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Chroniques
Les hôteliers, tous des escrocs !
19/08/2015 | 15:59
3 min

La scène se passe au lendemain de l’attentat de Sousse. Le serveur d’un hôtel à Sousse était en train de pleurer sur la plage. Il avait essayé de s’isoler mais on voyait bien que ça n’allait pas. Ce serveur n’a pas encore atteint les 30 ans et est titulaire d’une maîtrise en géographie. Ce qui le fait pleurer ? La possibilité, plus que probable, de perdre son emploi et de se retrouver à la rue. Pendant qu’il pleurait, la propriétaire de l’hôtel est venue le rassurer en lui disant qu’il ne perdrait pas son emploi et que personne ne serait renvoyé. Mais jusqu’à quand ?

 

Les hôteliers sont traités de voleurs et d’escrocs puisque certains d’entre eux n’ont pas remboursé leurs dettes aux banques publiques tunisiennes. Admettons. Mais si on veut être objectifs, on doit dire aussi qu’ils emploient des personnes, beaucoup de personnes. Certains parlent de 450.000 emplois directs, chiffre qui se voit, au moins, doublé si l’on évoque les emplois indirects.


Mais nous cédons si vite à la facilité que l’on met tout le monde dans le même sac. C’est bien plus simple de se mettre en retrait, de ne pas connaitre les dossiers et d’émettre des jugements de valeur. Il n’y a pas si longtemps c’était les hommes d’affaire qui étaient pointés du doigt. Le camp d’en face mettait tous les « droits-de-l’hommistes » dans le même sac également.
Pour en revenir aux hôteliers et au tourisme, il y a des relations logiques à faire, abstraction faite de l’hôtelier en lui-même. Suite à l’attentat de Sousse, l’ensemble du secteur touristique a été fortement impacté et les hôteliers sont en première ligne. Si l’hôtel ferme, tous ses employés n’auront plus aucun revenu et deviendront des chômeurs. Par la suite, il existe des usines de lait ou de viandes dont une grande partie de la production va aux hôtels. Si ces derniers ferment, les usines n’écoulent plus autant de production, donc seront en sureffectif et donc mettrons des gens à la porte. On peut poursuivre le raisonnement sur plusieurs échelons.


Il y a certaines personnes qui disent que les hôtels s’en sortent bien avec la clientèle tunisienne et algérienne. C’est loin d’être le cas mais admettons que ce le soit. L’hôtel devra fermer ses portes, quand même, à l’horizon septembre-octobre. Ce sont les professionnels du secteur qui le disent et qui tirent les sonnettes d’alarme. Mais bon, on ne va pas les écouter ce ne sont que des voleurs, n’est-ce pas ?
Mais si on ne tolère pas ce discours, pourquoi se laisse-t-on embarquer dans ceux qui traitent de l’importance du tourisme pour l’économie tunisienne, le fait que ce soit le seul secteur qui rapporte de la devise en Tunisie sur le court terme ? Pourquoi cette hypocrisie qui fait que d’un côté, on insulte les hôteliers et on se délecte du fait qu’ils mettent la clé sous la porte, et de l’autre, on dit que le tourisme est important et qu’il faut non seulement le sauver mais aussi le rénover ?


Peut-être faudrait-il mettre ça sur le dos de raisons purement inhérentes à certains caractères envieux et négatifs. Ce qu’on sait en tout cas c’est que plusieurs Tunisiens envient la réussite et qu’on a cette tendance, très française, à l’auto-flagellation. On a aussi ce côté « méditerranéen » qui pousse à dire ce que les autres veulent entendre, quitte à dire des insanités. Tant que ça nous rapporte les « remerciements » de notre tout petit cercle.


Quelles que soient les motivations, le but est atteint et les hôtels commencent à fermer les uns après les autres. Les tour-opérateurs boudent la Tunisie et il n’y aura aucune éclaircie d’ici au moins un an. Ceux qui s’en prennent aux hôteliers seront contents. Certains professionnels disent qu’il ne restera qu’une quinzaine d’hôtels ouverts sur tout le territoire tunisien.


Mais tout ça, ce ne sont que des discussions de salon. En fait, les vraies victimes sont toujours les mêmes : ceux qui ne sont déjà pas gâtés par la société. Serveurs, femmes de chambre, réceptionnistes et j’en passe. Ce sont eux qui n’auront plus de quoi nourrir leurs enfants dans quelques semaines. A ce moment, il faudra leur expliquer que leurs patrons sont des escrocs et que le tourisme tunisien s’est flingué tout seul…

 

19/08/2015 | 15:59
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Commentaires (34)

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Un neurone
| 22-08-2015 12:26
Continuez à rêver d'un monde d'hommes d'affaires 'pigeons' honnêtes et integres qui se feraient dévorer en un clin d''il par les rapaces de la mondialisation.
La dure réalité que les rêveurs ne veulent pas voir, c'est que le commerce est un monde de coupe-gorges où il n'y a pas de place pour les sentiments et les idéaux.
Pour survivre, un commerçant à plus besoin d'un répertoire de savoir-faires pratiques qui flirtent avec les limites de la légalité mais qui ont prouvé leur efficacité, et qui font vivre des centaines de familles, que de diplômes prestigieux et de leçons de morale du 18ème siècle qui mènent visiblement à la ruine.

En cherchant bien, vous trouverez toujours un squelette dans un placard à l'origine de toute grande fortune, y compris celles qui veulent couler ces hommes d'affaires pour s'approprier leurs biens pour presque rien.

Alors, les grands moralisateurs, sachez d'abord à qui profitent vos grandes tirades. Ce sont peut-être ceux-là mêmes que vous dénoncez si énergiquement sur d'autres pages de ce même valeureux journal!?!?
Et des pays que traitez de tous les noms!?!?
Et des coupe-gorges au vrai sens du mot!?!?

mizaanoun
| 21-08-2015 23:24
Beaucoup des « pionniers » de l'hôtellerie n'étaient au départ que des marchands ambulants, surtout à Hammamet, Sousse et Djerba. La plupart étaient aussi des analphabètes au vrai sens du terme et au figuré. Pour ne pas citer des noms et être censuré, le fondateur de l'une des dynasties hôtelière dans l'une de ses villes ou régions était propriétaire d'une huilerie rudimentaire qui fonctionne par énergie animale ! On est peut-être à la troisième génération et les héritiers n'ont pas progressé beaucoup dans les sciences sociales, économiques ou autres. Ils sont semblables à leurs géniteurs. Aucun n'a pensé ' par exemple - aller faire des hautes études scientifiques et profiter des moyens gigantesques de leurs familles. Mais comme ils sont nés malins, ils savent que ça ne sert à rien d'avoir des diplômes et qu'il vaut mieux avoir un héritage ou un patrimoine. C'est plus sûr surtout à notre époque. Comme au temps de Balzac au 19ième siècle.

On a déjà, il y a un mois, commenté un article sur le même sujet rédigé par votre collègue, madame Ouesleti et on ne va pas revenir à l'historique du tourisme en Tunisie ou ailleurs. C'est tout simplement le bordel, dans tous les sens, et agréé, comme tel, par l'ONU qui lui a même fabriqué une institution dite l'OMT. Une organisation de malfaiteurs, comme il y en a beaucoup dans ce monde « mondialisé ».

Il paraît, que selon, les spécialistes de ce monde, la moitié de la population mondiale au moins n'a rien à foutre dans ce monde que de mourir le plus rapidement possible à raison d'un ou deux dollars par jour.

À l'époque ' dans les années soixante ' et même après, la plupart des hôteliers n'avaient pratiquement rien investi, pas un sou. Ils ont eu les terrains confisqués ' au nom de l'intérêt public - à leurs propriétaires, généralement des petits agriculteurs côtiers. Les banques leur ont fourni l'argent pour construire et l'Office du Tourisme, créé de toute pièce, servait de courroie de corruption et distribuait les étoiles.

Ainsi est né le bordel du tourisme. Et dans un tel monde il n'y a que des escrocs et des bandits à col blanc.

Les plus grands de ces escrocs sont les compagnies « productrices » comme ***. Cette compagnie fait la pluie et le beau temps là où elle arrive à faire racine, comme en Tunisie.

Bechir Toukabri
| 21-08-2015 10:59
L'article de Kapitalis sur les hôteliers est au moins direct et limpide.On a toujours fuiles problèmes. Résultat: Apres 4années de 4 années onn'est même pas capable de dire la vérité. Dans cet article l'auteur pleure sur la situation du tourisme, mais comme lui personne ne propose de solution miracle.Ni l'Etat,ni l'opposition,nilesexperts,ni les intellectuels. Entre temps on coule inoxerablement, avec le tourisme et tout le reste. Voilà un article de plus qui n'arrêtera pas l'histoire.Un dicton populaire dit: "Ismaa klem illi bakkiik; ma tesmaech klem illi ydhahkek". A bon entendeur salut.

cristou
| 20-08-2015 17:57
keskvouavé avalé archicrack?
Et écartez-vous...et laissez-moi passer...et j'arrive et 'ben Ali'...par-là et 'rapaces' par ici... pour finalement déclarer qu'on pouvait faire du 500% sans ouvrir les portes de l'hôtel avec les 'rapaces et les cannibales'!?
Et maintenant, avec vos 'colombes' des hurluberlus sans vergogne l'ouvre toute grande pour jeter des milliers de pauvres gens dans la rue avec 'je n'ai pas de solution miracle'. mais si, t'en avait déjà une, de solutions miracles: être un peu décent et t'épargner le ridicule de 21 lignes de pixels morts...noyés dans un bouillon indigeste.

Sadok Kenani
| 20-08-2015 17:17
Une analyse limpide,et rien à rajouter...je ferais un seul reproche aux Hôteliers.....juste aprés l'attentat du Bardo et á la veille d'une saison qui s'annonçait acceptable...comment vous á-il échappé' d'exiger une protection policière,sachant que le danger d'une nouvelle tuerie,planait deja sur le Pays....dommage....

mjr
| 20-08-2015 14:19
Un autre article sur Kapitalis "Les hoteliers et la prédation de l'argent public" donne un autre point de vue

archi
| 20-08-2015 13:58
Cher compatriotes arrêtez de vous tirez une balle dans le pied, on a l'économie que l'on peut et pas celle que l'on veux!!
Je m'explique les hôtels ont participez au développement de l'économie de la Tunisie depuis l'indépendance, Hammamet et le cap bon, Sousse, Monastir et le sahel, djerba et une grande partie de la côte sud ne serait rien sans cela, maintenant le problème est celui de l'adaptation, cela fait plus de 20 ans qu'on utilise la même recette or le monde a changer, internet pour la commercialisation mais aussi très important le transport aérien c'est démocratisé les prix ont chutè vous allez cher tunisien en Malaisie pour votre voyage de noce a un prix raisonnable! donc la proximité joue peut sur le coût du séjour, bref je ne parle pas du cannibalisme de l'ère Ben Ali avec des rapaces qui se sont taillez des croupière dans le tourisme, terrain a bas prix fournit par l'A.F.T et crédit a profusions...! je vous assure une plus valus de 500% sans que l'hôtel ouvre ses portes...
Alors la solution miracle je ne l'ais pas, mais par contre je ne crois pas a la création de richesse sans travail ( cela concerne tous les secteurs), il faut revenir aux basiques soleil, mer et plage et y ajouté de l'intelligence, une cuisine tunisienne revisitée, des guides touristiques mieux payés et mieux formés, les animateur aussi...etc, je ne parle pas de la propreté du pays cela nous concerne nous aussi, une chose importante pour un secteur mature prés de 60 ans déjà, des vrais professionnels qui investissent eux dans la promotion, qui crées des tours opérateurs, qui prennent leur responsabilité simplement!
c'est ça la démocratie, on décides nous même ce qui est bon pour nous!
NB: pour l'agriculture la mécanisation fait qu'il y a de moins en moins de producteurs et de plus en plus de consommateur, mis a part notre climat semi-aride, cette année nous avons une bonne récolte d'olive l'année prochaine les arbres devront ce reposé et ...le prix du litre n'a pas baissé!!! alors bon courage.

Bob
| 20-08-2015 13:52
J'aime lire vos billets. Concernant la forme: vos phrases sont simples, claires et sans recherche lourde et inutile qui, au mieux, délaye le sens du texte. Quant au fond, il est toujours juste, mesuré et bien vu. C'est agréable de lire un texte lisible, chose très rare dans les journaux tunisiens! Merci Monsieur Achouri.

Jojo
| 20-08-2015 13:47
Votre article est très simple, très banale et très superficiel!

tic-tac
| 20-08-2015 13:29
Emportée par l'oued, la vielle exige qu'on aille au secours de l'hôtelier...