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L’OTPJ accuse le président de l’AMT d’avoir mené une campagne contre Taoufik Ben Brik

Temps de lecture : 4 min
L’OTPJ accuse le président de l’AMT d’avoir mené une campagne contre Taoufik Ben Brik

 

 

 

L'Organisation tunisienne de protection des journalistes (OTPJ) a estimé, dans un communiqué publié ce mardi 28 juillet 2020, que la condamnation à un an de prison ferme avec exécution immédiate, émise contre l’écrivain et journaliste, Taoufik Ben Brik est « injuste » et qu’il a été victime d’une campagne menée par le président de l’AMT, Anas Hmeidi.

 

L’OTPJ a souligné que Taoufik Ben Brik a certes insulté des juges mais n’a, à aucun moment, émis à leur encontre des accusations justifiant une telle démarche. « Les abus commis par Taoufik Ben Brik contre les juges qu’il a mentionnés se limitaient à la diffamation et aux insultes, sans leur attribuer des accusations pour des actes légalement répréhensibles comme la corruption, par exemple, ou d'autres abus qui sont parfois attribués à certains juges et pour lesquels ils doivent rendre des comptes » a-t-elle précisé.

 

L’Organisation a souligné que le ministère public a renvoyé à tort l'accusé devant la chambre pénale pour qu'il soit poursuivi pour diffamation, sans se fonder sur une plainte des personnes concernées comme le dispose la loi. « Les poursuites pour diffamation sont encadrées par le décret 115 qui dispose que les plaintes ne soient pas déposées auprès du Parquet mais que le plaignant convoque le représentant du ministère public et le suspect, après avoir soumis sa plaidoirie directement à la présidence du tribunal, qui fixe la date d'un procès s'il le juge nécessaire » a-t-elle ajouté.

 

L’OTPJ a estimé que le journaliste a été victime d’une campagne d’incitation mensongère conduite par le président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT). « D'après la loi et tous les documents que nous avons pu examiner, rien ne montre un quelconque crime « d’incitation explicite à la violence avec des armes » ou encore d’un « appel à porter les armes et à la guerre civile » sur lequel le président de l'association s'est concentré dans ses déclarations… le comportement irresponsable du président de l’Association l’a abaissée au rang d’une bête galeuse dont tout le monde se désolidarise » a-t-elle poursuivi.

 

« S’il s’imagine qu'avec ses danses populistes bon marché et sa pression sur l'institution judiciaire pour influencer ses décisions afin d'en faire une autorité brutale et vengeresse, ayant la capacité de jeter injustement les citoyens en prison, nous lui assurons que nos stylos sont plus affûtés que les barreaux des cellules de prison avec lesquels ils tentent de nous terrifier. Aucun pouvoir, aussi tyrannique qu’il soit, n’entravera notre aspiration à la liberté et à l’édifice d’un Etat de droit. Nous saisissons ce moment, pour appeler les parties concernées à mettre en place des chambres judiciaires dédiées aux affaires concernant les journalistes et les éditeurs car nous avons pu noter, à de nombreuses reprises, des lacunes manifestes dans le traitement des affaires relevant de ces domaines » a conclu l’Organisation.

 

Nabil Akrimi, avocat de Taoufik Ben Brik, a aussi fermement dénoncé le jugement émis à l’encontre du journaliste. « L’affaire remonte à la période de la campagne électorale de la présidentielle. Mon client a critiqué la justice du temps de Ben Ali en citant le nom de certains magistrats. La loi est claire et l’article 69 du décret-loi n°2011-115 du 2 novembre 2011 relatif à la liberté de la presse indique que seules les personnes concernées par les propos diffamatoires peuvent porter plainte, or dans cette affaire c’est le ministère public qui s’est chargé de l’affaire. Taoufik Ben Brik a été condamné à deux ans de prison ferme avec exécution immédiate par contumace et on n’était pas au courant. Nous sommes allés de nous-même vers la justice pour faire opposition à ce jugement parce que l’erreur de procédure est évidente et la loi claire, mais à notre grande surprise, mon client a écopé d’un an de prison ferme et a été conduit en prison après avoir passé deux heures et demi au poste de police » avait-il indiqué.

 

L’avocat a souligné que Taoufik Ben Brik a subi une grande injustice. D’autre part, il a indiqué que conformément au décret-loi n°2011-115 du 2 novembre 2011 relatif à la liberté de la presse, Taoufik Ben Brik aurait, au maximum, écopé d’une amende si les procédures étaient correctes, ce qui n’est pas le cas.

 

Taoufik Ben Brik est condamné à un an de prison pour une déclaration médiatique. Les personnes visées par ces critiques n’ont porté aucune plainte, pourtant il est jugé à une peine privative.

 

M.B.Z 

 

 

 

 

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Commentaires (9)

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Noury
| 29-07-2020 13:37
Depuis le passage des islamistes au pouvoir, leur première action était de mettre la justice à genoux pour assurer leur pérennité, la tâche était simple puisqu'il existe pas mal de juges à vendre... adjugé !

zola
| 29-07-2020 08:55
De quelle liberté on parle ? Celle de l'expression. Très bien, donnez-moi un seul pays au monde où l'on peut dire et écrire ce que l'on veut. Même en Amazonie cela n'existe pas. Donc c'est une question de convention sociétale qui colle fortement au vécu des peuples à une époque donnée. Le fameux prisonnier se détache un peu de l'image tolérée par les siens, sinon c'est le maitre (le juge) qui corrige un cancre pour donner l'exemple. C'est peut-être la fin de la récréation aussi, on ne sait rien. L'important c'est qu'après une année il ne fera pas de prolongations. il aura l'avantage d'écrire ce qu'il veut sans être dérangé et nous sortir avec deux ou trois bouquins aux titres provocateurs comme d'habitude avec pleins de séance de dédicace et des photographes, il aime çà le mec.

VIAN
| 28-07-2020 20:07
Ce que la classe politique en Tunisie(s'il en existe une) n'a jamais compris est que Ben Brik est considéré par le monde libre, en opposition au monde des barbares, comme un CURSEUR de la liberté d'expression et de le liberté tout court dans ce pays et ce depuis l'ancien régime.. A travers lui , il juge et mesure le degré auquel cette société est parvenu par rapport à des normes et des minimas des valeurs de la liberté. Par conséquent, son rôle est de pousser les acteurs de la vie publique, y compris la justice, dans leur dernier retranchement; quitte à franchir les lignes rouges. Dans un exercice que seul Ben Brik a le secret d'exceller, il a mis à nu l'appareil judiciaire et le justice en général comme étant le pilier d'une démocratie théocratique dont la démocratie occidentale a vendu comme une alternative aux régimes totalitaires dans les sociétés musulmanes. D'ailleurs, les chantres de cette théorie commencent à se rendre compte de cette terrible désillusion,Tant le régime democrato-théologique est pire qu'une dictature laïque . Les magistrats on conservé le réflexe d'être inféodés à un pouvoir, à une dictature et ils n'en sont jamais affranchis. Bien au contraire, en épousant les valeurs d'une pensée théologique gangrenée dans un passé de fanatisme et de superstition, leurs dérives sont plus dramatiques. Comment peut-on faire confiance à un magistrat qui en 21ieme siecle croit dur comme fer qu'un être humain puisse effectuer un voyage interstellaire à dos d'un mulet ailé en une nuit? Même ceux parmi ces censeurs(l'histoire de la faille et la verset de la coronna) déguisés en magistrats qui gardent une certaine lucidité ont un raisonnement du moins curieux mais clairvoyant; ils pensent que les islamistes sont en train de s'imposer et risquent de régner encore pour une éternité; de surcroît,et par soucis de "survie", personne ne peut échapper à leur dictate; Les meedebias de l"association de la magistratue sont en train d'enfoncer leurs maîtres;
La supercherie de la démocratie islamo-gaucho-droitshommo...a assez duré.La question est de savoir comment s'en sortir sans dégâts? ça me parait impossible

Le marseillais
| 28-07-2020 17:43
Ils faut interdire à tout les sympathisants et adhérents nahadaoui d occuper des postes stratégiques au moins pour 20ans et faire le ménage au sein des ministères régaliens infestées d d'islamistes hypocrites, la ministre doit diligentée les enquêtes à moins qu elle se trouve au bord de la piscine, alors ne pas déranger

Justinia
| 28-07-2020 17:18
Elle était où l'AMT lorsqu'une jeune fille violée par deux policiers a été jetée en prison sans jugement?
De quoi était-elle coupable? " Coupable d'avoir été violée?
Elle était où cette AMT lorqu'un des policiers a vidé le compte de ce couple?

monta
| 28-07-2020 16:43
A l epoque de ben Ali, il y avait plus de rspect des liberté de parole. Pauvre Ben Brik. Pauvre de nous. Affaire à suivre.

aldo
| 28-07-2020 16:26
et à réajuster les justiciés

zba
| 28-07-2020 16:25
il s'est foutu de nos guelles ce klebji des annees et des annees et a fin ami intime de karoui et rached ghanouchi.
qu'il pourrisse en prison

SER
| 28-07-2020 16:20
Je pensais que nous avions un système de justice et une démocratie.
Maintenant, les journalistes se mettent à jouer les admonestrateurs, les conseillers juridiques et les je-sais-tout !

Vivez la démocratie et la justice tunisiennes !

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