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Tribunes
« Vote » faire cuire un œuf
20/09/2014 | 09:59
2 min
« Vote » faire cuire un œuf
Par Noômen Toumi

Nous sommes à quelques jours de l’entame du premier exercice démocratique de la deuxième république tunisienne. Les listes ne se sont pas fait désirer, le financement pré-électoral n’y est pour rien, au cas où vous auriez pensé le contraire. A peine les listes pour les législatives se sont fait connaitre, les candidatures pour la présidentielle ont commencé à pleuvoir aussi abondamment que la « laveuse d’aires à dépiquer ». De quoi laisser à croire à une campagne électorale des plus riches, ce qui ne semble pas réjouir tout le monde.

En effet, face à toute cette concurrence qui risque de déjouer les calculs et prévisions de certains, nous avons eu droit à toutes sortes de tentatives de « rectifications de tirs », des plus absurdes aux plus subtiles. Deux tactiques majeures ont attiré mon attention, vu que différentes dans la forme, mais, identiques sur le fond.

La première absurdité avec laquelle on a souhaité détraquer le processus démocratique est un remake de l’élection présidentielle du 2 avril 1989 : un président consensuel. Nous serons des milliers à nous rassembler à la place St Pierre de Dar Dhiafa à Carthage, drapeaux en main à chanter en chœur l’hymne national et à attendre la fumée blanche et un « Habemus Praesidentis ». A quoi donc servirait de gaspiller tant d’effort, de temps et d’argent pour que finalement tout se joue à la courte paille ? Est-ce ça la démocratie ? Dans tous les cas, ce n’est point la démocratie tels que je me la conçois, encore moins la gestion du bien public tels qu’il devrait être.

La deuxième tactique, menée par des opposants farouches à la première proposition, qui dénonçait cette procuration de conscience collective et un manquement au droit de tout Tunisien à faire valoir ses choix, n’est pas moins « anti-démocratique » que la précédente : Le vote utile. Un appel indirect à la bipolarisation qu’on essaye tous de fuir. Et même si c’était une dure réalité à admettre, croiraient ils que les Tunisiens prendront la peine pour aller faire un choix qui n’en ai pas un ? Pour aller voter juste parce que c’est utile même si ça ne les représente pas ? Par amour des files d’attentes interminables ? Même si c’était le cas, au meilleur des cas on se retrouvera avec plus de 50% de votes blancs (comme dans toute démocratie qui se respecte où les citoyens affichent leur manque de confiance en leur classe politique par le vote blanc).

Le résultat des élections doit refléter la richesse et la diversité d’orientations politiques dans une société et non pas refléter les tractions majeures de sa classe politique. Les citoyens ne devraient pas admettre une absence ou un manque de choix, ils doivent « avoir le choix », telle est l’essence même de la démocratie. On n’admet pas un représentant parce que le collège politique en a décidé. On ne vote pas parce que c’est juste utile. On vote pour quelqu’un qui nous représente par sa vision, ses principes, ses orientations, son programme, son discours, … c’est un exercice de « CONSCIENCE ».

Alors chers TUNISIENS, livrez vous à votre conscience et votez !


*Membre du conseil national de Afek Tounes
20/09/2014 | 09:59
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