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Une présence timide des femmes dans les conseils d’administration
24/06/2021 | 22:33
5 min
Une présence timide des femmes dans les conseils d’administration

 

La présence de la femme au sein des conseils d’administration reste assez timide en Tunisie, d’où la nécessité de légiférer pour l’imposer. C’est globalement ce qui ressort d’une étude présentée ce jeudi 24 juin 2021 lors du colloque annuel de l’Institut tunisien des administrateurs (Ita) tenu à l’hôtel Laico, sous le thème « Composition des conseils d’administration en Tunisie : Etats des lieux, défaillances et perspectives » et où on a pu relater l’évolution des pratiques de gouvernance en Tunisie et au niveau international.

 

Etaient présents de nombreux administrateurs de sociétés, et de hauts responsables de l’Etat ainsi que des secteurs public et privé.

 

En effet, et selon l’étude réalisée sur un échantillon constitué de la totalité des entreprises cotées en Bourse à fin mai 2021, la côte comprend 79 entreprises, qui comptent 675 administrateurs, dont 76 femmes, soit 11,3%. Le secteur financier s’accapare à lui seul 46,1% de présence féminine dans les conseils.

Les douze banques cotées comptent 21 femmes administratrices, mais le taux est disparate et deux banques seulement affichent une représentation supérieure ou égale à 30%, le reste de l’échantillon affiche une moyenne de 13,51%.

 

En dehors du secteur financier, la présence des femmes dans les conseils reste timide et peu significative. Plus de 40% des entreprises cotées ont des conseils exclusivement masculins. 29% d'entre eux comptent une seule administratrice et 7,6% comptent trois administratrices et plus.

En ce qui concerne la présidence du conseil d’administration, les sociétés cotées en Bourse comptent sept femmes présidentes, dont quatre à la tête d’entreprises appartenant au secteur public.

La proportion de femmes présidentes de conseil est de 8,9%, soit en deçà de la moyenne régionale de la région Mena (11,1%) et de la moyenne mondiale (23,6%).

 

Moez Joudi, président de l’Ita, a indiqué, dans une déclaration à Business News, que l’institut a remarqué que Tunisie ne compte pas assez de femmes dans les conseils d’administration alors que le pays est incontestablement un vivier de femmes compétentes. « Des femmes compétentes, intègres et qui ont un parcours valeureux », selon ses dires. La séance va permettre ainsi de mettre le curseur sur cette problématique et présenter un ensemble de recommandations pour que les femmes soient plus présentes dans les conseils d’administration.

Moez Joudi explique que « les conseils d’administration sont fermés en Tunisie » et que « les rares femmes qui y siègent sont actionnaires, font partie de famille détentrice de l’entreprise, ou ont travaillé dans les banques et les entreprises ».

« Petit à petit, en instaurant la pratique d’administrateurs indépendants, les conseils d’administration ont commencé à s’ouvrir et à accueillir plus de femmes », a-t-il soutenu.

 

« Nous encourageons les conseils à avoir des administrateurs indépendants en dehors des cercles des actionnaires et des familles détentrices des capitaux de ces entreprises-là », a-t-il précisé.

 

 

M. Joudi a expliqué : « La femme n’est pas présente comme il le faut en général dans les cercles de pouvoir et dans les entreprises, parce qu’il y a un état d’esprit et une culture qui font primer une certaine misogynie. C’est, en effet, rare de trouver des femmes qui arrivent à des postes de direction générale dans des grands groupes et dans des banques. Mais, aujourd’hui, les choses sont en train d’évoluer ».

 

«  Nous proposerons au parlement de légiférer en suivant l'exemple des Européens pour obliger les conseils d’administration à se féminiser, comme la Loi Copé-Zimmermann en France relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d'administration et de surveillance.

Nous allons au départ exiger qu’il ait au moins 10% de femmes dans les conseils d’administration. Ensuite, nous allons monter crescendo, jusqu’à arriver à un moment donné à une sorte de parité. La BCT est en train de travailler sur une nouvelle circulaire concernant la gouvernance des banques et nous voulons que l’autorité monétaire donne elle-même l’exemple, en exigeant la présence de femmes dans les conseils d’administration des établissements de crédits, car c’est le cas dans son conseil d’administration ».

 

Notons que l’Ita représente les administrateurs de sociétés, membres des conseils d’administration en Tunisie, qu'elle forme,  informe et contribue à diffuser les bonnes pratiques en matière de bonne gouvernance d’entreprises.

« Aujourd’hui, il y a des lois et des codes de bonnes pratiques en matière de gouvernance, et la gouvernance est une exigence pour toutes les entreprises et les banques en Tunisie et au niveau international.

L’Ita est l’association de référence qui travaille sur cette thématique là et réunit les administrateurs de sociétés qui sont de véritables acteurs de gouvernance d’entreprises, que ce soit dans les banques, les entreprises cotées, les entreprises non-cotées ou celles familiales », a noté Moez Joudi à Business News.

 

A cette occasion des administrateurs de société ont été certifiés. Le gouverneur de la BCT a remis les premiers certificats d’administrateur de sociétés et de banques.

« Des administrateurs qui ont été formés, qui sont qualifiés, qui sont compétents dans leurs domaines d’activités respectifs mais qui ont appris les règles et les responsabilités en matière de gouvernance d’entreprises et de banques », a souligné M. Joudi, en précisant qu’« il y a une dizaine de femmes sur 27 administrateurs diplômés ».

 

Pour suivre la formation de l’Ita, il faut justifier d’un parcours, a indiqué son président, car « l’administration d’une société nécessite une expérience, un savoir-faire, un minimum de parcours valeureux dans les entreprises et les banques et être conscient des responsabilités civiles et pénales de cette fonction mais aussi connaitre les questions d’audit, de finances, stratégiques et de management des risks et avoir un minimum de background ». Un jury sélectionne par la suite les candidats selon les CV, parcours et entretiens.

 

Imen Nouira

24/06/2021 | 22:33
5 min
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Commentaires
nazou de la chameliere
L'homme moderne
a posté le 25-06-2021 à 12:55
'?voluera quand il arrêtera de regarder l'autre, suivant son sexe ,son age, sa couleur de peau, son origine, son appartenance sociale , sa ou sa non religion !!!
Vaste programme !!!
Sinon ;les femmes doivent s'imposer !!!
C'est ce que j'ai toujours fais dans BN !!
Malgré les insultes les dénigrements et les tentatives pour me discréditer !!!
Ben Frej
Manque de visibilité; rôle des médias
a posté le 25-06-2021 à 11:46
L'étude citée dans l'article a été réalisée par un groupe de femmes et présentée par deux d'entre elles en public mais votre journaliste (une femme) n'a pas cité leurs noms, celui de Moez Joudi est probablement plus vendeur ..... après on peut se plaindre du manque de visibilité des compétences féminines ....
Famous Corona
Amère réalité !
a posté le 25-06-2021 à 10:28
La femme tunisienne peine à se forger une place parmi les hommes, malgré l'impulsion initiale donnée par le regretté Habib Bourguiba ! Je me permets de mettre le doigt sur la raison principale de ses difficultés : La femme elle même ! En effet, la solidarité féminine chez les tunisiennes est réellement un vain mot, du fait que la relation femme-femme est rarement sincère, souvent fragile, vulnérable face à la jalousie, à l'envie ! Le cas Abir Moussi est représentatif, face aux autres femmes politiques telles que Samia Abbou, pourtant luttant pour les mêmes valeurs et objectifs!
Bourguibiste nationaliste
Les bailleurs de fonds vous l'imposent
a posté le 25-06-2021 à 09:54
Ces clowns font croire que c'est de leur propre initiative qu'ils veulent plus de femmes aux conseils d'administration! En réalité, ce sont leurs bailleurs de fonds et autres institutions internationales comme la BM, le FMI, l'ONU et autres qui leur imposent des quotas de femmes, d'homosexuels, de lesbiennes, de transgenres, etc. Quand on dépend des autres, on doit exécuter leurs volontés. Cela s'appelle du colonialisme.
Tunisino
Présence des femmes
a posté le 25-06-2021 à 09:48
Présence des femmes, par compétence ou par complaisance? Les femmes sont elles considérées comme outil de développement ou comme outil politique? Ils parlent des femmes pour renforcer leur contribution dans le développement du pays ou pour réaliser des gains divers? Pourquoi ils ne parlent pas du rôle de la femme dans la famille et de l'importance de produire des générations seines? Pourquoi ils ne parlent pas de la présence exorbitante de la femme dans l'enseignement et dans la santé, est-ce que c'est bénigne ou maligne pour le développement du pays? Pourquoi ils ne parlement pas de la convenance des genres aux métiers, quel genre pour quel métier? Après, il ne faut pas se demander pourquoi la Tunisie est toujours un pays sous développé, où beaucoup ne disent que ce que les autres veulent entendre!