Les choses en sont qu’une association de défense des martyrs de la révolution a décidé de porter plainte contre la chef du PDL pour “négationnisme révolutionnaire” alors que point de lois mémorielles en Tunisie ...

Que faut-il de plus que tout le dispositif révolutionnaire mis en branle, explicité ci-dessus, pour dépasser le ressentiment premier et pour initier un vrai débat non tronqué, repartir sur le chemin de la construction ?

 

Pourquoi la procédure de “redémarrage “ serait simple pour certains et compliquée pour les autres ? l’arbitraire nous mine …

Lotfi Zitoun, cheville ouvrière d’un système fasciste qui a terrorisé et racketté ses concitoyens à coup de menaces de listes à paraitre, de sit-in violents, un système dont il a lui-même favorisé la violence par ses prises de paroles et qui a abouti à des assassinats et au terrorisme, peut par exemple facilement rebondir et rejouer un rôle sans qu’on le disqualifie et même devenir la coqueluche des salons des démocrates ... Il suffit qu’il dise en passant qu’il s’est trompé dans certains de ses jugements... Point de reddition de compte demandée, point de jugement demandé, point de confiscation, point de vérification du dossier TNN et des panamas papers ...rien ...il est blanchi sur parole.

Abir Moussi est à l'opposé : le système auquel elle a appartenu a été jugé (pour des vétilles finalement car rien de ce qui fait les dictatures n’a été trouvé), ses fauteurs condamnés, la justice n’a jamais rien trouvé à lui reprocher a elle-même personnellement ... mais elle demeure disqualifiée pour les démocrates qui adoubent Zitoun sur parole …. Pour être qualifiée à figurer dans leur cour des miracles démocratiques, la présidente du PDL doit présenter d’autres gages : reconnaître la révolution, le sésame ... car cette révolution est devenue religion avec profession de foi…”la chaheda “

Mais qu’est-ce que reconnaître la révolution ? Quelle valeur a cette reconnaissance ? Reconnaître la révolution peut-il être une ligne fiable de départage ? Si oui, départage entre quelles deux parties ?

Reconnaître l’instant insurrectionnel ? C’est un instant historique, un fait attesté ... le reconnaître n’a donc aucun sens.

Il s’agit plutôt de ceci : Reconnaître que ce qui est venu après l’instant insurrectionnel, le terrorisme, le tribalisme, l’Etat déliquescent sont, quand même meilleurs qu'avant ? Pourquoi devoir succomber à une irrationalité pareille et empêcher ainsi tout débat réel ? Juste pour asseoir la légitimité du nouvel establishment.

 

Si cette reconnaissance-profession de foi  est la condition suffisante, alors les franges les plus réactionnaires, les plus corrompues, les plus violentes, les plus anarchiques, qui reconnaissent, plus que tout le monde, la révolution et s’en proclament nuit et jour (qui ,elles, n'inquiètent pas nos démocrates qui sont toujours prompts à frayer avec elles à l'occasion des dialogues nationaux et autres inepties) doivent être à ce titre nos guides et nos chefs et les seuls qualifiés pour s'organiser politiquement pour gérer le pays ??   

Toute la supercherie est là… Cette mémoire "révolutionnaire" tour à tour obligée, empêchée et manipulée a été l’instrument de la mainmise de ce que le pays compte de plus inapte, corrompu, sectaire et vil sur les affaires d’un pays aujourd'hui exsangue.

La manipulation de la mémoire et la fixation des rites du nouveau récit issu de cette mémoire est l’enjeu le plus important car au-delà de la légitimation, mais aussi comme son corollaire, il permet le monopole de la fixation de la règle du jeu politique.

 

L’appendice des frères musulmans en Tunisie, Ennahdha, secte et non pas parti comme vient de le reconnaître inconsciemment Lotfi Zitoun, l’un de ses ex-leaders (“nous ne sommes pas réunis autour d’une idée partisane”affirme-t-il lors d’une interview parue cette semaine) s’est arrogé dès les premiers moments succédant à l’insurrection,  la fixation unilatérale de la règle du jeu ..la règle du jeu servant bien sûr à désigner l’ennemi, l’ennemi étant changeant, la règle changera en fonction de son identité.

 

Les progressistes ont perdu depuis la révolution toutes les élections ...sauf une…. celle de 2014 où ils s’accorderont, bon an mal an, à ignorer la règle du jeu édictée par le parti islamiste. Malheureusement, la défection de BCE annulera ce camouflet tactique.

Ainsi lors de la rédaction de la loi électorale par  la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution en 2011, le mot d’ordre , fourbement défendu par Ennahdha, sera la parité. Les progressistes tomberont dans le velours des bons sentiments de ce panneau  en choisissant le mode de scrutin favorable à Ennahdha et  présenté comme le seul à même de défendre la parité. Ce mode de scrutin mine aujourd’hui la vie politique tunisienne de l’aveu même de Yadh Ben Achour le président de l’instance qui a défendu ce même mode de scrutin.

 

En 2011, la règle du départage édictée par Ennahdha était “révolutionnaire contre suppôts de la dictature “couplée à “identité arabo islamique vs acculturation et valets francophones du progressisme” : les démocrates  perdront car ils participeront au lynchage des “azlems”(terme de novlangue révolutionnaire désignant les affidés au régime de Ben Ali ) et à leur disqualification et ils jetteront le bébé avec l’eau du bain, les “azlems” appartenant pour la plupart au système séculier, progressiste et anti islamiste.

En 2014, les islamistes exhumeront la règle de jeu de 2011 “ancien régime/preux révolutionnaires", Bce étant un homme de l’ancien  système et son parti, Nidaa, un conglomérat de sensibilités dont celle RCDiste , très présente .. Les Tunisiens échaudés par l'expérience de 2011, par les assassinats politiques, la paupérisation et la déliquescence de l’Etat, ne souscriront pas à la règle de départage de 2011 et en choisiront une autre et ils gagneront les élections au grand étonnement des islamistes.

Battus, ceux-ci proposeront une nouvelle règle du jeu : le “tawafok” (un autre terme de novlangue révolutionnaire désignant un consensus qui fait abstraction de l'opération électorale)... Cela deviendra le maître mot du jeu politique et permettra aux islamistes, grands perdants de l'élection de 2014, de s’implanter et de noyauter tranquillement l'Etat cachés dans le manche de BCE.

 

En 2019, le filon révolutionnaire s'étant érodé au vu de leur compromission, les islamistes jetèrent leur dévolu sur une nouvelle règle du jeu. Cette règle fut comme d’habitude choisie en fonction de l'identité de l’ennemi politique le plus en vue. La lutte contre la corruption devint le nouveau mantra car le parti pouvant leur damer le pion dans les législatives, Qalb Tounes, est conduit par un homme d’affaires sulfureux ... Les progressistes s’y jetteront la tête la première sans réfléchir a ce que cette démarche induisait du passage d’un terrorisme avéré, entretenu à coup de chambre noires,  à un second plan de dangerosité devant une corruption supposée et surtout  sans prêter attention à ce que cette démarche contenait d’absolution des islamistes d’une corruption dont ils sont en fait les champions  ...donc une règle du jeu  qui permet de relâcher la pression sur un parti islamiste en difficulté par rapport a l’affaire de la chambre noire mettant en évidence leur rôle dans le terrorisme qui a assailli  le pays depuis leur arrivée et qui par la même occasion les éloigne du cercle de la désignation de corruption , la corruption étant devenue une exclusivité de Nabil Karoui ... Toute personne rejetant cette règle de jeu unilatérale devenant le suppôt du seul corrompu de la scène.

 

A l'orée du dixième anniversaire du 14 janvier et en dépit de tous les malheurs occasionnés à ce pays par cette mémoire manipulée pour la satisfaction d'intérêts sectaires, comme nous venons de l’exposer, nous assistons aujourd’hui au même manège par la volonté de résurrection de la règle du jeu de 2011…

Malgré les 10 ans écoulés, la justice transitionnelle, les compensations, les séances publiques d'écoute, nous devons rester figés, nourrir une mémoire qui a pour seul but de légitimer  l’establishment actuel qui a perdu toute légitimité factuelle.

En étudiant les abus de la mémoire, Todorov mettra l’accent sur les stratégies de victimisation dont use la mémoire manipulée; être victime fonde à réclamer pour toujours...et 10 ans après les Tunisiens commémorateurs n’ont pas encore quitté cette case ...et même qu’il est question ces jour- ci de verser le montant astronomique de trois mille milliards comme réparation par un Etat qui peine à payer le rang de ses salaries (multipliés à l’envi depuis 2011 pour placer les victimes de l’ancien régime, des islamistes, sans qualification dans la fonction publique).

 

Et qu'a-t-on trouvé à l’issue des écoutes menées par l’IVD et des procès qui justifie ces réparations astronomiques ? Qu’a t-on trouvé que des actions non systémiques qui ont finalement conduit à condamner les pontes de l’ancien régime juste pour de vulgaires et piètres malversations et ses ministres pour le financement de leur  parti ... un système qui est sorti, en somme, blanchi de toute dictature à tel point que son troisième homme, le secrétaire général  du parti unique lui-même, est aujourd'hui  le très honorable conseiller auprès du président du parlement et chef du parti islamiste !

 

Donc si “la dictature” n’en était pas réellement une, quid de cette démocratie ?

Un système démocratique où ne sont disqualifiés ni les falsificateurs d’élections, ni les provocateurs à la violence, ni les homophobes, ni les misogynes, ni les thuriféraires du terrorisme et ses acteurs, ni les encenseurs de la charia négation de l’alternance, ni les contrebandiers, ni les négateurs de la démocratie... Ils ne sont pas disqualifiés car reconnaissant la révolution …et sans cette révolution, qui aurait organisé cette ochlocratie qui leur permet de répandre leur poison ?

Le poison est là, bien clair inoculé par mithridatisation ou assaut violent...L'antidote est là aussi : le refus de toute règle du jeu de cet ennemi de l’Etat ... La règle de jeu qu'il veut imposer  aujourd'hui  et qui  divise les rangs des démocrates anti-islamistes pour des raisons plus ou moins valables … Adopter une  règle de départage en fonction de l'intérêt de l’Etat et de son régime républicain, tel est l’antidote.

La seule règle de départage tactiquement efficace est celle-là :”patriote républicain anti-ikhwane contre pro-ikhwane”.

Une fois l’exérèse du mal, le plus grand, qui ronge le pays, effectuée, on pourra se livrer à nos palabres citoyennes sur un socle commun de valeurs sans terrorisme, sans “takfir” et sans violence et parler alors des conditions d’une démocratie, une vraie.

                                           

 

14/01/2021 | 19:58
17 min
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Commentaires
Abdelfatteh Fakhfakh
Petites erreurs dans mon commentaire.
a posté le 17-01-2021 à 15:59
Je corrige quelques erreurs :
Merveillous - Saintes '?critures - "cercles relevant du catéchisme". Merci d'en faire part.
Abdelfatteh Fakhfakh
Réponse à l'article de Maya relatif à la commémoration du 14 janvier 2011
a posté le 17-01-2021 à 14:59
J'ai vécu quelques temps heureux et auto-satisfait de faire partie des fans (oui fans) de Maya...je me sentais plus qu'à l'aise de le "Merveillousg Maya Land"...c'était - quand je la lisais ou l'écoutais - les moments de félicité et de bonheur...j'adhérais grosso modo à tout ce qu'elle disait...Heureux....Heureux comme le répétait Fernand Raynaud...et puis petit à petit le "doute" me prit...il y eut une interruption dans le suivi... coupures volontaires et involontaires...et puis je découvre la maya ...( Le cru 2020) et là stupeur...en un mot, je vois que nous ne nous comprenons plus....Non je ne tomberais pas dans les insultes de bas étage (veste et retournement de veste), ou l'expression "elle....aussi!"...non, là je ne suis plus à l'aise...je quitte le Merveilleux Maya Land...et je reprends mes billes... Décidément, le monde n'arrête pas de changer, mais le souffle révolutionnaire ne s'est pas éteint...en France et ailleurs, cela s'est étendu sur des décennies 1789...révolution...restauration... révolution...restauration..et cas duré.... continuer à y croire...oui... au-delà des Saintes '?critures de gauche...Il arrive des fois que des histoires d'amour foirent...y a pas mieux à dire...(N.B. je n'ai jamais appartenu à des cercles ,"cachétiques" ( de la même famille que cachétisme)
.
Welles
Et la Terreur
a posté le à 10:03
Monsieur Fakhfekh, en parlant de l'histoire de France, vous oubliez la séquence de la Terreur, nous y sommes malheureusement en Tunisie.
Un grand merci à Maya
Voilà
J'ajoute
a posté le 17-01-2021 à 14:23
Seule une union de Tahya Tounes, de Qualb Tounes, du bloc de la réforme, et du bloc national peut arrêter la montée du PDL. Il est même de l'intérêt stratégique d'Ennahdha qu'au moins les deux premiers partis s´unissent. Sinon la prochaine élection va être une surprise cassante pour Ennahdha et même pour le nouveau système para-démocratique, puisque les gens anti-ennahdha ne vont plus voter pour les progressistes divisés. Je connais même des électeurs de conviction démocratique qui veulent voter pour le PDL. On les appelle des électeurs rebelles. Pour que Ennahdha ne se trouve pas à pied d'égalité avec le PDL en 2024 (c'est une réalité attendue), la situation socio-économique en Tunisie devrait m'améliorer. En plus, sans la cour constitutionnelle, la crédibilité du système para-démocratique va passer dans trois ans dans l'oubli.
'? cette étape actuelle je vois la publicité pour le RCD partout même entre les rangs d'Ennahda. Un leader d'Ennahda vient de dire que les rcdistes sont plutôt des conservateurs et madame Mousa vient d'El Watda. Ce message est clair, ils n'ont rien contre le RCD. Eux, ils veulent seulement les partis qui acceptent leurs existences et ce système para-démocratique.

Bob
Les perles du Bac
a posté le 16-01-2021 à 18:55
J'ai fait une effort surhumain pour lire la totalité de cette pépite du langage absurde, un amphigouri pompeux et creux. Je crois, je suis même certain, qu'elle écrivait en s'écoutant parler (ou plaider?) et elle n'a pas lésiné sur le verbiage et l'emploi de formules latines de baveux, et autres formules nébuleuses à l'allure intellectuelle. A force de se vouloir pédant, ce texte est surtout très mal rédigé. Le résultat: de longues phrases écrites d'une seule traite, sans aucune ponctuation ( n'est pas Proust qui veut) ou des ponctuations intempestives qui gomment le semblant de sens. Malgré tout, on a compris que la révolution c'est Mal et que Abir c'est Bien. J'ai envie de dire : tout ça pour ça? En fait il s'agissait d'une révolte des miséreux, sans guide et sans schéma directeur et Abir, c'est faire du neuf avec du vieux. Il y a cependant plusieurs perles savoureuses, voici quelques exemples:
- [Une déclaration] ... 'illustre à elle seule cette mémoire qui s'abuse elle seule' (seul Freud a dit la même chose, mais autrement).
- 'un élément nouveau qui corse l'exercice mémoriel et empêche de plus en plus tout examen apaise (elle voulait écrire 'apaisé') du passé et donc du futur. (Il faudrait qu'elle nous explique comment examiner le futur qui n'est pas encore là... à moins d'avoir une boule de cristal?).
-Pour expurger ce grain de sable ... ça redouble donc de professions de foi comme 'ces couples qui, se sachant morts, s'empressent de faire un enfant pour exorciser le mal'?' en vain (il y a des morts qui ont encore une activité... ?)
- 'car l'émotion doit primer sur les faits qui deviennent secondaires' (au royaume des cieux, les derniers seront les premiers)
- Pourquoi ne pas se demander pourquoi ce peuple... (certains lourdingues veulent savoir le pourquoi du comment?).
-Les progressistes tomberont dans le velours des bons sentiments de ce panneau  (et ils ont fait plouf?)

Il y a d'autres perles mais, par charité, je vais arrêter là! Avant que le propos ne tourne en rond et rate son objectif, je cite un homme intelligent qui nous aide à voir plus clair et à aller mieux:
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Welles
Misogynie quand tu nous tiens
a posté le à 10:48
Monsieur le professeur Bob,
Vous me rappelez Maxulette, un lecteur qui sévissait ici il y a quelques mois , une sorte de donneur de leçons de grammaire et d'orthographe mais qui , quant au contenu de ses postes, c'est le vide intersidéral. Il a fini par disparaître à moins que ça soit vous sous un autre pseudo.
« L'aveuglement est pire que la cécité «  écrivait jadis Hölderlin », votre misogynie et votre ressentiment envers le PDL vous ont rendu aveugle au sens propre et figuré face à la réalité dramatique que vit le pays après cette entourloupe de révolution confisquée par les frérots.
L'auteur de cette tribune n'a jamais fait une lecture moralisante des événements, elle n'a jamais dit ni sous-entendu qu'il y a d'un côté le bien et de l'autre le mal, non elle nous décrit les faits et les faits sont têtus. Là pays est au pied du gouffre et le PDL caracole en tête dans les sondages scientifiques. Voila la réalité. Par ailleurs, la charte du PDL respecte à la lettre la constitution, alors ne soyez pas en plus de mauvaise foi.
Les donneurs de leçons comme vous pullulent sur la toile et c'est bien triste d'en arriver là. Vous écrivez «  avant d'écrire il faut apprendre à penser «  mais moi si vous permettez je vous rappelle en s'appuyant sur E.Kant penser c'est d'abord penser contre soi-même. '? vous fera un peu de bien. Un peu de modestie nous fera pas de mal non plus.
Enfin je n'oublie pas de dire contrairement à vous BRAVO MAYA pour cette tribune et merci au journal BN.
Amazigh Kabyle
Bob
a posté le à 11:33
Cher Boualem.
Il est des gens qui se prononcent beaucoup et disent tres peu.

That would be you.

First things first, this lady's intellect is overwhelming, so I am not surprised in the least that you should find her insightful analysis pompous, absurd and hollow. After reading your comment, I would have actually been worried if you thought otherwise.

Pompous ? De la vaillance.
Absurd? Well step aside Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Boualem has spoken. Not once did you a give the slightest hint of an argument as to to tell us why !

dialectics, semantics and rhetorics are not for the simple minded. She excels at all three disciplines, and don't get me started on her literary style. Wow, just wow !
Quelle plume ! Un style fluide et extrêmement elegant. Il y avait une régulière dans les colonnes de ce journal qui laissait de charmant commentaires sous le pseudonyme de la passante du sans souci. Son style etait envoûtant mais il n'était malheureusement pas proportionnel à son intellect.

This intellectual is something else, something you've wanted to be all your life. Dream on son! It's quite alright to be jealous! I can tell that you have intellectual and literary ambitions. My unsolicited advice?
Don't give up the day job son!

Unlike you, I don't have such ambitions, all can say is I am smitten woth this lady's superior intelligence and her masterly grasp of the three disciplines I mentioned above that you miserably lack.

I have no bone in what you propably consider a battle between the lady and Boualem. It is not. It is all in your head. Existing by association is no existance at all!

So, without further ado...

Sutor ne supra crepidam.

Ps: she is classy and beautiful to boot !

To Businessnews.tn: please can I marry her. Beauty, brains, class, courage, bravery... et de l'audace !
"Koul l'ha ya loumayma koul l'ha ya loumayma, Sid el Henni goudamha ya loumayma"

El henni = hnine

Je n'ai qu'un coeur tendre à lui offrir. Et une .... pour Boualem.



Alya
Analyse incomplete
a posté le 16-01-2021 à 15:56
Madame,certes,j ai été en admiration devant votre res belle plume.Cependant,votre analyse est incomplète.A aucun moment,vous n avez parlé d un protagoniste important et responsable de cette situation. Ce protagoniste s appelle le peuple tunisien. Ce peuple a grandi sous la dictature de Benali qui l a dépouillé de toute valeur malheur.Ce peuple a éduqué ses enfants en dehors de toute valeur. Benali dégage,ce peuple s est livre à tous les partis qui pouvaient remplacer les choobs
Himar
De l'abus de botox
a posté le 16-01-2021 à 15:51
Franchement Himar est éberlué par cette dissertation savante et bien documentée faisant référence à Ricoeur et Todorov et dont il ne manquait que Foucualt, Barthes et Génette pour entrer dans les annales les plus illustres des sciences politiques qui ont en si besoin pour refaire peau neuve depuis que leur premier gourou Olivier Duhamel s'est trouvé dans les marasmes d'une affaire de moeurs pas très chouette à raconter. Parlons alors à tout hasard de symboles et d'allégorie et tant qu'à faire du corps car comme disait Spinoza qui sait ce que peut un corps. Alors ce corps social qui n'est in fine que la somme à l'infini des corps individuels ne serait-il pas meilleurs si tout les corps seraient beau saint et souriant, féminin en option happy end. Il n'y aura jamais d'abus de botox tant qu'il peut aider à produire des tirades aussi magiques.
Si vous avez tout compris vous êtes Himar.
Si vous avez rien compris vous êtres himar.
Ajoula
Un vrai régal d'analyse
a posté le 16-01-2021 à 13:05
Bravo Madame quelle analyse, la femme tunisienne toujours à l'avant garde.
Tounesnalbay
Ghannouchi
a posté le 16-01-2021 à 10:28
Les Tunisiens ne sont pas des hommes, en Egypte les égyptiens ont écarté le terroriste Morci en une année, et le pays a décollé de nouveau vers un avenir économique prospère 7% de progrès économique, l'Egypte est le premier pays arabe qui a fabriqué le vaccin contre le corona,, en Tunisie 10 ans de déroute économique, anarchie totale, cahot, querelles et insultes entre les dirigeants de notre pays, , braquages, corruptions, les tunisiens ne sont pas arrivés à éliminer l'ennemi numéro 1 et le plus grand terroriste que la Tunisie a connu dans toute son histoire ***.
Tounesnalbaya
Ghannouchi
a posté le à 11:20
La réponse est bel est bien Ghannouchi, que les tunisiens n'arrivent pas à l'écarter pour décoller économiquement.
Le samaritain
10 ans que les tunisiens se sont tirés une balle dans le pied
a posté le 15-01-2021 à 22:29
Bonne analyse de la situation

Après 10 années, beaucoup confondent toujours régime dictatorial et régime autoritaire
Cardinal
Pertinent
a posté le 15-01-2021 à 17:14
Maya, il faut que vous reveniez aux medias ou que vous rejoigniez le PDL. On a besoin de vous!
Dt
Maya
a posté le 15-01-2021 à 17:06
Maya ma pauvre Maya. Au lieu de cette longue rhétorique certes bien rédigée mais toujours aussi évasive, j'aurais aimé une conclusion pragmatique et conforme à notre état lamentable à savoir la suspention des partis politiques et l'instauration d'un état d'urgence économique, c'est notre priorité absolue. Au lieu de tourner en rond et parlotter pour rien comme le fait Madame Maya incessamment.
Dt
Constat d'échec, et puis..
a posté le 15-01-2021 à 16:34
Maya, ma pauvre Maya. Où vous voulez vous en venir. Vos analyses sont pertinentes certes mais j'ai l'impression que vous vous repetez , toujours realiste ce qui concerne les échecs mais complètement floue et évasive quand il s'agit des propositions de sortie de crise. La démocratie à la Tunisienne ne vaut pas grand chose, les élites progressistes, modernistes sont occupés par leurs égos surdimentionés,la gauche n'a plus rien à proposer, les islamistes n'on parlons même pas. Ah il reste une personne que Maya veut bien y croire :Tenez vous bien c'est Abir Moussi. Quelle trouvaille, vraiment désolant de votre part. J'aurais bien souhaité que Madame Maya propose la suspention des partis politiques et l'instauration d'un état d'urgence économique pour un certain temps, c'est notre priorité au lieu de parlotter pour rien. Vraiment déçu.
BIEN
Bien dit "Tenez vous bien c'est Abir Moussi."
a posté le à 19:11
En Tunisie on dit : " 3Zè Filli Tame3 Bill Couscousi will Lè7èm Minè Essèmè !"
Ameur k
L islam politique est le mal...
a posté le 15-01-2021 à 12:49
Parfaitement Mme...le pbme c est le melange MALSAINT et pernicieux entre la religion et la politique c a d l islam politique avec sa secte de Khouanjia en tunisie
Tant que ce mal existe et tant que la citoyennete est bafouee il est trop difficile d avancer et le pays d oriente plus vers
L Afghanisation et la misere qu autre chose..
CAR
Vous avez raison mais..
a posté le à 19:26
29 % des tunisiens ont voté pour les " Islamistes " et seront près à les voter! Quoi faire ? éradiquer le 29% d´électeurs ?
Alors il ne faut plus se lamenter d´avantage, mais il faut proposer des programmes politiques pour les confronter et reduire leur influence dans la vie politiques..

J'ai l'impression qu'à travers le discrédit médiatique d'Ennahdha, elle est devenue encore plus forte.
S'il y aura des élections libres dans tous les pays arabes, malheureusement, les islamistes - et sans aucun doute - seront les vainqueurs.
Abidi
Commémoration
a posté le 15-01-2021 à 12:48
Commémoration de quoi et révolution de quoi celle qui nous a sorti la merde de la merde celle qui nous a fait reculer de 50 ans celle qui nous a sorti les marginaux les hypocrites les mafieux et les vaux rien qui ont tout envahit
Lol
Ne jamais croire qu'on est réduit à choisir entre la peste et le choléra
a posté le 15-01-2021 à 11:04
Donc si 'la dictature'?' n'en était pas réellement une... Décidément quand on a vécu toute sa vie dans la merde on ne l'a sent plus.
On était dans une république bananiere ( couscous connection, trabelsi, chiboub, puis le dernier beau-fils,...). Une dictature policière née d'un coup d'état qui a opprimé les tunisiens jusqu'au point de rupture. Tout ce qui s'est passé après est de la faute de ce système corrompu. Imaginez si zaba avait fait en 2008 ce qu'il avait promis le 13 janvier 2011...

On est passé à une pseudo démocratie faite sur mesure pour le parti qui a gagné les premières élections: la secte de Ghannouchi.

Puis les tunisiens ont voté majoritairement pour le parti qui voulait faire tomber les islamistes. Et après ? Le pays n'a pas décollé comme attendu. On a vu la tragédie des années 80 se répéter. Une lutte intestinale pour le pouvoir autour d'un président vieux et affaibli dont la famille a précipité sa chute. Et le "plus grand mal qui ronge le pays" en est sorti indemne (ou presque).

Maya peut croire au Père Noël. Elle peut croire qu'il suffit d'appuyer sur un bouton pour regrouper les héros (zéros) progressistes et faire disparaitre les islamistes et que celà entraînera automatiquement une réussite sociale et économique qui propulsera la Tunisie au rang des pays développés.

Moi je pense qu.on va encore se casser les dents. Qu'on va encore essayer les autres fausses routes jusqu'à ce qu'on soit obligé d'évoluer ou jusqu'à ce qu'on atteint le fond et ça ne sera pas beau à voir.

Soyez lucides, soyez forts et ne cédez pas aux fausses bonnes idées.

Le chemin est encore long



eddi kad
En effet le chemin est encore long
a posté le à 20:50
Il est d'autant plus évident que le peuple tunisien est très mal conscient de la situation. Il a toujours démontré qu'il est facilement manipulable par les partis politiques et les masses média et L'UGTT qui joue aussi un role très négatif avant et après...Il n' ya pas de véritables leaders et les élites sont complètement égarés à l'instar de Maya d'ailleurs.
"Pour faire une revolution, il faut un peuple."
L'astronaute
Mouais...
a posté le 15-01-2021 à 10:59
Donc, si je vous ai bien lue et en résumé vous souscrivez à la stratégie du PDL? Et, à choisir entre un réactionnaire islamiste et un réactionnaire tout court vous préférez le second. Le problème est exactement là. Abir Moussi occupe un espace politique laissé vacant par les modernistes-progressistes-défenseurs des lendemains qui chantent, etc, depuis 2011. Cette alternative n'en est clairement pas une et ne répond, en aucune façon, aux revendications exprimées lors du soulèvement populaire (qui n'était pas une révolution pour des raisons simplement objectives, je nous crois d'accord sur ce point.) Le problème n'est pas dans l'existence d'Ennahdha, qui représente pourtant d'évidentes menaces pour l'avenir du pays. Le problème réside dans l'atomisation persistante desdits démocrates depuis les élections de 2011, qui se révèlent incapables - en dehors de la péripétie Nidaa Tounes - de faire front commun pour contrer politiquement et idéologiquement les islamistes, qui ne sont forts que parce que leurs adversaires sont faibles.
Il y a également de grandes carences en intelligence politique, en grande partie dues à la montée du populisme en vogue depuis plusieurs années, pas seulement en Tunisie et qui propulse sur le devant de la scène des leaders qui n'ont pour seule qualité d'aboyer à en faire honte aux chiens.
Pour illustration (même si c'est un peu hors de propos, mais je ne résiste pas à ce petit plaisir coupable) je vous renvoie à l'entretien suivant de monsieur Moncef Marzouki, donné en 2019 et qui laisse sans voix... Dans sa brillante analyse il déclare (à 3mn33): "nous les Arabes, nous avons une espèce de génétique encline à l'autoritarisme". Quand un ex-président de la République - fut-il provisoire - est perché à de telles hauteurs stratosphérique de bêtise en matière de réflexion, ça en dit long sur le degré de décrépitude et d'inanité de toute une classe politique. Espérons qu'il y aura toujours des exceptions qui sauront, un jour peut-être, proposer autre chose que la carotte ou le bâton.
Lien de l'entretien cité (en français): https://www.youtube.com/watch?v=AZCPmOk9bmM&t=805s
Welles
Réactionnaire ?
a posté le à 10:57
Le PDL réactionnaire vous dites, donnez moi un seul argument qui prouve vos propos gratuits et aveugles.
Alfcamp
Excellent article
a posté le 15-01-2021 à 09:47
Excellente analyse, d'une si rare lucidité! Bravo Maya
mansour
10 années de dérive et faillite islamiste dictatoriale d'Ennahdha et Rached Ghannouchi
a posté le 15-01-2021 à 09:31
Et la Tunisie heureuse de la politique de Habib Bourguiba et Ben Ali restera à jamais présente dans la mémoire collective des tunisiens reconnaissants.
Le rôle important du combat et engagement de Mesdames Maya Ksouri, Abir Moussi et tous les patriotes républicains épargnera à la Tunisie les ravages de la double manipulation Orwellienne : révolution, démocratie
c'est le début de sa fin cette double manipulation du 14 janvier avec le rejet des tunisiens imposée par des traitres avides de pouvoir, de snippers, des pétrodollars islamistes des freres musulmans du Qatar et d'Obama, Hillary Clinton et le tricheur Joe Biden
le déçu
magnifique analyse
a posté le 15-01-2021 à 07:57
Ce texte qui reflété la qualité intellectuelle et citoyenne de son auteure renouvelle mon espoir dans la jeunesse éduquée du pays .IL soulage la déception qui me domine au vu de l'état de délabrement dans lequel on se trouve.Cette maléfique derniére décennie dominée par l' action politique destructrice d'apprentis dirigeants mus par des objectifs malsains doit être stoppée au plus vite en rendant l'arbitrage au peuple
CHDOULA
MERCI MADAME !
a posté le 14-01-2021 à 22:43
Un régal ! Quel plaisir de lire un texte qui est en parfait accord avec mes pensées et mes sentiments ! Un véritable orgasme intellectuel ! Merci encore !
A4
En conclusion:
a posté le 14-01-2021 à 22:07
On ne remerciera jamais assez le 1,5 millions de cons qui ont voté comme des moutons pour la secte des assassins en 2011.
Certains l'ont fait pour un billet de 10 dinars ou un simple sandwich à l'harissa, ou bien pour sauver "leur islam" qui était en danger.
Que peut-on espérer quand on voit la montée du tribalisme, du corporatisme et du régionalisme ? Rien ... sauf les catastrophes !!!
Angel
Homages à Maya Ksouri
a posté le 14-01-2021 à 21:19
Magnifique texte de Maya Ksouri
Magnifique analyse du partage des eaux
Magnifique récapitulatif mémoriel
Magnifique impartialité
Texte difficile pour qui n'a pas une maîtrise complète de la langue française et des références culturelles, à lire, relire, déguster au début d'une seule traîte puis à relire par petites lampées pour en apprécier le fil conducteur, la clarté de raisonnement
Texte qui résume le mille posts FB lus tout au long de la journée, les nombreux éditoriaux dans les journaux.
Elle nous avertit, démantèle les ficelles, nous donne qui plus est la voie à suivre, le chemin du milieu....
Page à garder en archive et à relire dés que le besoin s'en fait sentir
BONNE LECTURE CALME, ATTENTIVE, REFLECHIE ET SEREINE LES AMIS

Merci BN de cette publication
aldo
==== MAYA ! MERCI ====
a posté le 14-01-2021 à 21:10
C ' EST UN REGAL ----------- SI UN SECTECHIEN lira cet article il finira aux urgences section CARDIO.
MonBen
La classe!
a posté le 14-01-2021 à 21:03
Tout est dit, décortiqué, analysé, dans ce post brillant de Maya au sujet du soulèvement de 2011 et de la décennie qui a suivi. Un grand bravo.
cavaliero
en fait une révolution sans évolution
a posté le 14-01-2021 à 20:39
plus tôt une révolution où les charognards se sont afflués vers les plus faibles pour finir leur agonie
une dictature éclairée vaut 1000 fois une démocratie aveugle
Hounga
France 2
a posté le 14-01-2021 à 20:35
Et pendant ce temps France 2 fait un reportage complètement merdique à Kasserine. Et le reporter fait sa conclusion dans un tas de déchets Les médias français sont complètement à côté.
Zghal
Sadok
a posté le 14-01-2021 à 20:35
Merci Maya d'exprimer aussi bien à chaque fois ma profonde pensée. Merci grâce à toi, toujours de gauche, je me sens moins seule...
A4
Une faillite nommée "révolution"
a posté le 14-01-2021 à 20:16
CULTURELLE
Ecrit par A4 - Tunis, le 31 Décembre 2020

S'il y a une révolution, moi je n'en vois q'une ...
Pas celle des idiots à qui on promet la lune ...

Pas celle des fainéants et autres bras cassés
Qui cherchent une planque pour s'y éterniser

Pas celle des moutons qui se vendent au plus offrant
Et qui pour un billet vendent enfants et parents

Pas celle des profiteurs, éternels affamés
Qui emportent les caisses et vous laissent ramer

Pas celle des bons à rien aux douteuses allures
Qui font leur apprentissage dans votre chevelure

Pas celle des religieux aux ignobles bobards
Qui vous esquintent tout à coup d'allah akbar

Pas celle des corrompus sans classe ni stature
Qui ferment les vannes ou importent les ordures

Pas celle des populistes et leurs banalités
Dont l'unique référence est leur médiocrité

C'est celle des êtres humains dotés de cervelles
Pour qui une révolution n'est que culturelle !