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Houcine Dimassi : Kaïs Saïed devra laisser la personnalité qu’il choisira former son gouvernement seule
05/08/2021 | 11:39
3 min
Houcine Dimassi : Kaïs Saïed devra laisser la personnalité qu’il choisira former son gouvernement seule

 

L’expert en économie et ancien ministre des Finances, Houcine Dimassi, est revenu, ce jeudi 5 août 2021, sur la situation du pays, sur les défis à relever et sur le profil du prochain chef du gouvernement.

 

Au micro de Hatem Ben Amara dans l'émission Yaoum Saïd sur la Radio nationale, M. Dimassi a estimé que la situation économique est plus qu'exceptionnelle et que le déficit budgétaire est anormal, irrationnel et illogique (les dépenses dépassant de loin les ressources notamment propres).

Pour lui, le pays est en train de reproduire les mêmes erreurs depuis la révolution de 2011, malgré les multiples mises en garde. Et d’affirmer que depuis deux ans, la manifestation de ces erreurs est devenue claire car le secteur privé, le cœur battant de l’économie, a été impacté par le Covid-19, ce qui a impacté les ressources fiscales.

En réponse à une interrogation de l’animateur, il a spécifié que l’Etat a payé 2,8 milliards de dinars de dette ces derniers temps (deux tranches, une en juillet et une en août 2021). Il s’agit de fonds qui ont été prélevés de nos réserves en devises, l’indicateur de santé des économies, qui sont passées de 140 jours d’importations à 120 jours d’importations. Il s’agit surtout d’un nouvel emprunt bancaire intérieur.

« Certes, nous avons remboursé notre emprunt mais à quel coût et avec quelles conséquences en particulier sur les équilibres de l’économie nationale », s’est-il interrogé.

 

 

S’agissant du prochain chef de gouvernement, L’ancien ministre a souligné que « la personnalité nationale qui pourra faire face, même avec de grandes difficultés, aux défis, existe dans notre pays ».

Et d’ajouter : « Si le chef de l’Etat parvient à choisir convenablement la personnalité qui va prendre les rênes du gouvernement, les questions qui se posent sont : Comment va se former le gouvernement et le chef de l’Etat va-t-il le laisser agir ou pas ? Et sur la base de quel programme va travailler le prochain gouvernement ? Quelle est la durée du mandat de ce gouvernement ? Ce gouvernement aura-t-il la force et les prérogatives nécessaires pour imposer les réformes douloureuses qui doivent être opérées ? ».

 

Par ailleurs, l’expert économique a indiqué que pour corriger les finances publiques, il faudra que les principales parties sociales se mettent d’accord sur le fait de ne pas opérer, pendant deux à quatre ans, d’augmentation de salaires, d’augmentation de prix et d’augmentation fiscale. Ce qui permettra, selon lui, au budget de l’Etat de se corriger graduellement, car le déséquilibre provient principalement de la hausse des salaires et des recrutements.

Il a expliqué que les dépenses sont composées essentiellement de quatre rubriques : les salaires qui représentent plus de la moitié des dépenses, le remboursement des dettes extérieures, la subvention et le développement. En réponse à une interrogation de l’animateur, l’arbitrage entre ces dépenses s’annonce difficile vu la crise, et rien ne peut être écarté, notamment l’incapacité de l’Etat à verser les salaires.

Et de rappeler que la Grèce, qui est un pays adossé à l’Union européenne, a été obligée de faire des réformes douloureuses notamment de baisser les salaires ainsi que le nombre de recrues de l’Etat.

 

« La solution est entre nos mains pour ne pas arriver au scénario libanais, mais il faudra compter sur notre labeur et corriger nos erreurs », a-t-il martelé en soulignant qu’on ne doit pas compter sur le FMI mais entreprendre les réformes qui s’imposent et retrouver la valeur du travail.

 

Pour lui, le chef de l’Etat se trouve devant trois priorités :

  • Bien choisir le chef du gouvernement
  • Le laisser travailler : former son gouvernement, faire son programme et le laisser faire face seul aux défis. Juste il faudra l’aider et être son soutien
  • se défaire du slogan "Achaâb Yourid (le peuple veut, ndlr)" à "La raison veut", soulignant que le populisme ne permettra pas de sortir de la crise.

S’adressant au peuple, Houcine Dimassi a affirmé qu’il faudra travailler, être patient et accepter des mesures qui seront bonnes pour l’ensemble du pays.

 

I.N

05/08/2021 | 11:39
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Commentaires
Tunisino
Le chômage!
a posté le 05-08-2021 à 14:45
Une simple question, comment réduire le taux de chômage, qui ne cesse d'augmenter depuis 2011!
Larbi
Financer d'abord et ajuster ensuite
a posté le 05-08-2021 à 13:48
A court terme le pays ne peut malheureusement que financer les déficits jumeaux (par les réserves de change , bailleurs de fonds et bilatéraux etc). L'ajustement ne peut résorber les déséquilibres macroéconomiques qu'à moyen terme. Mais il faut les mettre en place le plus rapidement possible. Donc à court terme l'arbitrage financement versus ajustement n'a aucun sens.
Ce que ce monsieur n'a pas compris.
L'appui du FMI pour accompagner le financement (court terme) et l'ajustement ( moyen terme) est très important dans la mesure où:
1- accroît la crédibilité des politiques économiques mises en place et pousser d'autres bailleurs de fonds ( multilatéraux et bilatéraux) à financer les déséquilibres actuels avec un coût acceptable pour le pays.
2- toute autre alternative de financement, par le marché international par exemple n'est malheureusement pas possible pour le moment .

Il a toutefois raison concernant la liberté relative accordée au chef de gouvernement pour mener à bien les différentes politiques économiques, sociales et de retour aux équilibres en concertation avec tous les partenaires sociaux qui doivent jouer le jeu et reconnaître que le pays ne plus faire face à l'hypertrophie du secteur public.
Quand aux députés ( hors Ennahdha et El Karama) ils doivent démissionner de leur mandats parlementaire (faire don de leur salaire pour un fonds de lutte contre le Covid) et soutenir le Président de la République et le chef de gouvernement pour une période transitoire à définir .
C'est le seul salut pour la Tunisie avant de sombrer définitivement dans un chaos dont le prix sera à la fois élevé et affectera les classes les vulnérables.
MFH
Un homme, un vrai.
a posté le 05-08-2021 à 13:17
Le seul Ministre resté fidèle aux principes de la bonne gouvernance et de l'honnêteté. Le jour où on a essayé de lui forcer la main il avait remis le clefs en disant merci et au revoir.
adel
Il vise le premier ministère?
a posté le 05-08-2021 à 12:53
No way !
Bourguibiste nationaliste
Y'a Dimassi y'a ***
a posté le 05-08-2021 à 12:43
Y'a Dimassi y'a Stallone
Tu n'as pas encore réalisé (ou tu ne le veux pas) que nous sommes de facto dans un régime présidentiel et donc le président garde le droit de regard sur le choix des ministres.
BRAVO MONSIEUR ! BIEN DIT !
TEAM-TONIC
a posté le 05-08-2021 à 12:29
Rien à ajouter !
Jilani
Ancien ancien ministre des finances
a posté le 05-08-2021 à 12:26
Un chef qui a abandonné à la première difficulté au lieu de résister et il ose donner des leçons à ceux qui ont tenu face aux islamistes
Waterloo
le Sheriff .... Qayselabidine ben Sayed ....
a posté le 05-08-2021 à 11:53
ce Sheriff, a fait un hold up sur TOUS les pouvoirs.
il n'est pas prèt à lacher prise.
tunisien
@ waterloo
a posté le à 12:55
Ce *shérif*a complétement raison de faire ce que tu prétend être un holdup.Pendant 10 ans la nahdha a appauvrit le peuple tunisien et eux se sont enrichit d'une façon incroyable la corruption est devenue monnaie courante ghannouchi & co. ont-ils réagit aux manifestations ? par exemple les oppresser non car ils sont démocrates!! ou bien les entendre non aussi car ils sont entrain de remplir leurs poches et faire chanter les corrompus afin de les aider à se maintenir au pouvoir et ça ne peut pas durer encore